{"id":12660,"date":"2021-01-01T08:00:00","date_gmt":"2021-01-01T07:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-la-lutte-des-classes-a-l-heure-du-coronavirus\/"},"modified":"2023-06-24T00:08:03","modified_gmt":"2023-06-23T22:08:03","slug":"article-la-lutte-des-classes-a-l-heure-du-coronavirus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=12660","title":{"rendered":"La lutte des classes \u00e0 l\u2019heure du coronavirus"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Classes populaires, peuple, \u00ab\u00a0d\u00e9laiss\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0invisibles\u00a0\u00bb\u2026 Les cat\u00e9gories mobilis\u00e9es pour incarner la contestation sociale actuelle sont nombreuses. Et la question du travail semble plus essentielle que jamais pour penser les in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Notre vie ne vaut pas mille euros mais encore moins\u00a0: 350\u00a0euros\u00a0\u00bb<\/em>, clamaient en avril des caissi\u00e8res d\u2019Auchan, demandant une meilleure prime de risque. Il faut croire que la question sociale est tenace. Certes, le nouveau coronavirus qui a conduit le gouvernement \u00e0 confiner toute la population pour d\u00e9sengorger les services de r\u00e9animation a soudain mis entre parenth\u00e8ses la longue s\u00e9quence des \u00ab\u00a0Gilets jaunes\u00a0\u00bb. Mais la peur de la maladie n\u2019a pas \u00e9touff\u00e9 la col\u00e8re.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit du discours martial d\u2019un pr\u00e9sident appelant au rassemblement de toutes les forces du pays, des critiques sont venues fissurer l\u2019union nationale de circonstance. Les remerciements adress\u00e9s aux professions \u00ab\u00a0essentielles\u00a0\u00bb n\u2019ont pas suffi \u00e0 calmer la demande de justice sociale qui gronde. Les nouveaux h\u00e9ros \u2013 en majorit\u00e9 des h\u00e9ro\u00efnes \u2013 ne se sont pas laiss\u00e9s bercer par les beaux discours. Applaudis tous les soirs \u00e0 20\u00a0heures, les soignants ont fustig\u00e9 les manques de politiques qui n\u2019ont pas su leur fournir assez de masques ni de tests.<\/p>\n<h2>Un regain des tensions<\/h2>\n<p>Depuis le d\u00e9confinement, la contestation s\u2019est d\u00e9multipli\u00e9e. <em>\u00ab\u00a0Ni m\u00e9dailles, ni lacrymos. Des lits, du fric\u00a0\u00bb<\/em>, scandaient fin mai des blouses blanches masqu\u00e9es devant l\u2019h\u00f4pital Robert-Debr\u00e9 \u00e0 Paris. \u00c0 Toulouse, Brive, Bayeux ou encore Ch\u00e2lons, les personnels hospitaliers demandent une revalorisation des salaires, des embauches et des r\u00e9ouvertures de lits. \u00c0 Bordeaux, ce sont les \u00e9boueurs qui se sont mis en gr\u00e8ve pour protester contre le montant de la prime exceptionnelle, initialement fix\u00e9 \u00e0 cinq cents euros brut. Le travail s\u2019est aussi ralenti dans une cinquantaine d\u2019Ehpad du groupe Korian pour demander de meilleurs salaires et obtenir la prime.<\/p>\n<p>L\u00e0-dessus est venu s\u2019ajouter le discours du Medef demandant maintenant aux Fran\u00e7ais qui n\u2019\u00e9taient pas \u00ab\u00a0en premi\u00e8re ligne\u00a0\u00bb de sacrifier leur temps libre pour sauver l\u2019\u00e9conomie\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Selon moi, l\u2019id\u00e9e sacrificielle, dans le langage patronal, va plut\u00f4t r\u00e9activer la conscience des in\u00e9galit\u00e9s fonci\u00e8res, et sans doute certaines col\u00e8res provisoirement \u00e9teintes. Pas de sacrifice si les puissants n\u2019y sont pas pr\u00eats aussi\u00a0! L\u2019id\u00e9e d\u2019une communaut\u00e9 unie, n\u00e9cessaire \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 des sacrifices, s\u2019est rapidement effiloch\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em>, avance le sociologue David Courpasson dans <em>Le Nouveau magazine litt\u00e9raire<\/em>. Loin d\u2019effacer les tensions, la crise sanitaire les aurait-elle attis\u00e9es\u00a0?