{"id":11305,"date":"2018-11-12T11:41:00","date_gmt":"2018-11-12T10:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-la-strategie-de-melenchon-se-discute\/"},"modified":"2018-11-12T11:41:00","modified_gmt":"2018-11-12T10:41:00","slug":"article-la-strategie-de-melenchon-se-discute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11305","title":{"rendered":"La strat\u00e9gie de M\u00e9lenchon se discute"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En quelques semaines, la France Insoumise a accumul\u00e9 des positions qui dessinent une nouvelle strat\u00e9gie. Comment la comprendre\u202f? Analyses et discussion de ce nouveau moment M\u00e9lenchon.<\/p>\n<p>La France Insoumise est-elle en train de changer de strat\u00e9gie ? Quelle est cette nouvelle \u00e9tape du mouvement de Jean-Luc M\u00e9lenchon\u202f? Quelle est sa coh\u00e9rence\u202f? En quelques semaines, on a assist\u00e9 aux r\u00e9actions m\u00e9morables face aux perquisitions disproportionn\u00e9es, aux attaques de Jean-Luc M\u00e9lenchon contre le <em>\u00ab parti m\u00e9diatique \u00bb<\/em>, \u00e0 la distance \u00e0 l\u2019\u00e9gard du <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/150-personnalites-signent-le-manifeste-pour-l-accueil-des-migrants\">Manifeste pour l\u2019accueil des migrants<\/a>, au soutien chaque jour plus affirm\u00e9 des <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/manif-du-17-novembre-la-gauche-peut-elle-sortir-de-l-embarras\">blocages du 17 novembre contre les taxes sur l\u2019essence<\/a>\u2026 Autant de prises de position, dans le noyau dirigeant de la France insoumise, qui semblent dessiner une nouvelle coh\u00e9rence que l\u2019on peut interroger.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/manif-du-17-novembre-la-gauche-peut-elle-sortir-de-l-embarras\">Manif du 17 novembre : la gauche peut-elle sortir de l\u2019embarras ?<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>Une nouvelle strat\u00e9gie\u202f?<\/h2>\n<p>En politique, plus que dans tout autre domaine, le fond et la forme sont ins\u00e9parables. Du c\u00f4t\u00e9 de la France Insoumise, la s\u00e9quence politique de ces derniers mois peut \u00eatre lue comme indiquant une inflexion strat\u00e9gique vers un <em>populisme de gauche<\/em>\u202fplus affirm\u00e9. Le mouvement de Jean-Luc M\u00e9lenchon est trop influent et le moment politique trop pr\u00e9occupant, pour que cette hypoth\u00e8se ne soit pas discut\u00e9e.<\/p>\n<p>Depuis des ann\u00e9es, Jean-Luc M\u00e9lenchon a la conviction que la p\u00e9riode historique est in\u00e9dite et qu\u2019elle appelle de l\u2019invention politique. La d\u00e9mocratie, qui \u00e9tait sortie revivifi\u00e9e du combat contre les fascismes, est d\u00e9sormais dans une crise d\u2019une profondeur inou\u00efe. Le peuple, ce souverain th\u00e9orique de nos institutions, est marginalis\u00e9, d\u00e9mobilis\u00e9, d\u00e9sorient\u00e9. Il n\u2019est plus, comme autrefois, partag\u00e9 entre l\u2019enthousiasme et la col\u00e8re, mais entre la sid\u00e9ration et le ressentiment, oscillant entre la mise en retrait (l\u2019abstention civique) et la tentation du <em>sortez-les tous\u202f!<\/em> Nous sommes au bout d\u2019un long cycle d\u00e9mocratique, dont la crise globale interdit toute continuation \u00e0 l\u2019identique des mod\u00e8les jusqu\u2019alors usit\u00e9s.