{"id":11819,"date":"2019-10-11T10:58:31","date_gmt":"2019-10-11T08:58:31","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-en-finir-avec-la-croissance\/"},"modified":"2023-07-03T14:33:38","modified_gmt":"2023-07-03T12:33:38","slug":"article-en-finir-avec-la-croissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11819","title":{"rendered":"En finir avec la croissance ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">D\u00e9couvrez vite l\u2019\u00e9pisode 4 des \u00ab choses lues par Monsieur Marx \u00bb, deuxi\u00e8me saison ! Cette semaine, Bernard Marx a lu pour vous le dernier livre d&#8217;Eloi Laurent : <em>Sortir de la croissance<\/em>.<\/p>\n<p><quote>\u00ab Comment osez-vous ? Vous avez vol\u00e9 mes r\u00eaves et mon enfance avec vos paroles creuses. Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des \u00e9cosyst\u00e8mes entiers s&#8217;effondrent, nous sommes au d\u00e9but d&#8217;une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c&#8217;est d&#8217;argent, et des contes de f\u00e9es de croissance \u00e9conomique \u00e9ternelle. Comment osez-vous ? \u00bb<\/p>\n<p>Greta Thunberg, discours \u00e0 l\u2019ONU 23 septembre 2019 <\/quote><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomiste Eloi Laurent publie avec r\u00e9gularit\u00e9 des essais courts, clairs et souvent stimulants. En 2015 et 2016, il s\u2019attaquait aux mythologies de la pens\u00e9e \u00e9conomique dominante. L\u2019an dernier, il livrait un vibrant plaidoyer pour la coop\u00e9ration. Dans son nouvel essai, il prend pour cible la croissance[[Eloi Laurent : <em>Sortir de la croissance Mode d\u2019emploi<\/em>. Les Liens qui Lib\u00e8rent, octobre 2019]].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-long-regards\/article\/thomas-piketty-quand-je-parle-de-depassement-du-capitalisme-je-pourrais-dire\">Thomas Piketty : \u00ab Quand je parle de d\u00e9passement du capitalisme, je pourrais dire abolition \u00bb<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le synopsis du livre, si je puis dire, tourne autour de trois id\u00e9es essentielles :<\/p>\n<p><strong>1.<\/strong> Il faut absolument r\u00e9orienter l\u2019ensemble de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique vers le bien \u00eatre des personnes, la r\u00e9silience (c\u2019est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister et \u00e0 survivre aux chocs, tels que le changement climatique) et la soutenabilit\u00e9 qui vise la capacit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 tenir le cap du bien \u00eatre sur le long terme.<br \/>\n<strong>2.<\/strong> La recherche de la croissance, mantra qui domine le fonctionnement de l\u2019\u00e9conomie, les politiques et les autres relations humaines, n\u2019est pas la solution, mais le probl\u00e8me. <em>\u00ab Elle entrave<\/em>, \u00e9crit-il, <em>autant qu\u2019elle biaise notre action. Le PIB est borgne quant au bien-\u00eatre \u00e9conomique, aveugle au bien \u00eatre humain, sourd \u00e0 la souffrance sociale et muet sur l\u2019\u00e9tat de la plan\u00e8te. La croyance dans la croissance est soit une illusion, soit une mystification. \u00bb<\/em><br \/>\n<strong>3.<\/strong> Pour s\u2019orienter vers le bien-\u00eatre, il faut sortir de la croissance, <em>\u00ab la d\u00e9passer \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019acte d\u2019accusation occupe la premi\u00e8re partie de l\u2019ouvrage. La seconde est consacr\u00e9e \u00e0 la proposition d\u2019un chemin possible, d\u2019une transition du bien-\u00eatre.