{"id":11643,"date":"2019-05-27T17:29:00","date_gmt":"2019-05-27T15:29:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-apres-les-europeennes-la-crise-s-epaissit\/"},"modified":"2023-06-23T23:41:04","modified_gmt":"2023-06-23T21:41:04","slug":"article-apres-les-europeennes-la-crise-s-epaissit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11643","title":{"rendered":"Apr\u00e8s les europ\u00e9ennes, la crise s\u2019\u00e9paissit"},"content":{"rendered":"\n\n<p class=\"post_excerpt\">Les \u00e9lections sont pass\u00e9es, avec leurs certitudes et leurs surprises. L&#8217;extr\u00eame droite et LREM en t\u00eate, les autres loin derri\u00e8re. Surtout la gauche.<\/p>\n\nUne gauche toujours dans ses basses eaux, un Rassemblement national guilleret, un pouvoir qui colmate les br\u00e8ches non sans mal. Les Verts ont pris la main et les acteurs de l\u2019ex-Front de gauche sont dans les choux.\n\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/IMG\/pdf\/pdf1.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-27672\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/1-4-c32.png\" alt=\"1-4.png\" align=\"center\" width=\"718\" height=\"618\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/1-4-c32.png 718w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/1-4-c32-300x258.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 718px) 100vw, 718px\" \/><\/a>\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n\n\n<h2>L\u2019extr\u00eame droite, vent en poupe<\/h2>\n\nPendant de longs mois, La R\u00e9publique en marche (LREM) faisait la course en t\u00eate dans les sondages. Depuis quelques semaines, port\u00e9 par la vague \u00ab populiste \u00bb europ\u00e9enne, le Rassemblement national (RN) avait pris l\u2019ascendant sur le parti du Pr\u00e9sident. \u00c0 l\u2019arriv\u00e9e, il confirme qu\u2019il est devenu la premi\u00e8re force du pays. Si l\u2019on y ajoute les autres listes de la m\u00eame famille, l\u2019extr\u00eame droite fran\u00e7aise fr\u00f4le d\u00e9sormais les 30%.\n\nLe RN a surf\u00e9 sur le discr\u00e9dit de l\u2019\u00e9quipe au pouvoir, attis\u00e9 la fragilit\u00e9 que les gilets jaunes ont spectaculairement aggrav\u00e9e, jou\u00e9 sur le ressentiment des classes populaires. Le vote du 26 mai a confirm\u00e9 ce que l\u2019on sait depuis quelques ann\u00e9es et que les sondages annon\u00e7aient. Parmi ceux qui votent, un quart des employ\u00e9s, 40% des ouvriers, un tiers de ceux dont la formation est inf\u00e9rieure au bac, pr\u00e8s d\u2019un tiers des revenus les plus bas auraient choisi de voter pour la liste patronn\u00e9e par Marine Le Pen.\n\nForce est de constater que le RN a contribu\u00e9 \u00e0 la mobilisation civique plus large des cat\u00e9gories populaires. Sans doute la propension \u00e0 l\u2019abstention continue-t-elle de toucher davantage les classes dites subalternes et notamment les employ\u00e9s. Mais, cette fois, les \u00e9carts de participation \u00e9lectorale entre les cadres et les ouvriers a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit, comme si une part de ces groupes avait trouv\u00e9, dans le vote en faveur du RN, le moyen d\u2019exprimer sa col\u00e8re et son ressentiment, quand la gauche d\u2019autrefois les mobilisait autour de l\u2019esp\u00e9rance.\n\nLe vote en faveur de l\u2019extr\u00eame droite est en passe de devenir un vote stable, comme l\u2019\u00e9tait le vote communiste dans les trois premi\u00e8res d\u00e9cennies de l\u2019apr\u00e8s 1945. Il s\u2019agit d\u2019un vote fortement nationalis\u00e9, au-dessus de 30% dans 18 d\u00e9partements (presque 40% dans l\u2019Aisne), au-dessous de 20% dans 19 d\u00e9partements et au-dessous de 10% uniquement \u00e0 Paris et dans les Hauts-de-Seine. En m\u00eame temps, il s\u2019agit d\u2019un vote r\u00e9gionalis\u00e9, dont les points forts se situent dans le quart Nord et Est et sur le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, tandis que les zones relativement les plus r\u00e9fractaires sont sur les terres du grand Ouest.