{"id":1220,"date":"1999-01-01T00:00:00","date_gmt":"1998-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/geographie1220\/"},"modified":"1999-01-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-12-31T23:00:00","slug":"geographie1220","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1220","title":{"rendered":"G\u00e9ographie"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Sylvain Braunstein <\/p>\n<p>Voir aussi <strong> IGN, service public de la cartographie****Les instruments qui servent \u00e0 fabriquer la carte, dont on a longtemps dit qu&#8217;elle n&#8217;\u00e9tait utile qu&#8217;aux artilleurs, ont une longue carri\u00e8re pacifique devant eux&#8230; <\/strong><\/p>\n<p> <strong> La ma\u00eetrise du territoire par la couverture cartographique est une composante de la souverainet\u00e9 des Etats. Comment s&#8217;est pass\u00e9 le transfert de souverainet\u00e9 pour les anciennes colonies ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Sylvain Braunstein : <\/strong> A l&#8217;\u00e9poque de l&#8217;empire colonial, les contribuables fran\u00e7ais ont financ\u00e9 la couverture des 12 millions de km2 par des cartes au 1\/200 000e, pour le b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;entreprises qui exploitaient les richesses d&#8217;Afrique ou d&#8217;Indochine, et pour la r\u00e9alisation de grands am\u00e9nagements qui perdurent aujourd&#8217;hui. Des entit\u00e9s autonomes de production cartographique ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9es (Service cartographique en Indochine, en Alg\u00e9rie, \u00e0 Dakar etc.) chapeaut\u00e9es par une Inspection g\u00e9n\u00e9rale. Ces entit\u00e9s sont d&#8217;abord devenues des agences IGN (Institut g\u00e9ographique national), puis sont pass\u00e9es aux mains des Etats nouvellement ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p>Cela repr\u00e9sentait des locaux, des moyens techniques, certains documents servant \u00e0 \u00e9tablir des cartes, comme les n\u00e9gatifs des photos a\u00e9riennes. L&#8217;IGN a parfois rendu un service de conservation de ces documents de valeur historique et patrimoniale et a conduit des missions de coop\u00e9ration en Afrique: en permanence, des avions de l&#8217;IGN \u00e9taient sur place pour des prises de vue selon un calendrier fix\u00e9, comme en France, mais avec une fr\u00e9quence diff\u00e9rente. Des liens extr\u00eamement forts ont \u00e9t\u00e9 tiss\u00e9s avec les populations locales; en effet, ces missions repr\u00e9sentaient des emplois, mais aussi le symbole de la ma\u00eetrise du territoire.<\/p>\n<p> <strong> Ces pays ayant gagn\u00e9 leur ind\u00e9pendance ont-ils pu ma\u00eetriser leur cartographie ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Sylvain Braunstein : <\/strong> Parfois, la cartographie IGN est la seule existante. Les services locaux se sont peu \u00e0 peu mis en place, le dernier en date \u00e9tant celui du Niger. Mais, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, les grands bailleurs de fonds (c&#8217;est-\u00e0-dire le minist\u00e8re fran\u00e7ais de la Coop\u00e9ration, la Banque mondiale) ont consid\u00e9r\u00e9 que les photos satellites rendaient obsol\u00e8te la cartographie \u00e9tablie \u00e0 partir des photos a\u00e9riennes et des lev\u00e9es sur le terrain. Les financements ont cess\u00e9 brutalement, les pays ont d\u00fb \u00e9tablir leur programme propre et se battre pour obtenir des fonds. Or, de fait, la carte topographique est plus imm\u00e9diatement utilisable et indispensable au d\u00e9veloppement du pays. Ainsi, le pr\u00e9texte &#8221; technique &#8221; a cach\u00e9 un d\u00e9sengagement dans un domaine essentiel de la coop\u00e9ration, pour l&#8217;\u00e9valuation et la mise en valeur des ressources naturelles entre autres choses ! Les grands groupes comme Elf, pendant ce temps, avaient leur propres moyens de cartographie. Plus grave peut-\u00eatre, cela a priv\u00e9 certains pays &#8221; neufs &#8221; de la conscience de l&#8217;espace commun, indispensable pour fonder une nation.