{"id":12337,"date":"2020-06-04T08:38:18","date_gmt":"2020-06-04T06:38:18","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-austerite-salariale-la-fausse-sortie-de-patrick-artus\/"},"modified":"2023-07-03T14:33:02","modified_gmt":"2023-07-03T12:33:02","slug":"article-austerite-salariale-la-fausse-sortie-de-patrick-artus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=12337","title":{"rendered":"Aust\u00e9rit\u00e9 salariale : la fausse sortie de Patrick Artus"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Cette semaine, Monsieur Marx a lu pour vous le livre de Patrick Artus <em>40 ans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale. Comment en sortir ?<\/em>, sorti il y a une semaine chez Odile Jacob.<\/p>\n<p>Le 7 mai, le directeur des \u00e9tudes \u00e9conomiques de Natixis, <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/economie\/les-choses-lues-par-monsieur-marx\/article\/eux-non-plus-ils-ne-lachent-rien\">Patrick Artus avait expliqu\u00e9<\/a> qu\u2019une baisse tr\u00e8s importante du co\u00fbt du travail \u00e9tait la r\u00e9ponse de politique \u00e9conomique la plus adapt\u00e9e \u00e0 la crise du Covid-19. Le voici quelques semaines plus tard sur tous les plateaux de radios et de t\u00e9l\u00e9visions pour la parution d\u2019un livre dont le titre semble dire le contraire : <em>40 ans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Comment en sortir ?<\/em>.[[Patrick Artus : <em>40 ans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale. Comment en sortir ?<\/em>, \u00e9ditions Odile Jacob, mai 2020]]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees-culture\/culture\/article\/le-pouvoir-est-mort-le-capital-est-une-fiction\">\u00ab Le pouvoir est mort, le capital est une fiction ! \u00bb<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>All\u00e9ch\u00e9 par l\u2019odeur du titre, j\u2019ai achet\u00e9 le livre chez mon libraire, enfin r\u00e9ouvert. Je l\u2019ai lu assez vite. Il est court, plein d\u2019illustrations graphiques, et le texte est parfois r\u00e9p\u00e9titif. H\u00e9las le titre est trompeur. Au terme d\u2019un diagnostic critique assez lucide et toujours clair, Patrick Artus n\u2019explique pas comment en finir avec l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale. Mais, pourquoi au contraire, selon lui, il est quasiment impossible d\u2019en sortir. Il avance des arguments simples, dominants sans doute encore dans l\u2019opinion publique. Une lecture critique n\u2019est donc pas inutile.<\/p>\n<h2>\u00ab Un \u00e9quilibre durable \u00bb<\/h2>\n<p>Patrick Artus argumente en 4 points :<\/p>\n<ul>\n<li> L\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale est une des composantes essentielles du capitalisme qu\u2019il appelle lib\u00e9ral et non n\u00e9olib\u00e9ral. Mais c\u2019est bien de cela dont il s\u2019agit. Elle apparait dans les ann\u00e9es 1980 au Royaume Uni avec Margaret Thatcher, puis s\u2019\u00e9tend aux USA avec Ronald Reagan, au Japon et en Europe (avec notamment les r\u00e9formes Schr\u00f6der). Mise en \u0153uvre par la d\u00e9r\u00e9glementation du march\u00e9 du travail, la r\u00e9duction de la protection de l\u2019emploi, le recul du pouvoir de n\u00e9gociation des syndicats, elle perdure avec la concentration des entreprises, la polarisation des emplois dans les pays de l\u2019OCDE, le libre-\u00e9change et la d\u00e9localisation des productions manufactur\u00e9es. Elle se constate dans le fait que les salaires augmentent moins vite que la productivit\u00e9 et que, par cons\u00e9quent, la part des salaires dans la valeur ajout\u00e9e baisse et celle des profits augmente. L\u2019objectif central est l\u2019am\u00e9lioration de la profitabilit\u00e9 des entreprises et du rendement financier pour l\u2019actionnaire. La France et l\u2019Italie feraient un peu exception. La baisse de la part des salaires serait limit\u00e9e. Mais, pr\u00e9cise Patrick Artus, l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale serait tout de m\u00eame effective si l\u2019on consid\u00e8re le poids croissant des d\u00e9penses contraintes (\u00e9nergie, logements) des m\u00e9nages.