<\/p>\n<h2>Le proc\u00e8s du PIB<\/h2>\n<p>L\u2019accus\u00e9 num\u00e9ro 1 est donc le PIB (Produit Int\u00e9rieur Brut) qui mesure la production \u00e9conomique \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un pays dans la sph\u00e8re mon\u00e9taire. C\u2019est devenu <em>\u00ab l\u2019incarnation statistique et quasi philosophique de Croissance \u00bb<\/em>. Eloi Laurent rappelle l\u2019histoire de cet indicateur : son invention aux USA par l\u2019\u00e9conomiste Simon Kuznets dans les ann\u00e9es 1930 pour aider l\u2019Etat du New Deal \u00e0 faire face \u00e0 la d\u00e9pression ; ses \u00e9volutions, notamment pour compter de fa\u00e7on tr\u00e8s imparfaite les services de l\u2019Etat dans la production. Il rappelle les critiques bien \u00e9tablies et formul\u00e9es de longue date. D\u00e8s 1968, c\u2019est-\u00e0-dire au d\u00e9but de la crise du r\u00e9gime de croissance d\u2019apr\u00e8s-guerre, <a href=\"https:\/\/www.alternatives-economiques.fr\/critiques-pib\/00066795\">Robert Kennedy avait d\u00e9j\u00e0 dit l\u2019essentiel <\/a>: <em>\u00ab En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d\u2019\u00eatre v\u00e9cue \u00bb<\/em>. Du coup, ce qui frappe le plus est le sentiment de se heurter \u00e0 un mur. Malgr\u00e9 des critiques fondamentales et justifi\u00e9es, le PIB et son taux de croissance restent les indicateurs centraux des r\u00e9sultats et des objectifs des gouvernements, <em>\u00ab <a href=\"https:\/\/www.revue-projet.com\/articles\/2018-01-gadrey-le-pib-nous-mene-dans-l-impasse\/\">le guide supr\u00eame des politiques \u00e9conomiques<\/a> \u00bb<\/em>. Il l\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sous le r\u00e9gime de croissance de l\u2019apr\u00e8s-guerre. Il l\u2019est toujours sous le r\u00e9gime n\u00e9olib\u00e9ral. Dans la France macronienne, il guide toujours les r\u00e9formes ou les <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/economie\/les-economistes-ne-sont-pas-tous-des-sales-types-par-bernard-marx\/article\/2-ou-3-choses-que-je-crois-comprendre-de-la-reforme-des-retraites\">politiques r\u00e9gressives de retraites<\/a> ou de sant\u00e9. Et il conduit m\u00eame le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, tout entier attach\u00e9 \u00e0 la tache de justifier la baisse des d\u00e9penses publique, <a href=\"https:\/\/blogs.alternatives-economiques.fr\/gadrey\/2019\/01\/06\/macron-recale-a-l-epreuve-d-economie-du-bac-parler-de-la-part-des-depenses-dans-le-pib-est-une-ineptie\">\u00e0 dire n\u2019importe quoi<\/a>.<\/p>\n<p>Pourquoi en est-il ainsi ? Une des raisons tient sans doute \u00e0 la difficult\u00e9 de traiter le bien \u00eatre par un indicateur synth\u00e9tique. L\u2019ONU publie un indicateur de d\u00e9veloppement humain par pays qui est loin d\u2019\u00eatre satisfaisant. Il fait une moyenne de variables assez disparates suppos\u00e9e identifier l\u2019\u00e9tat de la sant\u00e9 (l\u2019esp\u00e9rance de vie), l\u2019\u00e9ducation (la dur\u00e9e moyenne de scolarisation) et le niveau de vie (le revenu par habitant). Cet indicateur ignore, lui aussi, les in\u00e9galit\u00e9s et n\u2019aide pas vraiment ni \u00e0 la d\u00e9termination, ni \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des structures socio-\u00e9conomiques et des politiques publiques. Selon Eloi Laurent, il faut en r\u00e9alit\u00e9 viser \u00e0 sortir du PIB non pas tant par un nouvel indicateur synth\u00e9tique (m\u00eame si cela ne lui parait pas hors d\u2019atteinte), que par une batterie d\u2019indicateurs moins unidimensionnelle, de type tableau de bord.