{"id":12297,"date":"2020-05-14T08:30:00","date_gmt":"2020-05-14T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-eux-non-plus-ils-ne-lachent-rien\/"},"modified":"2023-07-03T14:33:02","modified_gmt":"2023-07-03T12:33:02","slug":"article-eux-non-plus-ils-ne-lachent-rien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=12297","title":{"rendered":"Eux non plus, ils ne l\u00e2chent rien\u2026"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Pour l&#8217;\u00e9pisode 27 de ses \u00ab choses lues \u00bb, Monsieur Marx vous offre ces morceaux choisis d\u2019\u00e9conomistes qui tiennent le haut du pav\u00e9, d\u00e9crivant avec r\u00e9alisme les encha\u00eenements de la crise et pr\u00e9conisant les rem\u00e8des du monde d\u2019avant&#8230; mais en pire.\n<\/p>\n<p><quote>\u00ab Dans les discours et dans les choses, ce sont deux sortes de personnes que vos grands m\u00e9decins. Entendez-les parler : les plus habiles gens du monde ; voyez-les faire : les plus ignorants des hommes. \u00bb<br \/>\nMoli\u00e8re, <em>Le malade imaginaire<\/em><\/quote><\/p>\n<h2>Patrick Artus<\/h2>\n<p>Directeur de la recherche et des \u00e9tudes de Natixis<\/p>\n<p><em>\u00ab <strong>Les entreprises vont aller tr\u00e8s mal : la crise \u00e9conomique peut empirer apr\u00e8s le confinement.<\/strong><br \/>\nDe nombreux facteurs vont d\u00e9grader fortement la situation des entreprises (nous examinons la situation de la zone euro). Il s\u2019agit :<br \/>\n&#8211; de la hausse de leur endettement et du recul de leurs profits ;<br \/>\n&#8211; de la faiblesse probable de la consommation ;<br \/>\n&#8211; du recul de la productivit\u00e9 d\u00fb aux nouvelles r\u00e8gles sanitaires ;<br \/>\n&#8211; de la situation durablement tr\u00e8s difficile de plusieurs secteurs d\u2019activit\u00e9 ;<br \/>\n&#8211; du co\u00fbt du durcissement probable des normes climatiques et environnementales.<br \/>\nCeci peut impliquer que la crise \u00e9conomique empire apr\u00e8s la fin du confinement, avec en particulier une mont\u00e9e tr\u00e8s durable du ch\u00f4mage, et une forte inefficacit\u00e9 de la politique mon\u00e9taire (les entreprises \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 trop endett\u00e9es).<br \/>\n<strong>La r\u00e9ponse la plus adapt\u00e9e de la politique \u00e9conomique semble \u00eatre alors une baisse tr\u00e8s importante du co\u00fbt du travail, qui compense la hausse des autres co\u00fbts et la baisse de la productivit\u00e9 du travail et qui soutienne les cr\u00e9ations d\u2019emplois.<\/strong> \u00bb<\/em>[[<a href=\"https:\/\/www.research.natixis.com\/Site\/en\/publication\/UoF9K_AAGx1TvPx4fx8kNxxXgzkR99XU8_iuK3Iy9c4%3D?from=email\">Natixis Flash Economie<\/a>, 7 mai 2020]]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/economie\/les-choses-lues-par-monsieur-marx\/article\/face-au-covid-19-les-economistes-orthodoxes-ne-se-repentent-pas\">Face au Covid-19, les \u00e9conomistes orthodoxes ne se repentent pas<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>Philippe Aghion<\/h2>\n<p>Professeur au coll\u00e8ge de France<\/p>\n<p><em>\u00ab <strong>Ce qui est important c\u2019est la confiance qu\u2019on inspire aux march\u00e9s.<\/strong> Et c\u2019est cela qu\u2019ils vont regarder : Est-ce que vous avez une politique qui permet d\u2019endiguer l\u2019\u00e9pid\u00e9mie et des investissements qui pr\u00e9servent en tout cas le potentiel de croissance. Si on arrive \u00e0 faire cela, on gagne la confiance des march\u00e9s et on peut soutenir un certain niveau de dettes. <strong>Cela ne signifie pas qu\u2019il ne faudra pas payer apr\u00e8s. Vis-\u00e0-vis des march\u00e9s, il va falloir \u00eatre s\u00e9rieux. Il faut faire intelligemment. C\u2019est cela que les march\u00e9s regardent. Comment la dette est utilis\u00e9e&#8230; Ce qui permet de repayer la dette c\u2019est la croissance. Si je fais une politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 je tue la croissance. Si j\u2019augmente massivement les imp\u00f4ts je d\u00e9courage l\u2019innovation, je tue la croissance. Tout ce qui peut nuire \u00e0 un red\u00e9marrage rapide de la croissance est mauvais. Cela va retirer la confiance des march\u00e9s.