\n\nLe vote RN est celui qui mobilise le plus largement l\u2019\u00e9lectorat ant\u00e9rieur \u2013 en l\u2019occurrence celui d\u2019avril 2017 \u2013 et ceux qui se d\u00e9clarent proches de lui. C\u2019est l\u2019ensemble de ces traits qui expliquent que, au bout du compte, c\u2019est bien l\u2019extr\u00eame droite qui a profit\u00e9 conjoncturellement d\u2019une mobilisation des gilets jaunes qu\u2019elle ne contr\u00f4lait pourtant pas. Selon Ipsos, la moiti\u00e9 de ceux qui se <em>\u00ab sentent tr\u00e8s proches \u00bb<\/em> des gilets jaunes et plus de 40% de ceux qui se disent <em>\u00ab plut\u00f4t proches \u00bb<\/em> se sont port\u00e9s sur un vote en faveur de l\u2019extr\u00eame droite.\n\nSans doute, ce vote n\u2019est-il pas n\u00e9cessairement un vote d\u2019adh\u00e9sion aux propos et a fortiori aux valeurs du RN. Mais il ne faut pas sous-estimer l\u2019aspect structurant d\u2019un vote, surtout quand il se rattache \u00e0 un courant ou \u00e0 une formation capable de donner \u00e0 la col\u00e8re l\u2019aliment d\u2019un discours structur\u00e9, d\u2019un v\u00e9ritable r\u00e9cit charg\u00e9 de sens. Au fond, quand les cat\u00e9gories populaires ont commenc\u00e9, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70, \u00e0 se d\u00e9tourner du vote communiste, on pouvait penser qu\u2019ils pouvaient revenir \u00e0 leur vote ancien. De fait, cette possibilit\u00e9 est toujours r\u00e9elle, mais mieux vaut ne pas sous-estimer ce que cela impose de lucidit\u00e9 et de renouvellement, si l\u2019on veut \u00e9viter de laisser durablement la place de tribun \u00e0 des forces qui tournent le dos \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation.\n\n\n<h2>Une fois de plus, l\u2019\u00e9cologie<\/h2>\n\nApr\u00e8s 2017, la donne s\u2019annon\u00e7ait favorable \u00e0 une gauche de gauche requinqu\u00e9e. Le socialisme issu du congr\u00e8s d\u2019\u00c9pinay de 1971 \u00e9tait agonisant et le plateau de la balance revenu vers une gauche bien \u00e0 gauche. Or le scrutin d\u2019hier a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019au moins deux surprises : le total de la France insoumise et du PCF n\u2019est plus l\u2019axe de la gauche ; il est surpass\u00e9 par le total du PS-PP et de G\u00e9n\u00e9ration.s ; les \u00e9cologistes ont retrouv\u00e9, dans la toute derni\u00e8re ligne droite, jusque dans l\u2019isoloir, la dynamique qui porta la candidature Cohn-Bendit en 2009.\n\nNous avions fait l\u2019hypoth\u00e8se que le choix fait par Yannick Jadot de se d\u00e9tourner du clivage droite-gauche le p\u00e9naliserait. Ce n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas. Le total des mouvances plus ou moins \u00e9cologistes d\u00e9passe largement les 15%. Quant aux Verts eux-m\u00eames, ils ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9s \u00e0 la fois par l\u2019ampleur de la crise climatique, la vivacit\u00e9 des mobilisations, notamment de jeunes autour de enjeux \u00e9cologistes, la force des critiques anti-consum\u00e9ristes, la visibilit\u00e9 europ\u00e9enne de l\u2019\u00e9cologie politique\u2026 et l\u2019absence d\u2019entra\u00eenement produit par les autres listes de gauche.