{"id":11446,"date":"2019-02-05T10:07:00","date_gmt":"2019-02-05T09:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-podemos-moderes-populistes-versus-gauchistes-unitaires\/"},"modified":"2023-06-23T23:35:29","modified_gmt":"2023-06-23T21:35:29","slug":"article-podemos-moderes-populistes-versus-gauchistes-unitaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11446","title":{"rendered":"Podemos : mod\u00e9r\u00e9s populistes versus gauchistes unitaires"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le parti issu des indign\u00e9s espagnols est mis \u00e0 mal par la vell\u00e9it\u00e9s de scission de son ancien num\u00e9ro deux, \u00cd\u00f1igo Errej\u00f3n, ce qui renforce les tensions internes.<\/p>\n<p>Comme cela a \u00e9t\u00e9 largement trait\u00e9 par les m\u00e9dias espagnols, Podemos se trouve face \u00e0 sa pire crise interne. Le parti issu des indign\u00e9s a v\u00e9cu le 17 janvier dernier son anniversaire le plus amer depuis sa cr\u00e9ation en 2014. Ce m\u00eame jour, l\u2019ancien num\u00e9ro deux du parti, \u00cd\u00f1igo Errej\u00f3n, a annonc\u00e9 par surprise sa volont\u00e9 de ne pas se pr\u00e9senter aux \u00e9lections r\u00e9gionales \u00e0 Madrid en mai comme le candidat de Podemos.  Il le fera \u00e0 partir d\u2019une nouvelle plateforme \u00e9lectorale cr\u00e9\u00e9e par la maire de Madrid, l\u2019ind\u00e9pendante Manuela Carmena. Une d\u00e9cision v\u00e9cue comme une trahison par le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Pablo Iglesias. Ce qui laisse ce parti au bord de la rupture parmi ses deux courants principaux : les <em>pablistes<\/em> (favorables au rassemblement de la gauche) et les <em>errejonistes<\/em> (plus mod\u00e9r\u00e9s et surtout partisans du populisme de gauche).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/gauche-ou-populisme-parti-classique-ou-parti-mouvement-ou-va-podemos\">Gauche ou peuple, parti classique ou parti-mouvement : o\u00f9 va Podemos ?<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00ab Je suis vraiment \u00e9tonn\u00e9 par le fait que Manuela et \u00cd\u00f1igo nous aient cach\u00e9s qu\u2019ils pr\u00e9paraient le lancement d\u2019un projet \u00e9lectoral personnel \u00bb<\/em>, a \u00e9crit alors Iglesias dans une lettre envoy\u00e9e aux militants de Podemos. <em>\u00ab Avec tout mon respect, mais \u00cd\u00f1igo ce n\u2019est pas Manuela \u00bb<\/em>, a ajout\u00e9 le leader de la gauche radicale espagnole, en r\u00e9affirmant ainsi sa volont\u00e9 de concurrencer Errej\u00f3n aux r\u00e9gionales \u00e0 Madrid, alors que son parti ne sera pas pr\u00e9sent aux municipales dans la capitale espagnole. L\u2019ancienne juge Carmena essayera de conserver son poste avec la plateforme <em>M\u00e1s Madrid<\/em> (Plus Madrid), la m\u00eame qu\u2019Errej\u00f3n. Cependant, il y a quatre ans, elle avait gagn\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une large coalition compos\u00e9e par Podemos et les autres forces progressistes. La strat\u00e9gie de faire cavalier seul peut-elle l\u2019emporter ? Rien n\u2019est moins s\u00fbr\u2026<\/p>\n<p>D\u00e8s cette annonce, les dirigeants podemistes ont multipli\u00e9 leurs critiques contre Errej\u00f3n et ont exig\u00e9 sa d\u00e9mission de son poste de d\u00e9put\u00e9. Il a finalement renonc\u00e9 \u00e0 son si\u00e8ge au Parlement espagnol le 21 janvier. <em>\u00ab Je n\u2019abandonne pas le parti que j\u2019ai fond\u00e9, je continue en \u00e9tant militant \u00bb<\/em>, a d\u00e9clar\u00e9 Errej\u00f3n. En revanche, les dirigeants de Podemos consid\u00e8rent qu\u2019il s\u2019est mis lui-m\u00eame en dehors de la formation en annon\u00e7ant sa candidature avec la plateforme <em>M\u00e1s Madrid<\/em>. On \u00e9tait alors \u00e0 deux doigts du schisme total. Mais la d\u00e9mission du secr\u00e9taire r\u00e9gional de Podemos \u00e0 Madrid et la pression des autres dirigeants r\u00e9gionaux, faits inattendus dans ce feuilleton fratricide pour la gauche espagnole, ont adouci la position d\u2019Iglesias.