<\/strong> Les march\u00e9s ne regardent pas la dette en pourcentage. Ils regardent le taux de croissance. <strong>Pour l\u2019innovation \u00eatre attractif est crucial et c\u2019est affect\u00e9 par la fiscalit\u00e9\u2026 le capital c\u2019est de l\u2019\u00e9pargne accumul\u00e9e. Et donc on ne doit pas taxer le capital comme le travail.<\/strong> Les su\u00e9dois au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 (sic) avaient un imp\u00f4t comme nous on avait avant que Macron soit \u00e9lu [&#8230;] Ils ont supprim\u00e9 l&#8217;Imp\u00f4t sur la fortune, ils ont mis une flat taxe sur les revenus du capital \u00e0 30 ou 28%. Et c\u2019est cela qui a dop\u00e9 l\u2019innovation. La productivit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par quatre. Les revenus fiscaux ont augment\u00e9 et cela a permis de maintenir l\u2019\u00c9tat providence. \u00bb<\/em>[[<a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/entendez-vous-leco\/penser-leconomie-de-demain-avec-philippe-aghion\">France culture. Entendez-vous l\u2019\u00e9co ?<\/a> 24 avril 2020]]<\/p>\n<h2>Christian Saint-Etienne<\/h2>\n<p>Professeur au CNAM, membre du cercle des \u00e9conomistes<\/p>\n<p><em>\u00ab <strong>La n\u00e9cessaire restructuration de l\u2019Etat fran\u00e7ais<\/strong> :<br \/>\n Prenons l\u2019ann\u00e9e 2019 comme r\u00e9f\u00e9rence, avant la crise du Covid-19. En pourcentage du PIB national, la d\u00e9pense publique atteignait 55,6% du PIB en France contre 45,3% en Allemagne, 45,8% dans la zone euro hors France et 46% dans l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e0 27 (UE 27) hors France. Le taux de d\u00e9pense publique (en % du PIB) \u00e9tait donc sup\u00e9rieur de plus de 10 points de pourcentage par rapport au taux de d\u00e9pense de l\u2019Allemagne et de presque dix points par rapport aux taux de d\u00e9pense moyen de la zone euro hors France et de l\u2019Union europ\u00e9enne hors France&#8230;<br \/>\n<strong>\u00c0 p\u00e9rim\u00e8tre comparable, l\u2019action publique co\u00fbte dix points de PIB de plus en France que dans les pays d\u00e9mocratiques ayant une protection sociale comparable et des taux de ch\u00f4mage moindres.[[Pour une critique de l\u2019utilisation du ratio d\u00e9penses publiques sur PIB voir notamment Jean Gadrey : <a href=\"https:\/\/blogs.alternatives-economiques.fr\/gadrey\/2019\/01\/06\/macron-recale-a-l-epreuve-d-economie-du-bac-parler-de-la-part-des-depenses-dans-le-pib-est-une-ineptie\">\u00ab Parler de la part des d\u00e9penses dans le PIB est une ineptie ! \u00bb<\/a> et Christophe Ramaux : <a href=\"http:\/\/www.atterres.org\/sites\/default\/files\/Note%20D%C3%A9pense%20publique%20Conf%C3%A9rence%20Gambetta.pdf\">\u00ab D\u00e9pense publique : Sortons du d\u00e9bat tronqu\u00e9 \u00bb<\/a>]] Or ce taux de d\u00e9pense est sans rapport avec les services rendus !<\/strong> [\u2026] Pour ce qui est du seul secteur de la sant\u00e9, la France d\u00e9pense plus en pourcentage du PIB que l\u2019Allemagne mais n\u2019a commenc\u00e9 le confinement de la population au moment de la crise du Covid-19 qu\u2019avec 5000 lits en r\u00e9animation contre 28.000 en Allemagne. De plus, 35% des personnels hospitaliers sont des administratifs en France contre 24% en Allemagne. Avec le taux allemand, et \u00e0 effectif constant, nous aurions 100.000 soignants de plus en France !<br \/>\n[\u2026] D\u00e9faut d\u2019anticipation, lourdeur de r\u00e9action, confusion dans les objectifs, l\u2019Etat fran\u00e7ais, en mars-avril 2020 a cumul\u00e9 toutes les tares de l\u2019action publique. La situation n\u2019est rest\u00e9e sous contr\u00f4le que gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efsme des soignants.<br \/>\n<strong>Il faut restructurer en urgence cet Etat ob\u00e8se et impuissant.