\n\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/europeennes-eelv-est-il-toujours-un-parti-de-gauche\">Europ\u00e9ennes : EELV en marche vers le centre<\/a><\/em>\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n\n<em>A priori<\/em>, le fait que l\u2019\u00e9cologie est devenue un passage oblig\u00e9 de la politique aurait pu desservir en le banalisant l\u2019engagement propre d\u2019un parti \u00e9cologiste \u00ab sp\u00e9cialis\u00e9 \u00bb. Manifestement, en l\u2019absence de cr\u00e9dibilit\u00e9 suffisante d\u2019un monde politique discr\u00e9dit\u00e9, la sp\u00e9cificit\u00e9 \u00ab verte \u00bb a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Conjoncturellement ou non ? Cela reste \u00e0 voir.\n\nQuant au PS, il est d\u00e9sormais au milieu du gu\u00e9. Il reste au-dessous de son score plus que m\u00e9diocre de juin 2017. Mais il le d\u00e9passe si l\u2019on additionne les voix de PS-PP et de G\u00e9n\u00e9ration.s. Et, face \u00e0 la menace d\u2019une disparition du socialisme fran\u00e7ais de l\u2019enceinte parlementaire europ\u00e9enne, le maintien <em>a minima<\/em> appara\u00eet comme une demi-victoire.\n\n\n<h2>La d\u00e9ception du PCF<\/h2>\nLe PC comptait beaucoup sur cette \u00e9lection. Le r\u00e9cent congr\u00e8s avait mis au centre de sa r\u00e9flexion l\u2019id\u00e9e que le PCF avait trop souffert de son absence aux consultation \u00e9lectorales les plus d\u00e9cisives. En d\u00e9cidant d\u2019aller jusqu\u2019au bout de la pr\u00e9sentation d\u2019une liste autonome, dirigeants et militants entendaient montrer que la visibilit\u00e9 \u00e9lectorale du parti et son potentiel militant pouvaient inverser la courbe du d\u00e9clin.\n\nIls savaient certes que la t\u00e2che serait difficile, mais l\u2019enjeu europ\u00e9en a fini par faire partie du fond culturel des communistes, qui pouvaient arguer d\u2019un regain europ\u00e9en de la gauche dite \u00ab radicale \u00bb, bien regroup\u00e9e dans le cadre de la Gauche unie europ\u00e9enne. Il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 par ailleurs que le choix de la t\u00eate de liste, l\u2019adjoint \u00e0 la maire de Paris, Ian Brossat, a plut\u00f4t \u00ab boost\u00e9 \u00bb la campagne communiste, au point de laisser esp\u00e9rer un miraculeux franchissement de la barre des 5% et, \u00e0 tout le moins, du seuil de remboursement des frais de campagne.\n\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/elections-europeennes-a-quoi-joue-le-pcf\">Elections europ\u00e9ennes : \u00e0 quoi joue le PCF ?<\/a><\/em>\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n\nOr l\u2019immense d\u00e9ception a \u00e9t\u00e9 au rendez-vous. Le PC, qui se r\u00e9clamait de 3,4% en juin 2017, parvient tout juste \u00e0 2,5% des suffrages exprim\u00e9s, devanc\u00e9 d\u2019un cheveu par la liste de Jean-Christophe Lagarde et talonn\u00e9 par\u2026 le Parti animaliste. Il ne d\u00e9passe les 5% qu\u2019en Seine-Saint-Denis (5,6%)et n\u2019est au-dessus de 3% que dans 24 d\u00e9partements. Il est en recul sur le pourtant m\u00e9diocre r\u00e9sultat de juin 2017 dans 45 d\u00e9partements m\u00e9tropolitains, et notamment dans ses zones de force d\u2019autrefois. Il perd plus du quart de son potentiel de 2017 dans 18 d\u00e9partements, dont la Seine-Maritime, le Puy-de-D\u00f4me, le Cher, la Haute-Vienne, l\u2019Allier, le Nord et le Val-de-Marne.