<\/p>\n<p>Eloi Laurent souligne en tout cas l\u2019enfoncement dans la crise de l\u2019indicateur PIB et l\u2019urgence d\u2019en sortir. La maladie de la croissance que cet indicateur prescrit comme un rem\u00e8de universel ne cesse de s\u2019aggraver et il en rend de moins en moins compte. Un point essentiel \u00e9tait que la croissance du PIB pouvait \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019emploi, des revenus, de la consommation, de la sant\u00e9. Ce n\u2019est plus vrai. Le taux de ch\u00f4mage lui-m\u00eame devient un instrument de mesure de plus en plus contestable puisqu\u2019il ne tient compte ni de l\u2019\u00e9volution du taux d\u2019activit\u00e9, ni du temps partiel subi, et de tout ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler le halo du ch\u00f4mage. De m\u00eame pour les revenus :  Eloi Laurent pointe par exemple <em>\u00ab une r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 peine croyable \u00bb<\/em> : <em>\u00ab Le pouvoir d\u2019achat des salaires horaires am\u00e9ricains a progress\u00e9 d\u2019exactement 2,38 dollars en un demi-si\u00e8cle. Au cours de la m\u00eame d\u00e9cennie, le PIB par habitant a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par 16. Dans les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, entre 1996 et2 016, cette stagnation sociale a \u00e9t\u00e9 telle que le revenu m\u00e9dian des m\u00e9nages am\u00e9ricains est rest\u00e9 inchang\u00e9, \u00e0 247 dollars pr\u00e8s \u00bb<\/em>. Evidemment, si l\u2019on a les yeux riv\u00e9s sur le PIB, on ne peut pas comprendre la victoire de Trump, ni s\u2019opposer efficacement au Trumpisme.<\/p>\n<p>A quoi il faut ajouter, bien s\u00fbr, le camouflage de la crise \u00e9cologique. Le PIB ignore les co\u00fbts \u00e9cologiques des destructions, de la perte de biodiversit\u00e9, des accidents industriels et du r\u00e9chauffement climatique. Pire il en fait ses choux gras d\u00e8s lors qu\u2019ils donnent lieu \u00e0 une production marchande. Eloi Laurent apporte ici un \u00e9clairage tout \u00e0 fait suggestif. Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue concernant la d\u00e9mat\u00e9rialisation suppos\u00e9e de la production \u00e0 l\u2019heure du num\u00e9rique, l\u2019extractivisme de la croissance n\u2019a pas recul\u00e9 au contraire : <em>\u00ab Le d\u00e9couplage relatif entre production \u00e9conomique et consommation de ressources naturelles, observ\u00e9 tout au long du XX\u00e8me si\u00e8cle et jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 s\u2019est alors invers\u00e9\u2026. La transition num\u00e9rique correspond donc \u00e0 un recouplage absolu, \u00e0 une remat\u00e9rialisation massive des syst\u00e8mes \u00e9conomiques. Dans le m\u00eame temps, la productivit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique commence \u00e0 stagner, alors qu\u2019elle avait cru de 40% entre 1970 et 2000 \u00bb<\/em>. Exemple : la France en Euros, c\u2019est un PIB \u00e0 2200 milliards d\u2019euros (environ 32.000 euros par personne). La France en tonnes, la France pesante et d\u00e9pendante, c\u2019est 755 millions de tonnes de ressources naturelles consomm\u00e9es chaque ann\u00e9e, soit pr\u00e8s de 12 tonnes par habitant, pour l\u2019essentiel import\u00e9es de l\u2019\u00e9tranger, au prix de dommages \u00e9cologiques support\u00e9es par les pays o\u00f9 l\u2019extraction a lieu. Conclusion : <em>\u00ab Le PIB comme la croissance sont \u00e0 nouveau un obstacle \u00e0 notre prise de conscience \u00e9cologique \u00bb<\/em>.<\/p>\n<h2>La croissance et non le capitalisme ?