{"id":11724,"date":"2019-07-22T09:55:00","date_gmt":"2019-07-22T07:55:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-populisme-de-gauche-un-avenir-bouche\/"},"modified":"2019-07-22T09:55:00","modified_gmt":"2019-07-22T07:55:00","slug":"article-populisme-de-gauche-un-avenir-bouche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11724","title":{"rendered":"Populisme de gauche : un avenir bouch\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">A gauche, depuis les \u00e9lections europ\u00e9ennes, le d\u00e9bat est bel et bien lanc\u00e9. Loin de l&#8217;opposition caricaturale \u00ab union de la gauche VS populisme de gauche \u00bb, Pierre Khalfa, membre de la Fondation Copernic, r\u00e9pond \u00e0 Glidas Le Dem.<\/p>\n<p>Dans un texte publi\u00e9 dans <em>Regards<\/em> \u2013 <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees\/article\/populisme-de-gauche-le-risque-d-un-avenir\">Populisme de gauche : prendre le risque d\u2019un avenir<\/a> \u2013, Gildas Le Dem revient sur la pens\u00e9e d\u2019Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe en s\u2019insurgeant contre certaines critiques qui la travestissent et la d\u00e9forment. S\u2019il pointe \u00e0 juste titre la pertinence de certaines analyses de Laclau et Mouffe, il tombe lui-m\u00eame dans le d\u00e9faut qu\u2019il d\u00e9nonce en laissant de c\u00f4t\u00e9 les aspects les plus discutables de leur pens\u00e9e. Il s\u2019interdit donc d\u2019en comprendre la coh\u00e9rence globale et d\u2019en souligner un certain nombre d\u2019apories.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/garrido-jadot-le-populisme-contre-la-gauche\">Garrido &#8211; Jadot : le populisme contre la gauche<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous concentrerons notre analyse sur trois points principaux en partant non pas de l\u2019ouvrage <em>H\u00e9g\u00e9monie et strat\u00e9gie socialiste<\/em>, dans lequel Laclau et Mouffe ne d\u00e9fendent pas une strat\u00e9gie populiste, mais de leurs ouvrages ult\u00e9rieurs en particulier : <em>La raison populiste<\/em> de Laclau et <em>Pour un populisme de gauche<\/em> de Mouffe.<\/p>\n<h2>Sujet unique ou multiplicit\u00e9 des acteurs sociaux ?<\/h2>\n<p>Laclau se veut en rupture avec ce qu\u2019il nomme <em>\u00ab l\u2019essentialisme marxiste \u00bb<\/em>. Pour lui, il faut <em>\u00ab concevoir le &#8220;peuple&#8221; comme une cat\u00e9gorie politique non comme un donn\u00e9 de la structure sociale \u00bb<\/em>. Il n\u2019y a pas, en effet, de fondements objectifs qui permettent de d\u00e9finir l\u2019acteur historique, le sujet de la transformation sociale, celui-ci est le r\u00e9sultat d\u2019un processus politique. Laclau rompt donc, \u00e0 juste titre,avec l\u2019id\u00e9e d\u2019un sujet de l\u2019action collective constitu\u00e9 <em>a priori<\/em>, issu objectivement de la structure sociale. <\/p>\n<p>Ainsi, nous dit-il dans <em>La raison populiste<\/em> : <em>\u00ab Il n\u2019y pas de raison pour que les combats ayant lieu dans les rapports de production doivent \u00eatre les points privil\u00e9gi\u00e9s d\u2019une lutte anticapitaliste globale. Un capitalisme mondialis\u00e9 cr\u00e9e une multitude de points de rupture et d\u2019antagonisme \u2013 crises \u00e9cologiques, d\u00e9s\u00e9quilibres entre diff\u00e9rents secteurs de l\u2019\u00e9conomie, ch\u00f4mage de masse, etc. \u2013 et seule une surd\u00e9termination de cette pluralit\u00e9 antagonique peut cr\u00e9er des sujets (les italiques sont de nous) anticapitalistes globaux capables de mener \u00e0 bien un combat digne de ce nom. Comme le montre l\u2019exp\u00e9rience historique, il est impossible de d\u00e9terminer a priori quels seront les acteurs (les italiques sont de nous) h\u00e9g\u00e9moniques dans ce combat. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Comme le rappelle Gildas Le Dem, les agents sociaux s\u2019inscrivent <em>\u00ab dans d\u2019autres espaces que ceux des rapports de production \u00bb<\/em>. Encore faut-il tirer toutes les cons\u00e9quences de cette affirmation et c\u2019est l\u00e0 que les probl\u00e8mes commencent. Dans le passage pr\u00e9cit\u00e9 de Laclau, on l\u2019aura remarqu\u00e9, \u00ab acteurs \u00bb et \u00ab sujets \u00bb sont \u00e0 juste titre au pluriel. Mais, par ailleurs, tout le propos de Laclau vise au contraire \u00e0 construire un sujet unique <em>\u00ab le peuple \u00bb<\/em>. Il part pour cela de l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des demandes sociales insatisfaites pour arriver \u00e0 la formation d\u2019une <em>\u00ab cha\u00eene d\u2019\u00e9quivalence \u00bb<\/em> rendue possible par la domination d\u2019une demande sociale particuli\u00e8re qui prendrait un caract\u00e8re universel : <em>\u00ab Une demande d\u00e9termin\u00e9e, qui \u00e9tait peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019origine une demande parmi d\u2019autres, acquiert \u00e0 un certain moment une importance inattendue et devient le nom de quelque chose qui l\u2019exc\u00e8de \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 une contradiction dans la pens\u00e9e de Laclau. Soit il existe une pluralit\u00e9 de dominations qui construit des identit\u00e9s multiples et comme l\u2019\u00e9crit Gildas Le Dem des agents sociaux eux-m\u00eames divis\u00e9s. On ne peut alors r\u00e9duire les antagonismes dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 une seule contradiction qui surd\u00e9terminerait toutes les autres, que ce soit l\u2019opposition capital\/travail, peuple\/oligarchie, femmes\/hommes, blancs racis\u00e9s, etc. Dans ce cas la question strat\u00e9gique est de savoir comment articuler des mouvements sp\u00e9cifiques se situant sur des diff\u00e9rents terrains avec leurs propres objectifs et comment construire un projet d\u2019\u00e9mancipation qui tienne compte de la multiplicit\u00e9 crois\u00e9e des oppressions ? Soit au contraire, comme Laclau, on essaye de retrouver sous le nom de \u00ab peuple \u00bb le sujet universel unique avec la centralit\u00e9 d\u2019une oppression particuli\u00e8re, niant ainsi, de fait, la pluralit\u00e9 des oppressions et leur non hi\u00e9rarchisation.<\/p>\n<p>Dans <em>Pour un populisme de gauche<\/em>, Mouffe est bien oblig\u00e9e de reconna\u00eetre d\u2019ailleurs ce probl\u00e8me. Elle admet ainsi que cette d\u00e9marche, <em>\u00ab en rassemblant les demandes d\u00e9mocratiques pour cr\u00e9er un &#8220;peuple&#8221;, produirait un sujet homog\u00e8ne qui nie la pluralit\u00e9 \u00bb<\/em>. Elle en conclut simplement par une d\u00e9claration de bonnes intentions : <em>\u00ab Cela devrait \u00eatre \u00e9vit\u00e9 pour que la sp\u00e9cificit\u00e9 des diff\u00e9rentes luttes ne soit pas gomm\u00e9e \u00bb<\/em>. Un peu court\u2026<\/p>\n<h2>La clef de voute : le r\u00f4le du chef<\/h2>\n<p>Dans la position de Laclau, reste \u00e0 expliquer comment se forme cette demande sociale qui exc\u00e8de toute les autres. Il