{"id":12530,"date":"2020-10-27T10:02:15","date_gmt":"2020-10-27T09:02:15","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-chronique-du-covid-partie-iv-face-a-la-seconde-vague-changer-de-politique\/"},"modified":"2023-06-24T00:04:16","modified_gmt":"2023-06-23T22:04:16","slug":"article-chronique-du-covid-partie-iv-face-a-la-seconde-vague-changer-de-politique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=12530","title":{"rendered":"Chronique du Covid (partie IV) : face \u00e0 la seconde vague, changer de politique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Face \u00e0 la diffusion massive du virus et \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de nombreux malades dans des structures hospitali\u00e8res \u2013 consid\u00e9rablement affaiblies par des ann\u00e9es d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u2013, le pouvoir semble maintenant attendre la catastrophe. Difficile en effet de rompre avec une politique qui est sa raison d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Ceux qui reprochaient \u00e0 l\u2019Institut Pasteur d\u2019avoir r\u00e9alis\u00e9, pour le compte du Conseil scientifique, des pr\u00e9visions alarmistes sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie devaient, quelques jours plus tard, manger leurs chapeaux. La situation \u00e9pid\u00e9mique constat\u00e9e par Sant\u00e9 publique France <a href=\"https:\/\/www.santepubliquefrance.fr\/maladies-et-traumatismes\/maladies-et-infections-respiratoires\/infection-a-coronavirus\/documents\/bulletin-national\/covid-19-point-epidemiologique-du-22-octobre-2020\">dans son point hebdomadaire du 22 octobre<\/a> est en effet grave \u00e0 tous \u00e9gard, et il ne s\u2019agit pas l\u00e0 de c\u00e9der au catastrophisme. Apr\u00e8s l\u2019explosion du nombre de cas diagnostiqu\u00e9s positifs, apr\u00e8s la hausse lente du nombre d\u2019hospitalisations depuis douze semaines, les courbes prennent des formes exponentielles, c\u2019est-\u00e0-dire rapides et continues.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/economie\/article\/chronique-du-covid-partie-i-capitalisme-et-macronisme-a-l-epreuve-d-une\">Chronique du Covid (partie I) : capitalisme et macronisme \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019une pand\u00e9mie r\u00e9sistible<\/a><\/em><br \/>\n<strong>>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees-culture\/article\/chronique-du-covid-partie-ii-imposture-du-complotisme-impasses-de-l\">Chronique du Covid (partie II) : imposture du complotisme, impasses de l\u2019obscurantisme<\/a><\/em><br \/>\n<strong>>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees-culture\/article\/chronique-du-covid-partie-iii-urgente-offensive-des-partisans-de-l-emancipation\">Chronique du Covid (partie III) : urgente offensive des partisans de l\u2019\u00e9mancipation et de la soci\u00e9t\u00e9 civile<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u2019une semaine sur l\u2019autre, on compte +35% pour les passages aux urgences pour suspicion de Covid, +48% pour les nouvelles hospitalisations et les entr\u00e9es en r\u00e9animation, +40% de d\u00e9c\u00e8s. Ainsi, alors m\u00eame que l\u2019on voulait croire jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 une hausse de ces indicateurs en pente douce, Sant\u00e9 publique France \u00e9crit : <em>\u00ab La situation hospitali\u00e8re pour la COVID-19 en semaine 42 se rapproche de celle observ\u00e9e au cours de la premi\u00e8re vague, apr\u00e8s la mi-mars 2020 [\u2026], en termes de nombre de personnes nouvellement hospitalis\u00e9es, nouvellement admises en r\u00e9animation et nombres de nouveaux d\u00e9c\u00e8s survenus en milieu hospitalier \u00bb<\/em>. L\u2019organisme public pr\u00e9cise certes que la dynamique de diffusion du virus semble plus lente qu\u2019en mars dernier, mais le nombre de cas d\u00e9pist\u00e9s positifs augmente en m\u00eame temps que le taux de positivit\u00e9 des tests. Autres facteurs d\u2019inqui\u00e9tude : <em>\u00ab Depuis d\u00e9but septembre, le nombre de cas chez les personnes \u00e2g\u00e9es de 65 \u00e0 74 ans a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par 5 [\u2026] et le nombre de cas chez les personnes \u00e2g\u00e9es de 75 ans et plus par 6. [\u2026] Cette augmentation du nombre de cas chez les personnes \u00e2g\u00e9es est tr\u00e8s pr\u00e9occupante car ces personnes sont les plus \u00e0 risque de