{"id":11715,"date":"2019-07-13T09:00:00","date_gmt":"2019-07-13T07:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-avignon-paris-vendu-de-danielle-simonnet-la-politique-pour-interroger-le\/"},"modified":"2023-06-23T23:42:42","modified_gmt":"2023-06-23T21:42:42","slug":"article-avignon-paris-vendu-de-danielle-simonnet-la-politique-pour-interroger-le","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11715","title":{"rendered":"\u00ab Paris vendu \u00bb de Danielle Simonnet : la politique pour interroger le th\u00e9\u00e2tre"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le Festival d\u2019Avignon, c\u2019est un festival de th\u00e9\u00e2tre. Mais pas que. Du 4 au 28 juillet, on y pense, on y danse, on y joue, on y crie, on y d\u00e9bat. Mais pour quoi faire ? Pablo Pillaud-Vivien est all\u00e9 voir \u00ab Paris vendu \u00bb, une conf\u00e9rence gesticul\u00e9e de Danielle Simonnet au th\u00e9\u00e2tre du Vieux Balancier.<\/p>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre comme instrument de l\u2019\u00e9ducation populaire, comme vecteur de la politique, comme outil de campagne \u00e9lectorale : c\u2019est une bonne ou une mauvaise id\u00e9e ? Le th\u00e9\u00e2tre, dans ces cas-l\u00e0, ne serait qu\u2019une forme, un m\u00e9dium pour convaincre et persuader, un truchement pour faire passer ses id\u00e9es, un moyen, assez litt\u00e9ral d\u2019ailleurs, de mener la bataille pour l\u2019h\u00e9g\u00e9monie culturelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/culture\/article\/a-quoi-sert-le-theatre-chroniques-du-festival-d-avignon\">\u00ab Architecture \u00bb de Pascal Rambert : les esth\u00e8tes regardent le monde p\u00e9rir<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Danielle Simonnet, conseill\u00e8re de Paris et membre de la France insoumise, a donn\u00e9 une conf\u00e9rence gesticul\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre du Vieux Balancier. Une performance pour une seule date, au sortir de quatre jours de Conseil de Paris, et avant la campagne pour les \u00e9lections municipales en mars prochain. Trois ingr\u00e9dients pour ce spectacle : un r\u00e9cit personnel nourri d\u2019anecdotes autobiographiques, un commentaire politique analys\u00e9 de diff\u00e9rents probl\u00e8mes abord\u00e9s et des arguments d\u2019autorit\u00e9, c&#8217;est-\u00e0-dire des apports universitaires sous la forme de citations expliqu\u00e9es.<\/p>\n<h2>La politique pour interroger le th\u00e9\u00e2tre<\/h2>\n<p>On a franchement l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 un meeting, mais en plus sympa et en plus intime.  Tous les points de bataille \u2013 ou presque \u2013 de Danielle Simonnet sont abord\u00e9s ; c\u2019est presque un bilan de l\u2019\u00e9lue, \u00e0 quelques mois de la fin du mandat, avec des projections dans les conflits \u00e0 venir. C\u2019est dense, \u00e7a part un peu dans tous les sens mais honn\u00eatement, m\u00eame si parfois elle oublie son texte, c\u2019est assez passionnant. Car quelque chose de rare se passe : la connivence de la com\u00e9dienne avec la salle, de par son statut d\u2019\u00e9lue et de militante, rend la coh\u00e9sion \u00e9lectrique : on rit ensemble (et pour de vrai), on stresse ensemble quand elle a perdu un accessoire (et elle ne fait pas semblant, ni semblant de faire semblant), on \u00e9coute ensemble le musicien Patrick Chamblas qui est venu nous chanter \u00ab Le vent se l\u00e8ve \u00bb (et Danielle l\u2019\u00e9coute aussi, pour de vrai !).