{"id":12468,"date":"2020-09-22T09:20:14","date_gmt":"2020-09-22T07:20:14","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-la-republique-est-consubstantielle-a-la-revolution\/"},"modified":"2023-06-24T00:02:36","modified_gmt":"2023-06-23T22:02:36","slug":"article-la-republique-est-consubstantielle-a-la-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=12468","title":{"rendered":"\u00ab La R\u00e9publique est consubstantielle \u00e0 la R\u00e9volution \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Alors qu&#8217;Emmanuel Macron avait choisi, le 4 septembre dernier, de c\u00e9l\u00e9brer les \u00ab 150 ans de la R\u00e9publique \u00bb, nous f\u00eatons cette semaine le 228\u00e8me anniversaire de la Premi\u00e8re. Quelle fut sa gen\u00e8se, son esprit ? Quel lien ind\u00e9fectible entre R\u00e9publique et d\u00e9mocratie ? Quid d&#8217;une VI\u00e8me R\u00e9publique ? On a caus\u00e9 avec l&#8217;historien du droit Thomas Branth\u00f4me.<\/p>\n<p><em> <strong>Thomas Branth\u00f4me<\/strong> est historien du droit et des id\u00e9es politiques. Il enseigne \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Paris. Sp\u00e9cialiste des libert\u00e9s sociales, de la R\u00e9volution fran\u00e7aise et du r\u00e9publicanisme, il est l&#8217;auteur d&#8217;une <a href=\"https:\/\/www.economica.fr\/livre-histoire-de-la-republique-en-france-saint-victor-jacques-de-branthome-thomas,fr,4,9782717870022.cfm\"><\/em>Histoire de la R\u00e9publique en France<em> (2018)<\/a>, co-\u00e9crit avec Jacques de Saint-Victor.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong> <em>Regards<\/em>. Comment est n\u00e9e la Premi\u00e8re R\u00e9publique ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Thomas Branth\u00f4me.<\/strong> Du ventre de la R\u00e9volution ! Beaucoup de nos concitoyens ont tendance \u00e0 l\u2019oublier, mais la R\u00e9volution fran\u00e7aise ce n\u2019est pas \u00ab 1789 et uniquement 1789 \u00bb. Certes, c\u2019est au printemps\/\u00e9t\u00e9 1789 qu\u2019\u00e9clate l\u2019\u00e9tincelle initiale, mais l\u2019incendie se propage des ann\u00e9es durant. Moins qu\u2019une simple explosion, il vaudrait mieux se figurer la R\u00e9volution comme un <em>processus<\/em>, une lame de fond qui va bouleverser de fond en comble l\u2019ordre politico-social de l&#8217;Ancien R\u00e9gime. On ne saurait dire d\u2019ailleurs \u00e0 quel moment se termine ce processus : en 1799 avec l\u2019av\u00e8nement de Bonaparte ? En 1814 avec le retour des Bourbons sur le tr\u00f4ne ? Avec la IIIe R\u00e9publique, quand le r\u00e9gime r\u00e9publicain s\u2019installe durablement ? Ou a-t-il encore court ? \u00c0 ce titre, il est fondamental de comprendre que la R\u00e9publique s\u2019est form\u00e9e au <em>c\u0153ur<\/em> du brasier r\u00e9volutionnaire. En septembre 1792, on proclame la R\u00e9publique \u00e0 la faveur des \u00e9v\u00e9nements, \u00e0 la fois parce que l\u2019avant-garde r\u00e9volutionnaire ne <em>veut<\/em> plus de la monarchie et parce que ses derniers partisans ne <em>peuvent<\/em> plus la maintenir. Elle est donc baptis\u00e9e <em>par<\/em> et <em>dans<\/em> le tumulte. D\u2019aucuns r\u00eaveraient aujourd\u2019hui qu\u2019elle soit sagement sortie du cr\u00e2ne de Jupiter, mais elle a surtout jailli des forges de Vulcain. C\u2019est en ce sens que je rappelle souvent que la R\u00e9publique est <em>consubstantielle<\/em> \u00e0 la R\u00e9volution : cela vaut tant pour son rep\u00e8re chronologique que pour sa charge politique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/discours-du-pantheon-pauvre-republique\">Discours du Panth\u00e9on : pauvre R\u00e9publique !<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous, afin qu\u2019on comprenne bien, nous expliquer le contexte social et politique de cette naissance ?