{"id":11402,"date":"2019-01-10T16:28:00","date_gmt":"2019-01-10T15:28:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-legitime-violence\/"},"modified":"2023-07-03T14:53:39","modified_gmt":"2023-07-03T12:53:39","slug":"article-legitime-violence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11402","title":{"rendered":"L\u00e9gitime violence ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Devant le constat de l&#8217;inefficacit\u00e9 des mobilisations traditionnelles face \u00e0 l&#8217;obstination du pouvoir, transgresser l&#8217;interdit de la violence n&#8217;est peut-\u00eatre pas une fin en soi, mais cela permet parfois de continuer \u00e0 r\u00e9sister.<\/p>\n<p><em>[Article extrait du <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/acces-payant\/trimestriel\/47-ete-2018\/article\/trimestriel-ete-2018\">trimestriel de l&#8217;\u00e9t\u00e9 2018<\/a>.]<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\u00ab Il semble act\u00e9 que les manifestations pacifiques, les actions non-violentes, les d\u00e9bats, les votations, les occupations, les p\u00e9titions, les gr\u00e8ves, les positions des acteurs de terrains, les votes des d\u00e9put\u00e9s n&#8217;ont aucun effet sur la d\u00e9termination du gouvernement actuel. Alors peut-\u00eatre devrions-nous lancer un large mouvement national de gr\u00e8ves de la faim. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le constat de Paul, militant insoumis, r\u00e9dig\u00e9 sur Facebook fin mai \u2013 lors des mouvements d&#8217;\u00e9tudiants, est sans appel : l&#8217;impasse actuelle dans laquelle s&#8217;est enferr\u00e9e la Ve R\u00e9publique ne trouve plus d&#8217;issues dans les modes traditionnels et d\u00e9mocratiques de luttes. Et pourtant, l&#8217;\u00e9crivain \u00c9douard Louis le rappelle dans son dernier ouvrage, <em>Qui a tu\u00e9 mon p\u00e8re<\/em> : les politiques, aussi bien au sens propre qu&#8217;au figur\u00e9, tuent les plus faibles, les plus domin\u00e9s, les plus pauvres, bref ceux qui sont tout en bas de la pyramide sociale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/referendum-ne-prenons-pas-les-gilets-jaunes-pour-ce-qu-ils-ne-sont-pas\">R\u00e9f\u00e9rendum : ne prenons pas les gilets jaunes pour ce qu\u2019ils ne sont pas<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alors du coup, comme nous le dit Antoine, l&#8217;un de ceux qui ont caillass\u00e9 le McDo pr\u00e8s de la gare d&#8217;Austerlitz en marge du d\u00e9fil\u00e9 de la f\u00eate des travailleuses et des travailleurs du 1er Mai dernier : <em>\u00ab On a quoi comme alternative ? On se laisse faire tranquillement et on tend l&#8217;autre joue ? \u00bb<\/em> Rencontr\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure (ENS) lors d&#8217;un colloque intempestif intitul\u00e9 &#8220;Mort \u00e0 l&#8217;universit\u00e9, vie au savoir&#8221;, en pr\u00e9sence du philosophe italien Giorgio Agamben et de l&#8217;\u00e9conomiste Fr\u00e9d\u00e9ric Lordon, il poursuit : <em>\u00ab Non, non, on leur montre qu&#8217;on n&#8217;entend pas se laisser faire \u00bb<\/em>.