{"id":12749,"date":"2021-02-05T15:18:02","date_gmt":"2021-02-05T14:18:02","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-thierry-discepolo-la-cible-de-george-orwell-c-est-l-intellectuel-de-gauche-qui\/"},"modified":"2023-06-24T00:11:25","modified_gmt":"2023-06-23T22:11:25","slug":"article-thierry-discepolo-la-cible-de-george-orwell-c-est-l-intellectuel-de-gauche-qui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=12749","title":{"rendered":"Thierry Discepolo : \u00ab La cible de George Orwell, c\u2019est l\u2019intellectuel de gauche qui c\u00e8de aux sir\u00e8nes du pouvoir \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Les Editions Agone viennent de publier une nouvelle traduction du roman <em>1984<\/em> de George Orwell par Celia Izoard. Quel regard porte-t-on sur cet auteur dans un monde qui, malgr\u00e9 la fin du stalinisme, n&#8217;en finit pas de lui donner raison ? Thierry Discepolo, un des fondateurs de la maison d&#8217;\u00e9dition Agone et co-auteur de la postface de l&#8217;oeuvre, est l&#8217;invit\u00e9 de la Midinale.\n<\/p>\n<h2>UNE MIDINALE \u00c0 VOIR&#8230;<\/h2>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"490\" height=\"290\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/IUKG12PJDD0\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>ET \u00c0 LIRE&#8230;<\/h2>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la nouvelle traduction de &#8220;Mille Neuf Cent Quatre Vingt-Quatre&#8221; que les \u00e9ditions Agone publient<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Il y a un effet de concurrence entre \u00e9diteurs. Gallimard a exploit\u00e9 l\u2019\u0153uvre pendant 70 ans\u00a0:  c\u2019est \u00e0 notre tour de proposer une autre traduction, une autre vision de George Orwell.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0La traduction du romain de 1950 a fix\u00e9 dans la langue fran\u00e7aise, les concepts principaux d\u2019Orwell : le fait que Big Brother est conserv\u00e9 dans sa langue originale alors que Gallimard va le traduire par Grand Fr\u00e8re en 2020, le fait que les concepts de novlangue et de police de la pens\u00e9e sont devenus parties prenantes du vocabulaire fran\u00e7ais pour penser notre monde, alors que Gallimard a fait le choix de les modifier en n\u00e9oparle et mentopolice.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Gallimard est le mod\u00e8le de l\u2019\u00e9diteur litt\u00e9raire : pour moi, en France, il y a un diktat de ce que l\u2019on peut appeler la religion litt\u00e9raire fran\u00e7aise, c\u2019est-\u00e0-dire une vision tr\u00e8s fran\u00e7aise dans laquelle la litt\u00e9rature est, par d\u00e9finition, apolitique (\u2026). Or, l\u2019une des caract\u00e9ristiques principales d\u2019Orwell, c\u2019est qu\u2019il voulait faire de la litt\u00e9rature politique un art.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Dans la traduction de 2018 [\u00e9dit\u00e9e chez Gallimard], la traductrice a tout pass\u00e9 au pr\u00e9sent alors que le texte d\u2019Orwell \u00e9tait au pass\u00e9\u2026 comme si le pass\u00e9 \u00e9tait un choix stylistique.\u00a0Or, ce qu\u2019on d\u00e9couvre en lisant le roman, c\u2019est qu\u2019il \u00e9crit au pass\u00e9 parce qu\u2019il parle d\u2019un temps qui est r\u00e9volu. C\u2019est d\u2019ailleurs la seule touche un peu optimiste du roman (\u2026) : il y a un monde apr\u00e8s la dictature 1984. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur l\u2019accueil de 1984<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0C\u2019est un succ\u00e8s d\u00e8s sa parution en Angleterre et aux Etats-Unis.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0La critique va \u00eatre du c\u00f4t\u00e9 de ses alli\u00e9s : la gauche intellectuelle. Mais ces alli\u00e9s sont aussi ceux qu\u2019il a pass\u00e9 une partie de sa vie \u00e0 critiquer, notamment sur le point de l\u2019engagement stalinien.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0La cible d\u2019Orwell, c\u2019est l\u2019intellectuel de gauche qui c\u00e8de aux sir\u00e8nes du pouvoir et qui, \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 gauche, \u00e9tait le stalinisme.