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Un \u00e9quilibre durable a \u00e9t\u00e9 obtenu : l\u2019inflation est devenue durablement tr\u00e8s faible. Du coup, les banques centrales ont des politiques mon\u00e9taires tr\u00e8s expansionnistes. Du coup, les Etats peuvent \u00e9galement conduire des politiques budg\u00e9taires expansionnistes et laisser courir leurs d\u00e9ficits et leurs endettements. Il a, dit Patrick Artus, ses avantages : les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat bas \u00e9vitent les crises de la dette. Ils permettent d\u2019accroitre les investissements publics (ce qui en r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas av\u00e9r\u00e9) et de soutenir dans une certaine mesure les d\u00e9penses sociales. Mais aussi, des inconv\u00e9nients graves. L\u2019aust\u00e9rit\u00e9 est d\u00e9favorable au plus grand nombre. Elle accroit les in\u00e9galit\u00e9s, la pauvret\u00e9 et la concentration des richesses en peu de mains. Les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s bas p\u00e9nalisent les \u00e9pargnants, les futurs retrait\u00e9s par capitalisations. Quand l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale p\u00e9nalise les retraites par r\u00e9partition, mais Patrick Artus n\u2019\u00e9voque pas le sujet. Ils fragilisent les banques et leur capacit\u00e9 de faire cr\u00e9dit. Ils favorisent les concentrations d\u2019entreprises, les positions dominantes et en m\u00eame temps les entreprises zombies et inefficaces et les bulles sur les prix des actifs immobiliers et financiers. Au total, selon Patrick Artus, les inconv\u00e9nients l\u2019emportent sur les avantages et surtout l\u2019\u00e9quilibre n\u2019est plus tenable, ni socialement, ni politiquement. <em>\u00ab Nous croyons fermement que l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale commenc\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 ne peut pas se poursuivre. \u00bb<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> En m\u00eame temps, une sortie de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 serait une rupture catastrophique de l\u2019\u00e9quilibre obtenu : une rupture de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale entra\u00eenerait forc\u00e9ment une hausse de l\u2019inflation, qui entra\u00eenerait forc\u00e9ment celle des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, qui entra\u00eenerait forc\u00e9ment une disparition de la solvabilit\u00e9 budg\u00e9taires de nombreux pays, ce qui conduirait forc\u00e9ment \u00e0 une crise financi\u00e8re catastrophique, <em>\u00ab bien pire que celle des surprimes \u00bb<\/em>. \u00c0 quoi s\u2019ajoute l\u2019impossibilit\u00e9 de sortir de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale dans un seul pays, compte tenu de la forte concurrence par les co\u00fbts entre les pays. Et voil\u00e0 donc pourquoi votre fille risque fort de rester muette.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> La seule solution serait d\u2019y aller <em>molo<\/em> et <em>molto lento<\/em>. La hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat doit \u00eatre lente et progressive dit Patrick Artus. Ce qui impose que la sortie de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale se fasse tout aussi progressivement. \u00c0 tel point, qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, <em>\u00ab elle implique que l\u2019\u00e9conomie soit tranquille pendant de nombreuses ann\u00e9es \u00bb<\/em>. Et que faut-il entendre par \u00ab nombreuses ann\u00e9es \u00bb ? Quelque chose comme huit ans, explique l\u2019\u00e9conomiste. <em>\u00ab Supposons<\/em>, \u00e9crit-il, <em>que la banque centrale europ\u00e9enne veuille faire passer son taux directeur de 0% aujourd\u2019hui \u00e0 2,4% en huit ans par palier de 0,3% : il faut que pendant huit ans l\u2019\u00e9conomie de la zone euro ne montre ni pouss\u00e9e d\u2019inflation, qui oblige \u00e0 aller plus vite dans la hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, ni r\u00e9cession qui oblige \u00e0 l\u2019arr\u00eater. \u00bb<\/em> \u00c9videmment, comme