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est un contexte \u00e2pre, explosif, parmi les plus rugueux que la France ait connu. En 1792, la R\u00e9volution est au bord de l\u2019ab\u00eeme. Juridiquement, la tentative d\u2019une Monarchie constitutionnelle (Constitution du 3 septembre 1791) a \u00e9chou\u00e9. La r\u00e9partition des pouvoirs qu\u2019esp\u00e9raient les Constituants bute sur la pratique au jour le jour et Louis XVI, v\u00e9ritable ombre de roi, se trouve r\u00e9duit \u00e0 son seul droit de veto. Politiquement, les divisions font rage au sein de l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative et entravent l\u2019action parlementaire. Inefficace et brouillonne, cette Assembl\u00e9e est <em>de facto<\/em> contest\u00e9e par les soci\u00e9t\u00e9s populaires (club des Jacobins, club des Cordeliers) qui forment une sorte de contre-pouvoir \u00ab depuis la rue \u00bb. Socialement, la <em>\u00ab vie ch\u00e8re \u00bb<\/em> (A. Mathiez) p\u00e8se lourd sur le dos des Fran\u00e7ais et maintient une forme d\u2019atmosph\u00e8re pr\u00e9-insurrectionnelle quasi-permanente. Les habitants du royaume souffrent de ne pas voir l\u2019\u00e9galit\u00e9 promise advenir. Deux derniers traits parach\u00e8vent ce tableau :<\/p>\n<ul>\n<li> 1. Louis XVI depuis sa fuite \u00e0 Varennes (20 juin 1791) est totalement discr\u00e9dit\u00e9 et se voit sans cesse accus\u00e9 de jouer \u00ab double jeu \u00bb.<\/li>\n<li> 2. La guerre d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 l\u2019Autriche (20 avril 1792) s\u2019av\u00e8re \u00eatre un d\u00e9sastre sur les champs de bataille.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces diff\u00e9rents facteurs vont construire la trame menant \u00e0 l\u2019effondrement de la monarchie fran\u00e7aise. Quatre dates en marquent l\u2019agonie :<\/p>\n<ul>\n<li> 1. Le 11 juillet 1792, apr\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en guerre de la Prusse aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Autriche, l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative d\u00e9clare la \u00ab Patrie en danger \u00bb et sonne l\u2019alerte sur le p\u00e9ril mortel qui guette la R\u00e9volution.<\/li>\n<li> 2. Le 20 juin, un certain nombre de Sans-culottes s\u2019introduit au Palais de Tuileries et force Louis XVI \u00e0 \u00ab trinquer \u00bb \u00e0 la sant\u00e9 de la Nation et \u00e0 rev\u00eatir le bonnet phrygien pour prouver son attachement \u00e0 la R\u00e9volution.<\/li>\n<li> 3. Le 25 juillet, une proclamation, dite \u00ab manifeste de Brunswick \u00bb (du nom du chef de l\u2019arm\u00e9e prussienne), annon\u00e7ant la prochaine arriv\u00e9e dans Paris des troupes \u00e9trang\u00e8res, promet aux habitants de Paris une \u00ab vengeance exemplaire \u00bb, \u00ab m\u00e9morable \u00bb et une \u00ab subversion totale \u00bb contre tous ceux qui auraient outrag\u00e9 la famille royale. La menace pesant sur l\u2019ensemble des r\u00e9volutionnaires, un immense soul\u00e8vement a lieu en r\u00e9action.<\/li>\n<li> 4. le 10 ao\u00fbt 1792, \u00e0 l\u2019appel de la Commune de Paris et des sections, s\u2019ouvre une grande journ\u00e9e insurrectionnelle. Les Tuileries prises d\u2019assaut, Louis XVI se r\u00e9fugie dans l\u2019enceinte de l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative. C\u2019est la \u00ab chute de la monarchie \u00bb (M. Vovelle). L\u2019ordre constitutionnel vole en \u00e9clats, le roi est suspendu, les ministres r\u00e9voqu\u00e9s et l\u2019\u00e9lection d\u2019une nouvelle assembl\u00e9e nationale est vot\u00e9e. Trois mots flottent alors dans toutes les bouches : \u00ab Patrie, libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9 \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>On a parfois parl\u00e9 de \u00ab seconde r\u00e9volution \u00bb aux sujets de ce d\u00e9roul\u00e9. Je crois l\u2019expression juste car c\u2019est de ces \u00e9v\u00e9nements que va na\u00eetre la Premi\u00e8re R\u00e9publique de l\u2019Histoire de France. Le 20 septembre qui suit, la nouvelle assembl\u00e9e qui prendra le nom de Convention, prend place et d\u00e9cr\u00e8te \u00ab l\u2019abolition de la royaut\u00e9 \u00bb. Le lendemain (le 22), elle d\u00e9cide sur proposition de Billaud-Varenne qu\u2019\u00e0 compter de ce jour les actes publics seront dat\u00e9s de \u00ab l\u2019an I de la R\u00e9publique \u00bb et, le 25, elle proclame la R\u00e9publique \u00ab une et indivisible \u00bb.