complication de COVID-19 \u00bb<\/em>. Enfin, la diffusion de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie touche tout le territoire, dans des proportions certes vari\u00e9es, alors que d\u00e9but 2020, elle avait surtout concern\u00e9 la r\u00e9gion Grand-Est, l\u2019\u00cele-de-France et Bourgogne-Franche-Comt\u00e9. Les ressources en lits et en personnels, qui avaient pu \u00eatre mobilis\u00e9es, sont cette fois rarement disponibles. <\/p>\n<p>Cons\u00e9quence que tout le monde conna\u00eet de la dynamique \u00e9pid\u00e9mique : le risque de saturation des capacit\u00e9s hospitali\u00e8res, l\u2019obligation de d\u00e9programmer de nombreuses op\u00e9rations non li\u00e9es \u00e0 la Covid (au d\u00e9triment de la sant\u00e9 des patients), voire des situations chaotiques p\u00e9nalisant les malades ayant des complications graves. Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 va r\u00e9p\u00e9tant que les capacit\u00e9s d\u2019hospitalisation peuvent \u00eatre \u00e9tendues, \u00e9voquant depuis six mois les m\u00eames chiffres (5800 lits de r\u00e9animation disponibles, un nombre pouvant \u00eatre augment\u00e9 au forceps \u00e0 12.000). En attendant, les d\u00e9programmations ont commenc\u00e9, ainsi que les transferts entre h\u00f4pitaux, entre secteur public et secteur priv\u00e9, entre territoires. Qu\u2019attend-on pour se donner les moyens de prendre en charge tous ceux qui en ont besoin, ayant la Covid ou non? <\/p>\n<h2>Impuissante strat\u00e9gique gouvernementale<\/h2>\n<p>La strat\u00e9gie gouvernementale consiste \u00e0 marteler les avertissements \u00e0 l\u2019\u00e9gard des citoyens (soulignant leurs responsabilit\u00e9s dans la circulation du virus, pour mieux d\u00e9gager les siennes), \u00e0 occuper le terrain par les annonces successives de \u00ab couvre-feu \u00bb (l\u00e0 o\u00f9 il serait plus juste de parler de confinement nocturne). De fait, Emmanuel Macron, Jean Castex et Olivier V\u00e9ran ont pris leur parti d\u2019une d\u00e9gradation de la situation, \u00e0 tel point que le Premier ministre faisait figure, lors de sa conf\u00e9rence de presse du jeudi 22 octobre, d\u2019oiseau de mauvaise augure. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<quote><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-29831\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/screenshot_2020-10-27_at_09-5dc.45.00.png\" alt=\"screenshot_2020-10-27_at_09.45.00.png\" align=\"left\" width=\"832\" height=\"454\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/screenshot_2020-10-27_at_09-5dc.45.00.png 832w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/screenshot_2020-10-27_at_09-5dc.45.00-300x164.png 300w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/screenshot_2020-10-27_at_09-5dc.45.00-768x419.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 832px) 100vw, 832px\" \/><br \/>\nParmi les mesures contre la Covid, celles qui d\u00e9pendent de l\u2019action de chacun sont largement quoiqu\u2019imparfaitement mises en \u0153uvre (graphique extrait de l\u2019avis du 20 octobre du Conseil scientifique). Cependant, le dispositif de d\u00e9pistage, de tra\u00e7age, d\u2019isolement et d\u2019accompagnement des personnes positives, qui d\u00e9pend des pouvoirs publics, reste \u00e0 ce jour largement d\u00e9faillant.<\/quote><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a soulign\u00e9 fin septembre que le confinement ne peut \u00eatre que la <em>\u00ab derni\u00e8re solution des pays \u00bb <\/em> pour freiner l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, car ses cons\u00e9quences sur la vie \u00e9conomique et sociale sont majeures. Et le Conseil scientifique en France a soulign\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises qu\u2019il s\u2019agirait du constat d\u2019\u00e9chec de la strat\u00e9gie pr\u00e9ventive dont il a d\u00e9fendu avec grande insistance, au fil de ses avis, la mise en \u0153uvre rapide. Or, o\u00f9 en sommes-nous de ce point de vue ? Outre que la diffusion du virus est actuellement hors de contr\u00f4le, bien que les gestes barri\u00e8res soient largement mis en \u0153uvre, force est de constater que les outils de pr\u00e9vention ne sont pas \u00e0 la hauteur des probl\u00e8mes. <\/p>\n<p>Le dispositif de d\u00e9pistage a en partie progress\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire que de nombreux tests sont r\u00e9alis\u00e9s, et de plus en plus