{"id":11379,"date":"2018-12-11T13:34:00","date_gmt":"2018-12-11T12:34:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-les-gilets-jaunes-sont-ils-a-la-france-ce-que-les-journees-de-juin-2013-furent\/"},"modified":"2023-06-23T23:33:20","modified_gmt":"2023-06-23T21:33:20","slug":"article-les-gilets-jaunes-sont-ils-a-la-france-ce-que-les-journees-de-juin-2013-furent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11379","title":{"rendered":"Les gilets jaunes sont-ils \u00e0 la France ce que les journ\u00e9es de juin 2013 furent au Br\u00e9sil ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Malgr\u00e9 la distance sociale et historique qui s\u00e9pare le Br\u00e9sil de 2013 et la France de 2018, les ressemblances entre les &#8220;journ\u00e9es de juin&#8221; et les &#8220;gilets jaunes&#8221; sont frappantes. Analyse par le sociologue et co-pr\u00e9sident de l\u2019association &#8220;Autres Br\u00e9sils&#8221; Glauber Sezerino.<\/p>\n<p>Le titre de ce texte peut para\u00eetre quelque peu \u00e9trange. Qu\u2019est-ce que le Br\u00e9sil de 2013 pourrait offrir \u00e0 une France \u00e9branl\u00e9e par la mouvance des gilets jaunes de ces derni\u00e8res semaines ? En quoi le regard sur les mouvances politiques br\u00e9siliennes d\u2019il y a cinq ans permettrait une meilleure compr\u00e9hension du moment fran\u00e7ais actuel ?<\/p>\n<p>Ce pari intellectuel semble perdu d\u2019avance au vu de la distance sociale et chronologique entre ces deux &#8220;mouvements&#8221;. Rien de plus compliqu\u00e9 que de comparer des mondes sociaux si diff\u00e9rents, si \u00e9loign\u00e9s en mati\u00e8re de structuration et de hi\u00e9rarchie sociale, avec une difficult\u00e9 suppl\u00e9mentaire due aux cinq ans qui s\u00e9parent les deux moments historiques. Plus qu\u2019un exercice de politique de comptoir, l\u2019objectif de ces lignes est pourtant d\u2019offrir un point de d\u00e9part, et surtout un d\u00e9centrement du regard pour mieux r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019actualit\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>En effet, les ressemblances entre ces diff\u00e9rentes r\u00e9alit\u00e9s sociales sont frappantes. Comme en 2013 au Br\u00e9sil, la France de cette fin d\u2019ann\u00e9e 2018 voit un mouvement diffus, d\u2019origine &#8220;spontan\u00e9e&#8221; et partant d\u2019une demande concr\u00e8te li\u00e9e \u00e0 la question de la mobilit\u00e9 mettre le feu dans les rues du pays. Dans les deux cas, un incendie social vient d\u00e9stabiliser les structures d\u2019une R\u00e9publique apparemment solide et en m\u00eame temps nier la soi-disant apathie des couches moyennes-pauvres des deux pays.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em>[<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/societe\/article\/tribunes-de-quoi-les-gilets-jaunes-sont-ils-le-nom\">TRIBUNES] 18 personnalit\u00e9s livrent leurs regards sur les gilets jaunes<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi qu\u2019au Br\u00e9sil, le mouvement fran\u00e7ais \u00e9volue \u00e0 une vitesse telle qu\u2019il agr\u00e8ge des nouvelles demandes quotidiennement, laissant derri\u00e8re lui chaque porte-parole auto-proclam\u00e9 la veille. Des taxes sur le carburant, nous avan\u00e7ons vers une discussion de fond sur le r\u00f4le de l\u2019\u00c9tat et sa fiscalit\u00e9, sur la contraction constante et in\u00e9gale des salaires, ainsi que sur les violences polici\u00e8res ou encore sur les m\u00e9canismes d\u2019int\u00e9gration politique propres \u00e0 la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Tout cela sous un climat de ras-le-bol g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 contre le chef d\u2019\u00c9tat et son gouvernement, radicalement dissoci\u00e9s de la population.<\/p>\n<p>Ainsi qu\u2019au Br\u00e9sil, la difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9finir le sens et les appartenances id\u00e9ologiques du mouvement a d\u00e9stabilis\u00e9 plus d\u2019un analyste. Mouvance n\u00e9o ou proto-fasciste pour certains, insurgence populaire pour d\u2019autres. Plus qu\u2019un mouvement clairement d\u00e9fini dont les r\u00e9sultats politiques seraient d\u00e9termin\u00e9s au d\u00e9part, le moment d\u00e9bouche sur l\u2019ouverture d\u2019un espace de dissensus social r\u00e9el qui est par essence propice aux disputes politiques de tout genre : autour du sens, de la port\u00e9e et des possibles futurs.