{"id":11869,"date":"2019-11-09T07:30:00","date_gmt":"2019-11-09T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-andrei-gratchev-un-calendrier-bouscule\/"},"modified":"2023-06-23T23:44:58","modified_gmt":"2023-06-23T21:44:58","slug":"article-andrei-gratchev-un-calendrier-bouscule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11869","title":{"rendered":"Andrei Gratchev, un calendrier bouscul\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La chute du Mur ne surprend pas Moscou, mais \u00e9tonne par sa soudainet\u00e9. Souvenirs d&#8217;un ex-Sovi\u00e9tique, porte-parole de Mikha\u00efl Gorbatchev en 1989.<\/p>\n<p><em>Andrei Gratchev \u00e9tait porte-parole et conseiller politique de Mikha\u00efl Gorbatchev entre 1985 et 1991. il collabore toujours au forum politique mondial dirig\u00e9 par l\u2019ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCUS. Il est l\u2019auteur de la biographie <\/em>Le myst\u00e8re Gorbatchev<em>.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Regards. Depuis Moscou, comment avez-vous compris la chute du mur de Berlin\u00a0? \u00c9tait-ce un \u00e9v\u00e9nement surprenant ou au contraire attendu\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Andrei Gratchev.<\/strong> Aux yeux d&#8217;un Russe, d&#8217;un ex-Sovi\u00e9tique, le 9 novembre 1989 constitue la ligne de partage des eaux d&#8217;une \u00e9poque et cette date marque la fin de la guerre froide. Mais pour nous, \u00e0 Moscou, c&#8217;\u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement dans une suite qui a commenc\u00e9 avec l&#8217;arriv\u00e9e de Gorbatchev et de la nouvelle \u00e9quipe \u00e0 la direction du Parti. C&#8217;\u00e9tait une cons\u00e9quence logique. Le monde n&#8217;a pas bascul\u00e9 le 9 novembre\u00a0: dans notre calendrier, le Mur \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9. Nous l&#8217;avions anticip\u00e9. On ne parlait pas sp\u00e9cifiquement du Mur, mais de l&#8217;absurdit\u00e9 du Rideau de fer, de la nocivit\u00e9 de la Guerre froide, de la course aux armements stupide et n\u00e9faste qui en r\u00e9sultait, d\u00e9truisait l&#8217;\u00e9conomie sovi\u00e9tique et envenimait la conscience mondiale. On se pr\u00e9parait \u00e0 une guerre impensable et impossible, qui n&#8217;allait pas avoir lieu. Il fallait prendre l&#8217;initiative d&#8217;arr\u00eater cela. Le Mur devait dispara\u00eetre. Mais il est \u00e9vident que sa chute rapide a pris tout le monde au d\u00e9pourvu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees\/article\/30-ans-de-la-chute-du-mur-de-berlin-les-tourments-du-pcf\">30 ans de la chute du Mur de Berlin : les tourments du PCF<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En URSS, quelles nouvelles politiques, ext\u00e9rieure et int\u00e9rieure, sont alors mises en \u0153uvre\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>1989 est une ann\u00e9e-charni\u00e8re sur le plan international. Mais pour les Sovi\u00e9tiques, 1989 commence en 1988. \u00c0 l&#8217;\u00e9t\u00e9, se tient la conf\u00e9rence du Parti et Gorbatchev annonce que la doctrine de Brejnev est morte\u00a0: chaque peuple aura la libert\u00e9 de choix de son syst\u00e8me politique. Gorbatchev pr\u00e9cise m\u00eame qu&#8217;il est inadmissible d&#8217;intervenir dans les choix des peuples amis. Les ma\u00eetres mots de la politique sovi\u00e9tique seront d\u00e9sormais respect et non-intervention. Apr\u00e8s la partition de Yalta en 1945, c&#8217;est la premi\u00e8re d\u00e9claration solennelle de refus d&#8217;une intervention politique et militaire dans la zone d&#8217;influence. Le 7 d\u00e9cembre 1988, Mikha\u00efl Gorbatchev confirme cette