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Sartre \u00e9tait une figure qu\u2019Orwell n\u2019aimait pas (\u2026). Ce qu\u2019Orwell n\u2019aimait pas, c\u2019\u00e9tait la figure de l\u2019intellectuel engag\u00e9 &#8211; o\u00f9 qu\u2019il soit d\u2019ailleurs.\u00a0Il d\u00e9fendait la litt\u00e9rature comme un art politique mais il refusait qu\u2019on enr\u00f4le la litt\u00e9rature dans la politique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la r\u00e9cup\u00e9ration de 1984 par la droite alors m\u00eame qu\u2019Orwell \u00e9tait proche du Parti travailliste britannique<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0On vit dans un monde dans lequel la gauche passe son temps \u00e0 s\u2019entre-d\u00e9chirer entre diverses chapelles (\u2026). A l\u2019\u00e9poque d\u2019Orwell, c\u2019\u00e9tait une tr\u00e8s grosse chapelle qui recouvrait les Partis communistes, soutenus, financ\u00e9s, appuy\u00e9s diplomatiquement et militairement par l\u2019URSS, qui \u00e9tait en position h\u00e9g\u00e9monique. \u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell commence \u00e0 devenir anti-stalinien au moment de la guerre d\u2019Espagne : il va s\u2019engager du c\u00f4t\u00e9 r\u00e9publicain et se retrouver dans un petit parti anarchotrotskiste, le POUM, au sein duquel il va tr\u00e8s vite d\u00e9couvrir qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du camp r\u00e9publicain, une force minoritaire au d\u00e9but est en train de devenir majoritaire : le Parti communiste espagnol qui fait le choix, appuy\u00e9 par Moscou, d\u2019\u00e9liminer ceux qu\u2019ils jugent \u00eatre ses concurrents et qui va accuser d\u2019\u00eatre non seulement des ennemis mais des fascistes, des \u201chitl\u00e9ro-trostkistes\u201d.\u00a0Il va d\u2019ailleurs vouloir en t\u00e9moigner aupr\u00e8s de la presse de gauche mais personne n\u2019en veut (\u2026). C\u2019est ce qui a \u00e9t\u00e9 fondateur dans ce qui deviendra 1984 : comment est-ce qu\u2019une partie des intellectuels de gauche vont devenir beaucoup plus sensibles \u00e0 la ligne d\u2019un parti politique qu\u2019\u00e0 objectivit\u00e9 et \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Comment de\u00a01984\u00a0une lecture de gauche ?<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Le livre sortant en pleine Guerre froide, fait que, si tu n\u2019es pas dans un camp, tu es forc\u00e9ment dans l\u2019autre camp : le fait de refuser de s\u2019inscrire dans le camp communiste que lui tient \u00e0 qualifier de stalinien, le pr\u00e9cipite dans l\u2019autre camp.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0De son vivant, Orwell va tout de suite faire une d\u00e9claration publique qu\u2019il va envoyer \u00e0 des syndicalistes de gauche am\u00e9ricains pour leur expliquer que, non, 1984 n\u2019est pas un roman anti-communiste ni qui critique la gauche ou le Parti travailliste au nom du fait qu\u2019il \u00e9tait un socialiste r\u00e9volutionnaire. Mais la machine de Guerre froide va r\u00e9cup\u00e9rer 1984, notamment par la CIA comme outil de propagande.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a01984 est une critique de l\u2019Etat, des administrations gigantesques, de la d\u00e9shumanisation des syst\u00e8mes politiques.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Monsieur et Madame Tout-le-monde, lorsqu\u2019ils lisent le roman aujourd\u2019hui, ils ne se posent pas toutes les questions que l\u2019on se pose. Ils d\u00e9couvrent un roman qui critique un monde avec un vocabulaire qui leur parle tout de suite : ce monde est un monde dans lequel les dirigeants trichent, mentent, changent de version des faits selon que \u00e7a les arrange.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell nous fournit le vocabulaire pour d\u00e9crire une soci\u00e9t\u00e9 de masse et d\u00e9shumanis\u00e9 et dans lequel le pouvoir en place change, \u00e0 son gr\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9 et les faits &#8211; et pas que Donald Trump.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Il suffit de rajouter \u00e0 Covid-19 deux chiffres et cela devient Covid-1984 qui a \u00e9t\u00e9 tagg\u00e9 un petit peu partout.