<\/h2>\n<p>Derri\u00e8re la critique du PIB, c\u2019est un bien la sortie de la croissance et non la sortie du capitalisme que pr\u00e9conise Eloi Laurent pour construire la transition du bien-\u00eatre. Il y a, selon lui, quelques bonnes raisons \u00e0 cela.<\/p>\n<p>D\u2019abord, explique-t-il, sortir du capitalisme ne signifie pas sortir d\u2019un r\u00e9gime de croissance ravageur. La preuve par l\u2019URSS hier, et par la Chine aujourd\u2019hui, qui montre avec \u00e9vidence que <em>\u00ab l\u2019hyper croissance n\u2019a pas besoin du cadre capitaliste pour se d\u00e9velopper (sauf \u00e0 consid\u00e9rer que la Chine serait en fait un pays capitaliste, mais dans ce cas les mots n\u2019ont plus de sens) \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ensuite <em>\u00ab le capitalisme n\u2019a pas besoin de se nourrir d\u2019une croissance perp\u00e9tuelle sans laquelle il s\u2019effondrerait \u00bb<\/em>. La preuve, selon lui, par le Japon qui n\u2019a presque plus de croissance depuis plusieurs d\u00e9cennies et o\u00f9 le capitalisme continue de prosp\u00e9rer, tout comme le d\u00e9veloppement humain.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, le capitalisme n\u2019est pas incompatible avec le bien-\u00eatre humain. La preuve, dit-il, par les pays scandinaves. Et comme c\u2019est un syst\u00e8me de bien \u00eatre qui doit remplacer le syst\u00e8me de croissance, sortons de la croissance et modifions pour cela ce qui doit l\u2019\u00eatre mais ne cherchons pas \u00e0 d\u00e9passer le capitalisme. Non seulement ce serait tr\u00e8s hypoth\u00e9tique, mais, selon lui, ce d\u00e9bat <em>\u00ab masque en fait largement les dangers d\u2019une sortie r\u00e9elle d\u2019une d\u00e9mocratie qui s\u2019amorce actuellement et que les partisans d\u2019un autoritarisme \u00e9cologique voudraient voir s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>L\u2019argumentaire ne m\u2019a pas convaincu : ce n\u2019est pas parce que la Chine est dirig\u00e9e de fa\u00e7on dictatoriale par un parti-Etat unique et communiste qu\u2019elle n\u2019est pas un pays capitaliste. Les mots garderaient, me semble-t-il, un sens en la qualifiant de capitalisme monopoliste d\u2019\u00e9tat autoritaire[[Thomas Piketty parle pour sa part <em>\u00ab d\u2019\u00e9conomie mixte autoritaire \u00bb<\/em> : <em>\u00ab Le pays n\u2019est plus communiste, puisque la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e repr\u00e9sente dor\u00e9navant pr\u00e8s de 70% du total des propri\u00e9t\u00e9s , mais il n\u2019est pas non plus compl\u00e8tement capitaliste puisqu\u2019il repr\u00e9sente toujours un peu plus de 30%, ce qui est certes minoritaire mais tout de m\u00eame tr\u00e8s substantiel \u2026 (et) donne \u00e0 la puissance publique chinoise sous la houlette du PCC des possibilit\u00e9s d\u2019intervention consid\u00e9rables pour d\u00e9cider de la localisation des investissements et des cr\u00e9ations d\u2019emploi et pour mener des politiques de d\u00e9veloppement r\u00e9gional \u00bb<\/em>. (<em>Capital et id\u00e9ologie<\/em>, Seuil, septembre 2019)]].