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette \u00e9volution, les gouvernants tiennent le m\u00eame discours, depuis plus de trois d\u00e9cennies : il faut faire barrage face aux extr\u00eames et sauver la d\u00e9mocratie, en rassemblant les mod\u00e9r\u00e9s des deux rives, \u00e0 droite comme \u00e0 gauche, autour des seules options raisonnables, l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et la d\u00e9mocratie des <em>comp\u00e9tences<\/em>. Or, m\u00eame rassembl\u00e9es, les \u00e9lites au pouvoir sont balay\u00e9es dans les urnes, par les Orban, Salvini et autres Bolsonaro. Inutile donc de compter sur ces <em>mod\u00e9r\u00e9s<\/em>\u202fpour \u00e9viter le naufrage d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se de M\u00e9lenchon est qu\u2019il n\u2019est plus temps de canaliser les col\u00e8res pour les guider vers les rep\u00e8res classiques de la gauche et du mouvement ouvrier. L\u2019ouragan de la crise a balay\u00e9 tout sur son passage, ne laissant dans son sillage que le constat violent du foss\u00e9 qui s\u00e9pare irr\u00e9m\u00e9diablement le <em>peuple<\/em>\u202fet les <em>\u00e9lites<\/em>. Les rationalit\u00e9s politiques classiques n\u2019agissant plus, il n\u2019y a pas d\u2019autre choix que de se couler dans le flux des \u00e9motions populaires, en \u00e9pousant le mouvement des col\u00e8res.<\/p>\n<p>D\u2019abord rendre visible que l\u2019on est du parti du peuple ; alors la possibilit\u00e9 sera ouverte de disputer sa primaut\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite, en montrant qu\u2019elle n\u2019est pas en \u00e9tat de satisfaire aux attentes, d\u2019apaiser les douleurs et de surmonter les frustrations populaires. De cette intuition d\u00e9coulent une suggestion et un pari. La suggestion est que, d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9voy\u00e9e, l\u2019extr\u00eame droite est du c\u00f4t\u00e9 du peuple, contre les \u00e9lites de l\u2019Union europ\u00e9enne. Le pari est que, en acceptant ce constat, on peut toucher les c\u0153urs et les cerveaux de ceux qui se tournent vers cette extr\u00eame droite et leur montrer qu\u2019ils font fausse route.<\/p>\n<blockquote><p>Les cat\u00e9gories populaires ne sont devenues peuple que lorsqu\u2019elles ont combin\u00e9 ce qu\u2019elles refusaient et ce \u00e0 quoi elles aspiraient, lorsqu\u2019elles ont mari\u00e9 leurs col\u00e8res et leur esp\u00e9rance.<\/p><\/blockquote>\n<p><em>Nous-le peuple<\/em> et <em>eux-les \u00e9lites<\/em> : telle serait la figure renouvel\u00e9e du vieil antagonisme de classes qui opposa jadis le noble et les paysans, puis les ouvriers et le patron. Le but, d\u00e9sormais, ne serait plus de rassembler les domin\u00e9s, mais d\u2019instituer un peuple dans les cadres de la nation. Qu\u2019est-ce que le peuple, selon M\u00e9lenchon\u202f? Tout ce qui n\u2019est pas l\u2019\u00e9lite. S\u2019il prend conscience de lui-m\u00eame, c\u2019est donc par la d\u00e9testation de tout ce que l\u2019on d\u00e9signe comme des \u00e9lites, renvoy\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 du <em>eux<\/em>\u202f: la caste, la supranationalit\u00e9, Bruxelles, Berlin, la mondialisation, le parti m\u00e9diatique, les bons sentiments voire la &#8220;g\u00f4che&#8221;, ce terme qui vient tout droit de l\u2019extr\u00eame droite des ann\u00e9es trente.<\/p>\n<p>Les soubassements th\u00e9oriques du &#8220;populisme de gauche&#8221; revendiqu\u00e9 sont connus : la paternit\u00e9 intellectuelle en revient \u00e0 Ernesto Laclau, et l\u2019usage contemporain \u00e0 Chantal Mouffe. On soulignera ici sa faible consistance historique et, plus encore, son extr\u00eame danger politique.<\/p>\n<h2>Les pi\u00e8ges du &#8220;populisme de gauche&#8221;<\/h2>\n<p>La dialectique du <em>eux<\/em>\u202fet du <em>nous<\/em> est certes un moment indispensable pour que des individus aient conscience de ce qu\u2019ils forment un tout. Du temps de la f\u00e9odalit\u00e9, <em>ceux du village<\/em> s\u2019opposaient instinctivement \u00e0 <em>ceux du ch\u00e2teau<\/em>. Puis le <em>nous<\/em> des ouvriers se constitua en groupe distinct, contre la galaxie des ma\u00eetres d\u2019usines. Mais la prise de conscience \u00e9l\u00e9mentaire de faire groupe n\u2019a jamais suffi \u00e0 faire classe et, plus encore, \u00e0 faire peuple.