souvent dans des d\u00e9lais am\u00e9lior\u00e9s par rapport \u00e0 la situation des derniers mois. Mais le tra\u00e7age, l\u2019isolement et l\u2019accompagnement des personnes positives, qui en sont le compl\u00e9ment imp\u00e9ratif, sont globalement d\u00e9faillants. Le tra\u00e7age est mou, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019inutilit\u00e9 des cahiers remplis dans les restaurants ou de la timidit\u00e9 du recensement des cas contacts. Il supposerait un v\u00e9ritable travail relationnel aupr\u00e8s des personnes positives et de leurs proches. L\u2019isolement est au bon vouloir de chacun, avec tr\u00e8s peu de travail de conviction vis-\u00e0-vis des personnes, comme si l\u2019incantation gouvernementale pouvait remplacer un travail p\u00e9dagogique (ce qui supposerait une orientation moins r\u00e9pressive et beaucoup plus \u00e9ducative). Ainsi, en dehors de l\u2019implication des m\u00e9decins de ville, l\u2019accompagnement par le biais des plate-formes de l\u2019Assurance maladie est essentiellement formel, comme si sa finalit\u00e9 \u00e9tait principalement la production de statistiques de suivi et non la qualit\u00e9 de vie des personnes. <\/p>\n<p>Au total, si l\u2019on veut affronter, puis sortir d\u2019une situation particuli\u00e8rement difficile, en prenant acte que nous ne sommes pas dans un sprint mais dans une course de fond, des ruptures avec les politiques macronistes sont indispensables. Cela va un peu plus loin que <em>\u00ab d\u00e9battre de la couleur du Canadair \u00bb<\/em> pour <em>\u00ab \u00e9teindre l\u2019incendie alors que la maison br\u00fble \u00bb<\/em>, pour reprendre l\u2019expression, caustique mais consternante, d\u2019Olivier V\u00e9ran au d\u00e9but du d\u00e9bat du 24 octobre \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale sur la prolongation de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence sanitaire. <\/p>\n<h2>4 urgences, comme autant de ruptures politiques<\/h2>\n<p><strong>1.<\/strong> Premier axe, un changement complet de politique hospitali\u00e8re. La question n\u2019est plus seulement d\u2019ouvrir des lits au fur et \u00e0 mesure des besoins, et de proc\u00e9der \u00e0 des recrutements en cons\u00e9quence. Le refus d\u2019engager d\u00e8s juin dernier une politique de cr\u00e9ation massive de lits, de recrutements et de formation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e (notamment \u00e0 la r\u00e9animation pour des \u00e9l\u00e8ves infirmiers proches du dipl\u00f4me) se paie aujourd\u2019hui d\u2019une nouvelle situation d\u2019asphyxie continue et d\u2019un stress catastrophique pour les soignants. Le vrai sujet, c\u2019est la remise \u00e0 niveau des capacit\u00e9s d\u2019hospitalisation et de r\u00e9animation. Et celles-ci doivent \u00eatre p\u00e9rennes car les sp\u00e9cialistes des pand\u00e9mies soulignent depuis longtemps la possibilit\u00e9 que de nouvelles \u00e9pid\u00e9mies viennent mettre en danger les soci\u00e9t\u00e9s. <\/p>\n<p>Dans ce domaine, opposer court et moyen termes est d\u2019autant plus vain que les besoins sont imm\u00e9diats. En r\u00e9alit\u00e9, la situation pr\u00e9sente et les besoins sanitaires de demain impliquent aujourd\u2019hui une rupture avec la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 n\u00e9olib\u00e9rale. Ce sont toutes les orientations mises en \u0153uvre qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre remises en cause, de la tarification \u00e0 l\u2019acte aux r\u00e9organisations-fusions d\u2019\u00e9tablissements motiv\u00e9es par la seule recherche d\u2019\u00e9conomies (avec leurs cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses pour l\u2019acc\u00e8s aux soins et pour les territoires), du tout ambulatoire au refus d\u2019une v\u00e9ritable revalorisation des m\u00e9tiers de la sant\u00e9. <\/p>\n<p><strong>2.