il admet lui-m\u00eame, <em>\u00ab la probabilit\u00e9 de disposer de huit ann\u00e9es d\u2019\u00e9conomie tranquille est assez faible \u00bb<\/em>. C\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire. Et donc\u2026 \u00c0 l\u2019impossible nul n\u2019est tenu. <em>A fortiori<\/em> quand, au lieu de \u00ab la tranquillit\u00e9 \u00bb, c\u2019est la temp\u00eate de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie du Covid-19 qui s\u00e9vit. Ce qui nous ram\u00e8ne donc au point de d\u00e9part et au propos de Patrick Artus du 7 mai : la sortie de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale est peut-\u00eatre souhaitable et m\u00eame indispensable, mais il faut la remettre <em>sine die<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>\u00ab Disparition des r\u00e9cessions \u00bb<\/h2>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qu\u2019\u00e9crit Patrick Artus, l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale n\u2019est pas du tout un r\u00e9gime stabilis\u00e9 de croissance \u00e9conomique. L\u2019\u00e9conomiste affirme qu\u2019avec la baisse durable de l\u2019inflation et des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re, il y aurait sans doute <em>\u00ab disparition des r\u00e9cessions \u00bb<\/em>. Cela fait penser \u00e0 une proph\u00e9tie ant\u00e9rieure de son coll\u00e8gue Robert Lucas. Ce chef de file n\u00e9olib\u00e9ral, th\u00e9oricien de l\u2019efficience des march\u00e9s financiers et, forc\u00e9ment, Prix Nobel d\u2019\u00e9conomie (en 1995) <a href=\"https:\/\/www.aeaweb.org\/articles?id=10.1257\/000282803321455133\">avait affirm\u00e9 en 2003<\/a> que <em>\u00ab dor\u00e9navant le cycle \u00e9conomique n\u2019\u00e9tait plus un sujet important \u00bb<\/em> et que <em>\u00ab le probl\u00e8me central de la macro\u00e9conomie, \u00e0 savoir la pr\u00e9vention de la d\u00e9pression, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu en pratique, et ce pour de nombreuses d\u00e9cennies \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>\u00c9videmment l\u2019affirmation de Patrick Artus suppose que l\u2019on consid\u00e8re que l\u2019\u00e9pid\u00e9mie du Covid-19 est un choc <em>\u00ab exog\u00e8ne \u00bb<\/em> au syst\u00e8me \u00e9conomique et totalement impr\u00e9visible. L\u2019\u00e9conomiste ne l\u2019\u00e9crit pas dans son livre puisqu\u2019il ne dit pas un mot du sujet, pas m\u00eame en avertissement ou en postface. Mais <a href=\"https:\/\/www.capital.fr\/economie-politique\/patrick-artus-il-est-injuste-et-malsain-que-les-salaries-soient-aussi-peu-payes-1370833\">c\u2019est bien ainsi qu\u2019il l\u2019a qualifi\u00e9e depuis sa parution<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019analyse est doublement biais\u00e9e.<\/p>\n<p>D\u2019une part cela n\u2019allait d\u00e9j\u00e0 pas bien avant la pand\u00e9mie et le r\u00e9gime de croissance n\u00e9olib\u00e9ral \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9. D\u2019autre part, la pand\u00e9mie du Covid est certes un choc \u00e9norme et tout \u00e0 fait original. Mais ce n\u2019est pas un choc <em>\u00ab exog\u00e8ne \u00bb<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire un choc pour lequel il n\u2019aurait pas de responsabilit\u00e9 et dont il pourrait sortir simplement <em>\u00ab en rajoutant une couche \u00bb<\/em> d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale, de baisse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et de dettes publiques. <\/p>\n<p>La sp\u00e9cificit\u00e9 de la situation a \u00e9t\u00e9 que les gouvernements ont d\u00fb mettre les \u00e9conomies \u00e0 l\u2019arr\u00eat pour enrayer la crise sanitaire. Ils ont cherch\u00e9 \u00e0 pallier dans l\u2019urgence l\u2019insuffisance des ressources hospitali\u00e8res et ils ont fourni des liquidit\u00e9s pour pr\u00e9server un minimum de vie \u00e9conomique. Mais, <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2020\/05\/15\/michel-aglietta-la-vraie-richesse-des-nations-est-leur-capital-public_6039727_3232.html\">comme l\u2019explique Michel Aglietta<\/a>, <em>\u00ab le sur-activisme actuel des pouvoirs