faut, nous dit Laclau, <em>\u00ab l\u2019identification de tous les maillons de la cha\u00eene populaire \u00e0 un principe d\u2019identit\u00e9 qui permette la cristallisation de toutes les demandes diff\u00e9rentes autour d\u2019un d\u00e9nominateur commun \u2013 lequel exige, \u00e9videmment, une expression symbolique positive \u00bb<\/em>. Quel est ce d\u00e9nominateur commun et cette expression symbolique positive ? La r\u00e9ponse de Laclau est sans la moindre ambigu\u00eft\u00e9. C\u2019est l\u2019existence du leader qui permet de r\u00e9soudre ce probl\u00e8me. Le populisme se distingue d\u2019autres processus politiques par un rapport direct entre une personnalit\u00e9 se voulant charismatique et le peuple, ou plus exactement le peuple s\u2019incarne dans le leader.<\/p>\n<p>Contrairement au populisme de droite qui n\u2019a pas ce genre de pudeur, les partisans du populisme de gauche \u00e9vitent g\u00e9n\u00e9ralement de traiter cette question et Gildas Le Dem ne fait pas exception. Il n\u2019en dit pas un mot. Laclau est un des rares \u00e0 le faire sans d\u00e9tour. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 indiquer explicitement que, pour lui, <em>\u00ab l\u2019absence de meneur \u00bb<\/em> \u00e9quivaut \u00e0 <em>\u00ab la dissolution du politique \u00bb<\/em>. L\u2019existence d\u2019un chef est ici la condition m\u00eame de possibilit\u00e9 du politique, <em>\u00ab la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un meneur existe toujours \u00bb<\/em>, nous dit-il. En rapport avec le politique, l\u2019existence d\u2019un leader est \u00e9lev\u00e9e ici en n\u00e9cessit\u00e9 ontologique et rendue politiquement indispensable car <em>\u00ab la logique \u00e9quivalentielle conduit \u00e0 la singularit\u00e9, et la singularit\u00e9 \u00e0 l\u2019identification de l\u2019unit\u00e9 du groupe au nom du leader \u00bb<\/em>. Ainsi, pour Laclau, la construction m\u00eame d\u2019une cha\u00eene d\u2019\u00e9quivalence, c\u2019est-\u00e0-dire pour lui le \u00ab peuple \u00bb, aboutit \u00e0 l\u2019incarnation dans un leader. Pire, pour lui <em>\u00ab l\u2019amour pour le leader est une condition centrale de consolidation du lien social \u00bb<\/em>. Le leader charismatique est ainsi la clef de vo\u00fbte de sa construction th\u00e9orique. Laclau aboutit ainsi au vieux clich\u00e9 r\u00e9actionnaire de l\u2019homme providentiel (historiquement, c\u2019est le plus souvent un homme). Le populisme, m\u00eame de gauche, risque donc fort de n\u2019\u00eatre qu\u2019un autoritarisme.<\/p>\n<p>Mouffe, qui n\u2019en parlait pas dans <em>L\u2019illusion du consensus<\/em>, est oblig\u00e9e dans son dernier ouvrage d\u2019aborder, sans s\u2019y \u00e9tendre, cette question. Il est d\u2019abord significatif qu\u2019elle ne reprenne aucune des formulations de Laclau sur l\u2019existence d\u2019un chef comme condition du politique. De plus, alors que Laclau insistait sur <em>\u00ab l\u2019identification de tous les maillons de la cha\u00eene populaire \u00e0 un principe d\u2019identit\u00e9 \u00bb<\/em> comme n\u00e9cessit\u00e9 pour former une cha\u00eene d\u2019\u00e9quivalence, elle pr\u00e9f\u00e8re parler de <em>\u00ab demande d\u00e9mocratique sp\u00e9cifique devenue le symbole du combat commun \u00bb<\/em> et admet qu\u2019un tel symbole pourrait \u00e9ventuellement remplacer la figure d\u2019un leader. <\/p>\n<p>Cependant, elle continue de placer <em>\u00ab les liens affectifs qui unissent un