{"id":11855,"date":"2019-10-30T13:21:50","date_gmt":"2019-10-30T12:21:50","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-christophe-ventura-l-amerique-latine-vit-un-moment-tres-indetermine-et-tres\/"},"modified":"2023-06-23T23:44:43","modified_gmt":"2023-06-23T21:44:43","slug":"article-christophe-ventura-l-amerique-latine-vit-un-moment-tres-indetermine-et-tres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11855","title":{"rendered":"Christophe Ventura : \u00ab L\u2019Am\u00e9rique latine vit un moment tr\u00e8s ind\u00e9termin\u00e9 et tr\u00e8s volatile \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Entre les mouvements sociaux au Chili et en Equateur, la r\u00e9\u00e9lection de Morales en Bolivie, la pr\u00e9sidence Bolsonaro, l\u2019incertitude du scrutin uruguayen ou l\u2019\u00e9lection du p\u00e9roniste Alberto Fernandez en Argentine, la g\u00e9ographie politique se redessine en Am\u00e9rique latine. Christophe Ventura, chercheur \u00e0 l\u2019IRIS, est l\u2019invit\u00e9 de #LaMidinale.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"490\" height=\"276\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/mQn1c1YKkJ4\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>POUR \u00c9COUTER CETTE MIDINALE EN PODCAST<\/strong><br \/>\n<strong>>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/open.spotify.com\/episode\/7LTO5awVXVo8xOmqSRR7V2\">sur Spotify<\/a><\/em><br \/>\n<strong>>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/podcasts.apple.com\/fr\/podcast\/christophe-ventura-lam%C3%A9rique-latine-vit-moment-tr%C3%A8s\/id1479697573?i=1000455488917\">sur Apple<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>VERBATIM<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<em>\u00a0<strong>Sur la situation au Chili<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Il y a une lame de fond qui est d\u00e9sormais lanc\u00e9e. Personne ne sait o\u00f9 elle va s\u2019arr\u00eater y compris d\u2019ailleurs les acteurs eux-m\u00eames. C\u2019est une caract\u00e9ristique de ces r\u00e9voltes sociales que l\u2019on voit un peu partout. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le bilan est lourd de la r\u00e9pression : une quinzaine de morts, plus de 3500 personnes arr\u00eat\u00e9es, plus de 1100 personnes par balles. On d\u00e9plore aussi des viols par les militaires dans plusieurs endroits du pays. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a quelque chose de nouveau : c\u2019est la puissance du mouvement. Jamais un mouvement social n\u2019avait eu cette force au Chili. \u00bb<br \/>\n\u00ab La r\u00e9ponse du gouvernement s\u2019est un peu inspir\u00e9e d\u2019Emmanuel Macron : \u00e0 la fois la carotte et le b\u00e2ton. \u00c0 l\u2019instar des gilets jaunes, le gouvernement a annonc\u00e9 des mesures sociales et en m\u00eame temps une r\u00e9pression du mouvement. \u00bb<br \/>\n\u00ab Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era va jouer maintenant sur l\u2019envie d\u2019ordre et chercher \u00e0 diviser les classes moyennes par rapport \u00e0 ce mouvement. \u00bb<br \/>\n\u00ab Ce qui se passe aujourd\u2019hui au Chili n\u2019indique pas que le mouvement va s\u2019\u00e9teindre. Il est hyper puissant. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il n\u2019y a pas de logique sociologique dans l\u2019organisation du mouvement. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la responsabilit\u00e9 de la gauche en Am\u00e9rique latine<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Les gauches au Chili ou ailleurs, peuvent accompagner ces mouvements, le cas \u00e9ch\u00e9ant \u00eatre dedans, mais elles n\u2019en sont ni \u00e0 l\u2019origine, elles n\u2019en sont ni le r\u00e9acteur central ni la force qui l\u2019organise, ni m\u00eame la r\u00e9ponse politique. \u00bb<br \/>\n\u00ab Ce qu\u2019on voit aujourd\u2019hui partout, \u00e7a s\u2019est pass\u00e9 au Br\u00e9sil en 2013 avec les manifestations massives dans les rues contre la vie ch\u00e8re. \u00bb<br \/>\n\u00ab La gauche, surtout quand elle a pu \u00eatre au pouvoir, ne part pas gagnante sur l\u2019issue de ces mouvements. \u00bb<br \/>\n\u00ab La responsabilit\u00e9 de la gauche c\u2019est d\u2019avoir connu deux moments : un moment de d\u00e9veloppement et d\u2019\u00e9panouissement des ann\u00e9es 2000 et d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 des gouvernements qui se sont retrouv\u00e9s confront\u00e9s \u00e0 la gestion de la crise \u00e9conomique de 2008. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il ne faut pas oublier que quand la gauche arrive au pouvoir, quasiment la moiti\u00e9 de la population ne veut pas d\u2019elle et dans la moiti\u00e9, il y a les vrais pouvoirs : les pouvoirs \u00e9conomiques et financiers. \u00bb<br \/>\n\u00ab L\u2019autre responsabilit\u00e9 de la gauche c\u2019est qu\u2019elle a plus g\u00e9r\u00e9 l\u2019Etat qu\u2019elle n\u2019a pas continu\u00e9 de mobiliser ses propres troupes et secteurs sociaux. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a une perte de lien entre la gauche organis\u00e9e et le terrain, les mouvements sociaux. Il y a une forme de gauche gestionnaire qui s\u2019est mise au pouvoir. \u00bb<br \/>\n\u00ab La gauche au pouvoir a produit une classe moyenne assez conforme aux exigences de l\u2019id\u00e9ologie lib\u00e9rale donc aujourd\u2019hui ces gens-l\u00e0 se retournent contre la main de ceux qui les a nourris. La gauche n\u2019a pas propos\u00e9 d\u2019alternative \u00e0 ces classes moyennes. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur le quatri\u00e8me mandat de Morales en Bolivie<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab En Bolivie, c\u2019est pas le m\u00eame sujet qu\u2019en Equateur, au Chili ou \u00e0 Ha\u00efti. \u00bb<br \/>\n\u00ab En Bolivie, il y a un sujet d\u2019hyperpolarisation politique, c\u2019est pas tellement sur les questions \u00e9conomiques et sociales. \u00bb<br \/>\n\u00ab En Bolivie, il y a plut\u00f4t une satisfaction globale de la population par rapport \u00e0 ses conditions de vie. Le gouvernement Morales a plut\u00f4t bien g\u00e9r\u00e9 l\u2019\u00e9conomie du pays. \u00bb<br \/>\n\u00ab En Bolivie, il y a des gens qui n\u2019ont jamais support\u00e9 la prise de pouvoir de Morales. \u00bb<br \/>\n\u00ab L\u2019hyperpolarisation politique peut cr\u00e9er de l\u2019instabilit\u00e9 \u00e0 long terme dans le pays. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la situation en Argentine et le \u00ab p\u00e9ronisme \u00bb<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Le nouveau pr\u00e9sident Alberto Fernandez a eu un programme qui n\u2019\u00e9tait pas triomphaliste. Il n\u2019a pas un programme qui propose une r\u00e9volution en Argentine. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a rien qui ressemble au p\u00e9ronisme dans le monde. \u00bb<br \/>\n\u00ab Au sein du p\u00e9ronisme, il y a une gauche et une droite. Le p\u00e9ronisme est un mouvement national populaire. C\u2019est \u00e0 la fois un mouvement politique avec des partis, syndical avec des syndicats, social avec des associations de jeunesses, de femmes, etc. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le mouvement poursuit l\u2019id\u00e9e de la construction de la patrie argentine, d\u2019une nation argentine fond\u00e9e sur l\u2019implication des int\u00e9r\u00eats populaires et des classes populaires dans les affaires de l\u2019Etat. \u00bb<br \/>\n\u00ab L\u2019ancienne pr\u00e9sidente Cristina Kirchner a r\u00e9ussi un tour de force en nouant une alliance avec son ancien adversaire Alberto Fernandez. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le Kirchnerisme c\u2019est la gauche du p\u00e9ronisme et qui garde l\u2019h\u00e9g\u00e9monie dans le mouvement. Mais pour gagner, Kirchner a du conc\u00e9der une alliance avec Alberto Fernandez qui est plus au centre. Il est plus mod\u00e9r\u00e9. \u00bb<br \/>\n\u00ab En Argentine, il n\u2019y a pas de place pour une gauche radicale ou r\u00e9volutionnaire : elle est r\u00e9duite \u00e0 la portion congrue. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la pr\u00e9sidentielle en Uruguay<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab La gauche part en ballotage d\u00e9favorable avec tr\u00e8s peu de report de voix. \u00bb<br \/>\n\u00ab L\u2019effet de la victoire d\u2019un gouvernement progressiste chez le voisin argentin peut, peut-\u00eatre, avoir un effet \u2018last minute\u2019 dans le vote uruguayen.\u00bb<br \/>\n\u00ab Il faut accepter l\u2019id\u00e9e qu\u2019en Am\u00e9rique latine on vit un moment tr\u00e8s ind\u00e9termin\u00e9 et tr\u00e8s volatile. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur le r\u00f4le des Etats-Unis en Am\u00e9rique latine<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Les Etats-Unis ont un rapport qui est \u00e0 la fois hyper distendu et hyper agressif. \u00bb<br \/>\n\u00ab Pour Trump, l\u2019Am\u00e9rique latine c\u2019est surtout le Venezuela, Cuba et le Mexique. Le reste c\u2019est secondaire. Ce qui int\u00e9resse Trump aussi, c\u2019est le Br\u00e9sil de Bolsonaro et ses r\u00e9serves naturelles. \u00bb<br \/>\n\u00ab Bolsonaro a beau eu faire un jeu de claquettes sur le th\u00e8me \u2018je suis le garant de la souverainet\u00e9 br\u00e9silienne face aux europ\u00e9ens qui veulent nous manger l\u2019amazonie\u2019 : dans le m\u00eame temps il a sign\u00e9 des contrats pour ouvrir l\u2019Amazonie aux multinationales am\u00e9ricaines. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le plan de Trump au Venezuela n\u2019a pas march\u00e9. \u00bb<br \/>\n\u00ab \u00c7a int\u00e9resse Trump pour des raisons de politiques int\u00e9rieures : il veut des succ\u00e8s internationaux et montrer qu\u2019il a \u00e9radiqu\u00e9 le socialisme en Am\u00e9rique latine ; montrer qu\u2019il a \u00e9radiqu\u00e9 les migrants des Etats-Unis pour pouvoir compter sur les voix de la Floride essentiellement. \u00bb<br \/>\n\u00ab Ce qui va se passer avec la nouvelle terre politique : la r\u00e9\u00e9lection de Morales, l\u2019\u00e9lection d\u2019Alberto Fernandez, le maintien au pouvoir de Maduro au Venezuela et surtout le gouvernement d\u2019Andr\u00e9s Manuel Lopez Obrador et aussi \u00e0 Cuba, vous allez avoir un axe, un canal qui va s\u2019ouvrir entre ces pays non pas pour avoir des projets en commun ou mener une politique offensive mais pour essayer de se maintenir au pouvoir face \u00e0 ces eaux trumpiennes qui se d\u00e9versent dans la r\u00e9gion ou aux droites revanchardes. \u00bb<\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11855 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/capture_d_e_cran_2019-10-30_a_12-232.46.50.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/capture_d_e_cran_2019-10-30_a_12-232.46.50-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"capture_d_e_cran_2019-10-30_a_12.46.50.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entre les mouvements sociaux au Chili et en Equateur, la r\u00e9\u00e9lection de Morales en Bolivie, la pr\u00e9sidence Bolsonaro, l\u2019incertitude du scrutin uruguayen ou l\u2019\u00e9lection du p\u00e9roniste Alberto Fernandez en Argentine, la g\u00e9ographie politique se redessine en Am\u00e9rique latine. Christophe Ventura, chercheur \u00e0 l\u2019IRIS, est l\u2019invit\u00e9 de #LaMidinale.<\/p>\n","protected":false},"author":1039,"featured_media":28142,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[238],"tags":[293],"class_list":["post-11855","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-la-midinale","tag-entretien"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11855","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1039"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11855"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11855\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/28142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11855"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11855"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11855"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}