<\/p>\n<p>Pour que les ouvriers dispers\u00e9s se d\u00e9finissent en classe, il a fallu qu\u2019ils deviennent un mouvement de lutte agissante, contestant leur place subalterne et aspirant \u00e0 la reconnaissance et \u00e0 la dignit\u00e9. Et pour passer de la classe qui lutte au peuple qui aspire \u00e0 diriger, il a fallu que grandisse la conscience que la domination de quelques-uns n\u2019avait rien de fatal et que seul le pouvoir r\u00e9el du plus grand nombre \u00e9tait l\u00e9gitime pour r\u00e9guler le grand tout social. Les cat\u00e9gories populaires ne sont devenues peuple que lorsqu\u2019elles ont combin\u00e9 ce qu\u2019elles refusaient et ce \u00e0 quoi elles aspiraient, lorsqu\u2019elles ont mari\u00e9 leurs col\u00e8res et leur esp\u00e9rance.<\/p>\n<p>C\u2019est par ce mariage que la France monarchique a bascul\u00e9 en quelques semaines de la jacquerie paysanne et de <em>l\u2019\u00e9motion<\/em> urbaine \u00e0 la r\u00e9volution populaire. De la m\u00eame mani\u00e8re, c\u2019est en reliant la lutte ouvri\u00e8re et la <em>Sociale<\/em> que les ouvriers se sont institu\u00e9s en acteurs politiques, devenant peu \u00e0 peu la figure centrale d\u2019un peuple en mouvement. \u00c0 la diff\u00e9rence de ce qu\u2019affirme Jean-Claude Mich\u00e9a, c\u2019est en r\u00e9alisant la jonction du mouvement ouvrier et de la gauche politique que s\u2019est op\u00e9r\u00e9e l\u2019alchimie qui a boulevers\u00e9 la vie politique fran\u00e7aise et l\u2019histoire ouvri\u00e8re, \u00e0 la charni\u00e8re des XIXe et XXe si\u00e8cles.<\/p>\n<blockquote><p>Imaginer que la d\u00e9testation du <em>eux<\/em> est \u00e0 m\u00eame d\u2019instituer le peuple en acteur politique majeur est une faute.<\/p><\/blockquote>\n<p>Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a plus de groupe central en expansion, mais les cat\u00e9gories populaires, qui forment la masse des exploit\u00e9s et des domin\u00e9s, sont toujours largement majoritaires. Elles sont toutefois \u00e9clat\u00e9es, dispers\u00e9es par les reculs de l\u2019\u00c9tat-providence, la pr\u00e9carisation, l\u2019instabilit\u00e9 financi\u00e8re, l\u2019effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re des reculs, des compromissions, des abandons. Pire, l\u2019esp\u00e9rance a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9e par les \u00e9checs du XXe si\u00e8cle. L\u2019espoir d\u00e9\u00e7u, les responsabilit\u00e9s du mal-\u00eatre se faisant \u00e9vanescentes, tout se passe comme si ne restait que le ressentiment, nourri par la d\u00e9signation habituelle des boucs \u00e9missaires, substituts aux causes mal per\u00e7ues des malheurs d\u2019une \u00e9poque.<\/p>\n<p>Imaginer que la d\u00e9testation du <em>eux<\/em> est \u00e0 m\u00eame d\u2019instituer le peuple en acteur politique majeur est une faute. \u00c0 ce jeu, on nourrit l\u2019id\u00e9e qu\u2019il suffirait de changer les hommes, \u00e0 la limite de proc\u00e9der au <em>grand remplacement<\/em>, pour retrouver des dynamiques plus vertueuses. Or l\u2019essentiel n\u2019est pas de se dresser contre l\u2019\u00e9lite ou la caste, mais de combattre des logiques sociales ali\u00e9nantes qui \u00e9rigent un mur infranchissable entre exploiteurs et exploit\u00e9s, dominants et domin\u00e9s, peuple et \u00e9lites. Le peuple ne devient pas souverain par le ressentiment qui l\u2019anime, mais par le projet \u00e9mancipateur qu\u2019il propose \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re. L\u2019objectif strat\u00e9gique n\u2019est donc pas de soulever <em>ceux d\u2019en bas<\/em>\u202fcontre <em>ceux d\u2019en haut<\/em>, mais de rassembler les domin\u00e9s pour qu\u2019ils s\u2019\u00e9mancipent enfin, par eux-m\u00eames, de toutes les tutelles qui ali\u00e8nent leur libert\u00e9. Il n\u2019y a pas de voie de contournement ou de raccourci tactique pour parvenir \u00e0 cet objectif.