{"id":1230,"date":"1999-02-01T00:00:00","date_gmt":"1999-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/du-passe-faisons-table-pleine1230\/"},"modified":"1999-02-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-01-31T23:00:00","slug":"du-passe-faisons-table-pleine1230","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1230","title":{"rendered":"Du pass\u00e9 faisons table pleine !"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Gilbert Wasserman <\/p>\n<p>Le PCF a d\u00e9clar\u00e9 &#8220;nulles et non avenues toutes les sanctions, exclusions ou mises \u00e0 l&#8217;\u00e9cart effectu\u00e9es \u00e0 partir de conceptions politiques, de principes d&#8217;organisation ou de pratiques&#8221; (1) qu&#8217;il a d\u00e9cid\u00e9 de transformer avec sa mutation. Ce n&#8217;est ni un solde de tout compte pour des drames qui ont boulevers\u00e9 la vie de milliers de gens, ni l&#8217;oubli qui condamnerait \u00e0 recommencer. C&#8217;est bien une d\u00e9marche d&#8217;avenir, Maurice Goldring ne s&#8217;y trompe pas qui interroge : &#8220;comment rendre l&#8217;auto-exclusion du communisme nulle et non avenue ?&#8221; A travers des parcours individuels et divers mais toujours significatifs, il s&#8217;agit bien s\u00fbr de comprendre les causes profondes de ces comportements. Gilbert Wasserman souligne : &#8220;il me semble indispensable de r\u00e9-ouvrir le d\u00e9bat sur la conception m\u00eame du parti communiste&#8221;. Jacques Texier juge important &#8220;un d\u00e9but d&#8217;analyse concernant les conditions historiques de la naissance (de ces m\u00e9thodes) qui renvoient \u00e0 ce qu&#8217;on appelle le stalinisme et avant celui-ci \u00e0 la naissance de la IIIe Internationale&#8221;. Des exigences th\u00e9oriques qui se retrouvent aussi chez Maurice Moissonnier \u00e0 propos notamment du concept de &#8220;parti&#8221;. Pierre Daix soul\u00e8ve la question du mensonge politique. Regards ouvre ces chantiers par de premi\u00e8res r\u00e9flexions qui se poursuivront dans le prochain num\u00e9ro avec de nouvelles contributions et un retour sur les ann\u00e9es 80. \u00c9v\u00e9nement, la parution des M\u00e9moires rebelles de Maurice Kriegel-Valrimont t\u00e9moigne qu'&#8221;il est impossible d&#8217;enfermer le courant communiste dans l&#8217;\u00e9troitesse du dogmatisme stalinien&#8221;. Un message d&#8217;espoir d&#8217;un acteur majeur de l&#8217;histoire contemporaine, adress\u00e9 aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations : &#8220;l&#8217;histoire n&#8217;est pas finie. Ses plus beaux chapitres sont encore \u00e0 \u00e9crire.&#8221;<\/p>\n<p><strong> Quelle appr\u00e9ciation portez-vous sur la d\u00e9marche du PCF de lever toutes les sanctions ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> G.W. : <\/strong> Cela part d&#8217;un bon sentiment, il s&#8217;agit d&#8217;une tentative de tourner une page. Mais le contenu est trop limit\u00e9 pour avoir un impact sur les gens concern\u00e9s de diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations ni m\u00eame sur l&#8217;opinion. Cette prise de position semble le r\u00e9sultat d&#8217;un compromis au sein m\u00eame du PCF. Elle est loin d&#8217;aller \u00e0 l&#8217;essentiel et de montrer ce qui \u00e9tait en question et pourquoi cela s&#8217;est pass\u00e9 ainsi. Il y a une tendance un peu facile \u00e0 traiter des situations remontant \u00e0 trente ou quarante ans plut\u00f4t que les plus r\u00e9centes. Je n&#8217;ai vu aucune r\u00e9flexion sur le fond sur la crise du parti dans les ann\u00e9es 80 qui constituent pourtant le moment-cl\u00e9 de son affaiblissement. Dans cette p\u00e9riode, le PCF a perdu une grande part de sa force vive, de fa\u00e7on que je crois aujourd&#8217;hui irr\u00e9m\u00e9diable. Pour avoir particip\u00e9 \u00e0 partir de 1984 \u00e0 la contestation interne avec les r\u00e9novateurs, puis \u00e0 des tentatives d&#8217;organisation hors du PCF, je constate que les id\u00e9es avanc\u00e9es \u00e0 cette \u00e9poque sont devenues tout \u00e0 fait banales. Il s&#8217;agissait pour nous de sortir d&#8217;une attitude strictement protestataire pour avoir une d\u00e9marche de rassemblement constructive, de critiquer radicalement l&#8217;URSS (avant l&#8217;arriv\u00e9e de Gorbatchev), d&#8217;abandonner le centralisme d\u00e9mocratique (pas forc\u00e9ment pour le remplacer par un droit de tendance) pour permettre le d\u00e9bat interne, de l&#8217;\u00e9volution de la presse communiste vers des journaux d&#8217;opinion s&#8217;adressant aux forces