<\/p>\n<p>En second lieu, une stagnation de longue dur\u00e9e constitue pour le capitalisme une contradiction mortif\u00e8re pour un syst\u00e8me d\u2019accumulation sans fin du capital r\u00e9gul\u00e9 par le profit. Bien sur l\u2019accumulation financi\u00e8re et l\u2019inflation du prix des actifs financiers peuvent suppl\u00e9er un ralentissement du mouvement de l\u2019accumulation r\u00e9elle, mais cela tourne mal, en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, les pays scandinaves b\u00e9n\u00e9ficient encore de bien-\u00eatre conquis dans le pass\u00e9. Mais ils sont de plus en plus difficilement conciliables avec les avanc\u00e9es du n\u00e9olib\u00e9ralisme qu\u2019ils connaissent eux aussi. Et un retour en arri\u00e8re n\u2019est pas possible. Enfin, c\u2019est me semble-t-il, faire preuve d\u2019une grande confusion que de pr\u00e9tendre que les dangers actuels de sortie de la d\u00e9mocratie sont li\u00e9s \u00e0 une tentative de sortie du capitalisme. Ce n\u2019est dans l\u2019intention ni de Trump, ni de Poutine, ni de Bolsonaro, ni de Modi, ni d\u2019Orban, ni de Le Pen\u2026<\/p>\n<h2>La voie de la Finlande ?<\/h2>\n<p>Est-il possible de d\u00e9passer la croissance (et non de r\u00e9gresser par rapport \u00e0 elle) pour construire une soci\u00e9t\u00e9 de bien \u00eatre sans d\u00e9passer, en m\u00eame temps, le capitalisme ? Les pr\u00e9conisations d\u2019Eloi Laurent n\u2019en fournissent pas la d\u00e9monstration. Leur axe principal consiste \u00e0 modifier les indicateurs servant de base \u00e0 la d\u00e9termination des politiques budg\u00e9taires. Au niveau europ\u00e9en, la coordination des politiques \u00e9conomiques et budg\u00e9taires (ce qu\u2019on appelle dans le jargon bruxellois \u00ab le semestre europ\u00e9en \u00bb) est aujourd\u2019hui domin\u00e9 par l\u2019enjeu de la discipline budg\u00e9taire toute enti\u00e8re cal\u00e9e sur des calculs en pourcentage du PIB. Il faudrait, dit Eloi Laurent, y substituer <em>\u00ab un d\u00e9bat \u00e0 Bruxelles, comme dans tous les parlements des Etats membres, nourri par les indicateurs de bien-\u00eatre et de soutenabilit\u00e9 et orient\u00e9 par les valeurs europ\u00e9ennes et les priorit\u00e9s nationales \u00bb<\/em>. Au niveau national justement, l\u00e0 aussi il faudrait cesser de focaliser la d\u00e9termination du projet de loi de finances et la loi de financement de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, sur le taux de croissance du PIB. Selon Eloi Laurent, la Finlande montre la voie. Elle int\u00e8gre les objectifs de bien \u00eatre (une Finlande non discriminatoire, \u00e9quitable et \u00e9duqu\u00e9e) et de soutenabilit\u00e9 (une Finlande neutre en carbone et sobre en ressources naturelles) dans la d\u00e9termination des choix publics et oblige tous les minist\u00e8res \u00e0 justifier leurs d\u00e9penses au regard de ce crit\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais les enjeux d\u2019une transition vers une \u00e9conomie et une soci\u00e9t\u00e9 de bien-\u00eatre et de soutenabilit\u00e9 ne se situent pas seulement au niveau des politiques budg\u00e9taires publiques. Or, Eloi Laurent ne traite pas du tout de la finance. Et son trop court chapitre \u00ab Agir dans les entreprises \u00bb ne dit rien de la domination de leur gestion par le profit et la rentabilit\u00e9. Il ressemble plut\u00f4t \u00e0 un constat d\u2019impuissance qu\u2019\u00e0 une v\u00e9ritable proposition d\u2019actions pour qu\u2019elles agissent pour le bien-\u00eatre et la soutenabilit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/bernard-marx\"><strong>Bernard Marx<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11819 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/marx-14-3dd.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/marx-14-3dd-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"marx-14.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9couvrez vite l\u2019\u00e9pisode 4 des \u00ab choses lues par Monsieur Marx \u00bb, deuxi\u00e8me saison ! 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