<\/p>\n<p>Le <em>\u00ab populisme de gauche \u00bb<\/em> se veut une m\u00e9thode de mobilisation et non une th\u00e9orie ou un projet global. Or l\u2019histoire sugg\u00e8re qu\u2019il n\u2019est pas possible de s\u00e9parer le projet et la m\u00e9thode, le but et le moyen. Les grands partis ouvriers des deux si\u00e8cles pass\u00e9s ne se voulurent pas seulement populaires ou ouvriers\u202f; ils ne cherch\u00e8rent pas seulement \u00e0 repr\u00e9senter un groupe. Pour fonder le d\u00e9sir d\u2019imposer la dignit\u00e9 ouvri\u00e8re, ils mirent en avant le projet de soci\u00e9t\u00e9 capable de produire durablement cette dignit\u00e9. Ils ne furent donc pas <em>populistes<\/em>, comme dans la Russie du XIXe si\u00e8cle, mais <em>anarchistes<\/em>, <em>socialistes<\/em>\u202fou <em>communistes<\/em>. Dans l\u2019ensemble, la plupart ne succomb\u00e8rent pas \u00e0 la tentation de rejeter, dans la m\u00eame d\u00e9testation, tout ce qui \u00e9tait en dehors du <em>nous<\/em>\u202fouvrier.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas un hasard, si la grande figure historique fut en France celle de Jaur\u00e8s. Dans le m\u00eame mouvement, il refusait de laisser au radicalisme mollissant le monopole de l\u2019id\u00e9e r\u00e9publicaine et il ne se r\u00e9signait pas au foss\u00e9 s\u00e9parant le socialisme et le syndicalisme r\u00e9volutionnaire. Quoi qu\u2019en disent les Mich\u00e9a et ceux qui les encensent, c\u2019est cet \u00e9tat d\u2019esprit de rigueur et d\u2019ouverture qui doit primer encore, avec les mots et les sensibilit\u00e9s de notre temps.<\/p>\n<h2>Une strat\u00e9gie efficace \u00e0 terme ?<\/h2>\n<p>Est-il r\u00e9aliste de disputer \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite sa primaut\u00e9, en s\u2019installant dans l\u2019environnement mental qui fait aujourd\u2019hui sa force\u202f? Voil\u00e0 quelques d\u00e9cennies, la social-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne se convainquit de ce que, le capitalisme l\u2019ayant emport\u00e9 sur le sovi\u00e9tisme, il fallait s\u2019emparer des fondamentaux du lib\u00e9ralisme dominant pour l\u2019infl\u00e9chir dans un sens plus <em>social<\/em>. Le socialisme se fit alors social-lib\u00e9ralisme\u202fet, par ce choix, il pr\u00e9cipita l\u2019id\u00e9e socialiste dans la d\u00e9b\u00e2cle. Le pari du <em>\u00ab populisme de gauche \u00bb<\/em> revient \u00e0 faire de m\u00eame avec le populisme de l\u2019autre rive. Mais c\u2019est au risque des m\u00eames m\u00e9saventures.<\/p>\n<p>Prenons le cas de la question migratoire. Que cela plaise ou non, l\u2019obsession migratoire sera au c\u0153ur des d\u00e9bats politiques \u00e0 venir, parce qu\u2019elle s\u2019est h\u00e9las incrust\u00e9e dans le champ des repr\u00e9sentations sociales. Pour en minorer les effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, il ne suffira pas de se r\u00e9clamer de la primaut\u00e9 du <em>social<\/em>. L\u2019extr\u00eame droite, comme elle le montre en Italie, ne d\u00e9daignera pas en effet de se placer sur ce terrain. Elle se contentera d\u2019ajouter ce qui semble une v\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00e9vidence et qui fait sa force : la part du g\u00e2teau disponible pour les <em>natifs<\/em>\u202fsera d\u2019autant plus grande que les convives seront moins nombreux autour de la table. Tarissons les flux migratoires et nous aurons davantage \u00e0 nous partager\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/idees\/article\/migrations-le-debat-pas-la-guerre-reponse-a-jean-luc-melenchon\">Migrations, le d\u00e9bat, pas la guerre : r\u00e9ponse \u00e0 Jean-Luc