<\/p>\n<p>Aides-soignantes, caissi\u00e8res, \u00e9boueurs, femmes de m\u00e9nage, livreurs\u00a0: le retour sur le devant de la sc\u00e8ne de ces \u00ab\u00a0cols-bleus\u00a0\u00bb, d\u2019habitude invisibles, questionne. Dans la bataille intellectuelle qui se joue autour des cat\u00e9gories \u00e0 mobiliser pour qualifier les acteurs de la contestation, la \u00ab\u00a0classe sociale\u00a0\u00bb \u2013 vieil outil marxiste tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude \u2013 reprend de la vigueur. Pour le sociologue Camille Peugny, <em>\u00ab\u00a0les classes sociales n\u2019ont jamais disparu. Elles \u00e9taient juste devenues invisibles dans une soci\u00e9t\u00e9 aveugle aux in\u00e9galit\u00e9s. Aujourd\u2019hui, elles sautent aux yeux de tout le monde. Les professions les plus expos\u00e9es pendant le confinement sont aussi les plus pr\u00e9caires\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>La disparition de l\u2019ancien monde ouvrier, structur\u00e9 par des syndicats puissants, a fait couler beaucoup d\u2019encre. Le fait est que la conscience d\u2019avoir des int\u00e9r\u00eats communs a faibli avec les transformations du monde de l\u2019emploi. L\u2019ub\u00e9risation de la soci\u00e9t\u00e9 a ainsi achev\u00e9 de d\u00e9faire les collectifs de travail et d\u2019isoler les travailleurs. Reste que la crise du Covid-19 a mis en lumi\u00e8re un cruel paradoxe\u00a0: ce sont les m\u00e9tiers les plus mal pay\u00e9s qui se sont av\u00e9r\u00e9s les plus essentiels. Voil\u00e0 qui pourrait, sinon r\u00e9veiller une conscience de classe malmen\u00e9e, du moins repositionner la focale sur le travail en mati\u00e8re de lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n<h2>La centralit\u00e9 du travail<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les m\u00e9tiers les plus expos\u00e9s pendant le confinement recouvrent la France du smic. Ce type de constat avait commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9merger avec les Gilets jaunes, parmi lesquels beaucoup de salari\u00e9s d\u00e9non\u00e7aient le fait de ne pas pouvoir vivre dignement de leur travail, et m\u00eame avec le d\u00e9bat sur les retraites, qui a mis en avant l\u2019argument de la p\u00e9nibilit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, rappelle Camille Peugny. L\u2019embryon de conscience de classe qui a \u00e9merg\u00e9 du mouvement des ronds-points a \u00e9t\u00e9 confort\u00e9 par la crise sanitaire. Une conscience revisit\u00e9e \u00e0 l\u2019aune d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 postindustrielle, dans laquelle l\u2019int\u00e9rimaire partage avec l\u2019ouvrier des conditions de travail d\u00e9grad\u00e9es.<\/p>\n<p>Alexis Cukier, attach\u00e9 temporaire d&#8217;enseignement et de recherche au d\u00e9partement de philosophie de l&#8217;universit\u00e9 de Poitiers, en convient volontiers\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La crise sanitaire a produit un effet de r\u00e9el concernant la place du travail dans les antagonismes de classe\u00a0: ce sont les travailleurs, et surtout les travailleuses subalternes, pour beaucoup racis\u00e9es, qui ont \u00e9t\u00e9 en premi\u00e8re ligne et ont d\u00fb continuer de travailler pendant l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, dans des conditions souvent tr\u00e8s difficiles, tandis que c\u2019\u00e9tait principalement les cadres qui ont pu rester travailler chez elles et eux, ou ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du ch\u00f4mage partiel\u00a0\u00bb<\/em>, rel\u00e8ve-t-il. <em>\u00ab\u00a0Cette r\u00e9alit\u00e9 que chacun a pu constater permet de mettre en discussion, y compris dans des milieux id\u00e9ologiquement \u00e9loign\u00e9s de cette lecture marxiste du monde \u2013 qui est aussi f\u00e9ministe et antiraciste \u2013 la centralit\u00e9 du travail dans la reproduction des in\u00e9galit\u00e9s et des classes sociales.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Alors, \u00e0 en croire Alexis Cukier, le meilleur outil pour pr\u00e9parer le monde demain n\u2019est autre que le travail\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Il faut le lib\u00e9rer de l\u2019emprise de la finance et le d\u00e9mocratiser radicalement, pour le mettre au service de la r\u00e9volution \u00e9cologique, du soin, de l\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em>, affirme-t-il. Le fait est que les premiers de corv\u00e9e forment une cat\u00e9gorie de travailleurs qui transcende les oppositions g\u00e9ographiques, entre habitants des banlieues et du pavillonnaire notamment \u2013 une transversalit\u00e9 analogue \u00e0 celle qui a rapproch\u00e9 la France des Gilets jaunes et celle des quartiers populaires. Ce mouvement est aussi venu balayer les clivages horizontaux entre les salari\u00e9s du priv\u00e9 et les fonctionnaires, les ch\u00f4meurs et les travailleurs.