publics s\u2019explique d\u2019abord par l\u2019absence totale de pr\u00e9vention contre une crise pand\u00e9mique, en d\u00e9pit de plusieurs avertissements, dont le SARS en 2003 et l\u2019\u00e9pid\u00e9mie d\u2019Ebola en 2013. Les pays dits avanc\u00e9s consid\u00e9raient que cela ne les concernait pas&#8230; Plus fondamentalement<\/em>, ajoute-t-il, <em>l\u2019impr\u00e9paration aux \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames r\u00e9sulte de la disparition du sens du bien commun dans des soci\u00e9t\u00e9s captur\u00e9es par l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9olib\u00e9rale qui domine depuis les ann\u00e9es 1980. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans ce r\u00e9gime d\u2019accumulation, l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 est pr\u00e9tendument autor\u00e9gulatrice. L\u2019\u00c9tat est un obstacle dont le r\u00f4le doit \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 la protection de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. L\u2019objectif exclusif est la rentabilit\u00e9 financi\u00e8re. Ses moyens sont <em>\u00ab la comp\u00e9titivit\u00e9 par tous les moyens dans des cha\u00eenes de valeur globalis\u00e9es \u00bb<\/em>, <em>\u00ab la concentration du capital extrait de la rente \u00bb<\/em>, <em>\u00ab la fragmentation du contrat de travail et de la n\u00e9gociation collective jusqu\u2019au niveau de l\u2019entreprise, voire de l\u2019individu, aux d\u00e9pens des travailleurs et au prix d\u2019in\u00e9galit\u00e9s croissantes \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Les risques que surviennent des tels \u00e9v\u00e9nements sont d\u00e9multipli\u00e9s : <em>\u00ab La globalisation \u00e9conomique, financi\u00e8re et informationnelle a cr\u00e9\u00e9 des r\u00e9seaux, interconnect\u00e9s. Plus ils sont interconnect\u00e9s, plus ils sont fragiles. Les virus se trouvent dans les agents pathog\u00e8nes que g\u00e9n\u00e8re la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes, comme les virus cybern\u00e9tiques surgissent dans les r\u00e9seaux d\u2019ordinateurs du trading haute fr\u00e9quence, ou comme les virus psychologiques du mim\u00e9tisme qui paralysent les march\u00e9s de gros de la liquidit\u00e9. Et plus ils peuvent d\u00e9velopper des processus divergents, dont l\u2019occurrence est dans une incertitude radicale. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Bref on est vraiment sur de la crise syst\u00e9mique et vraiment pas sur de <em>\u00ab l\u2019\u00e9quilibre durable \u00bb<\/em>, du <em>\u00ab choc exog\u00e8ne \u00bb<\/em> et de <em>\u00ab la disparition des r\u00e9cessions \u00bb<\/em>.<\/p>\n<h2>En sortir maintenant<\/h2>\n<p>Au lieu d\u2019essayer de repartir comme avant mais en pire, la sortie de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale doit \u00eatre une composante majeure de la sortie de la crise \u00e9conomique li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie du Covid-19. C\u2019est ce que pr\u00e9conise le plan de sortie de crise formul\u00e9 le 26 mai par 20 organisations associatives et syndicats. Il pr\u00e9conise notamment, une augmentation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des salaires, la r\u00e9duction et le partage du temps de travail, la revalorisation imm\u00e9diate des salaires et des carri\u00e8res des femmes, un droit garanti au revenu et \u00e0 la protection sociale pour toutes et tous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>VOIR AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-midinale\/article\/aurelie-trouve-le-gouvernement-va-vouloir-faire-taire-les-voix-sociales-qui-s\">Aur\u00e9lie Trouv\u00e9 : \u00ab Le gouvernement va vouloir faire taire les voix sociales qui s\u2019opposent \u00e0 lui \u00bb<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Selon l\u2019analyse de Patrick Artus, il y aurait de quoi provoquer des r\u00e9actions en cha\u00eene catastrophiques. Effectivement, c\u2019est ce qui pourrait se passer si l\u2019on ne faisait que cela. Mais pas si la sortie de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale \u00e9tait con\u00e7ue et mise en \u0153uvre avec d\u2019autres transformations des politiques et des structures \u00e9conomiques et sociales. On ne sortira pas de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale sans sortir en m\u00eame temps du capitalisme n\u00e9olib\u00e9ral, productiviste et autoritaire.