M\u00e9lenchon<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Prenons l\u2019autre cas, celui de la d\u00e9nonciation du <em>\u00ab parti m\u00e9diatique\u202f\u00bb<\/em>. On ne rejettera pas ici l\u2019id\u00e9e que l\u2019information est dans une grande crise de red\u00e9finition de ses fonctions, de ses moyens et de ses m\u00e9thodes. On sait par ailleurs que la presse ne b\u00e9n\u00e9ficie que d\u2019une libert\u00e9 relative. Et nul ne peut d\u00e9nier \u00e0 quiconque le droit de critiquer, m\u00eame tr\u00e8s vigoureusement, tout propos public jug\u00e9 erron\u00e9 ou mal intentionn\u00e9. Mais comment ignorer que la mise en cause globale de la presse, la d\u00e9nonciation indistincte de la dictature des bien-pensants, l\u2019affirmation du complot organis\u00e9 ont toujours \u00e9t\u00e9 des traits marquants d\u2019une extr\u00eame droite dress\u00e9e contre le <em>politiquement correct<\/em>\u202f?<\/p>\n<blockquote><p>On ne combattra pas l\u2019extr\u00eame droite en surfant sur ce qui r\u00e9v\u00e8le de l\u2019amertume et du d\u00e9sarroi, au moins autant que la col\u00e8re. Pour la battre, il faut contester radicalement ses id\u00e9es, dans tous les domaines, que ce soient les migrations, l\u2019information, l\u2019environnement ou la justice fiscale.<\/p><\/blockquote>\n<p>Comment passer sous silence que, chez nous en tout cas, ce n\u2019est pas de la tutelle politique qu\u2019elle souffre d\u2019abord, mais de la dictature de l\u2019argent, de l\u2019audimat et de la facilit\u00e9\u202f? D\u00e8s lors il est surprenant que, confondant la critique et le matraquage concert\u00e9, les responsables de la France insoumise portent les feux, jusqu\u2019\u00e0 vouloir punir, contre cette part des m\u00e9dias qui s\u2019\u00e9carte du mod\u00e8le, par fonction (le service public) ou par choix (la presse critique) ? S\u2019attaquer \u00e0 la presse en g\u00e9n\u00e9ral contredit l\u2019esprit d\u2019ouverture et de rassemblement sans lequel toute rupture reste une abstraction. Et, que cette affirmation plaise ou non, une telle attaque \u00e9voquera, aupr\u00e8s de beaucoup, de bien trop tristes souvenirs\u2026<\/p>\n<p>Prenons enfin l\u2019exemple du <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/politique\/article\/manif-du-17-novembre-la-gauche-peut-elle-sortir-de-l-embarras\">mouvement du 17 novembre<\/a>. Comment ne pas comprendre la rage de ceux qui, \u00e0 juste titre, ont le sentiment que les plus modestes sont encore et toujours les plus frapp\u00e9s dans leur pouvoir d\u2019achat ? Mais comment aussi ne pas voir ce que l\u2019extr\u00eame-droite a parfaitement saisi ? Ce n\u2019est pas par hasard qu\u2019elle choisit ce terrain, et pas celui de la lutte salariale ou des combats pour la solidarit\u00e9. Elle a une vieille propension \u00e0 vitup\u00e9rer l\u2019imp\u00f4t, non pas parce qu\u2019il est injuste et in\u00e9galitaire, mais parce qu\u2019il serait \u00e0 l\u2019avantage des fain\u00e9ants, des magouilleurs, des \u00e9trangers, des mauvais payeurs.<\/p>\n<p>On pourrait profiter du malaise pour s\u2019interroger sur l\u2019usage qui est fait de l\u2019imp\u00f4t, sur l\u2019injustice profonde des imp\u00f4ts indirects, sur l\u2019impossibilit\u00e9 de continuer ind\u00e9finiment \u00e0 br\u00fbler des carburants fossiles, sur la n\u00e9cessit\u00e9 de combiner justice sociale et exigences environnementales. Or la pression de l\u2019extr\u00eame droite pousse \u00e0 manifester sur une seule id\u00e9e : bloquons tout et continuons comme avant. Comment d\u00e8s lors ignorer que, si certains attisent les col\u00e8res, c\u2019est pour que la jonction ne se fasse surtout pas entre \u00e9galit\u00e9, respect de l\u2019environnement et refonte de la fiscalit\u00e9\u202f?