<\/p>\n<h2>D\u00e9finition de la violence<\/h2>\n<p>Ne pas se laisser faire, se d\u00e9fendre, d\u00e9stabiliser, revendiquer diff\u00e9remment, par la violence, par la d\u00e9gradation, par l&#8217;affrontement direct. Bien s\u00fbr, \u00e7a en effraie plus d&#8217;un : les partis traditionnels, les penseurs et les penseuses du politique dans ce que cela sous-entend de plus noble, beaucoup de militants et de militantes\u2026 tout ceux-l\u00e0 pr\u00e9f\u00e8rent le cadre apais\u00e9 du d\u00e9bat d&#8217;id\u00e9es, de la revendication pacifique par les voies et moyens usuels de la r\u00e9publique, en partant d&#8217;un postulat on ne peut plus simple : la violence et le rapport de forces physique ne peuvent induire, au mieux, que des victoires sur le temps court \u2013 autrement dit la r\u00e9volution (violente) permanente est un mythe. Or eux pr\u00e9f\u00e8rent d\u00e9cid\u00e9ment le temps long.<\/p>\n<p>Mais, l&#8217;un des n\u0153uds du probl\u00e8me, lorsqu&#8217;on s&#8217;interroge sur la violence, est pr\u00e9cis\u00e9ment sa d\u00e9finition. Entre la d\u00e9gradation d&#8217;un bien public ou priv\u00e9 et la violence l\u00e9tale, en passant par les occupations, les s\u00e9questrations, les gr\u00e8ves (d&#8217;aucuns, pas forc\u00e9ment les plus avis\u00e9s, parlent de &#8220;prise d&#8217;otages&#8221;), le spectre est des plus larges. Plus que \u00e7a, il est angoissant pour les tenants du pouvoir ou de l&#8217;opposition institutionnelle puisqu&#8217;ils repr\u00e9sentent autant d&#8217;outils qui vont pouvoir \u00eatre utilis\u00e9s contre eux.<\/p>\n<p>Pourtant, Jean, agriculteur dans le Gard qui n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 monter dans son tracteur pour faire des d\u00e9monstrations de force, nous l&#8217;affirme : <em>\u00ab Fondamentalement, c&#8217;est quoi la diff\u00e9rence entre aller saccager un champ de la FNSEA et une manifestation ? \u00bb<\/em> Pour lui, pas grand chose : on peut inscrire ces deux actions dans des syst\u00e8mes de pens\u00e9e similaires : une action collective visant \u00e0 marquer le point (et pas forc\u00e9ment des points) dans l&#8217;opinion publique, mais surtout \u00e0 cr\u00e9er un rapport de forces avec le pouvoir. \u00c0 une diff\u00e9rence importante pr\u00e8s, comme nous l&#8217;explique po\u00e9tiquement Jean : <em>\u00ab La violence court-circuite et, ce faisant, cr\u00e9e un arc lumineux plus fort qu&#8217;une simple marche \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Par <em>\u00ab arc lumineux \u00bb<\/em>, il faut comprendre attirer l&#8217;attention des m\u00e9dias et des r\u00e9seaux sociaux. Il est vrai que ces deux types d&#8217;acteurs, malgr\u00e9 leurs grandes diff\u00e9rences, sont tr\u00e8s friands d&#8217;images de violence dont la viralit\u00e9 n&#8217;a d&#8217;\u00e9gale que leur propension \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des commentaires \u2013 positifs mais surtout n\u00e9gatifs. Reprenant \u00e0 leur compte, parfois malgr\u00e9 eux, l&#8217;adage selon lequel &#8220;un bad buzz vaut toujours mieux que pas de buzz du tout&#8221;, ils cr\u00e9ent, par leur acte violent, une distorsion inattendue dans le long fleuve tranquille des revendications. Certes, le traitement est la plupart du temps n\u00e9gatif : on pointe leur &#8220;cannibalisation des luttes&#8221;, on parle de &#8220;pulsions&#8221; et on les compare \u00e0 des &#8220;d\u00e9linquants&#8221; \u2013 on va m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 leur refuser toute pens\u00e9e construite. Pourquoi ? Pour les d\u00e9g\u00e2ts engendr\u00e9s dans l&#8217;opinion publique. Ce rapport \u00e0 cet \u00e9trange objet dont Pierre Bourdieu avait pourtant r\u00e9cus\u00e9 l&#8217;existence, est central dans le rejet de la violence par les patrons du Parti communiste fran\u00e7ais (PCF), de La France insoumise, de la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale du travail (CGT) et des principales