peuple \u00e0 un chef charismatique \u00bb<\/em> comme un moyen privil\u00e9gi\u00e9 de cr\u00e9er une volont\u00e9 collective, pr\u00e9sentant alors le leader comme un <em>primus inter pares<\/em> (premier parmi les \u00e9gaux) et essayant de distinguer un leadership fort de l\u2019autoritarisme. Il serait facile d\u2019ironiser sur cette derni\u00e8re distinction dont Emmanuel Macron fait son quotidien\u2026 Si elle essaie donc de d\u00e9samorcer les critiques qu\u2019ont entra\u00een\u00e9es les formulations de Laclau et certaines pratiques politiques se r\u00e9clamant du populisme, on voit toujours mal comment la valorisation et le mythe du leader pourraient s\u2019accommoder d\u2019une perspective \u00e9mancipatrice. Dans cette conception, la participation populaire et la d\u00e9mocratie radicale que Mouffe appelle de ses v\u0153ux, prennent au mieux une forme pl\u00e9biscitaire o\u00f9 les citoyens ont plus ou moins r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 approuver les d\u00e9cisions prises en haut. Il n\u2019y a d\u2019ailleurs pas d\u2019exemple historique o\u00f9 des exp\u00e9riences politiques de ce type se soient bien termin\u00e9es.<\/p>\n<h2>Bons et mauvais affects, la question de l\u2019extr\u00eame droite<\/h2>\n<p>Dans une longue note, Gildas Le Dem \u00e9voque la question des affects en politique, s\u2019en prenant \u00e0 Eric Fassin qui avait d\u00e9nonc\u00e9 dans le populisme une politique bas\u00e9e sur le ressentiment. La question des affects en politique est un vieux d\u00e9bat. Gildas Le Dema raison de rappeler que Spinoza plaidait pour transformer <em>\u00ab les passions populaires les plus r\u00e9actives [\u2026] dans le sens et au moyen de passions actives et affirmatives \u00bb<\/em>. Contre Diderot, qui dans l\u2019article \u00ab Droit naturel \u00bb de l\u2019Encyclop\u00e9die affirmait que <em>\u00ab le silence des passions \u00bb<\/em> est la condition pour que la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale voie le jour, Rousseau d\u00e9veloppait d\u2019ailleurs dans le <em>Contrat social<\/em> le lien n\u00e9cessaire entre le d\u00e9veloppement de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et les passions et affects correspondants. <\/p>\n<p>Chantal Mouffe a donc raison de pointer le r\u00f4le des affects en politique. Mais se contente-elle, comme l\u2019affirme Gildas Le Dem, de vouloir <em>\u00ab combattre des affects par d\u2019autres affects \u00bb<\/em> ? Si tel \u00e9tait le cas il n\u2019y aurait pas de probl\u00e8me. On peut cependant avoir une autre lecture de ses positions au regard de ce qu\u2019elle \u00e9crit sur l\u2019extr\u00eame droite, question que n\u2019aborde pas Gildas Le Dem. Elle n\u2019emploie d\u2019ailleurs jamais pour ces formations politiques le terme \u00ab extr\u00eame droite \u00bb, terme qu\u2019elle critique vertement, mais celui de \u00ab populiste de droite \u00bb. Mais l\u00e0 n\u2019est pas le plus grave.