{"id":1151,"date":"1998-12-01T00:00:00","date_gmt":"1998-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/technologies1151\/"},"modified":"1998-12-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-11-30T23:00:00","slug":"technologies1151","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1151","title":{"rendered":"Technologies"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Franck Popper <\/p>\n<p>Voir aussi <strong> A savoir****Apr\u00e8s avoir soutenu l&#8217;art cin\u00e9tique, puis l&#8217;art \u00e9lectronique, Frank Popper lance l&#8217;art virtuel. L&#8217;exposition pr\u00e9sente neuf pi\u00e8ces con\u00e7ues avec des syst\u00e8mes num\u00e9riques complexes et incorporant la dimension des r\u00e9seaux informatiques. <\/strong><\/p>\n<p>Si l&#8217;on remarque, \u00e0 l&#8217;exposition qui inaugure l&#8217;Espace Landowski \u00e0 Boulogne Billancourt, la pr\u00e9sence d&#8217;artistes chevronn\u00e9s, d\u00e9j\u00e0 \u00e9tiquet\u00e9s &#8221; art technologique &#8221; comme Fred Forest, Piotr Kowalski, Jean-Louis Boissier, Edmond Couchot, Michel Bret, Jean-Pierre Giovanelli et Marie-H\u00e9l\u00e8ne Tramus, trois artistes plus jeunes, Miguel Chevalier, Sophie Lavaud et Gr\u00e9gory Chatonsky sont cens\u00e9s apporter un sens nouveau \u00e0 l&#8217;habitude qui consiste \u00e0 qualifier les pratiques artistiques \u00e0 partir des outils employ\u00e9s. Peut-on d\u00e9finir des artistes \u00e0 partir des outils qu&#8217;ils emploient ? Ces nouveaux syst\u00e8mes engendrent-ils de nouveaux types d&#8217;artistes ? Et pourquoi sont-ils marginalis\u00e9s, voire en rupture avec les pratiques artistiques reconnues par les professionnels de l&#8217;art contemporain ? Pour faire le point sur ce d\u00e9bat, nous avons interrog\u00e9 Edmond Couchot et Frank Popper, tous deux th\u00e9oriciens de cette tendance. ammorice@metafort.com<\/p>\n<p> <strong> Une cr\u00e9ation qui humanise la technologie&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Entretien avec Franck Popper*:<\/p>\n<p> <strong> Apr\u00e8s l&#8217;art \u00e9lectronique, c&#8217;est le temps de l&#8217;art virtuel ? <\/strong><\/p>\n<p>Frank Popper: L&#8217;id\u00e9e de l&#8217;art virtuel \u00e9tait dans l&#8217;air. On a beaucoup parl\u00e9 de la notion de virtualit\u00e9, notamment Philippe Qu\u00e9au, Pierre L\u00e9vy, ainsi que des auteurs anglais et am\u00e9ricains, mais personne jusque l\u00e0 n&#8217;avait pens\u00e9 \u00e0 la d\u00e9nomination art virtuel. On disait art et technologie, artm\u00e9dia. Mais le mot ouvre \u00e0 des notions philosophiques. Avant le cyberespace, le mot virtuel signifiait imaginaire, potentiel. On peut aussi dire que tout art est virtuel, symbolique, m\u00e9taphorique. Maintenant, le concept devient beaucoup plus large et nous touche en permanence. Avec le cyberespace, on prend conscience du va-et-vient entre virtuel et r\u00e9el. Depuis Mac Luhan, le corps s&#8217;est prolong\u00e9. Tous les sens, et m\u00eame les \u00e9motions, se d\u00e9veloppent autant dans la virtualit\u00e9 que dans le r\u00e9el. Gr\u00e2ce \u00e0 leur imagination, les artistes pr\u00e9sent\u00e9s dans l&#8217;exposition en font quelque chose de moins effrayant. Cet art virtuel humanise la technologie. Si le virtuel est le cyberespace o\u00f9 on cr\u00e9e des simulations, des hybridations, l&#8217;art virtuel est une cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n<p> <strong> Qu&#8217;entendez-vous exactement par cyberespace ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> F. P. : <\/strong> Il y a le cyberespace donn\u00e9 sur le web \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur duquel l&#8217;artiste cr\u00e9e son propre espace virtuel. Mais je fais remonter le cyberespace \u00e0 l&#8217;histoire de la conqu\u00eate du cosmos. C&#8217;est \u00e0 cette \u00e9poque que les ing\u00e9nieurs de la NASA ont d\u00e9velopp\u00e9 des simulateurs, l&#8217;espace a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 virtuellement avant d&#8217;\u00eatre explor\u00e9 par les hommes.<\/p>\n<p> <strong> On a souvent parl\u00e9, \u00e0 propos de l&#8217;art technologique, de modernit\u00e9, de r\u00e9volution, d&#8217;avant-garde, que faut-il en penser \u00e0 notre \u00e9poque qui s&#8217;inscrit plut\u00f4t dans la post-modernit\u00e9 ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> F. P. : <\/strong> C&#8217;est un probl\u00e8me difficile. Pour moi, les r\u00e9f\u00e9rences historiques sont absolument n\u00e9cessaires, il y a bien une innovation bas\u00e9e sur des recherches pr\u00e9c\u00e9dentes. Mais le pr\u00e9suppos\u00e9 de la technologie porteuse de progr\u00e8s est totalement abandonn\u00e9. Ce n&#8217;est pas l&#8217;Internet qui apporte le progr\u00e8s, c&#8217;est ce qu&#8217;on en fait. Concernant le post-modernisme, il faudrait demander \u00e0 Charles Jenks qui a invent\u00e9 ce terme pour l&#8217;architecture. Je pense qu&#8217;on est plut\u00f4t dans le post-postmodernisme. On n&#8217;est plus dans une \u00e8re moderniste simplificatrice. On est dans une \u00e8re complexe o\u00f9 l&#8217;individu tente de se retrouver \u00e0 partir des grands probl\u00e8mes qui se posent \u00e0 