<\/p>\n<p>Ainsi qu\u2019au Br\u00e9sil, les propositions pr\u00e9sent\u00e9es par le chef d\u2019\u00c9tat et ses repr\u00e9sentants ne sont pas \u00e0 la hauteur des enjeux. Elles ne font qu\u2019attiser une col\u00e8re de plus en plus g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, faisant ainsi converger des groupes sociaux jusque-l\u00e0 occupants des positions diff\u00e9rentes sur l\u2019\u00e9chiquier politique. Avec cette convergence, l\u2019unique r\u00e9ponse donn\u00e9e est la r\u00e9pression : du nombre des grenades lanc\u00e9es en passant par des sc\u00e8nes grotesques des lyc\u00e9ennes et lyc\u00e9ens menott\u00e9s et \u00e0 genoux au nombre des gardes \u00e0 vue, tous les records semblent \u00eatre battus ces derniers jours.<\/p>\n<h2>L&#8217;\u00e9chec de la gauche br\u00e9silienne&#8230;<\/h2>\n<p>Entre les deux situations historiques, une particularit\u00e9 conjoncturelle majeure est pourtant \u00e0 remarquer : aux tropiques, la cheffe d\u2019\u00c9tat en 2013 repr\u00e9sentait un gouvernement de centre-gauche qui a manqu\u00e9 aux promesses d\u2019une int\u00e9gration sociale et \u00e9conomique durable des &#8220;nouvelles classes moyennes&#8221;. En ayant rendu possible l\u2019insertion de toute une partie de la population au march\u00e9 du travail formel, aux droits qui en d\u00e9coulent et \u00e0 un march\u00e9 de consommation des biens durables, le gouvernement du Parti des Travailleurs au Br\u00e9sil n\u2019a pourtant pas pu faire face \u00e0 la crise \u00e9conomique mondiale initi\u00e9e en 2008. L\u2019arriv\u00e9e au pays de cette crise au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 a en effet bloqu\u00e9 une ascension sociale promise par les efforts &#8220;d\u00e9veloppementistes&#8221; du parti de Lula. M\u00e9contents et d\u00e9laiss\u00e9s par des politiques \u00e9conomiques \u00e0 chaque fois plus en accord avec les id\u00e9aux n\u00e9o-lib\u00e9raux, ces &#8220;nouvelles classes moyennes&#8221; se sont alors lanc\u00e9es dans les &#8220;journ\u00e9es de juin&#8221;.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette configuration sociale particuli\u00e8re, une bonne partie de la gauche, notamment celle plus proche du gouvernement en place, a choisi d\u2019abandonner les rues en 2013, en croyant que la d\u00e9fense du gouvernement tenu par le Parti des Travailleurs \u00e9tait prioritaire. Le pari politique \u00e9tant qu\u2019ainsi faisant elles ne serviraient pas comme masse de man\u0153uvre \u00e0 l\u2019opposition de droite repr\u00e9sent\u00e9e par des partis de l\u2019ordre ou encore par les grands groupes m\u00e9diatiques. Le choix pour cette gauche a \u00e9t\u00e9 de r\u00e9soudre la crise par le haut, avec une proposition de r\u00e9forme des instances politiques de la nouvelle r\u00e9publique via une assembl\u00e9e constituante restreinte.<\/p>\n<p>Nulle mention \u00e0 ce moment d\u2019une vraie r\u00e9forme fiscale visant le syst\u00e8me d\u2019imp\u00f4ts r\u00e9gressif via la taxation des grandes fortunes ou encore une mise en question du caract\u00e8re n\u00e9o-colonial de l\u2019\u00e9conomie nationale, vou\u00e9e \u00e0 exporter des mati\u00e8res premi\u00e8res et acheter dans le march\u00e9 international ses produits manufactur\u00e9s. Nulle mention de leur part non plus \u00e0 un \u00e9largissement des services publics ou \u00e0 la fin d\u2019une la violence d\u2019\u00c9tat structurelle, dans un pays o\u00f9 les forces de l\u2019ordre sont responsables pour plus de 5000 homicides par an !