<\/p>\n<p> <strong> Et aujourd&#8217;hui, quelles possibilit\u00e9s de coop\u00e9ration voyez-vous ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Sylvain Braunstein : <\/strong> La cartographie est d\u00e9sormais r\u00e9alis\u00e9e sur fond d&#8217;images a\u00e9riennes ou satellitales: ce sont des spatiocartes avec placage d&#8217;une couche th\u00e9matique, c&#8217;est-\u00e0-dire une s\u00e9rie de renseignements sur un th\u00e8me (topographie, formations v\u00e9g\u00e9tales, activit\u00e9s agricoles, etc.). Le tout est enrichi par l&#8217;usage des bases de donn\u00e9es et de syst\u00e8mes d&#8217;information g\u00e9ographique: ainsi toute l&#8217;information g\u00e9ographique peut \u00eatre contenue de fa\u00e7on coh\u00e9rente, comme en couches superpos\u00e9es; on peut donc regrouper ou croiser les informations pour faire \u00e9galement des statistiques et pas uniquement de la cartographie. Ce sont des pistes pour renouveler la cartographie des pays en d\u00e9veloppement, pour servir les grands projets, par exemple, l&#8217;am\u00e9nagement des fleuves, l&#8217;occupation des sols. L&#8217;Union europ\u00e9enne a financ\u00e9 une partie d&#8217;une base de donn\u00e9es d&#8217;occupation du sol qui s&#8217;appelle Corinelandcover, qui, \u00e9tendue \u00e0 l&#8217;Afrique du Nord et au Liban, devient Medgeobas; les pr\u00e9occupations sont environnementales, mais c&#8217;est un outil formidable parce que c&#8217;est une information coh\u00e9rente en vue continue d&#8217;un bout \u00e0 l&#8217;autre de l&#8217;Europe au 1\/100 000e ou 1\/50 000e. Les Palestiniens sont int\u00e9ress\u00e9s, et on peut imaginer le progr\u00e8s que cela repr\u00e9senterait pour les pays d&#8217;Afrique qui ne sont couverts qu&#8217;au 200 000e c&#8217;est-\u00e0-dire de fa\u00e7on beaucoup moins pr\u00e9cise.<\/p>\n<p> <strong> Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une exp\u00e9rience actuelle de cod\u00e9veloppement ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Sylvain Braunstein : <\/strong> C&#8217;est, par exemple, celle de Geocuba, une entreprise r\u00e9cente n\u00e9e de la reconversion d&#8217;activit\u00e9s militaires, tr\u00e8s performante. Elle doit trouver de nouveaux financements, car les commandes d&#8217;Etat ne couvrent que 30% des besoins. Or, l&#8217;entreprise-m\u00e8re \u00e9tait en relation avec l&#8217;IGN jusqu&#8217;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. Et ses besoins d&#8217;aujourd&#8217;hui rencontrent la recherche de collaboration de l&#8217;IGN. Cuba est touch\u00e9e actuellement par la prolif\u00e9ration d&#8217;une forme d&#8217;acacias, nomm\u00e9e &#8221; marabout &#8220;, qui occupe aujourd&#8217;hui la moiti\u00e9 des p\u00e2turages et dont seulement 10% peuvent \u00eatre d\u00e9frich\u00e9s chaque ann\u00e9e. La coop\u00e9ration possible porte sur la cartographie de l&#8217;\u00eele \u00e0 partir d&#8217;images SPOT ou de bases de donn\u00e9es du type Corinelandcover, appel\u00e9es pour l&#8217;occasion Carigeobase. Ce qui sera fait pour Cuba pourra l&#8217;\u00eatre pour d&#8217;autres \u00eeles des Cara\u00efbes et pour d&#8217;autres applications que la surveillance du &#8221; marabout &#8220;. En l&#8217;occurrence, un autre organisme fran\u00e7ais est impliqu\u00e9 dans ce projet; si la collaboration cartographique a pour objet de suivre en continu l&#8217;extension de &#8220;l&#8217;envahisseur&#8221;, le CIRAD (centre technique forestier tropical) de Montpellier travaille \u00e0 la recherche d&#8217;une valorisation. La carte remplirait alors pleinement son r\u00f4le d&#8217;auxiliaire des sp\u00e9cialistes du d\u00e9veloppement \u00e9conomique. La question du financement n&#8217;est pas r\u00e9gl\u00e9e; c&#8217;est un enjeu important, car ce projet aurait une valeur pour toute la r\u00e9gion; il cr\u00e9erait un vivier d&#8217;experts locaux, capables de transmettre un savoir-faire; qu&#8217;on imagine par exemple les possibilit\u00e9s d&#8217;\u00e9valuation des d\u00e9g\u00e2ts apr\u00e8s un cyclone ! Pour l&#8217;IGN, ce serait un succ\u00e8s commercial aux retomb\u00e9es tr\u00e8s profitables. Un bel exemple de cod\u00e9veloppement sur la base d&#8217;un progr\u00e8s scientifique et technique appliqu\u00e9 au d\u00e9veloppement durable et cr\u00e9ateur d&#8217;emplois.<\/p>\n<p>* Photo-interpr\u00e8te \u00e0 l&#8217;Institut g\u00e9ographique national.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Sylvain Braunstein <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1220","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1220","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1220"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1220\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1220"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1220"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1220"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}