{"id":1276,"date":"1999-02-01T00:00:00","date_gmt":"1999-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/paul-puaux-l-homme-des-fidelites1276\/"},"modified":"1999-02-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-01-31T23:00:00","slug":"paul-puaux-l-homme-des-fidelites1276","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1276","title":{"rendered":"Paul Puaux, l&#8217;homme des fid\u00e9lit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>Paul Puaux, qui dispara\u00eet le 27 d\u00e9cembre, restera dans le souvenir li\u00e9 ind\u00e9fectiblement \u00e0 Vilar, son festival et Avignon. N\u00e9 dans les C\u00e9vennes le 25 ao\u00fbt 1920, de sa lign\u00e9e protestante, il a h\u00e9rit\u00e9 sa rigueur morale et une certaine rudesse qu&#8217;il temp\u00e8re de bonhomie. Instituteur fonci\u00e8rement la\u00efque et communiste, r\u00e9sistant membre des FFI, apr\u00e8s la Lib\u00e9ration le voil\u00e0 militant des mouvements de jeunesse et d&#8217;\u00e9ducation populaire. Aussi est-il des premiers \u00e0 apporter son concours, se chargeant de rassembler un public neuf, \u00e0 la &#8220;Semaine d&#8217;art&#8221; lanc\u00e9e en 1947 \u00e0 Avignon par le po\u00e8te Ren\u00e9 Char et le critique d&#8217;art Christian Zervos qui y pr\u00e9sente une exposition de peintres modernes. Vilar, sollicit\u00e9 pour monter un spectacle, en propose et en monte trois, Richard II de Shakespeare dont c&#8217;est la cr\u00e9ation en France, Histoire de Tobie et Sara de Claudel, \u00e9galement une cr\u00e9ation, et la Terrasse de midi, pi\u00e8ce in\u00e9dite de Maurice Clavel, jeune auteur. D&#8217;ann\u00e9e en ann\u00e9e, Puaux consacre ses vacances au festival et pas seulement spectateur ; il travaille avec Jean Rouvet, organisateur hors pair des relations avec le public. La confiance et l&#8217;amiti\u00e9 se sont \u00e9tablies tr\u00e8s t\u00f4t entre Jean Vilar et lui, et Puaux, l&#8217;homme \u00e0 la pipe et au franc-parler, toujours pr\u00e9sent, devient une des figures les plus populaires dans le milieu avignonnais.<\/p>\n<p>En 1963, Jean Vilar, qui a d\u00e9missionn\u00e9 du TNP, se consacre enti\u00e8rement au festival dont, d&#8217;une certaine fa\u00e7on, le succ\u00e8s l&#8217;inqui\u00e8te. Il associe Puaux \u00e0 sa r\u00e9flexion et le nomme en 1966 administrateur permanent. &#8220;C&#8217;est parce que sa formule avait atteint un plein succ\u00e8s, mais aussi un palier, qu&#8217;il \u00e9tait n\u00e9cessaire de jeter d\u00e8s cette ann\u00e9e les bases d&#8217;une transformation&#8221; (1). Cette ann\u00e9e-l\u00e0, Puaux cr\u00e9e un conseil culturel qui entreprend le recensement des donn\u00e9es sur lesquelles une action se fonde, prend des contacts avec les associations \u00e0 vocation culturelle de la ville et le syndicat d&#8217;initiative, apporte au festival une aide pratique, r\u00e9gie et propagande. Il am\u00e8ne ainsi la ville et la r\u00e9gion qui se tenaient un peu \u00e0 l&#8217;\u00e9cart \u00e0 s&#8217;y int\u00e9resser et y participer.