<\/strong> \u00bb<\/em>[[<a href=\"https:\/\/www.atlantico.fr\/decryptage\/3589121\/la-necessaire-restructuration-de-l-etat-francais-emmanuel-macron-classe-politique-reformes-changements-chrisitian-saint-etienne\">Atlantico.fr<\/a>, 26 avril 2020]]<\/p>\n<h2>Bertrand Martinot<\/h2>\n<p>\u00c9conomiste, ancien conseiller social \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique de 2007 \u00e0 2008, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 l\u2019emploi et \u00e0 la formation professionnelle (DGEFP) de 2008 \u00e0 2012, puis directeur g\u00e9n\u00e9ral adjoint de la r\u00e9gion Ile-de-France en charge du d\u00e9veloppement \u00e9conomique, de l\u2019emploi et de la formation jusque 2019. Actuellement directeur du conseil en formation et d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences chez Siaci Saint Honor\u00e9<\/p>\n<p><em>\u00ab <strong>Rebondir face au Covid-19 : l&#8217;enjeu du temps de travail<\/strong><br \/>\nEn sortie de confinement, les r\u00e9ponses de politique macro\u00e9conomique dites &#8220;keyn\u00e9siennes&#8221; viennent encourager la consommation des m\u00e9nages, \u00e0 travers la d\u00e9pense publique (ch\u00f4mage partiel notamment). Purement ax\u00e9es sur le soutien \u00e0 la demande, elles sont n\u00e9cessaires mais insuffisantes pour relancer l\u2019\u00e9conomie post-crise. Afin de limiter l\u2019impact n\u00e9gatif de la crise sur l\u2019\u00e9conomie, il convient aussi d\u2019agir sur l\u2019offre, c\u2019est-\u00e0-dire sur l\u2019activit\u00e9 des entreprises, afin de faciliter leur reprise d\u2019activit\u00e9 : se pose ainsi, parmi d\u2019autres, la question du temps de travail.<br \/>\nEn mati\u00e8re de travail, il para\u00eet en effet \u00e9vident que les p\u00e9riodes de confinement strict ou assoupli, et la n\u00e9cessit\u00e9 de travailler en coexistant durablement avec un virus en circulation vont bouleverser durablement nos organisations productives : diminution de la productivit\u00e9 du fait de la r\u00e9duction des interactions sociales et de la d\u00e9sorganisation des cha\u00eenes de production, d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de nouvelles formes d\u2019organisation du travail, surcharge de travail dans certains secteurs \u00e9conomiques et au contraire sous-charge dans d\u2019autres.<br \/>\nPour r\u00e9pondre \u00e0 ces d\u00e9fis, cette note plaide en faveur d\u2019un soutien aux entreprises qui souhaitent accro\u00eetre le temps de travail, sans sacrifier la question de sa r\u00e9mun\u00e9ration.<br \/>\n<strong>Au-del\u00e0 des assouplissements de certaines r\u00e9glementations, et pour tenir compte des difficult\u00e9s financi\u00e8res des entreprises, des dispositifs de paiement diff\u00e9r\u00e9s du temps de travail suppl\u00e9mentaires sont, passant par des m\u00e9canismes de participation, d\u2019int\u00e9ressement ou d\u2019\u00e9pargne salariale. Le dialogue social au sein des entreprises doit pouvoir autoriser de tels arrangements au cas par cas.<br \/>\nSecteurs public comme priv\u00e9 doivent \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 cette r\u00e9flexion<br \/>\nLa note propose aussi de traiter la question du temps de travail au-del\u00e0 du secteur priv\u00e9, autant pour des raisons \u00e9videntes d\u2019\u00e9quit\u00e9 que pour des questions d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9conomique et sociale. Des augmentations cibl\u00e9es du temps de travail sont ainsi propos\u00e9es dans la fonction publique sur la dur\u00e9e et l\u2019am\u00e9nagement du temps de travail, notamment dans l\u2019\u00c9ducation nationale pour rattraper les semaines de retard scolaire.