progressistes plut\u00f4t qu&#8217;un outil de parti. Une quinzaine d&#8217;ann\u00e9es plus tard, toutes ces id\u00e9es sont presque devenues des \u00e9vidences. C&#8217;est pour cela pourtant que nous avons \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l&#8217;\u00e9cart, vilipend\u00e9s, accus\u00e9s d&#8217;\u00eatre des agents de la social-d\u00e9mocratie, etc. Au minimum, j&#8217;aimerais qu&#8217;il y ait un retour argument\u00e9, non tant pour nous rendre justice, mais pour comprendre. Pourquoi le PC a-t-il \u00e9t\u00e9 hors d&#8217;\u00e9tat, quand il \u00e9tait encore temps, de faire cette mutation ? Pourquoi ne l&#8217;a-t-il engag\u00e9e, avec beaucoup de difficult\u00e9s et d&#8217;ambigu\u00eft\u00e9s, que bien plus tard, \u00e0 un moment o\u00f9 cela para\u00eet moins cr\u00e9dible pour la soci\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n<p><strong> Pour \u00eatre cr\u00e9dible dans sa d\u00e9marche, le PCF doit donc r\u00e9-ouvrir tous ces d\u00e9bats de fond ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> G.W. : <\/strong> Il faut comprendre pourquoi cela s&#8217;est pass\u00e9 ainsi, quelles ont \u00e9t\u00e9 les forces de blocages, dans les id\u00e9es, les conceptions du parti. Il me semble indispensable de r\u00e9-ouvrir le d\u00e9bat sur le l\u00e9ninisme et la conception m\u00eame du parti communiste.<\/p>\n<p>Cela dit, personnellement je ne me situe plus dans une vis\u00e9e de mutation du communisme mais plut\u00f4t dans la construction d&#8217;une nouvelle vision de la transformation de la soci\u00e9t\u00e9, du progressisme. Je ne suis pas Vert parce que je ne crois pas que la contradiction fondamentale soit entre l&#8217;Homme et la Nature, je ne crois pas non plus qu&#8217;elle soit entre le capital et le travail m\u00eame si cette contradiction garde une importance particuli\u00e8re. Je ne me d\u00e9finis pas comme communiste. Le progressisme serait de mettre en synergie toutes les contradictions fortes dans la soci\u00e9t\u00e9 et je ne crois pas que le communisme puisse \u00eatre l&#8217;artisan de cette nouvelle synth\u00e8se entre ce qu&#8217;a repr\u00e9sent\u00e9 la lutte sociale, l&#8217;\u00e9cologie, le f\u00e9minisme, le pacifisme, l&#8217;anti-racisme&#8230;<\/p>\n<p><strong> Pourtant le PCF s&#8217;est fix\u00e9 l&#8217;objectif de lutter contre toutes les dominations&#8230; <\/strong><\/p>\n<p><strong> G.W. : <\/strong> Je ne vois pas l&#8217;int\u00e9r\u00eat de regrouper cela derri\u00e8re l&#8217;\u00e9tiquette du &#8220;communisme historique&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire la fa\u00e7on dont le communisme s&#8217;est incarn\u00e9 dans l&#8217;histoire, par des partis politiques avant-gardes, autoproclam\u00e9es sur le mod\u00e8le l\u00e9niniste, des Etats, une conception de la soci\u00e9t\u00e9. On ne peut pas consid\u00e9rer qu&#8217;il y aurait le communisme du XVIIIe et du XIXe si\u00e8cle pur de toute t\u00e2che, puis une sinistre parenth\u00e8se et enfin le retour au vrai : je n&#8217;y crois pas ! Il ne faut pas sous-estimer \u00e0 quel point ces partis constitu\u00e9s avec la IIIe internationale se concevaient comme des forces en ext\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Une avant-garde disposant de la connaissance et d\u00e9cr\u00e9tant ce qui \u00e9tait bon pour la soci\u00e9t\u00e9. Je ne crois pas que cette matrice soit rompue.<\/p>\n<p><strong> Tout l&#8217;effort de mutation du PCF consiste justement \u00e0 se remettre au diapason de la soci\u00e9t\u00e9. <\/strong><\/p>\n<p><strong> G. W. : <\/strong> Mais l&#8217;effort ne se brise-t-il pas justement sur cette matrice ? Pour le rendre efficace ne faudrait-il pas sortir de ce cadre historique ?<\/p>\n<p>* R\u00e9dacteur en chef de la revue Mouvements.<\/p>\n<p>1. Comit\u00e9 national des 16 et 17 novembre 1998, rapport de Francette Lazard et discussion publi\u00e9s dans l&#8217;Humanit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Gilbert Wasserman <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[295],"class_list":["post-1230","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-nupes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1230","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1230"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1230\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1230"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1230"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1230"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}