nouvelle politique \u00e0 la tribune des Nations unies. Il appelle au renoncement \u00e0 l&#8217;usage de la force dans les relations internationales. Et pour preuve qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une \u00e9ni\u00e8me d\u00e9claration pacifiste de propagande, il annonce le retrait de 500.000 soldats et de leurs armements de l&#8217;Europe de l&#8217;Est. Ce discours \u00e9tait destin\u00e9 en premier lieu aux partenaires occidentaux et visait \u00e0 en finir avec la guerre froide. Mais c&#8217;est surtout \u00e0 l&#8217;Est de l&#8217;Europe qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 entendu, dans les pays de l&#8217;Europe de l&#8217;Est, mais aussi \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;URSS, notamment par les \u00e9lites des marges de l&#8217;Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>En 1989, la sc\u00e8ne politique int\u00e9rieure de l&#8217;URSS est domin\u00e9e par les premi\u00e8res \u00e9lections libres depuis la r\u00e9volution de 1917. D\u00e9sormais non seulement on vote, mais on \u00e9lit. Au printemps, Moscou ach\u00e8ve le retrait des troupes sovi\u00e9tiques en Afghanistan. Gorbatchev rectifiait les erreurs, les crimes politiques de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Et pour tourner la page de relations difficiles avec les dirigeants chinois, il se rend \u00e0 P\u00e9kin en mai. Il arrive au moment de la mont\u00e9e d&#8217;un mouvement de masse et des manifestations sur la place Tian&#8217;anmen. L&#8217;aile r\u00e9formatrice du parti chinois ne cache pas qu&#8217;elle s&#8217;inspire de la <em>perestro\u00efka<\/em> et les \u00e9tudiants qui manifestent s&#8217;en saisissent. Gorbatchev est tr\u00e8s embarrass\u00e9, il marche sur des \u0153ufs. Les dirigeants chinois attendront le d\u00e9part de Gorbatchev pour \u00e9craser le mouvement. Tous ces \u00e9v\u00e9nements auront \u00e9videmment un \u00e9cho important dans l&#8217;ensemble des pays de la sph\u00e8re sovi\u00e9tique. Partout en Europe de l&#8217;Est, c&#8217;est l&#8217;avalanche politique. En juin, les candidats de <em>Solidarnosc<\/em> remportent les \u00e9lections en Pologne, ce qui se traduit par l&#8217;instauration d&#8217;une dr\u00f4le de coexistence entre Jaruzelski et le Premier ministre Tadeusz Mazowiecki. En juin la Hongrie ouvre sa fronti\u00e8re avec l&#8217;Autriche. Ils l&#8217;ont fait sans demander la permission formelle de Gorbatchev, ils se sont inspir\u00e9s de ses paroles. Et ce sont toujours les Hongrois qui, \u00e0 la fin de l&#8217;\u00e9t\u00e9, d\u00e9cident de laisser passer les Allemands de l&#8217;Est. Ce n&#8217;\u00e9tait pas qu&#8217;une fronti\u00e8re nationale, mais une parcelle du Rideau de fer qui tombait. Le monde observe la r\u00e9action de l&#8217;URSS. Et Moscou ne r\u00e9agit militairement ni aux \u00e9lections en Pologne ni \u00e0 cette ouverture de fronti\u00e8re.<\/p>\n<p>L&#8217;ann\u00e9e 1989 est aussi le 50\u00e8me anniversaire du pacte Molotov\/Ribbentrop qui accorde les pays baltes \u00e0 Staline. Une immense manifestation est organis\u00e9e dans ces pays pour marquer l&#8217;opposition \u00e0 leur annexion par Staline. Et en septembre 1989, des centaines de ressortissants est-allemands en vacances \u00e0 Prague se rassemblent \u00e0 l&#8217;ambassade de l\u2019Allemagne de l&#8217;Ouest. Ils obtiennent qu&#8217;un convoi sp\u00e9cial les conduise en Allemagne occidentale.