{"id":12599,"date":"2020-11-25T14:54:17","date_gmt":"2020-11-25T13:54:17","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-journee-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes-faut-1-milliard\/"},"modified":"2020-11-25T14:54:17","modified_gmt":"2020-11-25T13:54:17","slug":"article-journee-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes-faut-1-milliard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=12599","title":{"rendered":"Journ\u00e9e de lutte contre les violences faites aux femmes : faut 1 milliard maintenant !"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Quand la folie s\u00e9curitaire s\u2019empare de nos dirigeants, curieusement, la s\u00e9curit\u00e9 des femmes n\u2019est pas une priorit\u00e9.<\/p>\n<p>En 2019, malgr\u00e9 les effets d\u2019annonces et les bluffs de Marl\u00e8ne Schiappa, le Haut Conseil \u00e0 l\u2019\u00c9galit\u00e9 r\u00e9v\u00e9lait que seulement 79 millions d\u2019euros \u00e9taient pr\u00e9cis\u00e9ment accord\u00e9s \u00e0 la lutte contre les violences contre les femmes \u2013 sur les 530 millions millions dont dispose le secr\u00e9tariat \u00e0 l\u2019\u00c9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes.<\/p>\n<p>Comme d\u2019habitude, la communication des macronistes s\u2019essouffle sur les \u00e9cueils de la r\u00e9alit\u00e9, et les moyens allou\u00e9s apparaissent bien maigres une fois les esbroufes budg\u00e9taires r\u00e9v\u00e9l\u00e9es. Il en est de m\u00eame pour l\u2019ann\u00e9e 2020. Encore une fois, r\u00e8gne le go\u00fbt amer de ne pas \u00eatre prises aux s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees-culture\/article\/a-quoi-peut-bien-servir-notre-ministere-charge-de-l-egalite-entre-les-femmes-et\">\u00c0 quoi peut bien servir notre minist\u00e8re charg\u00e9 de l\u2019\u00c9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes ?<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En 2019, 152 femmes sont mortes tu\u00e9es par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Le nombre s\u2019\u00e9l\u00e8ve d\u00e9j\u00e0 \u00e0 87 pour l\u2019ann\u00e9e 2020, et si le terme de f\u00e9minicide commence timidement \u00e0 s\u2019imposer, les statistiques de son effroyable r\u00e9gularit\u00e9 ne rencontrent pas une r\u00e9ponse \u00e0 la hauteur. L\u2019ampleur de la violence s\u2019oublie et nous voil\u00e0 forc\u00e9 de rappeler ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e que pr\u00e8s d\u20191% de la population \u2013 219.000 femmes \u2013 sont victimes r\u00e9guli\u00e8rement de violences conjugales, que l\u2019on recense entre 15 et 20.000 viols d\u00e9clar\u00e9s chaque ann\u00e9e, sans m\u00eame compter les tentatives de viol ou sans pouvoir estimer les viols effac\u00e9s par le silence de la douleur. <\/p>\n<p>Ces drames quotidiens sont les sympt\u00f4mes visibles d\u2019un mal plus profond, de l\u2019existence d\u2019une guerre faite aux femmes, celle qui vise \u00e0 nous maintenir en tant que subalterne. Difficilement extirp\u00e9es de notre statut civil de mineur par le biais de nos luttes, nous sommes toujours moins pay\u00e9es, moins prim\u00e9es, moins valoris\u00e9es. <\/p>\n<p>Nous alternons bien souvent entre la satisfaction de voir le chemin parcouru, les luttes gagn\u00e9es \u2013 elles sont r\u00e9elles \u2013 et le d\u00e9couragement devant la lenteur de nouvelles avanc\u00e9es. <\/p>\n<p>Nous restons les principales actrices de la parentalit\u00e9, ce qui se conjugue difficilement avec une carri\u00e8re quand \u00e7a ne se solde pas par du temps partiel subi ou impos\u00e9. Nous continuons d\u2019effectuer la majorit\u00e9 du travail domestique, d\u2019\u00eatre en charge de l\u2019organisation du foyer et de la pr\u00e9voyance constante du d\u00e9roulement des vies familiales. Le droit \u00e0 disposer de notre corps est constamment mis en danger par les restrictions budg\u00e9taires qui ferment les maternit\u00e9s et les centres qui pratiquent l\u2019IVG, tandis notre sant\u00e9 gyn\u00e9cologique reste largement contr\u00f4l\u00e9e par des hommes. <\/p>\n<p>Quant \u00e0 nos corps eux-m\u00eames, ils subissent les assauts constants des prescriptions. Pour un v\u00eatement trop court, nous m\u00e9riterions le viol. Pour un maillot trop couvrant ou un voile sur nos cheveux, nous sommes d\u00e9sign\u00e9es ennemis de la R\u00e9publique et de la la\u00efcit\u00e9. Nos corps standardis\u00e9s sont sexualis\u00e9s pour vendre des parfums, des voitures et des yaourts. Nos corps r\u00e9els sont la cible du harc\u00e8lement, des remarques lubriques quand ils ne sont pas d\u00e9nigr\u00e9s pour nos poils, nos peaux, nos r\u00e8gles, notre poids, notre \u00e2ge. Notre vie organis\u00e9e est l\u2019expression d\u2019un m\u00e9pris profond de notre condition de femme.