<\/p>\n<p>En 1966, le festival convie B\u00e9jart et Planchon, l&#8217;ann\u00e9e suivante c&#8217;est Lavelli et Bourseiller. De nouveaux lieux sont am\u00e9nag\u00e9s, clo\u00eetres des Carmes, des C\u00e9lestins. Cette ouverture, Vilar n&#8217;a pu que la mettre en route. Il meurt en 1971, durement \u00e9prouv\u00e9 par les troubles caus\u00e9s pendant le festival de 1968 par les derniers contestataires de mai tentant de torpiller le festival. Il a tenu t\u00eate sous les injures, crisp\u00e9 mais gardant son sang-froid ; \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, Puaux, hors de lui, dont il contient la col\u00e8re. Il ne c\u00e8de en rien, le festival est sauv\u00e9 mais sa vie abr\u00e9g\u00e9e.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait naturel et bon que Puaux prenne la rel\u00e8ve. Il n&#8217;est pas de ces fils qui tuent le p\u00e8re. Fid\u00e8le entre les fid\u00e8les, il m\u00e8ne pendant huit ans \u00e0 la direction du festival la politique d&#8217;ouverture initi\u00e9e par Vilar. Il donne acc\u00e8s \u00e0 de nouvelles formes artistiques (danse, th\u00e9\u00e2tre musical, mise en espace, th\u00e9\u00e2tre pour enfants), encourage les ateliers de cr\u00e9ation, pr\u00e9sente de grandes expositions. Des artistes \u00e9trangers sont invit\u00e9s, Bob Wilson, Merce Cunningham, Otomar Krejca&#8230; de nouveau lieux, hors des remparts, accueillent des spectacles. En 1979, il d\u00e9missionne. Il aurait aim\u00e9 que lui succ\u00e9d\u00e2t un cr\u00e9ateur, Ariane Mnouchkine ou des metteurs en sc\u00e8ne anim\u00e9s de l&#8217;esprit vilarien, Guy R\u00e9tor\u00e9, directeur du TEP, ou le Belge Armand Delcampe, qu&#8217;il a accueillis. C&#8217;est un administrateur \u00e9narque, Bernard Faivre d&#8217;Arcier, qui est nomm\u00e9. Une page est tourn\u00e9e.Puaux se consacre d\u00e8s lors : apr\u00e8s un bref passage (1981-1983) \u00e0 la pr\u00e9sidence du Conseil d&#8217;administration de l&#8217;Op\u00e9ra de Paris : \u00e0 la Maison Jean Vilar qu&#8217;il a cr\u00e9\u00e9e et dirige avec Melly, sa femme. Ils y inaugurent chaque festival avec une belle exposition entretenant la flamme du th\u00e9\u00e2tre populaire ou, comme s&#8217;intitulait l&#8217;une d&#8217;elles, du th\u00e9\u00e2tre citoyen.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la disparition de celui que Vilar appelait affectueusement &#8220;mon \u00e9v\u00eaque&#8221;, Puaux le modeste mais, toujours sur la br\u00e8che et chaleureux, pas du tout homme de l&#8217;ombre, une aventure th\u00e9\u00e2trale exemplaire perd le dernier de ceux qui s&#8217;y vou\u00e8rent corps et \u00e2me.<\/p>\n<p>1. Conf\u00e9rence de presse de Jean Vilar, 14 f\u00e9vrier 1966.<\/p>\n<p>Bibliographie. Paul Puaux, Avignon en festivals, \u00e9ditions Hachette, 1983. Melly et Paul Puaux, Claude Moss\u00e9, l&#8217;Aventure du th\u00e9\u00e2tre populaire, \u00e9ditions du Rocher, 1996.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paul Puaux, qui dispara\u00eet le 27 d\u00e9cembre, restera dans le souvenir li\u00e9 ind\u00e9fectiblement \u00e0 Vilar, son festival et Avignon. N\u00e9 dans les C\u00e9vennes le 25 ao\u00fbt 1920, de sa lign\u00e9e protestante, il a h\u00e9rit\u00e9 sa rigueur morale et une certaine rudesse qu&#8217;il temp\u00e8re de bonhomie. 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