<\/p>\n<p><strong>Et en octobre 1989, Gorbatchev se rend au 40\u00e8me anniversaire de la RDA\u2026<\/strong><\/p>\n<p>En effet, il se rend \u00e0 Berlin pour le 7 octobre. Il a beaucoup h\u00e9sit\u00e9 avant d&#8217;accepter l&#8217;invitation d&#8217;Erich Honecker. Mais il ne pouvait \u00e9chapper \u00e0 cette comm\u00e9moration symbolique. Les relations \u00e9taient tr\u00e8s mauvaises avec le leader de la RDA qui \u00e9tait ouvertement hostile \u00e0 la <em>perestro\u00efka<\/em>. Nous consid\u00e9rions Honecker comme l&#8217;avant-dernier conservateur, juste devant Ceausescu. C&#8217;est \u00e0 cette occasion que Gorbatchev lui fait un baiser d&#8217;adieu, et c&#8217;est devant le bureau politique du PC est-allemand qu&#8217;il prononce cette phrase\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Celui qui est en retard politiquement est puni par l&#8217;Histoire\u00a0\u00bb<\/em>. Deux jours apr\u00e8s, Honecker est remplac\u00e9 par Egon Krenz. La chute du Mur \u00e9tait quasiment programm\u00e9e, le Mur \u00e9tait condamn\u00e9 politiquement. Nous nous attendions d\u00e9sormais \u00e0 ce qui allait se passer.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Au Mur, nous opposions d\u00e9j\u00e0 le projet d\u2019une &#8220;maison commune&#8221; en Europe. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>C\u2019est-\u00e0-dire vous vous attendiez \u00e0 la chute du Mur\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Au Mur, nous opposions d\u00e9j\u00e0 le projet d\u2019une \u00ab\u00a0maison commune\u00a0\u00bb en Europe. La division de l\u2019Allemagne repr\u00e9sentait les s\u00e9quelles du pass\u00e9. La r\u00e9unification \u00e9tait compliqu\u00e9e \u00e0 dig\u00e9rer pour les Sovi\u00e9tiques, car cette division apparaissait comme le prix \u00e0 payer pour les crimes nazis. L&#8217;Allemagne avait provoqu\u00e9 une d\u00e9vastation terrible et la mort de 27 millions de Sovi\u00e9tiques. Gorbatchev voulait travailler \u00e0 la r\u00e9conciliation entre Allemands et Sovi\u00e9tiques, comme les Fran\u00e7ais et les Allemands l&#8217;avaient fait avant eux \u2013 une r\u00e9conciliation entre deux peuples qui gardent la m\u00e9moire de la guerre et de ses sacrifices. Nous voulions surmonter la division de l\u2019Allemagne, parce qu&#8217;elle \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment de la division de l&#8217;Europe. Par cette coupure d&#8217;un peuple, elle repr\u00e9sentait une fracture artificielle et temporaire. Mais dans le calendrier hypoth\u00e9tique de Gorbatchev et d&#8217;autres, comme Fran\u00e7ois Mitterrand, l&#8217;Allemagne pouvait attendre, <em>\u00ab Germany can wait \u00bb<\/em>. Elle pouvait attendre que la nouvelle construction paneurop\u00e9enne soit avanc\u00e9e, que les conditions de la coop\u00e9ration et de la s\u00e9curit\u00e9 collectives soient rassembl\u00e9es. Nous pensions que dans ce cadre, les Allemands trouveraient la solution au probl\u00e8me de la division nationale. Mais les peuples ont bouscul\u00e9 le calendrier.<\/p>\n<p><strong>Les forces du Parti ou de l&#8217;arm\u00e9e ont-elles \u00e9t\u00e9 tent\u00e9es d&#8217;intervenir militairement pour interrompre le cours des choses\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il est vrai qu&#8217;avec la r\u00e9forme du syst\u00e8me, Gorbatchev ne b\u00e9n\u00e9ficiait plus des soutiens du d\u00e9but. En 1985, lors de son accession au pouvoir, nombreux \u00e9taient ceux qui en avaient assez de cette g\u00e9n\u00e9ration responsable du d\u00e9clin du pays et de son interventionnisme ext\u00e9rieur \u2013 de Brejnev \u00e0 Andropov qui d\u00e9cida l&#8217;intervention en Afghanistan. Gorbatchev \u00e9tait une promesse de rajeunissement du syst\u00e8me. Mais avec le pluralisme, la transparence dans les m\u00e9dias et les \u00e9lections libres, de nombreux membres de la nomenklatura \u00e9taient