<\/p>\n<blockquote><p>Toute une partie de la gauche semble l\u2019avoir oubli\u00e9 et rechigne d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019utilisation du mot \u00ab R\u00e9publique \u00bb. Pourtant la majeure partie de la tradition r\u00e9volutionnaire europ\u00e9enne jusqu\u2019\u00e0 la Seconde guerre mondiale s\u2019est r\u00e9clam\u00e9e de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique et sociale.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Mais d\u2019o\u00f9 vient cette \u00ab id\u00e9e r\u00e9publicaine \u00bb ?<\/strong><\/p>\n<p>De tr\u00e8s loin. Avec Jacques de Saint-Victor, nous en avons retrac\u00e9 l\u2019histoire et la g\u00e9n\u00e9alogie dans notre <a href=\"https:\/\/www.economica.fr\/livre-histoire-de-la-republique-en-france-saint-victor-jacques-de-branthome-thomas,fr,4,9782717870022.cfm\"><em>Histoire de la R\u00e9publique en France<\/em><\/a>[[Economica, 2018]]. Sa premi\u00e8re formulation se trouve dans la philosophie grecque, chez Platon d\u2019abord, qui y consacre un de ses trait\u00e9s, puis chez son plus grand disciple, Aristote. Pr\u00e9cisions que le mot \u00ab r\u00e9publique \u00bb n\u2019a pas le sens que les Fran\u00e7ais lui accordent aujourd\u2019hui ! Il s\u2019agit d\u2019une forme de r\u00e9gime politique (<em>polit\u00e9\u00efa<\/em>) propre \u00e0 la cit\u00e9 ath\u00e9nienne qui appelle \u00e0 gouverner en vue du \u00ab bien commun \u00bb par le biais d\u2019institutions mixtes m\u00ealant des \u00e9l\u00e9ments monarchiques, aristocratiques et d\u00e9mocratiques. Mais on peut retenir de cette premi\u00e8re \u00e9poque trois notions qui contribueront \u00e0 \u00e9tablir l\u2019id\u00e9e r\u00e9publicaine : la question du meilleur des r\u00e9gimes, le souci du \u00ab bien commun \u00bb et la citoyennet\u00e9. Puis il appartiendra \u00e0 l\u2019Histoire romaine de traduire le concept de <em>polit\u00e9\u00efa<\/em> en latin par <em>Res publica<\/em> (litt\u00e9ralement, <em>chose publique<\/em>), donnant par ce biais la forme s\u00e9mantique telle que nous la connaissons. La chute de l\u2019Empire romain (476) entra\u00eene toutefois l\u2019\u00e9clipse de cette id\u00e9e r\u00e9publicaine pendant plusieurs si\u00e8cles avant qu\u2019elle ne soit exhum\u00e9e par la red\u00e9couverte au bas Moyen-\u00e2ge d\u2019auteurs classiques comme Aristote, Cic\u00e9ron ou Tite-Live. \u00c0 partir de ce moment-l\u00e0, l\u2019id\u00e9e r\u00e9publicaine alimente en France le mod\u00e8le d\u2019une \u00ab monarchie temp\u00e9r\u00e9e \u00bb tandis qu\u2019elle irrigue en Italie les nouvelles formes de gouvernement mixte (R\u00e9publique de Venise, de Florence, etc). Ces diff\u00e9rentes trajectoires font du r\u00e9publicanisme une r\u00e9f\u00e9rence polys\u00e9mique dans la France pr\u00e9-r\u00e9volutionnaire du XVIII\u00e8me si\u00e8cle. Pour certains, il ne s\u2019agit que d\u2019un mot m\u00e9di\u00e9val synonyme d\u2019\u00c9tat, pour d\u2019autres, il renvoie \u00e0 l\u2019histoire ancienne et r\u00e9cente de l\u2019Italie. Mais il existe \u00e9galement certains lecteurs anglophones pour qui la notion \u00e9voque les r\u00e9volutions britanniques du XVII\u00e8me si\u00e8cle, voire la nouvelle \u00ab R\u00e9publique \u00bb \u00c9tats-Unisienne. Parmi les futurs grands acteurs de la R\u00e9volution, on peut ainsi dire que plusieurs (Mirabeau, La Fayette, Desmoulins, Robespierre, Brissot ou Condorcet) sont travaill\u00e9s par cette question \u00ab r\u00e9publicaine \u00bb. Il s\u2019agit toutefois d\u2019une perspective d\u2019hommes de lettres r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 la philosophie de leur temps et non \u00e0 un quelconque projet politique visant \u00e0 se substituer \u00e0 la monarchie. En r\u00e9alit\u00e9, les grandes eaux r\u00e9publicaines dans lesquelles puiseront les hommes de 1792 au moment de l\u2019\u00e9dification du r\u00e9gime