{"id":11673,"date":"2019-06-12T14:07:00","date_gmt":"2019-06-12T12:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-en-grece-l-onde-de-choc-des-elections-europeennes\/"},"modified":"2023-06-23T23:41:50","modified_gmt":"2023-06-23T21:41:50","slug":"article-en-grece-l-onde-de-choc-des-elections-europeennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11673","title":{"rendered":"En Gr\u00e8ce, l&#8217;onde de choc des \u00e9lections europ\u00e9ennes"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En Gr\u00e8ce, le parti Syriza a subi une d\u00e9faite importante aux \u00e9lections municipales, r\u00e9gionales et europ\u00e9ennes qui viennent de se tenir. Le Premier ministre a d\u00e9clench\u00e9 des \u00e9lections l\u00e9gislatives anticip\u00e9es.<\/p>\n<p><em>\u00ab Je demande la dissolution du parlement et la tenue d&#8217;\u00e9lections nationales. \u00bb<\/em> Ces mots, le Premier ministre grec Alexis Tsipras les a prononc\u00e9s le lundi 10 juin dans le Palais du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique hell\u00e9nique Prokopis Pavlopoulos. Le pr\u00e9sident a accept\u00e9 la demande. Puis, Alexis Tsipras est ressorti. Quelques minutes plus tard, il \u00e9tait au Palais de la musique pour le premier meeting de campagne de Syriza, son parti. Pourtant, depuis le d\u00e9but de l&#8217;ann\u00e9e, des proches de l&#8217;ex\u00e9cutif r\u00e9p\u00e9taient en boucle que le gouvernement irait au terme de son mandat et que les \u00e9lections l\u00e9gislatives se tiendraient en octobre. Les r\u00e9sultats du 26 mai ont chang\u00e9 la donne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/monde\/article\/alexis-tsipras-coup-de-poker-ou-repositionnement-politique\">Alexis Tsipras, coup de poker ou repositionnement politique ?<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, le scrutin \u2013 le premier depuis les l\u00e9gislatives de septembre 2015 \u2013 avait des allures d&#8217;\u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales. Les Grecs devaient voter pour les europ\u00e9ennes ainsi qu&#8217;aux premiers tours des municipales et des r\u00e9gionales. Les trois scrutins se sont sold\u00e9s par une sanction contre Syriza au profit de son principal parti d&#8217;opposition, Nouvelle D\u00e9mocratie (ND), la droite conservatrice. Aux europ\u00e9ennes, ND a r\u00e9colt\u00e9 33,12% des suffrages exprim\u00e9s contre 23,76% pour Syriza. Aux r\u00e9gionales, Syriza a tout perdu, except\u00e9 la Cr\u00eate gr\u00e2ce \u00e0 une alliance avec le Pasok. Quant \u00e0 la capitale Ath\u00e8nes et la deuxi\u00e8me plus grande ville Thessalonique, elles passent dans les mains de la droite.<\/p>\n<h2>Sanction sans appel<\/h2>\n<p>Elle a plusieurs causes. Tout d&#8217;abord, une part de la population grecque n&#8217;a pas accept\u00e9 la signature de <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/monde\/article\/alexis-tsipras-coup-de-poker-ou-repositionnement-politique\">l&#8217;accord de Prespes qui apporte une solution au conflit gel\u00e9 avec la \u00ab R\u00e9publique de la Mac\u00e9doine du Nord \u00bb<\/a>. D&#8217;ailleurs, la diff\u00e9rence entre ND et Syriza est particuli\u00e8rement importante dans le nord du pays, \u00e0 la fronti\u00e8re avec Skopje \u2013 nom de la capitale du voisin. En Attique, Syriza est port\u00e9 responsable de la mauvaise gestion des incendies qui ont ravag\u00e9 la c\u00f4te nord et ouest de l&#8217;Attique \u00e0 l&#8217;\u00e9t\u00e9 2018. La gauche grecque perd cette r\u00e9gion symbolique remport\u00e9e en mai 2014. Cette victoire annon\u00e7ait que Syriza avait le vent en poupe \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle nationale. Mais le vent a tourn\u00e9.