\n\nLe PC a fait un pari risqu\u00e9 et sa t\u00eate de liste l\u2019a bravement assum\u00e9. \u00c0 l\u2019arriv\u00e9e, contrairement \u00e0 l\u2019image dynamique enregistr\u00e9e par les m\u00e9dias, le PCF est encore un peu plus fragilis\u00e9, contraint en outre \u00e0 assumer la totalit\u00e9 de ses frais de campagne. Les militants font l\u2019am\u00e8re exp\u00e9rience, une fois de plus, que la volont\u00e9 ne suffit pas \u00e0 asseoir une force dans un espace politique national. Encore faut-il que le choix en sa faveur soit per\u00e7u comme utile. Difficile d\u2019y parvenir, surtout pour une force anciennement install\u00e9e \u2013 bient\u00f4t cent ans d\u2019existence \u2013, une fois qu\u2019elle est parvenue aux lisi\u00e8res incertaines de la marginalisation \u00e9lectorale, autrefois r\u00e9serv\u00e9e aux \u00ab gauchistes \u00bb copieusement vilipend\u00e9s.\n\n\n<h2>L\u2019\u00e9chec de la France insoumise<\/h2>\nOn pouvait penser que les \u00e9lections europ\u00e9ennes allaient rejouer la grande sc\u00e8ne de la pr\u00e9sidentielle. Elles ont jou\u00e9 de fait celle du second tour. Mais n&#8217;ont n\u2019a pas confirm\u00e9 la distribution des r\u00f4les au premier. Le parti de Jean-Luc M\u00e9lenchon et le regroupement officiels des partisans de Fillon ont mordu la poussi\u00e8re. Le \u00ab d\u00e9gagisme \u00bb a ainsi ses coquetteries inattendues\u2026\n\nOn savait \u2013 en tout cas \u00e0 <em>Regards<\/em> \u2013 que le score de M\u00e9lenchon, en avril 2017, n\u2019\u00e9tait pas celui de la nouvelle organisation qu\u2019il avait mise en place \u00e0 cet effet, mais que c\u2019\u00e9tait tout simplement un vote de gauche, le mieux \u00e0 m\u00eame, pour le \u00ab peuple de gauche \u00bb, d\u2019\u00e9noncer clairement le d\u00e9sir de mettre un terme \u00e0 quelques d\u00e9cennies de d\u00e9rive lib\u00e9rale. Les l\u00e9gislatives de juin, tout naturellement, avaient d\u00e9j\u00e0 remis les pendules \u00e0 l\u2019heure. Elles avaient simplement permis de r\u00e9gler dans les urnes la pol\u00e9mique qui avait peu \u00e0 peu s\u00e9par\u00e9 les deux partenaires principaux du Front de gauche : jeu, set et match en faveur de la FI et de ses 11%. Le r\u00e9sultat de juin 2017 \u00e9tait donc le point de r\u00e9f\u00e9rence majeur pour jauger du nouveau r\u00e9sultat \u00e0 venir.\n\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/europeennes-cachez-cette-crise-que-la-france-insoumise-ne-saurait-voir\">Europ\u00e9ennes : cachez cette crise que La France insoumise ne saurait voir<\/a><\/em>\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n\nL\u2019entourage de M\u00e9lenchon affirmait \u00e0 cors et \u00e0 cris qu\u2019il \u00e9tait possible d\u2019atteindre cet objectif et m\u00eame d\u2019aller au-del\u00e0, pour parvenir au moins \u00e0 la troisi\u00e8me place tant esp\u00e9r\u00e9e, avant les majorit\u00e9s \u00e0 venir. Le score \u00ab \u00e0 deux chiffres \u00bb \u00e9tait l\u2019eldorado, que quelques sondages ont entretenu, de-ci de-l\u00e0. La FI en est loin au soir du 26 mai. Avec ses 6,31%, la FI approche certes \u00e0 elle seule le r\u00e9sultat du Front de gauche aux pr\u00e9c\u00e9dentes europ\u00e9ennes (6,6%) et accroche de justesse une cinqui\u00e8me place. Mais elle recule partout sur juin 2017, sauf dans le Cantal et r\u00e9cup\u00e8re \u00e0 peine un peu plus de la moiti\u00e9 de son r\u00e9sultat de l\u2019\u00e9poque sur le plan national. Elle perd plus de 5% dans 43 d\u00e9partements, o\u00f9 son influence de 2017 \u00e9tait au-dessus de la moyenne nationale.\n\nComment s\u2019explique ce r\u00e9sultat ? Le profil de son \u00e9lectorat sugg\u00e8re que la FI n\u2019a pas v\u00e9ritablement de point fort. Elle attire un peu plus que la moyenne les 18-24 ans (9%) et les 35-49 ans (10%), les professions interm\u00e9diaires (10%) et les employ\u00e9s (11%), les revenus les plus faibles (12% des moins de 1200 euros). Mais, de fa\u00e7on globale, les plus jeunes sont attir\u00e9s par les Verts, les employ\u00e9s, les ouvriers et les ch\u00f4meurs par le RN. La FI recueille les suffrages de 20% de ceux qui se sentent <em>\u00ab tr\u00e8s proches \u00bb<\/em> des gilets jaunes, mais bien loin derri\u00e8re l\u2019extr\u00eame droite.