sont plut\u00f4t \u00e0 trouver chez Rousseau. Grand connaisseur de la philosophie antique, Rousseau, plus qu\u2019aucun autre, a exalt\u00e9 dans son \u0153uvre ce gouvernement du \u00ab bien commun \u00bb et d\u00e9fendu l\u2019id\u00e9e que personne d\u2019autre que le peuple lui-m\u00eame n\u2019\u00e9tait mieux plac\u00e9 pour en d\u00e9cider les \u0153uvres. Dans le <em>Contrat social<\/em> et par son concept de \u00ab volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale \u00bb, il est ainsi le premier \u00e0 avoir nou\u00e9 la R\u00e9publique et la d\u00e9mocratie (pouvoir du peuple), ce que les r\u00e9volutionnaires en 1792 inscriront dans le marbre de notre histoire politique.<\/p>\n<p><strong>Donc, dans les principes fondateurs de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, il y a la d\u00e9mocratie ?<\/strong><\/p>\n<p>Parfaitement. Robespierre le dit d\u2019ailleurs sans ambages d\u00e8s le 5 f\u00e9vrier 1794 : aux yeux des r\u00e9volutionnaires fran\u00e7ais, r\u00e9publique et d\u00e9mocratie sont <em>\u00ab synonymes \u00bb<\/em> (Discours du 18 pluvi\u00f4se an II). Toute une partie de la gauche semble l\u2019avoir oubli\u00e9 et rechigne d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019utilisation du mot \u00ab R\u00e9publique \u00bb. Pourtant la majeure partie de la tradition r\u00e9volutionnaire europ\u00e9enne jusqu\u2019\u00e0 la Seconde guerre mondiale s\u2019est r\u00e9clam\u00e9e de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique et sociale. Regardez la grammaire utilis\u00e9e par les membres de la Commune de 1871 autour de Charles Delescluze (\u00ab Patrie en danger \u00bb, \u00ab Comit\u00e9 de Salut Public \u00bb) ou m\u00eame la \u00ab mystique \u00bb qui accompagne la R\u00e9volution russe d\u2019Octobre 1917. L\u00e9nine et les Bolcheviques, mais aussi Trotski, multiplient les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise et \u00e0 son <em>corpus<\/em> id\u00e9ologique. En 1936, m\u00eame chose. Contre le fascisme de Franco qu\u2019aident Hitler et Mussolini, les r\u00e9volutionnaires espagnoles et les brigades internationales combattent pour la R\u00e9publique\u2026 Il y a eu depuis une perte de transmission dans la m\u00e9moire politique entra\u00eenant l\u2019ignorance de la consubstantialit\u00e9 de naissance qu\u2019il existe en France entre R\u00e9volution, R\u00e9publique et D\u00e9mocratie.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les autres principes fondateurs de cette Premi\u00e8re R\u00e9publique ? Et qu\u2019est-ce qui la distingue des autres r\u00e9publiques de l\u2019Histoire de France ?<\/strong><\/p>\n<p>Par d\u00e9finition, en \u00e9tant la premi\u00e8re, elle appelle \u00e0 elle davantage d\u2019honneurs mais aussi davantage de difficult\u00e9s. Le mot clef de la p\u00e9riode dit d\u2019ailleurs beaucoup sur ce double aspect des choses : c\u2019est le mot \u00ab fondation \u00bb. On peut percevoir par ce vocable emprunt\u00e9 au champ lexical de l\u2019architecture l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit qui anime les r\u00e9volutionnaires. La R\u00e9volution a fait table rase du pass\u00e9, \u00e0 pr\u00e9sent il faut construire. Un principe pr\u00e9side alors \u00e0 tous les autres : l\u2019esprit public. La Premi\u00e8re R\u00e9publique veut parachever les promesses de la <em>D\u00e9claration<\/em> du 26 ao\u00fbt 1789 en ne s\u2019arr\u00eatant pas seulement \u00e0 l\u2019Homme tel qu\u2019il est, mais l\u2019Homme tel qu\u2019il devrait \u00eatre s\u2019il int\u00e8gre la donn\u00e9e r\u00e9publicaine : un citoyen. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un simple clin d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9 mais bien d\u2019une r\u00e9volution anthropologique majeure. Jusqu\u2019alors, les individus n\u2019\u00e9taient en France que des \u00ab sujets de sa majest\u00e9 \u00bb. Se transformer en citoyen s\u2019inscrit dans le projet jacobin d\u2019<em>Homo novus<\/em>. Cela signifie devenir autonome (<em>auto-nomos<\/em>, se donner sa propre norme) en contribuant \u00e0 l\u2019\u00e9dification de la loi et en ayant le droit de participer aux affaires de la cit\u00e9 (la \u00ab <em>p\u00f3lis<\/em> \u00bb). La philosophie r\u00e9publicaine forme un \u00ab syst\u00e8me \u00bb : on cesse d\u2019\u00eatre un sujet en s\u2019extirpant du corps monarchique pour devenir un citoyen d\u00e9fini par son appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 politique dont on vote les lois. Notons, si vous me permettez une incise, que le regard pos\u00e9 sur ce syst\u00e8me nous apprend beaucoup sur nos propres manquements contemporains. Notre \u00e9poque revendique largement \u2013 et cela est heureux \u2013 la <em>D\u00e9claration<\/em> du 26 ao\u00fbt, mais remarquez comme il s\u2019agit toujours des \u00ab droits de l\u2019Homme \u00bb et jamais \u00ab du Citoyen \u00bb. Cela d\u00e9montre que la \u00ab valeur \u00bb publique n\u2019est pas parvenue \u00e0 s\u2019enraciner totalement dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. Pourtant, l\u2019esprit public offrirait bien des services pour lutter contre le d\u00e9sordre du monde actuel. C\u2019est en son nom que la R\u00e9publique pourrait combattre l\u2019atomisation de la soci\u00e9t\u00e9, la perte de solidarit\u00e9, le d\u00e9veloppement de l\u2019individualisme narcissique, l\u2019extension du r\u00e8gne marchand, la pr\u00e9dation du capitalisme\u2026 Les autres valeurs de cette Premi\u00e8re R\u00e9publique d\u00e9coulent d\u2019ailleurs de cet esprit public : la d\u00e9fense de la souverainet\u00e9 populaire, la passion de l\u2019\u00e9galit\u00e9, la loi per\u00e7ue comme expression de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019exercice d\u00e9mocratique qu\u2019on souhaite \u00ab direct \u00bb gr\u00e2ce aux soci\u00e9t\u00e9s populaires. Depuis, le conflit qui parcourt l\u2019histoire r\u00e9publicaine entre les tendances conservatrices et les tendances favorables \u00e0 la transformation du monde ont alt\u00e9r\u00e9 ces valeurs, mais je consid\u00e8re que ces \u00e9l\u00e9ments forment toujours le corpus de l\u2019id\u00e9al r\u00e9publicain.<\/p>\n<blockquote><p>On se trompe lorsqu\u2019on affirme que le couple \u00ab unit\u00e9\/indivisibilit\u00e9 \u00bb rel\u00e8ve de la \u00ab n\u00e9vrose r\u00e9publicaine \u00bb. On se trompe \u00e9galement en confondant unit\u00e9 et unanimit\u00e9 ou encore indivisibilit\u00e9 et uniformit\u00e9. Cela contribue \u00e0 brouiller le message originel de la R\u00e9publique : ses fondateurs voulaient une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9gaux, chose qu\u2019ils n\u2019avaient jamais connue et dont ils avaient tant souffert. Mais \u00e9gal ne veut pas dire identique.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>La R\u00e9publique une et indivisible aussi, non ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, \u00e0 condition de ne pas se m\u00e9prendre sur les termes. En 1789, une v\u00e9ritable fr\u00e9n\u00e9sie parcourt la France. Appel\u00e9s \u00e0 exprimer leurs v\u0153ux dans les cahiers de dol\u00e9ances, les Fran\u00e7ais veulent se muer dans un \u00ab grand tout \u00bb. Cela s\u2019explique d\u2019abord par la rage du Tiers-\u00c9tat qui, selon le mot de Siey\u00e8s, ne supporte plus de n\u2019\u00eatre <em>\u00ab rien \u00bb<\/em> dans l\u2019ordre politique. Mais il y a aussi une sorte de lassitude de beaucoup de Fran\u00e7ais vis-\u00e0-vis de l\u2019arbitraire et des privil\u00e8ges impliqu\u00e9s par la perp\u00e9tuation de l\u2019ordre f\u00e9odal. Le d\u00e9sir d\u2019une loi commune afflue de toute part. On oublie trop souvent \u00e0 quel point la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Ancien R\u00e9gime \u00e9tait une soci\u00e9t\u00e9 stratifi\u00e9e et \u00ab cadenass\u00e9e \u00bb. Nous savons bien s\u00fbr qu\u2019elle \u00e9tait compos\u00e9e en trois ordres, mais nous ignorons qu\u2019elle subissait \u00e9galement une division en \u00ab corps \u00bb (de m\u00e9tiers, de corporations). La force du concept de Nation, qui trouve son plein