<\/strong><br \/>\nNeuf propositions pour adapter le temps de travail en contexte de crise :<br \/>\n1. Assouplir quelques verrous juridiques persistants<br \/>\n2. Donner des incitations nouvelles \u00e0 l\u2019accroissement du temps de travail via des formules de r\u00e9mun\u00e9rations diff\u00e9r\u00e9es n\u00e9goci\u00e9es au niveau de l\u2019entreprise (ou \u00e0 d\u00e9faut par la branche professionnelle)<br \/>\n3. Toute formation figurant sur le plan de d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences de l\u2019entreprise pourrait \u00eatre effectu\u00e9e en dehors du temps de travail du salari\u00e9 avec l\u2019accord de celui-ci<br \/>\n4. Supprimer le jeudi de l\u2019Ascension comme jour f\u00e9ri\u00e9<br \/>\n5. Proposer aux fonctionnaires de secteurs d\u2019activit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la vie \u00e9conomique ou en tensions d\u2019accro\u00eetre temporairement leur dur\u00e9e de travail, en contrepartie d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration suppl\u00e9mentaire<br \/>\n6. Supprimer la premi\u00e8re semaine des vacances scolaires de la Toussaint en 2020<br \/>\n7. \u00c0 moyen terme, r\u00e9examiner la question de la dur\u00e9e et de l\u2019am\u00e9nagement (sur le mois, sur l\u2019ann\u00e9e, voire sur plusieurs ann\u00e9es) du temps de travail dans les administrations publiques.<br \/>\n8. Accro\u00eetre les cat\u00e9gories \u00e9ligibles aux forfaits jours dans la fonction publique<br \/>\n9. Diminuer le nombre de RTT dans la fonction publique, \u00e0 titre provisoire (sic) \u00bb<\/em>[[<a href=\"https:\/\/www.institutmontaigne.org\/publications\/rebondir-face-au-covid-19-lenjeu-du-temps-de-travail\">Institut Montaigne<\/a>, mai 2020]]<\/p>\n<h2>Pierre Cahuc et St\u00e9phane Carcillo<\/h2>\n<p>Professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 Sciences Po, coauteur de <em>Le n\u00e9gationnisme \u00e9conomique<\/em> et Professeur affili\u00e9 au d\u00e9partement d\u2019\u00e9conomie de Sciences Po<\/p>\n<p><em>\u00ab <strong>Un ch\u00f4mage partiel excessivement g\u00e9n\u00e9reux peut freiner la reprise du travail.<\/strong><br \/>\nLe confinement actuel a des cons\u00e9quences potentiellement d\u00e9sastreuses sur l\u2019emploi et les revenus des m\u00e9nages&#8230; Le ch\u00f4mage partiel \u00e9vite de mettre des millions de personnes au ch\u00f4mage et de d\u00e9truire des emplois que les entreprises devront recr\u00e9er, ce qui pourrait ralentir la reprise.<br \/>\nToutefois, ce r\u00f4le d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur du ch\u00f4mage partiel ne peut fonctionner que si la phase de d\u00e9confinement est bien g\u00e9r\u00e9e, car cet outil porte aussi le risque d\u2019enferrer l\u2019\u00e9conomie dans une longue r\u00e9cession.<br \/>\nDe ce point de vue, la France doit \u00eatre tr\u00e8s vigilante : son dispositif de ch\u00f4mage partiel est d\u00e9sormais l\u2019un des plus g\u00e9n\u00e9reux des pays de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE) et concerne pr\u00e8s d\u2019un salari\u00e9 sur deux. Sachant que les carnets de commande de nombreux secteurs vont \u00eatre impact\u00e9s pendant un certain temps, un ch\u00f4mage partiel excessivement g\u00e9n\u00e9reux peut consid\u00e9rablement freiner la reprise du travail\u2026<br \/>\nEntrepreneurs et salari\u00e9s des secteurs dont l\u2019activit\u00e9 va rester restreinte apr\u00e8s le 11 mai \u2013 notamment dans le tourisme, les loisirs, les transports ou la restauration \u2013 doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s plus longtemps par l\u2019assurance-ch\u00f4mage, tandis que leurs entreprises doivent pouvoir recourir au ch\u00f4mage partiel dans son format actuel. Leurs charges sociales et leurs imp\u00f4ts doivent \u00eatre r\u00e9duits, d\u00e8s lors qu\u2019elles maintiennent l\u2019emploi ou qu\u2019elles embauchent afin de poursuivre leur activit\u00e9.