\n\nLa ventilation des \u00e9lecteurs ant\u00e9rieurs et des <em>\u00ab proches \u00bb<\/em> est le d\u00e9terminant le plus structurant. Alors que 57% des \u00e9lecteurs Macron d\u2019avril 2017 qui ont vot\u00e9 cette fois ont choisi LREM et que 78% des \u00e9lecteurs Le Pen ont port\u00e9 leur voix au RN, les \u00e9lecteurs M\u00e9lenchon &#8211; par ailleurs les plus abstentionnistes &#8211; n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que 36% \u00e0 voter en faveur de la liste de Manon Aubry. Plus significatif encore est le vote des <em>\u00ab proches \u00bb<\/em> : 78% de ceux des Verts, 88% de ceux de LREM et surtout 91% de ceux du RN ont vot\u00e9 pour le parti qui les attire le plus. Ce n\u2019a \u00e9t\u00e9 le cas que pour 67% des proches de la FI, ce qui a \u00e9t\u00e9 corrobor\u00e9 par toutes les enqu\u00eates depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e.\n\nAu total, depuis deux ans la FI a perdu sur sa gauche sans mordre significativement sur de nouveaux \u00e9lecteurs, \u00e0 gauche comme \u00e0 droite.\n\n\n<h2>Une strat\u00e9gie d\u00e9cal\u00e9e<\/h2>\nD\u00e8s le soir du premier tour de la pr\u00e9sidentielle, Jean-Luc M\u00e9lenchon s\u2019est install\u00e9 dans la conviction que le \u00ab d\u00e9gagisme \u00bb poussait \u00e0 abandonner l\u2019ancrage dans le vieux clivage de la droite et de la gauche, pour se fixer l\u2019objectif de rassembler le \u00ab peuple \u00bb et non la \u00ab gauche \u00bb. Il assortissait ce choix de l\u2019affirmation selon laquelle, dans un moment \u00ab destituant \u00bb, l\u2019essentiel est d\u2019attiser la col\u00e8re contre la \u00ab caste \u00bb, en l\u2019occurrence incarn\u00e9e par la personnalit\u00e9 de Macron.\n\nLa strat\u00e9gie \u00ab populiste \u00bb avait donc un double objectif : attirer la plupart de ceux qui rejettent Macron pour prolonger en majorit\u00e9 effective le score de la pr\u00e9sidentielle ; d\u00e9tourner du vote d\u2019extr\u00eame droite les cat\u00e9gories populaires en col\u00e8re. Les gilets jaunes ont amplifi\u00e9 ce choix, <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/francois-ruffin-l-insoumis-des-insoumis\">qu\u2019un homme comme Fran\u00e7ois Ruffin a port\u00e9 \u00e0 son apog\u00e9e<\/a>, en cultivant ouvertement la \u00ab haine \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9gard du \u00ab repr\u00e9sentant \u00bb des patrons et des riches. Quand s\u2019approche la perspective de l\u2019\u00e9lection europ\u00e9enne, le noyau dirigeant de la FI d\u00e9cide d\u2019en faire un terrain d\u2019application de la logique retenue : l\u2019\u00e9lection doit devenir un \u00ab r\u00e9f\u00e9rendum anti-Macron \u00bb.\n\nLe 12 novembre dernier, <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/la-strategie-de-melenchon-se-discute\">nous \u00e9mettions des doutes sur cette strat\u00e9gie<\/a>. Le r\u00e9sultat du scrutin europ\u00e9en ne fait que les aiguiser. Loin de l\u2019\u00e9largissement majoritaire, la volont\u00e9 de clivage avec la \u00ab g\u00f4che \u00bb \u2013 horrible terme venu tout droit de l\u2019extr\u00eame droite des ann\u00e9es trente \u2013, la d\u00e9nonciation de la \u00ab soupe aux logos \u00bb et le jeu du \u00ab bruit et de la fureur \u00bb ont \u00e9loign\u00e9 une part de la gauche, sans gagner d\u2019autres forces pour compenser cet \u00e9loignement. \u00c0 la limite, l\u2019obsession du clivage \u2013 manifeste sur <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees\/article\/migrations-le-debat-pas-la-guerre-reponse-a-jean-luc-melenchon\">l\u2019affaire de l\u2019appel pour l\u2019accueil des migrants<\/a> en novembre 2018 \u2013 a plut\u00f4t redonn\u00e9 de l\u2019espace \u00e0 une gauche jug\u00e9e moins virulente, en particulier aux \u00e9cologistes et au tandem PS-PP. Elle a m\u00eame redor\u00e9 le blason du PC violemment critiqu\u00e9, m\u00eame si le r\u00e9sultat \u00e9lectoral n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 probant de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0.\n\nAu soir du 26 mai, trois constats cruels peuvent \u00eatre faits : loin d\u2019une amplification de la dynamique du printemps 2017, la FI enregistre un recul s\u00e9v\u00e8re, qui fait du parti pris majoritaire un v\u0153u pieux ; le tropisme qui attire une partie des couches populaires vers l\u2019extr\u00eame droite continue d\u2019agir ; le r\u00e9f\u00e9rendum anti-Macron a profit\u00e9 au rassemblement national et pi\u00e9g\u00e9 la FI. Du vote europ\u00e9en, il serait donc pr\u00e9f\u00e9rable de tirer la conclusion qu\u2019il y a d\u00e9sormais trois impasses qui menacent la gauche et avivent la d\u00e9saffection \u00e0 son \u00e9gard : les sir\u00e8nes du lib\u00e9ralisme, l\u2019invocation d\u2019une union de la gauche \u00e0 l\u2019ancienne et le parti pris populiste. Le profil des votes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne rend plus urgent encore de tirer les le\u00e7ons strat\u00e9giques des butoirs rencontr\u00e9s.\n\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/IMG\/pdf\/pdf2.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-27673\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/2-3-40e.png\" alt=\"2-3.png\" align=\"center\" width=\"636\" height=\"358\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/2-3-40e.png 636w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/2-3-40e-300x169.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px\" \/><\/a>\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n\n\u00c0 la diff\u00e9rence des consultations pr\u00e9c\u00e9dentes, c\u2019est la totalit\u00e9 de la gauche europ\u00e9enne qui est au pied du mur. Malgr\u00e9 de beaux r\u00e9sultats dans l\u2019Europe du Sud, la social-d\u00e9mocratie a recul\u00e9 autant que la droite classique. Les \u00e9cologistes, qui refusent de faire du clivage politique binaire un rep\u00e8re pertinent, ont certes b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cette carence, mais infiniment moins que l\u2019extr\u00eame droite et les lib\u00e9raux conservateurs.\n\nMais, cette fois, la gauche dite \u00ab radicale \u00bb n\u2019a tir\u00e9 aucun b\u00e9n\u00e9fice des d\u00e9boires de la social-d\u00e9mocratie. Le groupe de la GUE recule de fa\u00e7on sensible, perdant 14 si\u00e8ges sur 52 et reculant de pr\u00e8s de 2%. \u00c0 l\u2019exception du Bloco portugais qui progresse sensiblement \u2013 alors qu\u2019il participe \u00e0 une gestion gouvernementale sociale-d\u00e9mocrate \u2013, presque toutes les composantes de la GUE stagne ou recule. La FI \u00e0 elle seule atteint \u00e0 peine le niveau du front de gauche en 2014, Podemos perd plus de 7%, Die Linke s\u2019essouffle, les communistes reculent en Tch\u00e9quie et la gauche reste atomis\u00e9e et inaudible en Italie.