associations, bref de la gauche dans son sens plus g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<h2>La col\u00e8re sous le d\u00e9sespoir<\/h2>\n<p>Dans les rangs de la gauche critique, le rapport entretenu avec la violence populaire est complexe et surtout changeant. Si, dans les textes fondamentaux m\u00eame de la CGT ou du PCF, \u00e9tait inscrite la n\u00e9cessit\u00e9 de l&#8217;usage de la violence pour renverser l&#8217;ordre bourgeois, aujourd&#8217;hui, les dirigeants de ces m\u00eames organisations sont beaucoup moins enclins \u00e0 utiliser ce concept. Pourtant, encore tr\u00e8s r\u00e9cemment, on se souvient du jeu d&#8217;\u00e9quilibristes auquel ils se pr\u00eataient, refusant de condamner cat\u00e9goriquement la violence tout en s&#8217;en d\u00e9tachant, dans une certaine mesure.<\/p>\n<p>Que ce soit la qu\u00eate de l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie culturelle, de l&#8217;humain d&#8217;abord ou de l&#8217;\u00e9mancipation des travailleuses et des travailleurs, peu sont ceux estimant que l&#8217;on peut se passer d&#8217;une t\u00eate souriante et t\u00e9l\u00e9g\u00e9nique pour porter ses id\u00e9es. D\u00e8s lors, il est bien naturel que des anonymes encagoul\u00e9s, dont le mode d&#8217;action est avant tout une interrogation, soient de nature \u00e0 effrayer. Pourtant, aujourd&#8217;hui, un peu partout dans la gauche, on pointe les blocages des m\u00e9canismes institutionnels et m\u00e9diatiques qui permettraient \u00e0 notre d\u00e9mocratie de v\u00e9ritablement constater \u2013 ou m\u00eame simplement donner \u2013 le pouvoir au peuple. Assez logiquement, on entend donc de plus en plus souvent, dans les manifestations traditionnelles, des remarques cyniques et pleines de d\u00e9sillusions concernant ce mode de revendication.<\/p>\n<p><em>\u00ab La violence, celle des Black blocs et des totos, c&#8217;est pour des bourges en mal d&#8217;action. \u00bb<\/em> C&#8217;est exactement le type d&#8217;assertion tr\u00e8s p\u00e9remptoire qui fait flor\u00e8s sur les r\u00e9seaux sociaux dans les sph\u00e8res militantes de gauche, qu&#8217;elle soit politique ou associative, d\u00e8s que surviennent des violences en marge des manifestations traditionnelles. Au-del\u00e0 du fait qu&#8217;il repose sur une r\u00e9alit\u00e9 sociologique tr\u00e8s douteuse, il traduit le plus souvent l&#8217;impossibilit\u00e9 de d\u00e9passer des exp\u00e9riences personnelles qui se seraient mal pass\u00e9es. Loin d&#8217;\u00eatre des &#8220;l\u00e2ches&#8221; comme on l&#8217;entend et le lit souvent, ils sont probablement avant tout des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s des syst\u00e8mes traditionnels qui veulent tenter <em>\u00ab une approche plus frontale \u2013 et brutale des probl\u00e8mes \u00bb<\/em>, pour reprendre les mots d&#8217;Antoine.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab \u00c0 quoi \u00e7a sert de marcher d&#8217;un point A \u00e0 un point B, gentiment et avec le sourire, si derri\u00e8re, le gouvernement n&#8217;en a rien \u00e0 foutre et a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9dig\u00e9 son communiqu\u00e9 de presse, r\u00e9affirmant sa fermet\u00e9 face \u00e0 une mobilisation qui serait faiblarde, chiffres de la police \u00e0 l&#8217;appui ? \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Le questionnement de Jacques, un ancien militant de la CGT, est assez l\u00e9gitime et s&#8217;inscrit dans la droite ligne des interrogations de toute une partie de la gauche qui lutte dans la rue : pourquoi essayer sans arr\u00eat d&#8217;utiliser les m\u00eames outils, \u00e0 savoir le vote et les mobilisations populaires dans la rue, si l&#8217;on n&#8217;a jamais vraiment gagn\u00e9 la partie depuis cent ans qu&#8217;on les pratique ?