essor en 1789, s\u2019explique par ce biais. La Nation permet, en opposition \u00e0 l\u2019ordre f\u00e9odal, de penser un monde commun sans barri\u00e8res ni distinctions. Aussi, et ce avant m\u00eame la proclamation de la R\u00e9publique, la Constitution de 1791 attribue l\u2019unit\u00e9 et l\u2019indivisibilit\u00e9 au \u00ab Royaume \u00bb (titre II, art. 1), \u00e0 la \u00ab Souverainet\u00e9 \u00bb (titre III, art. 1) mais aussi \u00e0 la \u00ab Royaut\u00e9 \u00bb (chap. II, section I, art. 1). On se trompe donc lorsqu\u2019on affirme que le couple \u00ab unit\u00e9\/indivisibilit\u00e9 \u00bb rel\u00e8ve de la \u00ab n\u00e9vrose r\u00e9publicaine \u00bb. On se trompe \u00e9galement en confondant unit\u00e9 et unanimit\u00e9 ou encore indivisibilit\u00e9 et uniformit\u00e9. Encore de nos jours, ces critiques sont pourtant encore r\u00e9currentes. On parle d\u2019un jacobinisme voulant \u00ab emp\u00eacher les t\u00eates qui d\u00e9passent \u00bb, on exalte le Girondisme sans ma\u00eetriser le moins du monde les raisons du conflit entre la Gironde et la Montagne et sans savoir que la Gironde \u00e9tait pleinement partisane de la motion \u00ab R\u00e9publique une et indivisible \u00bb. Et cela contribue \u00e0 brouiller le message originel de la R\u00e9publique. Alors rappelons les termes de la novation r\u00e9publicaine : ses fondateurs voulaient une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9gaux, chose qu\u2019ils n\u2019avaient jamais connue et dont ils avaient tant souffert. Mais \u00e9gal ne veut pas dire identique.<\/p>\n<p><strong>Au pr\u00e9texte des 150 ans de la IIIe R\u00e9publique, Emmanuel Macron a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 \u00ab LA R\u00e9publique \u00bb. Qu\u2019avez-vous pens\u00e9 de ce choix et de ce discours mettant l\u2019accent sur la Troisi\u00e8me ?<\/strong><\/p>\n<p>Je dirais qu\u2019il y a deux aspects \u00e0 retenir de cette c\u00e9l\u00e9bration. Avant toute chose, c\u2019est un choix d\u2019opportunit\u00e9. Comme pour les \u00ab 100 ans \u00bb de l\u2019armistice de \u00ab 14-18 \u00bb, nous venons de f\u00eater l\u2019anniversaire des \u00ab 150 ans \u00bb du 4 septembre 1870 et le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique est dans son droit lorsqu\u2019il pr\u00e9side pareille c\u00e9r\u00e9monie. Toutefois, le choix du hashtag (<em>#Les150ansdelaR\u00e9publique<\/em>) pr\u00eate en effet \u00e0 discussion. Selon moi, Emmanuel Macron s\u2019est attach\u00e9 \u00e0 promouvoir une donn\u00e9e essentielle qui lui \u00e9chappe depuis le commencement de son mandat : l\u2019unit\u00e9 nationale. Comme tout chef d\u2019\u00c9tat, il est fort probable qu\u2019il en r\u00eave ardemment, mais sa politique \u00e9conomique, l\u2019affaire Benalla, ses \u00ab petites phrases \u00bb et l\u2019affrontement avec les Gilets jaunes l\u2019en ont \u00e9loign\u00e9. Or, comme nous venons de le voir dans la pr\u00e9c\u00e9dente question, l\u2019id\u00e9e d\u2019unit\u00e9 est inscrite dans le g\u00e9nome r\u00e9publicain d\u2019o\u00f9, probablement, la volont\u00e9 d\u2019en convoquer l\u2019imaginaire. Le probl\u00e8me est qu\u2019en c\u00e9l\u00e9brant 1870 comme le commencement de la R\u00e9publique, Emmanuel Macron a commis une double maladresse. D\u2019abord, cela revient \u00e0 exclure la Premi\u00e8re et la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, ce qui ne manque pas d\u2019interroger sur le pourquoi, d\u2019autant plus qu\u2019elles sont connues pour avoir \u00e9t\u00e9 les R\u00e9publiques les plus \u00ab d\u00e9mocratiques et sociales \u00bb au moment de leur proclamation. Ensuite, en agissant de la sorte, Emmanuel Macron s\u2019inscrit dans les pas d\u2019une date sujette \u00e0 pol\u00e9mique puisque les premiers mois de cette \u00ab R\u00e9publique du 4 septembre \u00bb sont marqu\u00e9s par l\u2019\u00e9crasement de la Commune de Paris \u00e0 la demande du \u00ab gouvernement Thiers \u00bb (mai-juin 1871). Plusieurs historiens ont donc interpr\u00e9t\u00e9 la r\u00e9f\u00e9rence comme un aveu