{"id":11820,"date":"2019-10-11T13:32:08","date_gmt":"2019-10-11T11:32:08","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-razmig-keucheyan-je-suis-pour-la-planification-c-est-a-dire-un-controle\/"},"modified":"2023-06-23T23:44:13","modified_gmt":"2023-06-23T21:44:13","slug":"article-razmig-keucheyan-je-suis-pour-la-planification-c-est-a-dire-un-controle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11820","title":{"rendered":"Razmig Keucheyan : \u00ab Je suis pour la planification, c\u2019est-\u00e0-dire un contr\u00f4le politique des processus productifs \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">De quoi avons-nous besoin ? Qui cr\u00e9e le besoin ? Est-on condamn\u00e9 \u00e0 mal consommer ? Razmig Keucheyan, sociologue et auteur de <em>Les besoins artificiels<\/em> (ed. Zones) est l&#8217;invit\u00e9 de la Midinale.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"490\" height=\"276\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Dxoowcc6y5A\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>POUR \u00c9COUTER CETTE MIDINALE EN PODCAST<\/strong><br \/>\n<strong>>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/open.spotify.com\/episode\/14CJtHHGoVbva5KqPsSdkB\">sur Spotify<\/a><\/em><br \/>\n<strong>>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/podcasts.apple.com\/fr\/podcast\/je-suis-pour-la-planification-cest-%C3%A0-dire-contr%C3%B4le\/id1479697573?i=1000453145399\">sur Apple<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>VERBATIM<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<em> <strong>Sur le droit \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab L\u2019\u00e9clairage artificiel est un classique du progr\u00e8s qui se transforme progressivement en nuisance (\u2026) et en pollution. \u00bb<br \/>\n\u00ab L\u2019\u00e9clairage artificiel va avoir des effets sur l\u2019organisme des individus, g\u00e9n\u00e9rer des troubles du sommeil, de l\u2019app\u00e9tit, d\u2019irritabilit\u00e9, de pression art\u00e9rielle\u2026 \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a des mouvement sociaux qui revendiquent le droit \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9 et qui posent la question de savoir dans quelle mesure les niveaux d\u2019\u00e9clairage actuel sont des niveaux dont on a v\u00e9ritablement besoin. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la cr\u00e9ation des besoins<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Il y a des besoins qui sont vitaux et qui sont des conditions de la survie : se nourrir, se prot\u00e9ger du froid, dormir, respirer. Il y a entre cinq et dix besoins vitaux et qui sont propres \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine. Tout le reste, c\u2019est des besoins artificiels. \u00bb<br \/>\n\u00ab Dans les besoins artificiels, il y a des besoins qui sont par le capitalisme, le productivisme et le consum\u00e9risme, qui ont un caract\u00e8re nocif. Et qui ne sont pas soutenables du point de vue des \u00e9cosyst\u00e8mes et de la plan\u00e8te. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a aussi des besoins artificiels qui sont tout \u00e0 fait positif, dont on n\u2019a pas du tout envie de se d\u00e9barrasser. Exemple : voyager n\u2019est pas un besoin vital (\u2026). Il n\u2019est pas question de renoncer \u00e0 voyager, parce que \u00e7a ouvre l\u2019esprit, \u00e7a permet de d\u00e9couvrir de nouvelles cultures. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le probl\u00e8me du voyage c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas soutenable dans sa forme actuelle. Les avions low-cost \u00e9mettent des gaz \u00e0 effet de serre qui ne sont plus soutenables. \u00c7a suppose donc d de d\u00e9lib\u00e9rer collectivement pour inventer de nouvelles formes de voyage. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur le paradoxe du \u00ab capitalisme qui sudiste des besoins qu\u2019il n\u2019assouvit pas \u00bb<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Pour de larges fractions de la population, le capitalisme assouvit les besoins mat\u00e9riels et lib\u00e8re les besoins qualitatives &#8211; comme dit Andr\u00e9 Gorz -. \u00bb<br \/>\n\u00ab M\u00eame si le capitalisme est une condition de l\u2019\u00e9mergence de ces besoins qualitatifs &#8211; du fait de la division du travail, des in\u00e9galit\u00e9s, de l\u2019ali\u00e9nation &#8211; il n\u2019est pas en mesure d\u2019assouvir ces besoins qualitatifs. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le capitalisme a cette caract\u00e9ristique dialectique \u00e0 la fois de rendre possible l\u2019\u00e9mergence de certains besoins qualitatifs mais en m\u00eame temps de ne jamais \u00eatre en capacit\u00e9 de les assouvir. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la d\u00e9privation<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab La d\u00e9privation se distingue de la privation : c\u2019est quand un besoin n\u2019est pas satisfait. \u00bb<br \/>\n\u00ab La d\u00e9privation c\u2019est le moment o\u00f9 l\u2019on passe d\u2019une situation o\u00f9 le besoin \u00e9tait satisfait et o\u00f9 il ne l\u2019est plus. \u00bb<br \/>\n\u00ab L\u2019obscurit\u00e9, respirer \u00e0 un air pur, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 certaines ressources naturelles \u00e9taient des besoins autrefois assouvis mais qui ne le sont plus. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a une mani\u00e8re de politiser ce concept de d\u00e9pravation dans le contexte de la crise environnementale. \u00bb<br \/>\n\u00ab Oui (la d\u00e9privation peut donner lieu \u00e0 des tendances antisociales). La crise environnementale peut g\u00e9n\u00e9rer des violences divers et vari\u00e9es. Des violences qui viennent du pouvoir, de l\u2019Etat. Mais \u00e7a va aussi donner lieu \u00e0 des mobilisations collectives. \u00bb<br \/>\n\u00ab La crise environnementale ne va pas \u00eatre un diner de gala : elle va accentuer les conflits sociaux. Et c\u2019est de ces conflits sociaux que vont \u00e9merger les solutions. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur le communisme du luxe<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Les in\u00e9galit\u00e9s dans les soci\u00e9t\u00e9s capitalistes s\u2019appuie notamment sur la hi\u00e9rarchie des objets. \u00bb<br \/>\n\u00ab Les classes dominantes ont des objets performants, de luxe, haut-de-gamme, souvent durables et de qualit\u00e9. Les classes populaires, c\u2019est la civilisation du jetable. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le communisme du luxe est une hypoth\u00e8se strat\u00e9gique qui consiste \u00e0 se demander ce qui arriverait si tout le monde disposait d\u2019objets de qualit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire si le haut-de-gamme \u00e9tait rendu commun.  \u00bb<br \/>\n\u00ab Le communisme de luxe, c\u2019est cr\u00e9er une civilisation nouvelle dans laquelle tout un chacun a acc\u00e8s \u00e0 des biens \u00e9mancip\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la garantie de certains objets<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab 80% des objets sous garantie sont rapport\u00e9s par le consommateur pour \u00eatre r\u00e9par\u00e9. D\u00e8s lors que la garantie arrive \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance, le chiffre tombe \u00e0 40% &#8211; et souvent, \u00e0 ce moment-l\u00e0, le consommateur rach\u00e8te un nouvel objet. Faire passer une garantie de 2 \u00e0 10 ans ralentirait donc le rythme de mise sur le march\u00e9. \u00bb<br \/>\n\u00ab La garantie est un puissant levier de transformation \u00e9conomique et social. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur la notion de besoins<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab En lisant l\u2019histoire des associations de consommateurs, je me suis aper\u00e7u qu\u2019au d\u00e9but du XX\u00e8 si\u00e8cle, les associations de consommateurs \u00e9taient beaucoup plus proches des associations de producteurs, c\u2019est-\u00e0-dire des syndicats : elles se pr\u00e9occupaient donc des conditions de travail, du niveau des salaires, des in\u00e9galit\u00e9s de genre sur le lieu de travail et de ce qui \u00e9tait produit en termes de qualit\u00e9 et de quantit\u00e9. \u00bb<br \/>\n\u00ab Aujourd\u2019hui, dans le cadre de la crise environnementale, il est urgent de rapprocher les associations de consommateurs et de producteurs \u2013 et cette convergence pourrait se faire autour de la notion de besoins. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur le r\u00f4le de l\u2019Etat dans la production des objets<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab L\u2019Etat dont je parle dans mon livre, c\u2019est un Etat d\u00e9mocratis\u00e9 et radicalis\u00e9 du point de ses composantes progressistes \u2013 ce n\u2019est donc pas l\u2019Etat actuel. \u00bb<br \/>\n\u00ab Je plaide pour un retour de la planification, c\u2019est-\u00e0-dire de reprendre un contr\u00f4le politique sur les processus productifs. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il faut que l\u2019Etat qui reprenne ce contr\u00f4le soit sous contr\u00f4le lui-m\u00eame des mouvements sociaux, des conseils de quartier et d\u2019associations de producteurs-consommateurs. \u00bb<\/p>\n<p><em>\u00a0<strong>Sur l\u2019urgence \u00e9cologique<\/em>\u00a0<\/strong><br \/>\n\u00ab Si on consid\u00e8re que la crise \u00e9cologique est principalement suscit\u00e9e par le productivisme consum\u00e9riste capitaliste, \u00e7a veut dire qu\u2019il faut reprendre un contr\u00f4le politique sur ce processus. \u00bb<br \/>\n\u00ab La d\u00e9mocratie doit s\u2019exercer dans l\u2019\u00e9conomie. \u00bb<br \/>\n\u00ab Je plaide pour une politisation de l\u2019\u00e9conomie, c\u2019est-\u00e0-dire une reprise de contr\u00f4le des processus productifs et de consommation par la d\u00e9lib\u00e9ration citoyenne. \u00bb<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11820 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/capture_d_e_cran_2019-10-11_a_13-013.15.09.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/capture_d_e_cran_2019-10-11_a_13-013.15.09-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"capture_d_e_cran_2019-10-11_a_13.15.09.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De quoi avons-nous besoin ? 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