<\/p>\n<blockquote><p>Affront suppl\u00e9mentaire, le gouvernement s\u2019appr\u00eate \u00e0 lancer un march\u00e9 public pour une mise en concurrence de la gestion de la ligne d\u2019\u00e9coute du 3919 g\u00e9r\u00e9e depuis 1992 par l\u2019association F\u00e9d\u00e9ration nationale Solidarit\u00e9 femmes (FNSF).<\/p><\/blockquote>\n<p>La d\u00e9flagration <em>#Metoo<\/em>, ce cri de ralliement de toutes ses femmes d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 briser l\u2019omerta a marqu\u00e9 une nouvelle \u00e9tape dans notre lutte pour l\u2019\u00e9mancipation de toutes. Elle a fendu une illusion qui s\u2019efforce de persister. Elle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le d\u00e9calage entre la proclamation d\u2019une \u00e9galit\u00e9 formelle et la longue route qui nous s\u00e9pare encore d\u2019une \u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle. Une chose demeure s\u00fbre, les discours ne parviendront pas seuls \u00e0 transformer nos r\u00e9alit\u00e9s car, comme l\u2019actualit\u00e9 nous le rappelle avec cruaut\u00e9, les outils collectifs dont nous disposons restent incapables de r\u00e9pondre \u00e0 notre besoin de protection, \u00e0 notre d\u00e9sir d\u2019\u00e9mancipation. C\u2019est la police qui \u00e9choue trop souvent \u00e0 accueillir la plainte pour un viol quand pr\u00e8s d\u2019un tiers d\u2019entre elles ne sont pas transmises au procureur. C\u2019est la justice qui n\u2019a pas reconnu le qualificatif de viol pour Julie, une jeune fille mineure sordidement viol\u00e9e par vingt-deux pompiers. C\u2019est le silence complice des autorit\u00e9s qui laissent les employeurs pratiquer l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de nos r\u00e9mun\u00e9rations. C\u2019est, de nouveau, le gouvernement qui refuse d\u2019avancer les moyens n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre aux situations critiques.<\/p>\n<p>Comme pour tous les sujets \u00e9cart\u00e9s du rang des priorit\u00e9s, l\u2019\u00c9tat se d\u00e9fausse de ses responsabilit\u00e9s aupr\u00e8s de ceux, et ici celles qui, au c\u0153ur du combat, embrassent le combat titanesque de palier l\u2019injustice fondamentale qui nous est faite. Les associations f\u00e9ministes s\u2019improvisent donc centre d\u2019accueil, permanence juridique, soutien psychologique, formateurs des personnels de la police nationale, lanceuses d\u2019alertes. <\/p>\n<p>Affront suppl\u00e9mentaire, le gouvernement s\u2019appr\u00eate \u00e0 lancer un march\u00e9 public pour une mise en concurrence de la gestion de la ligne d\u2019\u00e9coute du 3919 g\u00e9r\u00e9e depuis 1992 par l\u2019association F\u00e9d\u00e9ration nationale Solidarit\u00e9 femmes (FNSF).<\/p>\n<p>Je veux dire ici mon immense gratitude \u00e0 ces associatives qui recueillent, accueillent ces femmes et leurs t\u00e9moignages souvent tr\u00e8s durs. Il faut mesurer combien il est \u00e9prouvant, m\u00eame pour les mieux form\u00e9es, de dig\u00e9rer la violence des r\u00e9cits. <\/p>\n<p>Comme pour nos personnels de sant\u00e9, d\u2019ailleurs majoritairement compos\u00e9s de femmes, comme pour les relais associatifs qui organisent la solidarit\u00e9 alimentaire et o\u00f9 les femmes sont nombreuses, tout repose sur notre r\u00e9silience \u00e0 toute \u00e9preuve. Cette situation ne peut plus durer. <\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, \u00e0 l\u2019occasion du 25 novembre, Journ\u00e9e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, en r\u00e9clamant 1 milliard d\u2019euros r\u00e9els, concr\u00e8tement allou\u00e9s, les femmes ne r\u00e9clament que leur d\u00fb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/elsa-faucillon\"><strong>Elsa Faucillon<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand la folie s\u00e9curitaire s\u2019empare de nos dirigeants, curieusement, la s\u00e9curit\u00e9 des femmes n\u2019est pas une priorit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[306,297],"class_list":["post-12599","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-societe","tag-feminisme","tag-inegalites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12599","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12599"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12599\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12599"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12599"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12599"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}