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais qui ont assist\u00e9 \u00e0 la communication du gouvernement Macron au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, qu\u2019ont-ils vu d\u2019autre que ce changement de discours permanent sur la v\u00e9rit\u00e9 ? Au d\u00e9but, les masques ne servaient \u00e0 rien puis ils servaient \u00e0 quelque chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur Orwell et la lutte des classes<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell n\u2019est pas un marxiste : c\u2019est un socialiste non marxiste.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell est un patriote  &#8211; ce qui n\u2019est plus du tout une entr\u00e9e de gauche aujourd\u2019hui.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Dans un essai fameux sur le patriotisme britannique, Le lion et la licorne, Orwell va rappeler que la chose la plus importante pour qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 soit vivable, c\u2019est de changer radicalement la soci\u00e9t\u00e9. Il va m\u00eame aller jusqu\u2019\u00e0 \u00e9crire des phrases qui vont horrifier certains de ses lecteurs : il faut que le sang coule dans Londres pour se d\u00e9barrasser de la classe aristocrate parasite, il faut brutalement se d\u00e9barrasser des public schools qui sont les instruments de fabrication d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de classes\u2026\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell n\u2019est pas marxiste au sens des lendemains qui chantent ou du d\u00e9bouch\u00e9 magique de la lutte des classes sur la victoire du prol\u00e9tariat.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell avait des id\u00e9es tr\u00e8s pr\u00e9cises sur le monde dont il ne voulait pas : cette soci\u00e9t\u00e9 de puissance et de masses.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell a cru, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1940, lorsque l\u2019Angleterre \u00e9tait isol\u00e9e, que la r\u00e9volution \u00e9tait possible. Il n\u2019est pas marxiste mais il a vu dans l\u2019Angleterre soumise \u00e0 la pression de la guerre, la possibilit\u00e9 d\u2019un r\u00e9veil de la lutte des classes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la pertinence de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Orwell pour d\u00e9crire le monde d\u2019aujourd\u2019hui<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Quand un mot a trop de succ\u00e8s, c\u2019est tr\u00e8s compliqu\u00e9 : j\u2019utilise assez peu moi-m\u00eame l\u2019adjectif d\u2019orwellien car je ne suis jamais tr\u00e8s s\u00fbr de ce que je veux dire moi-m\u00eame et encore moins de ce qui va \u00eatre compris en face.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Il y a une mani\u00e8re pertinente d\u2019utiliser Orwell aujourd\u2019hui, c\u2019est pour parler de la langue.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Chaque fois que l\u2019on se retrouve pris dans des situations o\u00f9 les m\u00e9dias dominants avec leurs \u00e9l\u00e9ments de langage qui sont issus pour partie des techniques de management et de la soumission aux d\u00e9cisions gouvernementales, Orwell nous offre un vocabulaire pour d\u00e9crire ce qu\u2019il se passe.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell nous fournit le rappel des \u00e9vidences et des valeurs communes en face d\u2019un pouvoir qui impose.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Le simplisme apparent de la vision du monde d\u2019Orwell [bas\u00e9e sur l\u2019\u00e9vidence partag\u00e9e que 2 et 2 font 4], rencontre le c\u0153ur du travail d\u2019Agone sur cet auteur car il commence non pas dans la litt\u00e9rature mais en philosophie.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0On a beaucoup plus utilis\u00e9 comme penseur philosophe que comme penseur litt\u00e9raire.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Le premier ouvrage avec lequel Jean-Jacques Rosat arrive \u00e0 Agone pour parler d\u2019Orwell, c\u2019est un ouvrage de James Conant, un philosophe am\u00e9ricain, qui s\u2019appelle \u201cOrwell ou le pouvoir de la v\u00e9rit\u00e9\u201d : cette analyse est essentiellement construite sur une critique de l\u2019analyse de Richard Rorty qui en avait une interpr\u00e9tation postmoderne. Pour faire vite, on peut voir dans le personnage de O\u2019brien, le philosophe post-moderne par excellence, celui qui d\u00e9fend la philosophie relativiste.