<\/p>\n<h2>&#8230; ouvre la porte \u00e0 la droite&#8230;<\/h2>\n<p>En abandonnant la politique des rues, en cherchant seulement \u00e0 capitaliser rh\u00e9toriquement ce sentiment l\u00e9gitime de ras-le-bol et en se montrant en de\u00e7\u00e0 des enjeux sociaux avec une proposition de sortie institutionnelle de la crise, la gauche br\u00e9silienne a ainsi rat\u00e9 une opportunit\u00e9 en 2013. Ce faisant, elle a laiss\u00e9 la voie ouverte \u00e0 la victoire politique d\u2019une nouvelle droite naissante : pas repr\u00e9sent\u00e9e par les partis de l\u2019ordre et constitu\u00e9e par une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration des membres des anciennes classes moyennes conservatrices, cette droite \u00e9tait clairement moins soucieuse des institutions d\u00e9mocratiques et \u00e9tait centr\u00e9e sur la d\u00e9fense de ses privil\u00e8ges.<\/p>\n<p>Apparue lors des &#8220;journ\u00e9es de juin&#8221;, cette nouvelle droite se composait d\u2019un ensemble h\u00e9t\u00e9roclite d\u2019organisations et groupuscules, sans lien apparent au-del\u00e0 de l\u2019aversion pour les valeurs reconnues comme \u00e9tant &#8220;de gauche&#8221;. Habill\u00e9es en jaune et vert avec le maillot de l\u2019\u00e9quipe nationale de foot, ces militantes et militants de droite n\u2019ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s qu\u2019apr\u00e8s coup. Pass\u00e9 le mois de juin, ils continuaient d\u2019occuper les rues du pays, les m\u00e9dias et les r\u00e9seaux sociaux en affichant enfin leurs intentions et objectifs. Au d\u00e9part limit\u00e9e \u00e0 quelques dizaines d\u2019activistes financ\u00e9s par des r\u00e9seaux internationaux de l\u2019extr\u00eame droite et n\u00e9o-cons, cette nouvelle droite n\u2019a cess\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir de l\u2019importance sur la sc\u00e8ne politique, notamment en utilisant la campagne pour la destitution de Dilma Rousseff pendant l\u2019ann\u00e9e 2016.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette mouvance, la gauche traditionnelle s\u2019est de plus en plus r\u00e9duite \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019h\u00e9ritage du gouvernement du Parti des Travailleurs repr\u00e9sent\u00e9e par les mandats de Lula et Dilma Rousseff. Aucune mise en question de l\u2019inefficacit\u00e9 des politiques \u00e9conomiques aust\u00e8re t\u00e9nue par la pr\u00e9sidence en place ni aucun effort r\u00e9el pour disputer le sens et les aboutissants des m\u00e9contentements populaires exprim\u00e9s lors des journ\u00e9es de juin.<\/p>\n<h2>&#8230; et \u00e0 l&#8217;extr\u00eame droite<\/h2>\n<p>Or, ces choix politiques se payent maintenant. L\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau pr\u00e9sident br\u00e9silien de claire ascendance fasciste est plus que la victoire \u00e9lectorale due simplement aux conseils vendus par le gourou Steve Banon \u00e0 son \u00e9quipe de campagne ou en raison de l\u2019usage massif des <em>fake news<\/em> diffus\u00e9es sur les r\u00e9seaux sociaux. Elle est aussi et surtout le r\u00e9sultat d\u2019une importante victoire de cette nouvelle droite d\u00e9complex\u00e9e qui n\u2019a pas rencontr\u00e9 trop de difficult\u00e9s \u00e0 porter son discours dans les rues du pays et pour qui les principes de type fasciste ne sont pas \u00e0 d\u00e9plorer.<\/p>\n<p>Ici encore une ressemblance avec la situation fran\u00e7aise semble sauter aux yeux : en utilisant des r\u00e9seaux sociaux, des groupes identitaires, voir n\u00e9o-fascistes ainsi que de partis d\u2019extr\u00eame droite appartenant \u00e0 l\u2019ordre \u00e9tabli font appel \u00e0 une d\u00e9mocratie directe 2.0 pour court-circuiter les instances de concertation nationale repr\u00e9sent\u00e9es par la politique institutionnelle, les partis et les syndicats.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, dans l\u2019hexagone (et ses colonies) o\u00f9 \u00e9mergent des gilets jaunes, dix ans apr\u00e8s le d\u00e9but de la crise de 2008, la t\u00eate de l\u2019\u00c9tat est tenue par un pr\u00e9sident ultra-lib\u00e9ral qui fait la sourde oreille aux m\u00e9contentements et d\u00e9tresses d\u2019une classe moyenne constamment appauvrie par des plans d\u2019ajustement structurel cons\u00e9cutifs, de gestion manag\u00e9riale des services publiques et par une r\u00e9duction constante du pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n<h2>Diff\u00e9rences