<\/p>\n<p><em>\u00ab \u00cd\u00f1igo, malgr\u00e9 tout, n\u2019est pas un tra\u00eetre, mais il doit \u00eatre un alli\u00e9 de Podemos \u00bb<\/em>, a assur\u00e9 mercredi dernier Iglesias dans un post sur Facebook publi\u00e9 avant la tenue d\u2019un conseil national extraordinaire du parti. Le leader de la gauche radicale est en cong\u00e9 de paternit\u00e9 et il n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 cette r\u00e9union. Errej\u00f3n non plus, apr\u00e8s le veto de la direction. Le verdict de ce conclave a \u00e9t\u00e9 crucial : ils ont entrouvert la porte en vue d\u2019une alliance avec <em>M\u00e1s Madrid<\/em>. Le r\u00e9sultat de ces tractations conduira ou non \u00e0 l\u2019implosion de Podemos. <\/p>\n<h2>Trois ans de tensions internes<\/h2>\n<p>Ce schisme aurait lieu dans un moment o\u00f9 Podemos est mis \u00e0 mal aux sondages (environ 15% des voix). Parall\u00e8lement, l\u2019extr\u00eame droite de Vox commence \u00e0 \u00e9merger dans le paysage politique espagnol apr\u00e8s son entr\u00e9e retentissante au Parlement andalou en d\u00e9cembre, avec douze conseillers r\u00e9gionaux. Elle menace m\u00eame d&#8217;\u00e9vincer le socialiste Pedro S\u00e1nchez du pouvoir si elle arrivait \u00e0 conclure une triple alliance avec le Parti Populaire et Ciudadanos, <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/monde\/article\/manuel-valls-un-candidat-pour-attiser-le-nationalisme-espagnol-a-barcelone\">principal soutient de Manuel Valls \u00e0 Barcelone<\/a> et alli\u00e9 de La R\u00e9publique en Marche en Europe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/monde\/article\/la-chute-de-mariano-rajoy\">Espagne : le Parlement coupe la t\u00eate du PP<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bien que la rupture entre Iglesias et Errejon se soit concr\u00e9tis\u00e9e il y a peu, les diff\u00e9rences entre eux existent depuis trois ans. Ces deux anciens professeurs de sciences politiques \u00e9taient li\u00e9s non seulement par une \u00e9troite amiti\u00e9, mais ils ont compos\u00e9 un bin\u00f4me qui a boulevers\u00e9 la politique espagnole. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, Iglesias, 40 ans, le leader charismatique. De l\u2019autre, Errej\u00f3n, 35 ans, le strat\u00e8ge \u2013 tr\u00e8s proche de la <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/chantal-mouffe-parler-de-populisme-de-gauche-signifie-prendre-acte-de-la-crise\">th\u00e9oricienne du populisme de gauche Chantal Mouffe<\/a>, avec laquelle a co\u00e9crit le livre <em>Construire un peuple<\/em> et qui a eu un r\u00f4le-clef dans la structuration d\u2019un parti qui, en 2015, a conquis les mairies de Barcelone et Madrid et obtenu plus de 20% des voix aux l\u00e9gislatives. <\/p>\n<p>Mais ce genre d\u2019amiti\u00e9 se fait rarement sans anicroche et c\u2019est un fait compl\u00e8tement fortuit qui a accentu\u00e9 la m\u00e9fiance entre les dirigeants de Podemos au d\u00e9but 2016. Un proche d\u2019Errej\u00f3n a laiss\u00e9 ouverte la session de son ordinateur au si\u00e8ge du parti, ce qui a permis \u00e0 Iglesias et son entourage de d\u00e9couvrir l\u2019existence d\u2019un groupe de Telegram, dont le nom \u00e9tait &#8220;coup du berger&#8221;, dans lequel des repr\u00e9sentants errejonistes conspiraient pour prendre le contr\u00f4le de la direction r\u00e9gionale du parti \u00e0 Madrid. Dont acte. Mais la brouille s\u2019est aussi port\u00e9e, de fa\u00e7on plus strat\u00e9gique, sur la n\u00e9cessit\u00e9 de faire une alliance avec les communistes d&#8217;Izquierda unida. <\/p>\n<h2>\u00ab Un mod\u00e8le macroniste \u00bb<\/h2>\n<p>La confrontation entre Errej\u00f3n et Iglesias pour le contr\u00f4le de Podemos a fait couler beaucoup d\u2019encre dans la presse espagnole, notamment au moment de la <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/le-congres-de-podemos-plebiscite-pablo-iglesias\">deuxi\u00e8me