{"id":1143,"date":"1998-12-01T00:00:00","date_gmt":"1998-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/films1143\/"},"modified":"1998-12-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-11-30T23:00:00","slug":"films1143","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1143","title":{"rendered":"Films"},"content":{"rendered":"<p>Le succ\u00e8s de Central do Brasil n&#8217;est que la partie la plus visible d&#8217;une petite mais significative r\u00e9volution qui, depuis environ quatre ans, agite le march\u00e9 cin\u00e9matographique br\u00e9silien. Apr\u00e8s une longue p\u00e9riode de d\u00e9clin, durant laquelle public, salles de cin\u00e9mas et production nationale ont quasiment disparu, le cin\u00e9ma br\u00e9silien vit aujourd&#8217;hui une sorte de renaissance artistique et industrielle. Cette renaissance est le r\u00e9sultat de la cr\u00e9ation d&#8217;importants dispositifs d&#8217;incitation fiscale, avant tout la loi sur l&#8217;audiovisuel qui permet aux entreprises d&#8217;investir une part de leurs imp\u00f4ts dans la production cin\u00e9matographique. Elle a aussi \u00e9t\u00e9 possible par les effets de la stabilit\u00e9 \u00e9conomique que le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso a pu assurer depuis 1995 en introduisant, en 1994, une nouvelle monnaie, le r\u00e9al, et en ma\u00eetrisant une inflation qui pouvait aller jusqu&#8217;\u00e0 50% par mois et se r\u00e9percutait \u00e9videmment sur la billetterie.<\/p>\n<p> <strong> Une loi pour appuyer une industrie du cin\u00e9ma solide <\/strong><\/p>\n<p>Au cours des douze premiers mois de la nouvelle monnaie, le nombre de spectateurs augmentait de 37%, rappelle Jos\u00e9 Carlos Avellar, pr\u00e9sident de Rio Film. Ce nouveau public, avide de nouveaut\u00e9s, apparaissait au moment m\u00eame o\u00f9 la production nationale commen\u00e7ait \u00e0 reprendre, apr\u00e8s une paralysie provoqu\u00e9e par la suppression, en 1990, sous le gouvernement Collor, de tous les m\u00e9canismes d&#8217;aide \u00e0 la production, y compris Embrafilm, cr\u00e9\u00e9 en 1969 et charg\u00e9 de la production et de la distribution du cin\u00e9ma br\u00e9silien. Institu\u00e9e en 1993, la loi pour l&#8217;audiovisuel permit rapidement de relancer la production, pr\u00e8s de 60 projets au cours des cinq ann\u00e9es de son existence, mais pr\u00e8s de 250 projets sont inscrits au minist\u00e8re de la Culture&#8230; Cette loi, cr\u00e9\u00e9e pour permettre une transition vers une industrie cin\u00e9matographique solide, doit h\u00e9las s&#8217;\u00e9teindre en 2003.<\/p>\n<p> <strong> Diversit\u00e9 th\u00e9matique, esth\u00e9tique, pluralit\u00e9 des modes de financement <\/strong><\/p>\n<p>A l&#8217;approche de cette \u00e9ch\u00e9ance et devant la menace d&#8217;une nouvelle crise globale des march\u00e9s financiers, cin\u00e9astes et producteurs s&#8217;unissent dans une m\u00eame revendication. Selon Luis Carlos Barreto, producteur du plus grand nombre de films br\u00e9siliens depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1960: &#8221; La loi pour l&#8217;audiovisuel est un m\u00e9canisme qui rend de bons services. Ce dont nous avons besoin maintenant, c&#8217;est d&#8217;une politique publique en faveur du secteur cin\u00e9matographique&#8221;.<\/p>\n<p>La caract\u00e9ristique la plus marquante du renouveau de la production est la diversit\u00e9 th\u00e9matique et esth\u00e9tique. Il suffit de citer les quatre films ayant attir\u00e9 le plus de spectateurs, Carlota Joaquina, princesa do Brasil, premier film de Carla Camurati (pr\u00e8s de 1,2 millions de spectateurs), O quatrilho de Fabio Barreto (1,4 million), O novi\u00e7o rebelde de Tizuka Yamasaki (plus de 1,5 million) et, enfin, Central do Brasil de Walter Salles (plus de 1,2 million). Selon Jos\u00e9 Carlos Avellar, cette diversit\u00e9 esth\u00e9tique est due \u00e0 la pluralit\u00e9 des modes de production: &#8221; Il n&#8217;y a plus un centre unique de financement, comme avec Embrafilm qui produisait les films br\u00e9siliens avec la taxe sur la billetterie des films \u00e9trangers. Avec la disparition d&#8217;Embrafilm, producteurs et cin\u00e9astes ont d\u00fb rechercher des alternatives au financement de leurs films, l&#8217;aide apport\u00e9e par la loi sur l&#8217;audiovisuel n&#8217;\u00e9tant pas suffisante. <\/p>\n<p>Cette diversification des sources de financement \u00e0 donn\u00e9 un \u00e9lan aux v\u00e9t\u00e9rans du cin\u00e9ma br\u00e9silien (Caca Diegues ou Fabio Barreto) comme \u00e0 la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de cin\u00e9astes. Du Nord au Sud du pays sont apparus de jeunes metteurs en sc\u00e8ne qui ont sorti la production de l&#8217;axe Rio de Janeiro-Sao Paulo, apportant des \u00e9l\u00e9ments de culture r\u00e9gionale sur les \u00e9crans des centres urbains qui dictent habituellement les modes culturelles. Du Nordeste sont venus Lirio Ferreira et Paulo Caldas avec Baile perfumado qui fait une lecture &#8220;pop&#8221; de la vie des cangaceiros (1). De l&#8217;Etat de Sao Paulo, Beto Brandt qui, dans Os matadores, met en sc\u00e8ne les assassins professionnels \u00e0 la fronti\u00e8re du Br\u00e9sil et du Paraguay. Quant \u00e0 Walter Salles, apr\u00e8s avoir mis en sc\u00e8ne les Br\u00e9siliens expatri\u00e9s \u00e9conomiques en Europe, avec Terra estrangeira, il propose, avec Central do Brasil, un long voyage \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du pays.<\/p>\n<p>* Journaliste aux pages culture du journal O Globo (Rio de Janeiro).<\/p>\n<p>1. Le cangaceiro est originaire de la r\u00e9gion du sertao, la r\u00e9gion semi-aride du Nordeste br\u00e9silien; agriculteur pauvre, parfois ex\u00e9cuteur des basses oeuvres des grands propri\u00e9taires terriens, parfois contre eux, bandit d&#8217;honneur, bandit social, \u00e0 son propre compte, il parcourt le sertao, seul ou en bandes arm\u00e9es, vivant de brigandage et de vols.<\/p>\n<p>Traduit du portugais par Robert Storm.<\/p>\n<p>Un site Internet est consacr\u00e9 au cin\u00e9ma br\u00e9silien, en fran\u00e7ais, anglais et portugais :<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le succ\u00e8s de Central do Brasil n&#8217;est que la partie la plus visible d&#8217;une petite mais significative r\u00e9volution qui, depuis environ quatre ans, agite le march\u00e9 cin\u00e9matographique br\u00e9silien. 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