<\/p>\n<p>On ne combattra pas l\u2019extr\u00eame droite en surfant sur ce qui r\u00e9v\u00e8le de l\u2019amertume et du d\u00e9sarroi, au moins autant que la col\u00e8re. Pour la battre, il faut contester radicalement ses id\u00e9es, dans tous les domaines, que ce soient les migrations, l\u2019information, l\u2019environnement ou la justice fiscale. Ne pas m\u00e9priser ceux qui se sentent flou\u00e9s par les puissants est une chose. L\u00e9gitimer une \u0153uvre politique de d\u00e9voiement, une tentative pour d\u00e9couper en tranches les urgences sociales en est une autre.<\/p>\n<p>Si l\u2019on se veut du peuple, si l\u2019on affiche le d\u00e9sir de la dignit\u00e9 populaire, on se doit d\u2019arracher les cat\u00e9gories populaires aux id\u00e9ologies du renfermement. La grande force du peuple a toujours \u00e9t\u00e9 sa solidarit\u00e9, pour tous les humbles, o\u00f9 qu\u2019ils soient, d\u2019o\u00f9 qu\u2019ils viennent. Et, par bonheur, ce trait de mentalit\u00e9 populaire a irrigu\u00e9 l\u2019esprit public de notre pays, pendant longtemps. Ce n\u2019est qu\u2019en le cultivant que, dans le m\u00eame mouvement, on ranimera la combativit\u00e9 de l\u2019esp\u00e9rance et que l\u2019on tarira les sources qui alimentent l\u2019extr\u00eame-droite.<\/p>\n<h2>Ne pas s\u2019enfermer dans la realpolitik<\/h2>\n<p>Entre 1934 et 1936, la gauche du Front populaire n\u2019a pas voulu d\u2019abord convaincre ceux qui se tournaient vers le fascisme qu\u2019ils faisaient le mauvais choix. Elle a redonn\u00e9 confiance \u00e0 ceux qui doutaient, qui ne reconnaissaient plus la gauche officielle dans la compromission du pouvoir. Elle n\u2019a pas d\u00e9tourn\u00e9 les \u00e9gar\u00e9s, mais mobilis\u00e9 ceux qui pouvaient esp\u00e9rer. Elle n\u2019a pas canalis\u00e9 le ressentiment, mais redonn\u00e9 au monde du travail et de l\u2019intelligence le sens de la lutte collective. De fait, on ne gagne pas en grignotant les forces de l\u2019adversaire, au centre ou \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite, mais en mobilisant l\u2019espace politique disponible \u00e0 gauche et jusqu\u2019alors d\u00e9laiss\u00e9.<\/p>\n<p>On ne peut pas aujourd\u2019hui se r\u00e9clamer de la grande exp\u00e9rience du Front populaire et ne pas comprendre pleinement ce qui fit sa force. Ce Front populaire utilisa certes la mise en cause des\u202f<em>200 familles<\/em>, du temps o\u00f9 le capital se voyait et s\u2019incarnait \u2014 le patron avec haut-de-forme et gros cigare. Pourtant, ce qui dynamisa la gauche ne fut pas d\u2019abord la d\u00e9testation de la caste dirigeante, mais l\u2019espoir d\u2019un monde de justice. Le Front populaire fut antifasciste dans sa d\u00e9termination, mais ce qui le rassembla jusqu\u2019\u00e0 la victoire \u00e9lectorale, ce fut le beau slogan positif du Pain, de la Paix et de la Libert\u00e9.<\/p>\n<p>Le rappeler est-il un pr\u00eachi-pr\u00eacha d\u2019intellectuels sans contact avec la vie ?<\/p>\n<p>Il est de bon ton, dans une partie de la gauche, de jouer au r\u00e9alisme. Il faudrait taper du poing sur la table et parler haut et fort : tout le reste ne serait que litt\u00e9rature. Mais ne voit-on pas que c\u2019est de ce r\u00e9alisme-l\u00e0 que notre monde est en train de crever\u202f? C\u2019est le monde du pouvoir arrogant de l\u2019argent, de l\u2019\u00e9tat de guerre permanent, de l\u2019\u00e9talage de la force, de l\u2019\u00e9go\u00efsme du &#8220;Not In My Backyard&#8221;. C\u2019est le monde d\u2019un Bachar el-Assad, d\u2019un Poutine pour qui la d\u00e9mocratie est un luxe inutile, d\u2019un Trump qui n\u2019a que faire du gaspillage insens\u00e9 des ressources naturelles par les poss\u00e9dants am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Et que l\u2019on ne m\u2019objecte pas la lettre des programmes. Ils peuvent \u00eatre techniquement