convention nationale du parti en f\u00e9vrier 2017<\/a>. Les th\u00e8ses d\u2019Iglesias ont re\u00e7u alors le soutient majoritaire des militants. Apr\u00e8s sa d\u00e9faite, Errej\u00f3n a abandonn\u00e9 ses responsabilit\u00e9s comme strat\u00e8ge et porte-parole du groupe parlementaire. Son seul prix de consolation a \u00e9t\u00e9 d\u2019\u00eatre t\u00eate de liste aux \u00e9lections r\u00e9gionales \u00e0 Madrid. <\/p>\n<p><em>\u00ab Il est difficile de savoir si les diff\u00e9rences entre Iglesias et Errej\u00f3n sont plus personnelles ou plus id\u00e9ologiques. La r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est qu\u2019Iglesias croit que le r\u00e9gime politique espagnol est en crise et qu\u2019il doit creuser des tranch\u00e9es id\u00e9ologiques au sein de la gauche alors qu\u2019Errej\u00f3n veut adopter une strat\u00e9gie clairement populiste, en d\u00e9passant le clivage gauche-droite \u00bb<\/em>, explique le politologue espagnol Pablo Sim\u00f3n. Selon ce professeur de l\u2019Universit\u00e9 Carlos III de Madrid, Podemos a souffert d\u2019une forte perte de popularit\u00e9 lors des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment \u00e0 cause de la gestion d\u2019Iglesias, jug\u00e9e trop proche des ind\u00e9pendantistes lors de la crise catalane en octobre 2017 et de l\u2019arriv\u00e9e de S\u00e1nchez au pouvoir \u2013 et maintenant, <em>\u00ab les socialistes sont \u00e0 nouveau per\u00e7us comme le vote utile \u00e0 gauche \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>C\u2019est finalement les r\u00e9sultats d\u00e9cevants en Andalousie o\u00f9 la coalition entre Podemos et la Gauche Unie a perdu trois d\u00e9put\u00e9s et 300.000 voix, qui a pouss\u00e9 d\u00e9finitivement Errej\u00f3n \u00e0 se d\u00e9marquer du parti d\u2019Iglesias. Il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s\u2019allier avec Carmena et construire son projet politique autour de son charisme personnel et celui de la maire de Madrid. Contrairement au leader de Podemos qui a \u00e9t\u00e9 objet d\u2019une sorte d\u2019<em>Iglesias-bashing<\/em>, Errej\u00f3n a re\u00e7u un traitement m\u00e9diatique beaucoup plus bienveillant, notamment de la part du journal <em>El Pa\u00eds<\/em>.<\/p>\n<p><em>\u00ab Dans certaines c\u00e9nacles du pouvoir, on essait de lancer un mod\u00e8le macroniste, avec une alliance du grand centre entre le PSOE et Ciudadanos \u00bb<\/em>, a alert\u00e9 Iglesias mercredi dernier. Et d\u2019avertir que, pour atteindre cet objectif, <em>\u00ab certains analystes souhaitent une scission d\u2019une gauche mod\u00e9r\u00e9e de Podemos \u00bb<\/em>. Errejon et Iglesias leur donneront-ils raison ?<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11446 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/pi-2-678.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/pi-2-678-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"pi-2.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le parti issu des indign\u00e9s espagnols est mis \u00e0 mal par la vell\u00e9it\u00e9s de scission de son ancien num\u00e9ro deux, \u00cd\u00f1igo Errej\u00f3n, ce qui renforce les tensions internes.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":27190,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[419,483,512],"class_list":["post-11446","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-monde","tag-espagne","tag-podemos","tag-populisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11446","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11446"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11446\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/27190"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11446"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11446"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11446"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}