<br \/>\n<strong>Mais pour les autres, les conditions doivent \u00e9voluer rapidement. D\u00e8s le mois de juin, les revenus li\u00e9s au ch\u00f4mage partiel doivent \u00eatre ramen\u00e9s \u00e0 un niveau comparable \u00e0 celui de l\u2019assurance-ch\u00f4mage, comme c\u2019est le cas en Allemagne. Le plafond des r\u00e9mun\u00e9rations couvertes doit \u00eatre abaiss\u00e9 \u00e0 deux fois le smic et une partie du co\u00fbt du dispositif doit \u00eatre support\u00e9e par les entreprises<\/strong>, m\u00eame si on peut imaginer qu\u2019elles n\u2019en seraient redevables que l\u2019ann\u00e9e prochaine, en 2021. Au-dessus d\u2019une certaine taille, les entreprises devraient aussi s\u2019engager \u00e0 former les salari\u00e9s plac\u00e9s au ch\u00f4mage partiel\u2026<br \/>\nIl faut informer les personnes en ch\u00f4mage partiel qu\u2019elles peuvent prendre temporairement un emploi dans une autre entreprise, quel que soit son secteur, sans perdre leurs indemnit\u00e9s. Il faut \u00e9galement autoriser temporairement les demandeurs d\u2019emploi \u00e0 conserver une plus grande part de leur indemnit\u00e9 de ch\u00f4mage lorsqu\u2019ils acceptent des contrats courts ou \u00e0 temps partiel. \u00bb<\/em>[[<a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2020\/04\/30\/fin-du-confinement-un-chomage-partiel-excessivement-genereux-peut-freiner-la-reprise-du-travail_6038205_3232.html\"><em>Le Monde<\/em><\/a>, 30 avril 2020]]<\/p>\n<h2>BONUS. Lettre hebdomadaire du Centre Patronal (MEDEF suisse)<\/h2>\n<p><em>\u00ab Il faut \u00e9viter que certaines personnes soient tent\u00e9es de s\u2019habituer \u00e0 la situation actuelle, voire de se laisser s\u00e9duire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel d\u00e9sert\u00e9 par le trafic a\u00e9rien, moins de bruit et d\u2019agitation, le retour \u00e0 une vie simple et \u00e0 un commerce local, la fin de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation&#8230; Cette perception romantique est trompeuse, car le ralentissement de la vie sociale et \u00e9conomique est en r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s p\u00e9nible pour d\u2019innombrables habitants qui n\u2019ont aucune envie de subir plus longtemps cette exp\u00e9rience forc\u00e9e de d\u00e9croissance. La plupart des individus ressentent le besoin, mais aussi l\u2019envie et la satisfaction, de travailler, de cr\u00e9er, de produire, d\u2019\u00e9changer et de consommer. On peut le faire plus ou moins intelligemment, et on a le droit de tirer quelques le\u00e7ons de la crise actuelle. Mais il est n\u00e9anmoins indispensable que l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique reprenne rapidement et pleinement ses droits. \u00bb<\/em>[[Pierre-Gabriel Bieri, <a href=\"https:\/\/www.centrepatronal.ch\/documents\/documents-utiles\/cp-2020-04-15-fr.pdf\">\u00e9ditorial de la Lettre hebdomadaire du Centre Patronal<\/a>, 15 avril 2020]]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/bernard-marx\"><strong>Bernard Marx<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-12297 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/marx-37-37b.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/marx-37-37b-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"marx-37.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour l&#8217;\u00e9pisode 27 de ses \u00ab choses lues \u00bb, Monsieur Marx vous offre ces morceaux choisis d\u2019\u00e9conomistes qui tiennent le haut du pav\u00e9, d\u00e9crivant avec r\u00e9alisme les encha\u00eenements de la crise et pr\u00e9conisant les rem\u00e8des du monde d\u2019avant&#8230; mais en pire.<\/p>\n","protected":false},"author":1240,"featured_media":29259,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[186],"tags":[357,517,359],"class_list":["post-12297","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-les-choses-lues-par-monsieur-marx","tag-chronique","tag-covid-19","tag-exclure-de-la-home"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12297","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1240"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12297"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12297\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/29259"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12297"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12297"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12297"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}