<\/strong> Deuxi\u00e8me axe, la promotion de la sant\u00e9 publique, la pr\u00e9vention et la mobilisation de la soci\u00e9t\u00e9 doivent l\u2019emporter sur la menace et la peur. Il faut bien s\u00fbr mettre le paquet sur le dispositif de d\u00e9pistage, de tra\u00e7age, d\u2019isolement et d\u2019accompagnement des personnes (lire le bonus ci-dessous), qui ne devrait pas se r\u00e9sumer au d\u00e9ploiement d\u2019une application num\u00e9rique au succ\u00e8s improbable (au vu de l\u2019\u00e9chec de la premi\u00e8re version) et \u00e0 la mise en \u0153uvre de plate-formes t\u00e9l\u00e9phoniques. <\/p>\n<p>Mais ce qui fait d\u00e9faut depuis d\u00e9but 2020, en l\u2019absence de culture de la sant\u00e9 publique du pouvoir, c\u2019est la mobilisation de tous les relais sanitaires et \u00e9ducatifs possibles pour diffuser les pratiques de pr\u00e9vention. Le gouvernement est dans l\u2019illusion que sa communication et les outils mis en place peuvent emporter la conviction du plus grand nombre, alors qu\u2019on sait depuis trente ans que les actions de pr\u00e9vention sanitaire les plus efficaces sont celles qui impliquent les acteurs de terrain et qui responsabilisent positivement les personnes, au lieu de les culpabiliser. Dans ce domaine, le macronisme est nu, car il se situe toujours en surplomb de la soci\u00e9t\u00e9, dans un rapport de domination. <\/p>\n<p>Plus largement, et l\u00e0 aussi d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent et sur la dur\u00e9e, la pr\u00e9vention et l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9 sont des domaines entiers de politiques publiques \u00e0 d\u00e9velopper dans la dur\u00e9e : relance de la m\u00e9decine scolaire et universitaire aujourd\u2019hui enti\u00e8rement sinistr\u00e9e, d\u00e9veloppement des actions de pr\u00e9vention sanitaire tous azimuts, promotion de la d\u00e9mocratie sanitaire et notamment de l\u2019association des usagers \u00e0 la d\u00e9finition des politiques de sant\u00e9, soutien aux relais \u00e9ducatifs et pr\u00e9ventifs de terrain. <\/p>\n<p><strong>3.<\/strong> Troisi\u00e8me axe, d\u2019autres politiques \u00e9conomiques et sociales. L\u2019\u00e9clatement de la r\u00e8gle des 3% de d\u00e9ficit budg\u00e9taire, l\u2019explosion des budgets publics, la r\u00e9habilitation de l\u2019\u00c9tat pour socialiser les pertes des entreprises et prendre en charge le ch\u00f4mage partiel de millions de personnes ne suffisent pas. Il faut une relance et un changement de politique \u00e9conomique, \u00e0 plusieurs \u00e9tages. <\/p>\n<p>On parle ici de la revalorisation des salaires, du soutien aux personnes, notamment aux plus pr\u00e9caires, avec l\u2019augmentation durable des minima sociaux, de la lutte contre les licenciements, du renforcement des droits des ch\u00f4meurs, ou encore de la conditionnalit\u00e9 des aides aux entreprises On parle aussi de la mise \u00e0 contribution des plus riches, avec la remise en place d\u2019une r\u00e9elle imposition sur les grandes fortunes et la taxation des profits notamment boursiers (qui n\u2019ont pas cess\u00e9 avec la crise). On parle de la rupture avec la politique qui cors\u00e8te les budgets des collectivit\u00e9s territoriales, alors que celles-ci assurent 70% de l\u2019investissement public civil, afin notamment de permettre une mont\u00e9e en puissance des politiques d\u2019investissement pourvoyeuses de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, d\u2019emplois et de services utiles \u00e0 tous. A ce propos, alors que le pouvoir risque de rogner les ambitions \u00e9cologiques au nom de la crise, sortir de la crise c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment changer de braquet \u2013 en ambitions et en moyens \u2013 pour obtenir des effets puissants. On parle encore de l\u2019accompagnement du monde de la culture, du sport, des loisirs, du secteur associatif, non seulement pour \u00e9viter leur effondrement mais pour en faire le fer de lance d\u2019un rebond de la soci\u00e9t\u00e9. On parle enfin de l\u2019accompagnement cons\u00e9quent des commer\u00e7ants, artisans et des professions lib\u00e9rales sans attendre les faillites et pour prot\u00e9ger l\u2019emploi. <\/p>\n<p><strong>4.<\/strong> Enfin, il faut une rupture d\u00e9mocratique. La gestion de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie par l\u2019ex\u00e9cutif ressemble de plus en plus \u00e0 un face \u00e0 face entre lui et la soci\u00e9t\u00e9. Entre sa volont\u00e9 de montrer qu\u2019il est la fleur au fusil, son m\u00e9pris de l\u2019opposition et son d\u00e9dain pour les forces sociales, il est bien seul. Surtout, une situation de crise n\u00e9cessite une \u00e9coute et une mobilisation de la soci\u00e9t\u00e9 sans lesquelles, au-del\u00e0 de la violence ressentie par tout \u00e0 chacun, les politiques publiques perdent en pertinence et en efficacit\u00e9. Et ce qui vaut pour la situation pr\u00e9sente montre un enjeu durable de transformation profonde des relations entre les institutions et les citoyens.