menac\u00e9s. Les r\u00e9formes engag\u00e9es entraient en conflit avec leurs int\u00e9r\u00eats. L&#8217;\u00e9difice sovi\u00e9tique commen\u00e7ait \u00e0 vaciller. Pourtant, personne ne contestait la politique ext\u00e9rieure de Gorbatchev. Un profond consensus existait pour quitter l&#8217;Afghanistan et stopper la course aux armements. Dans cette p\u00e9riode, les prises d&#8217;initiative des pays d&#8217;Europe de l&#8217;Est, les uns apr\u00e8s les autres, n&#8217;\u00e9taient pas v\u00e9cues comme un danger. C&#8217;\u00e9tait comme si tous les pays s&#8217;engageaient sur la m\u00eame voie \u2013 abandonnant les anciens dirigeants comme le Bulgare Jivkov, Honecker et Ceausescu. M\u00eame la chute du Mur n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 ressentie comme un traumatisme. Cette question \u00e9tait vraiment domin\u00e9e par le poids du pass\u00e9 et de la guerre. Les opposants \u00e0 Gorbatchev lui faisaient surtout le reproche d&#8217;ouvrir vers la r\u00e9unification allemande. Mais la lib\u00e9ration des pays d&#8217;Europe de l&#8217;Est n&#8217;\u00e9tait pas per\u00e7ue comme le passage \u00e0 l&#8217;Ouest. Personne ne pouvait imaginer qu&#8217;un jour, ils deviendraient membres de l&#8217;Otan. Pour nous, le Rideau de fer n&#8217;\u00e9tait pas seulement ce gui prot\u00e9geait de l&#8217;Occident mais d&#8217;abord ce qui interdisait la rencontre avec le monde ext\u00e9rieur. C&#8217;\u00e9tait aussi notre lib\u00e9ration.<\/p>\n<p><strong>Comment ces \u00e9v\u00e9nements \u00e9taient-ils interpr\u00e9t\u00e9s par les diff\u00e9rents partis communistes ?<\/strong><\/p>\n<p>Diversement. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, ces \u00e9v\u00e9nements \u00e9taient per\u00e7us par des socialistes et des communistes convaincus comme la chance pour le socialisme de se moderniser, de devenir comp\u00e9titif. Notre syst\u00e8me n&#8217;aurait plus besoin de s&#8217;asseoir sur la coercition et la force des armes. Si le socialisme doit repr\u00e9senter l&#8217;avenir du monde, il n&#8217;a pas besoin d&#8217;\u00eatre d\u00e9fendu par des barbel\u00e9s aux fronti\u00e8res et par une police politique. Nous vivions ces \u00e9v\u00e9nements comme un signe d&#8217;encouragement. Les uns pensaient que ces mouvements solidifieraient le syst\u00e8me, les autres pensaient que le syst\u00e8me lui-m\u00eame devait changer pour ne pas \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment artificiel dans l&#8217;\u00e9volution politique de leur peuple. Cette ligne de partage s&#8217;est traduite par la suite\u00a0: les Tch\u00e8ques et les Bulgares ont chass\u00e9 les communistes, les Hongrois et les Polonais ont \u00e9t\u00e9 plus nuanc\u00e9s car les communistes de ces pays avaient engag\u00e9 un dialogue avec leur peuple. L&#8217;histoire de la Tch\u00e9coslovaquie est \u00e9difiante\u00a0: elle montre que vingt ans g\u00e2ch\u00e9s, entre 1968 et 1989, ne se rattrapent pas. Le socialisme \u00e0 visage humain port\u00e9 par tout le peuple en 1968 \u00e9tait mort en 1989. Le socialisme dans sa version sovi\u00e9tique, qui a pr\u00e9valu apr\u00e8s l&#8217;intervention \u00e0 Prague, s&#8217;est montr\u00e9 incapable de vivre avec le temps et a cess\u00e9 d\u00e8s que les forces arm\u00e9es sovi\u00e9tiques se sont retir\u00e9es. M\u00eame la tentative de Gorbatchev s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e trop tardive et elle fut balay\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements, par la conjonction de l&#8217;opposition des conservateurs en 1991, et par la r\u00e9volte des \u00e9lites r\u00e9publicaines. Celles-ci ont profit\u00e9 de la d\u00e9sagr\u00e9gation