parfaits et, pourtant, leur environnement mental peut \u00eatre contestable. La politique vaut aussi et peut-\u00eatre surtout par la fa\u00e7on d\u2019\u00eatre et la culture que l\u2019on promeut parmi les siens. Malgr\u00e9 la duret\u00e9 extr\u00eame des temps pass\u00e9s, l\u2019esprit du Front populaire ne fut pas celui de la citadelle assi\u00e9g\u00e9e. Heureusement, cet esprit ne l\u2019emporta que pour une courte p\u00e9riode : au d\u00e9but des ann\u00e9es trente (la p\u00e9riode communiste dite\u202f<em>classe contre classe<\/em>) et dans les ann\u00e9es cinquante (les temps manich\u00e9ens de la guerre froide). Il ne se retrouva pas non plus, en France, dans la triste formule du &#8220;qui n\u2019est pas avec moi est contre moi&#8221;. L\u00e0 encore, ce sont d\u2019autres p\u00e9riodes et d\u2019autres lieux qui ont \u00e9t\u00e9 submerg\u00e9s par cette culture, qui se veut combative et qui n\u2019est qu\u2019amertume. Or cette fa\u00e7on de voir, \u00e0 l\u2019Est comme \u00e0 l\u2019Ouest, au Nord comme au Sud, a conduit partout au pire de l\u2019autoritarisme, quand ce ne fut pas au despotisme.<\/p>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, il est impensable que l\u2019on s\u2019abandonne \u00e0 la facilit\u00e9 coutumi\u00e8re qui veut que les ennemis de mes ennemis soient mes amis. Ce n\u2019est pas parce que l\u2019Union europ\u00e9enne a tort (et plut\u00f4t deux fois qu\u2019une\u202f!) que le gouvernement italien a raison. On ne peut pas cr\u00e9diter le gouvernement italien d\u2019\u00eatre du c\u00f4t\u00e9 du peuple : il en est l\u2019antith\u00e8se absolue. Ce n\u2019est pas parce qu\u2019un grand nombre de personnes de revenus modestes sont p\u00e9nalis\u00e9es par la hausse des prix du carburant qu\u2019il faut manifester avec l\u2019extr\u00eame droite et\u2026 cr\u00e9er les conditions d\u2019une extension de l\u2019usage des transports individuels. Ce n\u2019est pas parce que le cynisme de Poutine est l\u2019envers de l\u2019humiliation r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la Russie par le monde occidental qu\u2019il faut mesurer les critiques, que l\u2019on peut porter aux choix et aux m\u00e9thodes adopt\u00e9es par Moscou. <\/p>\n<p>Prenons garde, \u00e0 tout moment, \u00e0 ce que, pensant accompagner les col\u00e8res, on ne fasse qu\u2019attiser le ressentiment. Si Jean-Luc M\u00e9lenchon a r\u00e9ussi sa perc\u00e9e, au printemps 2017, ce ne fut pas pour son <em>populisme<\/em>, qu\u2019il sut mettre en sourdine jusqu\u2019au soir du premier tour. Entre mars et avril, il parvint tout simplement \u00e0 \u00eatre le plus cr\u00e9dible, par son talent bien s\u00fbr, et par la radicalit\u00e9 et la coh\u00e9rence de son discours de rupture, qui \u00e9loignait enfin le peuple de gauche de trois d\u00e9cennies de renoncement. Il ne renia pas la gauche, mais il lui redonna en m\u00eame temps le souffle de ses valeurs et le parfum d\u2019un air du temps. C\u2019est par ce jeu de la trace et de la rupture qu\u2019il s\u2019est impos\u00e9.<\/p>\n<h2>Le fond et la forme<\/h2>\n<p>Nous ne sommes plus dans la France et le dans monde des si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents. La combativit\u00e9 sociale demeure, mais le mouvement ouvrier d\u2019hier n\u2019est plus. Quant \u00e0 la gauche, elle ne peut plus \u00eatre ce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9. Il en a toujours \u00e9t\u00e9 ainsi d\u2019ailleurs. \u00c0 la fin du XIXe si\u00e8cle, le radicalisme a revivifi\u00e9 un parti r\u00e9publicain assoupi. Au XXe si\u00e8cle, le socialisme puis le communisme ont pris la suite. Aujourd\u2019hui, des forces neuves prennent le relais de la grande \u00e9pop\u00e9e de l\u2019\u00e9mancipation.