<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, il n&#8217;est pas rare d&#8217;entendre qu&#8217;un &#8220;bon coup de poing dans la gueule de l&#8217;oligarchie&#8221;, \u00e7a pourrait (r)\u00e9tablir un rapport de forces. &#8220;N\u00e9cessairement inefficace&#8221;, r\u00e9pondent en c\u0153ur les tenants des partis, des syndicats et des associations traditionnelles. Mais la lassitude de certains de ceux qui luttent, tous les jours ou \u00e9pisodiquement, doit \u00eatre per\u00e7ue \u00e0 l&#8217;aune de la violence exerc\u00e9e par les structures actuelles du pouvoir. Parce que, comme on le dit assez souvent dans les colonnes de <em>Regards<\/em>, Emmanuel Macron et ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, nombre de dirigeants de grandes entreprises et leurs actionnaires, les n\u00e9olib\u00e9raux \u00e0 qui on a donn\u00e9 le pouvoir n&#8217;y vont, et depuis pas mal de temps, pas de main morte. Largement de quoi \u00e9veiller, r\u00e9veiller, voire attiser la col\u00e8re. Et la col\u00e8re, quand elle ne s&#8217;exprime pas, finit toujours par exploser. Le syndrome de la cocotte-minute : c&#8217;est m\u00e9canique.<\/p>\n<h2>Droit d&#8217;insurrection<\/h2>\n<p>Les in\u00e9galit\u00e9s se creusent, les rapports de forces entre les plus domin\u00e9s et les plus dominants sont loin de l&#8217;\u00e9quilibre, les perspectives quant \u00e0 l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation, \u00e0 l&#8217;emploi, \u00e0 la sant\u00e9, aux loisirs pour toutes et tous sont de plus en plus bouch\u00e9es, on licencie, on exploite, on paup\u00e9rise, on exclue. Un responsable CGT-Cheminots nous le glisse m\u00eame : <em>\u00ab On est \u00e0 bout \u00bb<\/em>. La conclusion est donc imm\u00e9diate pour lui : <em>\u00ab La violence que l&#8217;on subit autant que celle dont on est \u00e0 l&#8217;origine nous emp\u00eache de dormir, mais c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 qu&#8217;est son utilit\u00e9 \u00bb<\/em>. Loin d&#8217;une simple loi du Talion ou d&#8217;une r\u00e9action \u00e9pidermique et incontr\u00f4l\u00e9e, il faudrait donc penser la violence comme un inaboutissement n\u00e9cessaire. Mais, l\u00e0 o\u00f9 le b\u00e2t blesse le plus, c&#8217;est lorsque les th\u00e9oriciens essaient de s&#8217;y frotter.<\/p>\n<p><em>\u00ab Lorsqu&#8217;on a un agenda politique, on ne peut pas th\u00e9oriser la violence \u00bb<\/em>, rappelle souvent l&#8217;historien Roger Martelli. Force est de constater qu&#8217;il a l&#8217;histoire de son c\u00f4t\u00e9 et qu&#8217;avec cette lecture, on ne peut totalement lui donner tort. Pour autant, il faut \u00e0 ce stade distinguer les violences : on ne peut faire m\u00eame cas de la violence destructrice de biens priv\u00e9s \u2013 s&#8217;en prendre \u00e0 un McDonald&#8217;s ou \u00e0 un distributeur de billets par exemple \u2013 et celle, potentiellement l\u00e9tale, qui consisterait \u00e0 agresser des personnes. Seulement, on les regroupe bien trop souvent car l&#8217;affrontement avec ce que l&#8217;on appelle les forces de l&#8217;ordre, \u00e0 savoir la police et l&#8217;arm\u00e9e, vient souvent faire glisser la premi\u00e8re vers la seconde.