l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p> <strong> Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas dans cette exposition, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, d&#8217;artistes reconnus du milieu des arts plastiques ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> F. P. : <\/strong> Il y a des cloisonnement entre les disciplines et puis il y a toujours eu ceux qui \u00e9taient totalement engag\u00e9s dans la technique et les autres qui l&#8217;utilisaient temporairement, comme Agam et Dali, par exemple, qui ont utilis\u00e9 l&#8217;holographie \u00e0 un moment. C&#8217;est vrai que je prends plus au s\u00e9rieux les premiers car je veux d\u00e9montrer l&#8217;importance de la technique et je cherche le vrai but, ce qu&#8217;il y a derri\u00e8re la finalit\u00e9 esth\u00e9tique. C&#8217;est une voie prospective, de recherche.<\/p>\n<p>Propose recueillis par Anne-Marie Morice<\/p>\n<p> <strong> Le souffle du visiteur ou de l&#8217;int\u00e9ractivit\u00e9 sur le r\u00e9seau <\/strong><\/p>\n<p>Entretien avec Edmond Couchot**<\/p>\n<p> <strong> Peut-on encore parler de l&#8217;art \u00e9lectronique ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Edmond Couchot : <\/strong> Il y a eu un art technologique depuis fort longtemps, cette inspiration technoscientifique existe m\u00eame depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle. Mais il serait juste d&#8217;appeler art num\u00e9rique celui qui, techniquement, utilise les ordinateurs et\/ou les modes de liaison autour des ordinateurs, les r\u00e9seaux, et les produits d\u00e9riv\u00e9s de type c\u00e9d\u00e9rom.<\/p>\n<p> <strong> Mais peut-on parler d&#8217;un art num\u00e9rique, en dehors de cet aspect purement technique ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> E. C. : <\/strong> Je pense que oui. Il y a une sp\u00e9cificit\u00e9, une esth\u00e9tique propre qui s&#8217;enracine dans ce qui est plus qu&#8217;un outil. Mais bien entendu la valeur artistique ne repose pas sur la sophistication des technologies employ\u00e9es. Les mat\u00e9riaux technologiques entrent beaucoup plus en ligne de compte dans la cr\u00e9ation que les mat\u00e9riaux classiques qui eux \u00e9taient vierges de tout travail et de toute information.<\/p>\n<p> <strong> Vous pr\u00e9sentez avec Michel Bret une pi\u00e8ce qui s&#8217;actionne avec le souffle du visiteur, est-ce une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Gen\u00e8se ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> E. C. : <\/strong> Je ne voyais pas si loin ! C&#8217;est en fait une oeuvre en \u00e9volution, commenc\u00e9e en 1982 et qui se perfectionne sans arr\u00eat. Je voulais mettre en jeu quelque chose de profond, qui vient du corps. Je suis int\u00e9ress\u00e9 par l&#8217;interactivit\u00e9 depuis les ann\u00e9es 60, lorsque je participais au courant cin\u00e9tique. Il y avait d\u00e9j\u00e0 un pressentiment, des envies de secouer le public, de lui donner une sorte de responsabilit\u00e9, au sens \u00e9tymologique: une capacit\u00e9 de r\u00e9ponse. Cette id\u00e9e de participation se retrouvait aussi dans les happenings, l&#8217;art conceptuel, et m\u00eame au niveau soci\u00e9tal avec la politique de participation de Chaban-Delmas ! Avec l&#8217;interactivit\u00e9, on n&#8217;est plus exactement spectateur. On regarde toujours un petit spectacle mais quand on souffle sur la plume on est dans la situation d&#8217;un enfant qui souffle par jeu, par d\u00e9couverte. On cr\u00e9e alors une image et on peut la faire varier. Tout cela fait partie d&#8217;un ensemble de ph\u00e9nom\u00e8nes qui nous am\u00e8nent au r\u00e9seau.<\/p>\n<p>Propos recueillis par Anne-Marie Morice<\/p>\n<p>* N\u00e9 \u00e0 Prague en 1918, esth\u00e9ticien, commissaire d&#8217;exposition et auteur de l&#8217;Art cin\u00e9tique (Gauthier Villars, 1970) et l&#8217;Art \u00e0 l&#8217;\u00e8re \u00e9lectronique (Hazan, 1993), Frank Popper a accompagn\u00e9 les pratiques artistiques associ\u00e9es aux technologies depuis l&#8217;art cin\u00e9tique jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;Internet. Il publie chez Klincksieck un livre d&#8217;entretien avec sa femme: R\u00e9flexions sur l&#8217;exil, l&#8217;art et l&#8217;Europe, collection Esth\u00e9tique.<\/p>\n<p>** Plasticien, informaticien et directeur du d\u00e9partement Arts et technologies de l&#8217;image, \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 Paris-8 Saint-Denis, Edmond Couchot est un th\u00e9oricien de l&#8217;image de synth\u00e8se et de la simulation avec Images. De l&#8217;optique au num\u00e9rique (Herm\u00e8s, 1988). Son dernier ouvrage la Technologie dans l&#8217;art vient de para\u00eetre aux \u00e9ditions Jacqueline Chambon (collection Rayon photo).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Franck Popper <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-1151","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1151","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1151"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1151\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1151"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1151"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1151"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}