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00a0<br \/>\n<em>\u00a0<strong>Sur le rapport \u00e0 la nature d\u2019Orwell dans 1984<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Les seuls moments de lumi\u00e8re dans le roman sont des moments o\u00f9 Winston quitte la ville pour mener son idylle avec Julia dans la nature &#8211; mais pas la nature sauvage, juste les abords d\u2019une ville avec des rivi\u00e8res, quelques arbres et un peu d\u2019herbe.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0La sp\u00e9cialit\u00e9 de l\u2019intellectuel citadin, c\u2019est de railler cette vision simpliste de la nature.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0C\u2019est toute la vision anti-tech d\u2019Orwell (\u2026). On retrouve chez Orwell la critique du progr\u00e8s de mani\u00e8re assez pr\u00e9cise.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Orwell avait observ\u00e9 qu\u2019on vivait dans un monde dans lequel l\u2019id\u00e9ologie du progr\u00e8s \u00e9tait une id\u00e9ologie qui nous faisait vivre dans un monde qu\u2019il jugeait invivable, o\u00f9 l\u2019acier et le b\u00e9ton dictaient notre quotidien. Je ne crois pas qu\u2019il soit na\u00eff de dire que l\u2019on vit aujourd\u2019hui dans l\u2019h\u00e9ritage de ce qu\u2019Orwell n\u2019a m\u00eame pas connu, \u00e0 savoir les fameuses Trente Glorieuses qui, au nom du progr\u00e8s, ont fabriqu\u00e9 un monde qui, comme le dirait Orwell, les \u00e9cologistes et les anti-industrialistes, est invivable.\u00a0On vit dans un monde qui est de moins en moins proche de la nature mais surtout de moins en moins proche de mener une vie vivable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur les alternatives envisag\u00e9es par Orwell<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Il ne voulait pas d\u2019un Etat centralis\u00e9 mais il \u00e9tait clairement anticapitaliste. On peut vouloir une soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale sans qu\u2019elle soit capitaliste.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0La critique principale d\u2019Orwell des intellectuels communistes, c\u2019est qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale est d\u00e9terminante pour sauvegarder un monde vivable mais aussi des possibilit\u00e9s comme la cr\u00e9ation, notamment artistique (\u2026). Un des d\u00e9g\u00e2ts principaux d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 totalitaire, c\u2019est qu\u2019elle rend impossible toute possibilit\u00e9 de cr\u00e9ation artistique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur le totalitarisme des GAFAM\u00a0<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Il est \u00e9vident que si modernit\u00e9 du roman 1984 il y a, c\u2019est dans le parall\u00e8le avec la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Dans la traduction, on s\u2019est amus\u00e9 \u00e0 redessiner Big Brother : il n\u2019a plus la moustache de Staline et la m\u00e8che d\u2019Hitler mais le cr\u00e2ne chauve de Bezos et l\u2019allure sportive de Zuckerberg.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0Les motifs et les couleurs de la couverture de l\u2019\u00e9dition de 1984 par Agone sont ceux des GAFAM. On a d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment tourn\u00e9 le dos au rouge et au noir des \u00e9ditions pr\u00e9c\u00e9dentes.\u00a0\u00bb<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-12749 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/capture_d_e_cran_2021-02-05_a_14-cc2.12.44.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/capture_d_e_cran_2021-02-05_a_14-cc2.12.44-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"capture_d_e_cran_2021-02-05_a_14.12.44.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Editions Agone viennent de publier une nouvelle traduction du roman <em>1984<\/em> de George Orwell par Celia Izoard. 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