<\/p>\n<p>L\u2019inflation n\u2019est pas fatale si l\u2019on s\u2019attaque en m\u00eame temps aux co\u00fbts du capital, et si l\u2019on invente une nouvelle gouvernance des entreprises associ\u00e9e \u00e0 un nouveau type de productivit\u00e9. La hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats n\u2019est pas une catastrophe si elle est s\u00e9lective et si elle r\u00e9oriente les financements et les cr\u00e9dits vers le financement prioritaire d\u2019une reconstruction \u00e9cologique dans l\u2019agriculture, le logement, l\u2019urbanisme, les transports et les services publics. La crise des finances publiques n\u2019est pas une fatalit\u00e9 si la politique mon\u00e9taire et la politique budg\u00e9taire sont \u00e9troitement imbriqu\u00e9e, si une annulation des dettes publiques et une refonte profonde du syst\u00e8me fiscale.[[Voir notamment <a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/culture-idees\/010620\/gael-giraud-la-reconstruction-ecologique-nous-ouvre-un-monde-de-la-surabondance\">l\u2019interview de Ga\u00ebl Giraud : <em>\u00ab La reconstruction \u00e9cologique nous ouvre un monde de la surabondance \u00bb<\/em><\/a>, Mediapart, 1er juin 2020]]<\/p>\n<p>Patrick Artus a, lui-m\u00eame, donn\u00e9 une cl\u00e9 du probl\u00e8me. <em>\u00ab L\u2019enjeu central<\/em>, a-t-il dit, <em>est de sortir de l\u2019exigence de rentabilit\u00e9 du capital, car elle n\u2019a plus de sens. Que font aujourd\u2019hui les entreprises pour assurer des rendements tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s \u00e0 leurs actionnaires ? Elles baissent les salaires, elles essaient de trouver des rentes de monopole, elles s\u2019endettent pour racheter des actions et elles utilisent des \u00e9nergies fossiles pas ch\u00e8res [\u2026] Tout cela provoque des distorsions qui ne peuvent plus durer. Dans le capitalisme de demain, les actionnaires devront se contenter de rendements inf\u00e9rieurs. \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Mais le lecteur de son livre n\u2019en saura rien. C\u2019est sur le site de <em>Capital<\/em> qu\u2019<a href=\"https:\/\/www.capital.fr\/economie-politique\/patrick-artus-il-est-injuste-et-malsain-que-les-salaries-soient-aussi-peu-payes-1370833\">il \u00e9voque la question<\/a>. Pas dans <em>40 ans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale. Comment en sortir ?<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/bernard-marx\"><strong>Bernard Marx<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-12337 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/marx-39-888.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/marx-39-888-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"marx-39.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette semaine, Monsieur Marx a lu pour vous le livre de Patrick Artus <em>40 ans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 salariale. Comment en sortir ?<\/em>, sorti il y a une semaine chez Odile Jacob.<\/p>\n","protected":false},"author":1240,"featured_media":29355,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[186],"tags":[357,359],"class_list":["post-12337","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-les-choses-lues-par-monsieur-marx","tag-chronique","tag-exclure-de-la-home"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12337","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1240"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12337"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12337\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/29355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12337"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12337"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12337"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}