<\/p>\n<blockquote><p>Si un confinement doit \u00eatre envisag\u00e9 pour briser la dynamique \u00e9pid\u00e9mique, doit-il encore une fois \u00eatre impos\u00e9 par le discours du monarque illusoirement tout puissant ou d\u00e9battu avec les forces politiques et sociales, et devant les citoyens ?<\/p><\/blockquote>\n<h2>Gouverner par la peur ?<\/h2>\n<p>Dans l\u2019urgence d\u2019une situation tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9e \u2013 au point donc o\u00f9 nous en sommes \u2013, se pose la question redoutable du confinement. Le pouvoir fait de moins en moins myst\u00e8re qu\u2019<em>a minima<\/em> des confinements partiels pourraient \u00eatre n\u00e9cessaires dans quelques semaines. En visite au centre hospitalier Ren\u00e9 Dubos de Pontoise (Val d\u2019Oise), Emmanuel Macron expliquait ce 23 octobre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 : <em>\u00ab Dans la phase o\u00f9 nous sommes, nous n\u2019avons d\u2019autre choix, compte tenu du nombre d\u2019infections par jour, que de r\u00e9duire notre vie sociale au maximum si on veut vraiment pr\u00e9server notre syst\u00e8me de sant\u00e9 et nos concitoyens \u00bb<\/em>. Et de l\u2019autre : <em>\u00ab Nous aurons en milieu de la semaine prochaine une vision plus claire de l\u2019impact des mesures que nous avons prises et nous aurons des d\u00e9cisions \u00e0 prendre les prochaines semaines pour ajuster les choses \u00bb<\/em>. En r\u00e9alit\u00e9, la r\u00e9duction de la vie sociale au maximum n\u2019implique m\u00eame pas pour lui \u00e0 ce jour la g\u00e9n\u00e9ralisation maximale du t\u00e9l\u00e9travail (l\u2019\u00e9conomie d\u2019abord !). <\/p>\n<p>En fait, il semble que le pouvoir attende que le confinement devienne acceptable par le plus grand nombre\u2026 au regard de la peur induite par la d\u00e9gradation de la situation sanitaire. Une telle orientation, qui revient \u00e0 gouverner par la peur, est-elle de bonne politique ? Si un confinement doit \u00eatre envisag\u00e9 pour briser la dynamique \u00e9pid\u00e9mique, doit-il encore une fois \u00eatre impos\u00e9 par le discours du monarque illusoirement tout puissant ou d\u00e9battu avec les forces politiques et sociales, et devant les citoyens ? Nul doute que l\u00e0 o\u00f9 le gouvernement se place en position d\u2019accompagner la crise \u2013 en attente de l\u2019aggravation de la situation sanitaire et en gestion des effets \u00e9conomiques et sociaux catastrophiques \u2013, l\u2019heure devrait \u00eatre \u00e0 une action beaucoup plus ambitieuse. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/gilles-alfonsi\"><strong>Gilles Alfonsi<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-12530 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/befunky-collage-277-737-scaled.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/befunky-collage-277-737-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"befunky-collage-277.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/screenshot_2020-10-27_at_09-c9c.45.00.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/screenshot_2020-10-27_at_09-c9c.45.00-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"screenshot_2020-10-27_at_09.45.00.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 la diffusion massive du virus et \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de nombreux malades dans des structures hospitali\u00e8res \u2013 consid\u00e9rablement affaiblies par des ann\u00e9es d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u2013, le pouvoir semble maintenant attendre la catastrophe. Difficile en effet de rompre avec une politique qui est sa raison d\u2019\u00eatre.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":29831,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[433,357,517],"class_list":["post-12530","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actu","tag-austerite","tag-chronique","tag-covid-19"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12530","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12530"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12530\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/29831"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12530"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12530"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12530"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}