<\/p>\n<p>Prisonni\u00e8re de sa conception de la politique comme cr\u00e9ation d\u2019une fronti\u00e8re entre le \u00ab eux \u00bb et le \u00ab nous \u00bb, et constatant que c\u2019est aussi la d\u00e9marche de l\u2019extr\u00eame droite, elle reprend l\u2019id\u00e9e que face au n\u00e9olib\u00e9ralisme, \u00ab populisme de droite \u00bb et \u00ab populisme de gauche \u00bb m\u00e8neraient ainsi, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, un combat contre le \u00ab syst\u00e8me \u00bb. Elle en vient ainsi \u00e0 \u00e9crire <em>\u00ab que la plupart des demandes exprim\u00e9es par les partis populistes de droite sont des demandes d\u00e9mocratiques auxquelles devrait \u00eatre apport\u00e9e une r\u00e9ponse progressiste \u00bb<\/em>. Pour justifier sa position, Mouffe indique que <em>\u00ab ces revendications \u00e9manent de groupes qui sont les principaux perdants de la mondialisation n\u00e9olib\u00e9rale [\u2026] Une approche populiste de gauche devrait tenter de proposer un vocabulaire diff\u00e9rent afin d\u2019orienter ces demandes vers des objectifs \u00e9galitaires [\u2026] leur sentiment d\u2019exclusion et leur d\u00e9sir de reconnaissance d\u00e9mocratique, exprim\u00e9s auparavant dans un langage x\u00e9nophobe, (peuvent) se traduire dans un autre vocabulaire et \u00eatre dirig\u00e9s vers un autre adversaire. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Il est vrai qu\u2019une partie de l\u2019\u00e9lectorat de l\u2019extr\u00eame droite est constitu\u00e9e de victimes des politiques n\u00e9olib\u00e9rales. Mais Mouffe ne semble pas voir que, pour cet \u00e9lectorat, les questions sociales sont vues \u00e0 travers un prisme x\u00e9nophobe et raciste surd\u00e9terminant une vision qui mobilise des affects puissants o\u00f9 les passions mobilis\u00e9es renvoient surtout \u00e0 la haine de l\u2019autre. Tout se passe comme si elle consid\u00e9rait les affects li\u00e9s au racisme et \u00e0 la x\u00e9nophobie comme une simple couche superficielle car les individus touch\u00e9s sont celles et ceux qui sont \u00e9cras\u00e9s par le capitalisme financiaris\u00e9. Elle tombe l\u00e0 dans un \u00e9conomisme rationaliste, alors m\u00eame qu\u2019elle affirme par ailleurs tr\u00e8s justement que <em>\u00ab les identit\u00e9s politiques ne sont pas l\u2019expression directe de positions objectives au sein de l\u2019ordre social \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ces affects mortif\u00e8res pourraient donc \u00eatre \u00e9radiqu\u00e9s simplement en changeant de vocabulaire. Est-ce vraiment si simple ? Elle ne nous dit d\u2019ailleurs rien de ce que devrait \u00eatre ce nouveau vocabulaire. S\u2019agit-il de faire des concessions \u00e0 la x\u00e9nophobie en reprenant \u00e0 son compte certains propos sur les migrants comme certains \u00e0 gauche sont tent\u00e9s de le faire? Gagner des \u00e9lecteurs aujourd\u2019hui acquis \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite suppose d\u2019abord de rester ferme dans le combat et l\u2019argumentation contre le racisme et la x\u00e9nophobie. Toute concession sur ce terrain ne peut que les renforcer dans leurs convictions et cr\u00e9dibiliser encore plus les formations politiques qui en ont fait leur doctrine.<\/p>\n<p>Si on ne fait pas de politique sans passions, encore faut-il voir que toutes n\u2019aboutissent pas au m\u00eame r\u00e9sultat. Un affect domin\u00e9 par le ressentiment peut vite se transformer en ranc\u0153ur haineuse \u00e0 la recherche de boucs \u00e9missaires et non en une esp\u00e9rance permettant de se projeter dans l\u2019avenir avec l\u2019espoir d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9sirable.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/pierre-khalfa\"><strong>Pierre Khalfa<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A gauche, depuis les \u00e9lections europ\u00e9ennes, le d\u00e9bat est bel et bien lanc\u00e9. 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