\n\n\n<h2>Reconstruire \u00e0 gauche<\/h2>\n\n\nLa gauche est toujours dans ses basses eaux (moins d\u2019un tiers des suffrages exprim\u00e9s) et elle est dispers\u00e9e. Pendant plus de trois d\u00e9cennies, entre la Lib\u00e9ration et la fin des ann\u00e9es 1970, le PC en a \u00e9t\u00e9 la force la plus influente et la plus dynamique. Apr\u00e8s 1978, c\u2019est le PS de Fran\u00e7ois Mitterrand qui prend la rel\u00e8ve et le PC s\u2019engage dans son long d\u00e9clin, tandis que le PS s\u2019enlise dans un \u00ab social-lib\u00e9ralisme \u00bb de plus en plus affirm\u00e9. En avril 2017, le r\u00e9sultat pr\u00e9sidentiel de Jean-Luc M\u00e9lenchon bouscule enfin la donne : il rassemble un peu plus de 70% du total des voix de gauche. Les l\u00e9gislatives de juin rectifient le mouvement, mais n\u2019inversent pas la tendance : la FI \u00e0 elle seule concentre pr\u00e8s de 40% des voix de gauche et le total PCF-FI approche les 50%.\n\nLe 26 avril 2019, la FI ne repr\u00e9sente plus que moins de 20% du total de la gauche et l\u2019ensemble communistes-Insoumis d\u00e9passe tout juste le quart. La frange de la gauche la plus \u00e0 gauche, celle qui fut en longue dur\u00e9e la plus critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des gestions socialistes, n\u2019est plus en position d\u2019h\u00e9g\u00e9monie. En scrutin europ\u00e9en, comme en 2009, la main est pass\u00e9e une fois de plus du c\u00f4t\u00e9 des \u00e9cologistes.\n\nLa fin pr\u00e9sum\u00e9e du clivage de la droite et de la gauche a, comme pr\u00e9vu, fait pencher la balance du c\u00f4t\u00e9 de la droite. Le r\u00e9sultat est paradoxal. Dans l\u2019ensemble, les pouss\u00e9es des mouvements populaires ont plut\u00f4t port\u00e9 la gauche en avant. En novembre-d\u00e9cembre 1995, l\u2019impulsion du \u00ab mouvement social \u00bb, alors m\u00eame que la droite chiraquienne triomphe, amorce la dynamique qui verra la victoire l\u00e9gislative de la \u00ab gauche plurielle \u00bb en 1997. Cette ann\u00e9e, l\u2019un des mouvements populaires les plus originaux des derni\u00e8res se traduit par une victoire totale de l\u2019extr\u00eame droite fran\u00e7aise.\n\nLa crise politique est devant nous. Le pouvoir en place est \u00e9branl\u00e9, mais pas terrass\u00e9, comptant sur les divisions de ses adversaires plus que sur les vertus de sa force de conviction. L\u2019extr\u00eame droite donne tranquillement le ton, impose ses th\u00e8mes comme autant de demandes populaires que nul ne peut ignorer.\n\nLa gauche est \u00e9clat\u00e9e, \u00e0 l\u2019image d\u2019un peuple lui-m\u00eame divis\u00e9, \u00e9parpill\u00e9 territorialement en un archipel que seul le \u00ab r\u00e9cit \u00bb d\u2019exclusion de l\u2019extr\u00eame droite est capable de r\u00e9unir politiquement. Dans les ann\u00e9es 1980, le socialisme pensa qu\u2019il pouvait durablement gouverner en composant avec le n\u00e9olib\u00e9ralisme dominant. Il ne faudrait pas que la gauche, et a fortiori sa part la plus \u00e0 gauche s\u2019imagine qu\u2019elle pourra en faire autant avec l\u2019air du temps impos\u00e9 par l\u2019extr\u00eame droite. La fixation identitaire et l\u2019obsession s\u00e9curitaire sont des pi\u00e8ges que nulle ruse ne peut permettre d\u2019\u00e9viter, f\u00fbt-ce au nom du peuple et de sa \u00ab souverainet\u00e9 \u00bb.\n\nFace au grand r\u00e9cit qui tourne le dos \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation, il convient donc de retisser un r\u00e9cit, dans l\u2019esprit de ce qui fit la force de la gauche historique et qui porta le mouvement ouvrier : la passion de l\u2019\u00e9galit\u00e9, de la citoyennet\u00e9 et de la solidarit\u00e9. Reconstruire une gauche bien \u00e0 gauche suppose de renoncer aux demi-mots, aux compromis boiteux et aux consensus \u00e9touffants. Mais la gauche politique et sociale est aussi menac\u00e9e par la guerre des courants, les clivages que l\u2019on cultive \u00e0 l\u2019exc\u00e8s et que l\u2019on voudrait trop