de l&#8217;\u00c9tat centralis\u00e9 qui existait depuis soixante-dix ans. On a tous d\u00e9couvert que ce qui \u00e9tait derri\u00e8re le Mur n&#8217;avait rien \u00e0 voir avec les pronostics, les espoirs, les illusions de ceux de l&#8217;Ouest et de ceux de l&#8217;Est. On a d\u00e9couvert les contradictions, les conflits, la lutte des classes. On s&#8217;amusait d&#8217;une boutade\u00a0: le socialisme, c&#8217;\u00e9tait faux, mais le capitalisme, c&#8217;\u00e9tait vrai. L&#8217;Occident qui s&#8217;est pris pour le vainqueur de la Guerre froide a connu une d\u00e9rive totale et a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans l&#8217;ultralib\u00e9ralisme, provoquant sa propre crise.<\/p>\n<p><strong>Quelles \u00e9taient vos relations avec les partis communistes occidentaux\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Nous \u00e9tions tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9s par l&#8217;exp\u00e9rience du PCF et du PCI notamment. Ces partis \u00e9taient oblig\u00e9s de fonctionner dans le monde politique r\u00e9el. Ils devaient gagner le soutien de la population, n\u00e9gocier des alliances\u2026 Leur pratique \u00e9tait une bo\u00eete \u00e0 outils pour le prochain parti que nous voulions construire, une fois le mod\u00e8le stalinien \u00e9vacu\u00e9. Le PCI nous a le plus inspir\u00e9. Le PCF avait perdu de son autorit\u00e9, avec son soutien \u00e0 l&#8217;intervention en Afghanistan, qui l&#8217;associait \u00e0 la direction brejn\u00e9vienne. L&#8217;eurocommunisme des ann\u00e9es 1970[[Tentative de regroupement des PC espagnol, fran\u00e7ais et italien au milieu des ann\u00e9es 1970 pour esquiver un mod\u00e8le alternatif \u00e0 celui du sovi\u00e9tisme.]] \u00e9tait pour nous un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 \u00e9tudier. Comme nous int\u00e9ressait l\u2019id\u00e9e que la gauche socialiste et les communistes puissent coop\u00e9rer dans une soci\u00e9t\u00e9 moderne, avec les rep\u00e8res communs de justice sociale. Nous cherchions comment faire na\u00eetre une \u00e9conomie de march\u00e9 avec une vie politique soucieuse des int\u00e9r\u00eats populaires. Nous n\u2019avons pas r\u00e9ussi. Le syst\u00e8me en a pay\u00e9 le prix.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nPropos recueillis par <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/catherine-tricot\"><strong>Catherine Tricot<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11869 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/ag-0a5.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/ag-0a5-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"ag.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La chute du Mur ne surprend pas Moscou, mais \u00e9tonne par sa soudainet\u00e9. Souvenirs d&#8217;un ex-Sovi\u00e9tique, porte-parole de Mikha\u00efl Gorbatchev en 1989.<\/p>\n","protected":false},"author":464,"featured_media":28184,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[292,293,346],"class_list":["post-11869","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-idees-culture","tag-communisme","tag-entretien","tag-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11869","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/464"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11869"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11869\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/28184"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11869"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11869"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11869"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}