<\/p>\n<p>Penser que le th\u00e9\u00e2tre est un outil pour Danielle Simonnet,  est une \u00e9vidence. Mais penser que la performance de Danielle Simonnet puisse interroger le th\u00e9\u00e2tre est plus int\u00e9ressant : dans son d\u00e9nuement, dans son rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de son engagement, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de son \u00ab je \u00bb, \u00e0 la n\u00e9cessaire authenticit\u00e9 de ses propositions politiques, elle surpasse imm\u00e9diatement toutes les propositions plus savantes, plus \u00e9labor\u00e9es, plus ancr\u00e9es dans l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre ou de l\u2019art, parce qu\u2019elles appara\u00eetront n\u00e9cessairement comme compl\u00e8tement fausses, mensong\u00e8res et finalement totalement vaines.<\/p>\n<p>Mais qu\u2019en retire-t-on ? On en retient que Danielle Simonnet fait de la politique au plus pr\u00e8s des gens : les batailles qu\u2019elle m\u00e8ne, c\u2019est des rencontres qu\u2019elle a faites parce qu\u2019elle a bien voulu \u00e9couter tel grand-p\u00e8re Ibrahim qui vivait dans un logement social insalubre, telle Marie-Th\u00e9r\u00e8se, habitante du 20\u00e8 arrondissement qui se battait contre le terrain de sports de M\u00e9nilmontant, telle Maryse qui se scandalisait du doublement de la production de b\u00e9ton de l\u2019usine Lafarge aux portes de Paris ou telle Chlo\u00e9 qui luttait contre la suppression des colonies de vacances de la Mairie de Paris. <\/p>\n<h2>Un th\u00e9\u00e2tre des solutions<\/h2>\n<p>Parler \u00e0 celles  et \u00e0 ceux qui luttent, qui sont domin\u00e9s, qui n\u2019y arrivent plus, et \u00e9couter leurs r\u00e9cits surtout, \u00e7a permet de cr\u00e9er son r\u00e9cit politique \u00e0 soi. Le tout est de r\u00e9ussir \u00e0 envoyer se faire foutre, comme Danielle Simonnet le fait si bien, les conventions historiques qui font que lorsque Jean-Luc M, Emmanuel M ou Marine LP montent sur une sc\u00e8ne, les critiques de th\u00e9\u00e2tre ne s\u2019y pr\u00e9cipitent pas et on ne fait que les juger \u00e0 l\u2019aune des codes propres \u00e0 leur champ. <\/p>\n<p>Et les journalistes et autres commentateurs politiques, qu\u2019attendent-ils pour envahir les salles de th\u00e9\u00e2tre et porter leur regard sur les \u0153uvres qui leur sont propos\u00e9es ? Danielle Simonnet et sa conf\u00e9rence gesticul\u00e9e jouent de cette fronti\u00e8re-l\u00e0. Tellement rare dans l\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral de poser les questions, dresser des diagnostics et surtout d\u2019apporter des r\u00e9ponses et des propositions. <\/p>\n<p>Peut-\u00eatre ne faut-il plus se contenter de dire, de crier ou de danser que le monde va mal. Il faut dire, crier et danser : <em>\u00ab voici pourquoi le monde va mal alors allons par l\u00e0 \u00bb<\/em>. C\u2019est l\u00e0 que r\u00e9side le projet de Danielle Simonnet au travers sa conf\u00e9rence gesticul\u00e9e. On peut ne pas \u00eatre d\u2019accord sur le fond, bien s\u00fbr, arguer que dessiner une fronti\u00e8re infranchissable entre les bourgeois et les autres, c\u2019est contre-productif ; on peut ne pas \u00eatre d\u2019accord que se moquer, m\u00eame doucereusement, de la musique savante ou de l\u2019art contemporain, c\u2019est trop facile  ou encore que le mot  <em>gauche<\/em> n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 de tout le spectacle\u2026 Mais ce sont l\u00e0 de bien faibles critiques au regard de l\u2019ambition du spectacle qui vaut toute notre admiration : replacer le th\u00e9\u00e2tre au centre de la politique et la politique au centre du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/pablo-pillaud-vivien-2445\"><strong>Pablo Pillaud-Vivien<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11715 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/avignon-487.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/avignon-487-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"avignon.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Festival d\u2019Avignon, c\u2019est un festival de th\u00e9\u00e2tre. Mais pas que. Du 4 au 28 juillet, on y pense, on y danse, on y joue, on y crie, on y d\u00e9bat. Mais pour quoi faire ? 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