de g\u00e9mellit\u00e9 avec Adolphe Thiers, ralli\u00e9 sur le tard \u00e0 la R\u00e9publique sur le seul fondement qu\u2019elle serait \u00ab le r\u00e9gime qui nous divise le moins \u00bb. Je crois surtout pour ma part qu\u2019Emmanuel Macron a op\u00e9r\u00e9 \u2013 consciemment ou inconsciemment ? \u2013 une confusion avec le mot c\u00e9l\u00e8bre de Clemenceau selon lequel <em>\u00ab la R\u00e9volution est un bloc \u00bb<\/em>. Dans le discours du 4 octobre 2020, j\u2019ai senti une volont\u00e9 de \u00ab cimenter \u00bb le corps social fran\u00e7ais en d\u00e9veloppant une rh\u00e9torique de l\u2019Histoire de France con\u00e7u comme un h\u00e9ritage \u00e0 recevoir en indivis. Mais dans le jeu de correspondance, cette proposition renvoie surtout \u00e0 la fameuse formule de Napol\u00e9on Bonaparte (<em>\u00ab De Clovis jusqu\u2019au Comit\u00e9 de Salut Public, je me tiens solidaire de tout \u00bb<\/em>), formule puissante pour celui qui voulait pacifier la France r\u00e9volutionnaire et cr\u00e9er un pays \u00e0 sa solde, mais qui rel\u00e8ve davantage du bonapartisme que du r\u00e9publicanisme. Dans mes travaux, je propose pr\u00e9cis\u00e9ment de sortir de cette vision ossifi\u00e9e et monolithique de la R\u00e9publique. La R\u00e9publique n\u2019est pas une sacralit\u00e9 divine hors d\u2019atteinte des Hommes. Elle est au contraire notre bien commun et doit vivre au milieu de nous. Un droit d\u2019inventaire est donc possible pour parfaire ce bien commun. En ce sens, je consid\u00e8re que la R\u00e9publique, loin d\u2019\u00eatre une relique du pass\u00e9 qu\u2019on maintiendrait sous verre, est un <em>continuum<\/em> qui se nourrit sans cesse des oppositions entre ses diff\u00e9rentes sensibilit\u00e9s (jacobine, pl\u00e9b\u00e9ienne, lib\u00e9rale, conservatrice) et qui se meut gr\u00e2ce \u00e0 ce mouvement dialectique.<\/p>\n<p><strong>Doit-on \u00e0 ce titre passer \u00e0 une VIe R\u00e9publique ?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019historien du droit que je suis est, comme la plupart des membres de la doctrine publiciste, en profond questionnement sur ce sujet car nous savons comme le dit le Professeur Marcel Morabito qu\u2019entre 1789 et 1875, la France a essay\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s toutes les combinaisons constitutionnelles possibles. Cela pousse \u00e0 l\u2019humilit\u00e9\u2026 Quelques points m\u2019apparaissent toutefois assez nettement. Premi\u00e8rement, le fait que la Ve R\u00e9publique ne se porte pas bien. Si l\u2019on se veut le plus pr\u00e9cis possible, je crois qu\u2019il y a davantage une crise de la d\u00e9mocratie que de la R\u00e9publique, mais on ne peut faire fi des dysfonctionnements <em>institutionnels<\/em> relev\u00e9s par les diff\u00e9rents organes de surveillance de la vie politique. Cela invite n\u00e9cessairement \u00e0 repenser le droit constitutionnel r\u00e9publicain. Deuxi\u00e8mement, et cela est reconnu m\u00eame du c\u00f4t\u00e9 des partisans de la Ve R\u00e9publique, le r\u00e9gime a progressivement \u00e9t\u00e9 vid\u00e9 de son esprit. Qu\u2019on en appr\u00e9cie l\u2019architecture ou non, force est de reconna\u00eetre que la Constitution de 1958, qui voulait r\u00e9pondre \u00e0 ce que le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle d\u00e9non\u00e7ait comme de la paralysie institutionnelle et de l\u2019inefficacit\u00e9 politique, est parvenue \u00e0 ses fins. Par le biais de son <em>\u00ab parlementarisme rationalis\u00e9 \u00bb<\/em> (B. Mirkine-Guetzevitch) et de son ex\u00e9cutif fort, la Ve est en effet un r\u00e9gime stable qui a permis \u00e0 des majorit\u00e9s de gouverner dans le temps long. Mais ses r\u00e9formes l\u2019ont transfigur\u00e9. L\u2019\u00e9lection du Pr\u00e9sident au suffrage universel d\u00e9cid\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum en 1962 a bris\u00e9 le fin \u00e9quilibre entre un chef d\u2019\u00c9tat qui se voulait bien dot\u00e9 en pouvoirs (article 5 de la Constitution) et un Parlement seul b\u00e9n\u00e9ficiaire de