souvent transformer en fronti\u00e8res entre \u00ab les \u00bb gauches, les libertaires et les r\u00e9publicains, les centralisateurs et les f\u00e9d\u00e9ralistes, les mondialistes et les souverainistes, les individualistes et les collectivistes, les \u00ab sociaux \u00bb et les \u00ab soci\u00e9taux \u00bb. Autant de tensions qui refl\u00e8tent les contradictions du r\u00e9el, qu\u2019il est d\u00e9raisonnable de vouloir effacer, mais qu\u2019il convient de ma\u00eetriser collectivement, pour n pas faire de la sp\u00e9cificit\u00e9 de chacun une diff\u00e9rence et la source d\u2019in\u00e9puisables d\u00e9chirements.\n\nInventer les formes de la mise en commun, repenser toutes les facettes de l\u2019espace public, ne plus confondre la libert\u00e9 et la concurrence marchande, le public et l\u2019administratif sont des enjeux majeurs. Inventer la forme moderne de l\u2019association d\u2019individus libres, autonomes et solidaires est une autre t\u00e2che, tout aussi rude. La vie contemporaine nous en assigne une autre. Le mouvement ouvrier europ\u00e9en avait trouv\u00e9,dans diff\u00e9rents pays et diff\u00e9rents moments, des mani\u00e8res d\u2019articuler les champs s\u00e9par\u00e9s du social, du politique et du culturels. De vastes galaxies ouvri\u00e8res s\u2019y attel\u00e8rent, sous forme travailliste, sociale-d\u00e9mocrate ou communiste. Mais ces galaxies se sont d\u00e9faites, parce qu\u2019elles \u00e9taient trop rigides et parce le temps de l\u2019histoire ouvri\u00e8re s\u2019est r\u00e9volutionn\u00e9, en bien ou en mal.\n\nLe r\u00e9sultat est que l\u2019on est pass\u00e9 de la subordination \u00e0 la s\u00e9paration, de l\u2019ob\u00e9dience \u00e0 la m\u00e9fiance. Or l\u00e0 s\u2019est trouv\u00e9e la grande faiblesse des derni\u00e8res d\u00e9cennies, dont l\u2019actualit\u00e9 r\u00e9cente vient de montrer les dangers : \u00e9conomique, social, politique et culturel ne marchent plus du m\u00eame pas. Du coup, la r\u00e9gulation globale des soci\u00e9t\u00e9s reste aux forces dominantes, de l\u2019argent ou de la puissance. Et l\u2019ali\u00e9nation des individus suit son petit bonhomme de chemin. R\u00e9articuler sans subordonner quiconque \u00e0 qui que ce soit : rude et n\u00e9cessaire objectif.\n\nLe scrutin d\u2019hier nous laisse au moins une certitude : ou nous bougeons ensemble ou nous mourrons\u2026\n\n\n\n<p>&nbsp;\n\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/roger-martelli\"><strong>Roger Martelli<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11643 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/1-4-9b8.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/1-4-9b8-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"1-4.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/2-3-184.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/2-3-184-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"2-3.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/befunky-collage-128-900-scaled.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/befunky-collage-128-900-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"befunky-collage-128.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Documents joints<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/pdf1-a4e.pdf\">Comparatif europ\u00e9ennes 14 et 19, pr\u00e9sidentielle et l\u00e9gislatives 17<\/a><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/pdf2-e34.pdf\">Composition Parlement europ\u00e9en 14-19<\/a><\/div>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9lections sont pass\u00e9es, avec leurs certitudes et leurs surprises. 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