<\/p>\n<p>A l&#8217;\u00e9poque, Syriza faisait campagne contre l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 et proclamait la sortie des \u00ab m\u00e9morandums \u00bb, les accords de pr\u00eats de l&#8217;UE, de la BCE et du FMI, en \u00e9change de l&#8217;application de r\u00e9formes comme des privatisations, des hausses de taxes, la casse des conventions collectives&#8230; Mais apr\u00e8s son \u00e9lection en janvier 2015, Alexis Tsipras et son \u00e9quipe \u00e9chouent \u00e0 changer le cours d&#8217;une Union europ\u00e9enne majoritairement \u00e0 droite. \u00c0 l&#8217;\u00e9t\u00e9 2015, ils sont contraints de signer \u00e0 leur tour un troisi\u00e8me m\u00e9morandum ; Syriza se divise. Alexis Tsipras et son \u00e9quipe veulent utiliser les faibles marges de man\u0153uvre laiss\u00e9es par le m\u00e9morandum pour \u00ab prot\u00e9ger \u00bb les plus d\u00e9favoris\u00e9s.<\/p>\n<p><em>\u00ab Malgr\u00e9 les m\u00e9morandums, nous n&#8217;avons pas suivi une voie n\u00e9olib\u00e9rale et nous avons m\u00eame fait annuler des demandes irrationnelles, comme un passage \u00e0 un syst\u00e8me priv\u00e9 d&#8217;assurance-ch\u00f4mage ou une \u00e9ni\u00e8me baisse des retraites qu&#8217;exigeait le FMI<\/em>, explique Giorgos Katrougalos, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. <em>Mais il est vrai que nous n&#8217;avons pu appliquer notre propre politique de gauche qu&#8217;\u00e0 partir de fin ao\u00fbt 2018, apr\u00e8s la sortie du m\u00e9morandum. \u00bb<\/em><\/p>\n<h2>Syriza, \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve de la d\u00e9faite<\/h2>\n<p>Le taux de ch\u00f4mage, qui a atteint un pic de 27,9% en 2013, s&#8217;\u00e9l\u00e8ve d\u00e9sormais \u00e0 18,1%. Mais les salaires restent faibles. Le salaire moyen brut a chut\u00e9 de 1443 euros en d\u00e9cembre 2009 \u00e0 1165 euros bruts en d\u00e9cembre 2018, selon une source proche du gouvernement. Pendant la m\u00eame p\u00e9riode, le salaire moyen \u00e0 temps partiel est pass\u00e9 de 507 euros \u00e0 391 euros bruts. Le seuil de pauvret\u00e9 s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 382 euros. Pour tenter de sortir de la spirale de la paup\u00e9risation, le gouvernement a r\u00e9tabli, avec les partenaires sociaux, des conventions collectives dans diff\u00e9rents secteurs, supprim\u00e9 le \u00ab Smic jeune \u00bb pour les moins de 25 ans et augment\u00e9 le salaire minimum de 11 % pour tous (650 euros brut, contre 586 euros auparavant). En outre, la Gr\u00e8ce, dont la dette s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 180% du PIB, reste sous la surveillance renforc\u00e9e de ses cr\u00e9anciers et est contrainte de d\u00e9gager un exc\u00e9dent budg\u00e9taire d&#8217;au moins 3,5% de son PIB chaque ann\u00e9e pour \u00eatre en mesure de rembourser ses dettes. Elle est parvenue \u00e0 d\u00e9gager un exc\u00e9dent de 4,4% du PIB cette ann\u00e9e, contre 3,9% l&#8217;an dernier.<\/p>\n<p>Syriza lance sa campagne en promettant d&#8217;am\u00e9liorer le sort de la classe moyenne que le parti a \u00ab perdue \u00bb selon diff\u00e9rents observateurs. Dans les sondages, ND est toujours au moins 7 points devant le parti au gouvernement pour le vote du 7 juillet. L&#8217;enjeu pour Syriza est d\u00e9sormais d&#8217;avoir un groupe parlementaire le plus important possible, mais probablement dans l&#8217;opposition. Et que le parti Syriza \u2013 une construction relativement r\u00e9cente \u2013 reste soud\u00e9 face \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve de la d\u00e9faite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/fabien-perrier\"><strong>Fabien Perrier<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11673 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/befunky-collage_1_-26-d82-scaled.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/befunky-collage_1_-26-d82-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"befunky-collage_1_-26.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Gr\u00e8ce, le parti Syriza a subi une d\u00e9faite importante aux \u00e9lections municipales, r\u00e9gionales et europ\u00e9ennes qui viennent de se tenir. 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