<\/p>\n<p>C&#8217;est donc une peur, sans doute assez l\u00e9gitime, de l&#8217;absence de possibilit\u00e9 r\u00e9elle d&#8217;encadrement d&#8217;affects \u00e9motionnels trop puissants, qui serait \u00e0 l&#8217;origine de la d\u00e9fiance de la violence. Et de revenir, <em>de facto<\/em>, \u00e0 la traditionnelle d\u00e9tention du monopole de la violence l\u00e9gitime par l&#8217;\u00c9tat, et uniquement par l&#8217;\u00c9tat. Seulement, d&#8217;aucuns consid\u00e8rent aujourd&#8217;hui l&#8217;\u00c9tat comme un ennemi : on le d\u00e9signe souvent comme raciste, aux mains des lobbies, destructeur de la coh\u00e9sion sociale\u2026 Peut-on faire feu de tout bois lorsque les agressions \u00e0 l&#8217;encontre de pans entiers de notre soci\u00e9t\u00e9 sont aussi importantes qu&#8217;actuellement ?<\/p>\n<p>\u00c9douard Louis, auteur de <em>Histoire de la violence<\/em>, poursuit ainsi son travail sur la violence \u00e0 travers la litt\u00e9rature pour d\u00e9crire la violence symbolique, celle qui s&#8217;exprime dans les quartiers populaires, les foyers modestes, les personnes pr\u00e9caires. <em>\u00ab La politique est une question de vie ou de mort pour les domin\u00e9s \u00bb<\/em>, affirme-t-il. Et d&#8217;ajouter : <em>\u00ab L&#8217;histoire de ta vie est l&#8217;histoire de ces personnes qui se sont succ\u00e9d\u00e9 pour t&#8217;abattre. L&#8217;histoire de ton corps est l&#8217;histoire de ces noms qui se sont succ\u00e9d\u00e9 pour te d\u00e9truire. L&#8217;histoire de ton corps accuse l&#8217;histoire politique. \u00bb<\/em> Peut-on consid\u00e9rer, face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, qu&#8217;il y a lieu de convoquer la l\u00e9gitime d\u00e9fense pour que le peuple ait recours \u00e0 la violence ? En 1793, la r\u00e9ponse eut \u00e9t\u00e9 \u00e9vidente : l&#8217;insurrection est un droit. En effet, la Constitution de 1793, mise \u00e0 l&#8217;\u00e9cart du bloc de constitutionalit\u00e9 en vigueur actuellement, pr\u00e9cise \u00e0 l&#8217;article 35 :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l&#8217;insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacr\u00e9 des droits et le plus indispensable des devoirs. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Et de se dire qu&#8217;il est d\u00e9cid\u00e9ment temps que le peuple et chaque portion du peuple retrouvent pleinement leurs droits. \u00c0 moins qu&#8217;une r\u00e9volution ne passe par l\u00e0\u2026 pour tout r\u00e9\u00e9crire. \u00c0 commencer par une nouvelle Constitution ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/pablo-pillaud-vivien-2445\"><strong>Pablo Pillaud-Vivien<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Devant le constat de l&#8217;inefficacit\u00e9 des mobilisations traditionnelles face \u00e0 l&#8217;obstination du pouvoir, transgresser l&#8217;interdit de la violence n&#8217;est peut-\u00eatre pas une fin en soi, mais cela permet parfois de continuer \u00e0 r\u00e9sister.<\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[329,499,381],"class_list":["post-11402","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actu","tag-forces-de-lordre","tag-manifestation","tag-violences"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11402","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11402"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11402\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11402"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11402"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11402"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}