franco-fran\u00e7aises<\/h2>\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence de ce qu\u2019a v\u00e9cu le Br\u00e9sil en 2013, les demandes fran\u00e7aises semblent \u00e9voluer vers des probl\u00e9matiques qui mettent en porte-\u00e0-faux ces groupes d\u2019extr\u00eame droite. La question salariale, les in\u00e9galit\u00e9s fiscales et les violences polici\u00e8res \u00e9tant des contradictions majeures au sein de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, les demandes faites actuellement par le mouvement bloqueraient de fait la capacit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9ration par le discours anti-solidaire propre \u00e0 ces secteurs politiques.<\/p>\n<p>La conjoncture politique fran\u00e7aise permet <em>a contrario<\/em> que syndicats, partis, collectifs f\u00e9ministes et autres groupes plus proches des diff\u00e9rentes gauches anti-lib\u00e9rales investissent le soul\u00e8vement populaire des couches moyennes appauvries. Plus important encore, l\u2019actualit\u00e9 politique fran\u00e7aise a ouvert la porte aux alliances avec les demandes des populations non-blanches des zones p\u00e9riph\u00e9riques des grands centres urbains. \u00c0 cela vient s\u2019ajouter l\u2019arriv\u00e9e des lyc\u00e9ennes et lyc\u00e9ens, \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants, pour qui l\u2019actuel gouvernement ne fait que proposer un futur de pr\u00e9carit\u00e9 et un pr\u00e9sent autoritaire.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les \u00e9ventuelles r\u00e9ticences d\u2019intellectuels ou de repr\u00e9sentants des mouvements de la gauche traditionnelle par rapport \u00e0 la capacit\u00e9 qu\u2019aurait l\u2019extr\u00eame droite \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer les gilets jaunes, des syndicats, des f\u00e9ministes, des jeunes et des &#8220;mouvements des quartiers&#8221; sont \u00e9galement en train de disputer le sens des \u00e9v\u00e9nements. En effet, ils et elles ne cessent de dire haut et fort : l\u2019abandon dont sont victimes les gilets jaunes est semblable \u00e0 celui v\u00e9cu par les jeunes, par les femmes, par celles et ceux qui ne correspondent pas \u00e0 l\u2019identit\u00e9 forg\u00e9e par la R\u00e9publique fran\u00e7aise (homme, blanc et riche). De leur point de vue, et face \u00e0 cet abandon, une alliance est plus que jamais \u00e0 l\u2019ordre du jour.<\/p>\n<h2>Convergence des luttes ?<\/h2>\n<p>Une telle alliance pourra se faire, semble-t-il, sur la base d\u2019une restructuration fiscale profonde, d\u2019un \u00e9largissement cons\u00e9quent des services publics et d\u2019une mise en question du r\u00f4le de la violence dite l\u00e9gitime utilis\u00e9e par l\u2019\u00c9tat pour g\u00e9rer le dissensus propre au fonctionnement social. Voici le programme qui semble sortir des derni\u00e8res journ\u00e9es de mobilisation : pas de quartier pour l\u2019extr\u00eame droite, pour un partage \u00e9quitable de la richesse et pour une d\u00e9mocratie de fait \u00e0 toutes et tous.<\/p>\n<p>Plus que jamais, le moment demande une alliance entre gilets jaunes, &#8220;gauchistes&#8221; de toute heure, jeunes pr\u00e9caires et populations non-blanches d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es par une R\u00e9publique des riches, blancs et ultra-lib\u00e9raux. Seule cette \u00e9ventuelle alliance peut r\u00e9ellement s\u2019opposer \u00e0 l\u2019avancement d\u2019un fascisme qui n\u2019arr\u00eate pas de ronger le pr\u00e9sent. Apr\u00e8s tout, c\u2019est lui l\u2019ennemi le plus urgent.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11379 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/befunky-collage-74-dad-scaled.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/befunky-collage-74-dad-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"befunky-collage-74.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 la distance sociale et historique qui s\u00e9pare le Br\u00e9sil de 2013 et la France de 2018, les ressemblances entre les &#8220;journ\u00e9es de juin&#8221; et les &#8220;gilets jaunes&#8221; sont frappantes. 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