l\u2019onction \u00e9lectorale. Puis le passage du septennat au quinquennat (2000) et l\u2019inversion du calendrier des \u00e9lections l\u00e9gislatives et pr\u00e9sidentielle (2001) ont achev\u00e9 la pr\u00e9sidentialisation du r\u00e9gime, la majorit\u00e9 parlementaire \u00e9tant \u00e9lue sur le programme du candidat-pr\u00e9sident et appliquant en calque et \u00e0 la lettre sa politique. Il est impossible aujourd\u2019hui de ne pas reconna\u00eetre que cette <em>plenitudo potestatis<\/em> du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00e0 laquelle s\u2019ajoute un Parlement r\u00e9duit au r\u00f4le de \u00ab chambre d\u2019enregistrement \u00bb des vell\u00e9it\u00e9s pr\u00e9sidentielles, pose probl\u00e8me au regard de l\u2019id\u00e9al d\u00e9mocratique de la R\u00e9publique. Troisi\u00e8mement et enfin, je consid\u00e8re que nous vivons \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Occident, et de fa\u00e7on particuli\u00e8rement manifeste en France, la fin d\u2019un cycle : celui du <em>\u00ab gouvernement repr\u00e9sentatif \u00bb<\/em> (B. Manin). Pour le dire de fa\u00e7on succincte, cela signifie qu\u2019apr\u00e8s les diff\u00e9rentes tentatives de d\u00e9mocratie directe ou semi-directe au cours des deux derniers si\u00e8cles consid\u00e9r\u00e9es comme non-concluantes, les \u00e9lites et la grande masse des citoyens se sont rang\u00e9es \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019y avait de d\u00e9mocratie possible que la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Ce consensus est en train de se pourfendre. L\u2019abstention massive, les mouvements sociaux quasi-continuels, la d\u00e9fiance grandissante vis-\u00e0-vis du politique, la s\u00e9quence des Gilets jaunes et le d\u00e9senchantement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 attestent une population qui ne se contente plus seulement de critiquer le personnel politique (\u00ab Je ne me sens pas repr\u00e9sent\u00e9 \u00bb) mais l\u2019id\u00e9e m\u00eame de repr\u00e9sentation. Face \u00e0 l\u2019ampleur de ce d\u00e9litement, la Ve R\u00e9publique poss\u00e8de-t-elle les ressources en son sein pour y r\u00e9pondre ? Rien n\u2019est moins s\u00fbr. Ce qui est probable en revanche, c\u2019est que nous vivions prochainement de grands bouleversements historiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nPropos recueillis par <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/loic-le-clerc\"><strong>Lo\u00efc Le Clerc<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-12468 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/befunky-collage-267-b82-scaled.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/befunky-collage-267-b82-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"befunky-collage-267.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors qu&#8217;Emmanuel Macron avait choisi, le 4 septembre dernier, de c\u00e9l\u00e9brer les \u00ab 150 ans de la R\u00e9publique \u00bb, nous f\u00eatons cette semaine le 228\u00e8me anniversaire de la Premi\u00e8re. Quelle fut sa gen\u00e8se, son esprit ? Quel lien ind\u00e9fectible entre R\u00e9publique et d\u00e9mocratie ? Quid d&#8217;une VI\u00e8me R\u00e9publique ? On a caus\u00e9 avec l&#8217;historien du droit Thomas Branth\u00f4me.<\/p>\n","protected":false},"author":1203,"featured_media":29731,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[293,346],"class_list":["post-12468","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-idees-culture","tag-entretien","tag-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12468","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1203"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12468"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12468\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/29731"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12468"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12468"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12468"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}