<\/p>\n<h2>Une conscience en commun<\/h2>\n<p><em>\u00ab\u00a0Pour moi, le moteur d\u2019une conscience en commun n\u2019est plus li\u00e9 au travail, mais au sentiment d\u2019avoir un syst\u00e8me qui joue contre soi. On est plus dans un discours des d\u00e9laiss\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em>, pond\u00e8re cependant l\u2019\u00e9conomiste Thomas Porcher. Le trait d\u2019union entre acteurs de la contestation se cristallise donc moins, selon lui, dans des conditions de travail concr\u00e8tes que dans un sentiment. C\u2019est pourquoi le terme de \u00ab\u00a0d\u00e9laiss\u00e9s\u00a0\u00bb lui appara\u00eet f\u00e9d\u00e9rateur. <em>\u00ab\u00a0C\u2019est plus de 85% de la population. Un jeune cadre qui d\u00e9bute \u00e0 Paris et vit dans un studio, m\u00eame apr\u00e8s un bac+5, ne se ressent plus comme un vainqueur, il est loin de l\u2019\u00e9lite mondialis\u00e9e<\/em>, pointe-t-il. <em>Il existe entre eux des diff\u00e9rences g\u00e9ographiques, culturelles, sociales et m\u00eame \u00e9conomiques, mais beaucoup de personnes sont impact\u00e9es par le mod\u00e8le \u00e9conomique.\u00a0\u00bb<\/em> Aussi faut-il <em>\u00ab\u00a0le conscientiser pour que les d\u00e9laiss\u00e9s se forment en force majoritaire\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>C\u2019est un autre terme qu\u2019a choisi le sociologue Pierre Rosanvallon avec son \u00ab\u00a0Parlement des\u00a0invisibles\u00a0\u00bb, lequel renvoie lui aussi au v\u00e9cu d\u2019individus qui ne se sentent plus repr\u00e9sent\u00e9s, mais cherche cependant moins \u00e0 figurer un bloc homog\u00e8ne qu\u2019\u00e0 restituer le monde social dans sa diversit\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Ces concepts font \u00e9cho \u00e0 la mani\u00e8re dont les individus et les groupes se per\u00e7oivent. Mais ce ne sont pas des cat\u00e9gories scientifiques qui reposent dur des indicateurs\u00a0\u00bb<\/em>, observe Camille Peugny. Le sociologue souligne les limites de ces d\u00e9signations, mais aussi leurs vertus\u00a0: <em>\u00ab\u00a0De m\u00eame que les &#8220;99%&#8221; renvoient \u00e0 une masse domin\u00e9e par une toute petite \u00e9lite, ces cat\u00e9gories ne permettent pas de penser rigoureusement la complexit\u00e9 de ces in\u00e9galit\u00e9s qui s\u2019articulent \u00e0 des questions \u00e9conomiques, territoriales, de genre, d\u2019origine raciale\u2026 En revanche, elles sont mobilisables par le politique\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs tout l\u2019enjeu du mot \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb th\u00e9oris\u00e9 par Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, chantres d\u2019un populisme de gauche. <em>\u00ab\u00a0Se donner les moyens de r\u00e9duire l\u2019\u00e9cart entre l\u2019utilit\u00e9 sociale et le revenu est au moins aussi porteur que de s\u2019enfermer dans l\u2019analyse du peuple contre les \u00e9lites\u00a0\u00bb<\/em>, conteste Camille Peugny. D\u2019autant que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, trois s\u00e9quences successives ont mis l\u2019accent sur les conditions de travail\u00a0: la r\u00e9forme des retraites, les Gilets jaunes et le nouveau coronavirus. <em>\u00ab\u00a0Les politiques de gauche auraient tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 investir cette question du travail. Il faut parler des m\u00e9tiers, des conditions concr\u00e8tes d\u2019existence, assure Camille Peugny. Quand Martine Aubry, alors premi\u00e8re secr\u00e9taire du PS, avait essay\u00e9 d\u2019introduire la notion de care, j\u2019avais essay\u00e9 de d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e que cette sollicitude devait s\u2019appliquer \u00e0 la portion des travailleurs les plus utiles qui \u00e9taient aussi les plus mal pay\u00e9s. De ce point de vue, ce que fait Fran\u00e7ois Ruffin est exemplaire\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> Une piste \u00e0 consid\u00e9rer s\u00e9rieusement pour revisiter la lutte des classes. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/marion-rousset\"><strong>Marion Rousset<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-12660 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/from_the_depths_-_wm-150._balfour-ker._lccn2004666561.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/from_the_depths_-_wm-150._balfour-ker._lccn2004666561-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"from_the_depths_-_wm._balfour-ker._lccn2004666561.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Classes populaires, peuple, \u00ab\u00a0d\u00e9laiss\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0invisibles\u00a0\u00bb\u2026 Les cat\u00e9gories mobilis\u00e9es pour incarner la contestation sociale actuelle sont nombreuses. 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