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019extr\u00eame droite critique la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative en elle-m\u00eame, la gauche lui reproche ses limites de classe et son incompl\u00e9tude : entre les deux, aucune passerelle n\u2019est possible. Hors de ces convictions, je ne vois pas d\u2019issue positive \u00e0 nos combats.<\/p><\/blockquote>\n<p>Penser que les organisations dynamiques d\u2019hier, mais \u00e9puis\u00e9es aujourd\u2019hui, sont en \u00e9tat d\u2019offrir une perspective politique est sans nul doute un leurre. Mais la culture de la table rase n\u2019a jamais produit du bon. Pour que le peuple lutte en se rassemblant, il faut du mouvement partag\u00e9, quand bien m\u00eame ce n\u2019est plus le <em>mouvement ouvrier<\/em>. Pour que la multitude qui se rassemble devienne <em>peuple<\/em>, il faut de l\u2019organisation politique et m\u00eame des syst\u00e8mes pluriels d\u2019organisations, quand bien m\u00eame ce n\u2019est plus sur le mod\u00e8le ancien des partis. La gauche, \u00e0 nouveau, doit se refonder radicalement. Il n\u2019emp\u00eache qu\u2019elle doit toujours \u00eatre la gauche, c\u2019est-\u00e0-dire moins une forme, reproductible \u00e0 l\u2019infini (<em>l\u2019union de la gauche<\/em>), que le parti pris rassembl\u00e9 de l\u2019\u00e9galit\u00e9, de la citoyennet\u00e9 et de la solidarit\u00e9.<\/p>\n<p>Et cette gauche-l\u00e0 n\u2019a rien en commun avec l\u2019extr\u00eame droite, pas m\u00eame la r\u00e9f\u00e9rence th\u00e9orique au peuple. Celui-ci n\u2019est un acteur historique que par les valeurs qui, \u00e0 tout moment, ont assur\u00e9 sa dignit\u00e9. Il ne se constitue que par le mouvement qui l\u2019\u00e9mancipe, par l\u2019esp\u00e9rance qui le porte, par l\u2019avenir qu\u2019il dessine, d\u00e8s aujourd\u2019hui et pour demain. Dans la continuit\u00e9 des fascismes, l\u2019extr\u00eame droite critique la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative en elle-m\u00eame, la gauche lui reproche ses limites de classe et son incompl\u00e9tude : entre les deux, aucune passerelle n\u2019est possible. Hors de ces convictions, je ne vois pas d\u2019issue positive \u00e0 nos combats.<\/p>\n<p>J\u2019avance l\u2019id\u00e9e que les attitudes et prises de position r\u00e9centes, du c\u00f4t\u00e9 de la FI, laissent entrevoir une possible coh\u00e9rence, dont je redoute la propension volontairement \u00ab\u202fpopuliste\u202f\u00bb. Si ma crainte est fond\u00e9e, je ne cache pas mon inqui\u00e9tude pour l\u2019avenir. Je souhaite que cette impression soit d\u00e9mentie au plus vite par les actes et les mots. Si ce n\u2019\u00e9tait pas le cas, j\u2019estimerais que nous serions devant un tournant strat\u00e9gique pour la FI, fragilisant les acquis des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sidentielle de 2017 a montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait possible d\u2019aller au-del\u00e0 des forces rassembl\u00e9es apr\u00e8s 2008, dans le cadre du Front de gauche. R\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l\u2019infini la formule du Front de gauche n\u2019a donc aucun sens. Pourtant, ce n\u2019est pas en construisant de nouveaux murs s\u00e9parant les composantes hier r\u00e9unies que l\u2019on cr\u00e9era les conditions d\u2019une dynamique populaire victorieuse. Si ces murs s\u2019av\u00e9raient infranchissables, ce serait pour notre gauche la pr\u00e9misse d\u2019un d\u00e9sastre. La batterie r\u00e9cente de sondages \u2014 un sondage isol\u00e9 ne vaut rien \u2014 converge d\u2019ailleurs pour dire que le temps ne semble pas si favorable \u00e0 la FI et si d\u00e9favorable au parti de Marine Le Pen.<\/p>\n<p>Heureusement, la gauche fran\u00e7aise nous a aussi habitu\u00e9s \u00e0 des sursauts salvateurs. Mais pour cela, on ne peut faire l\u2019\u00e9conomie du d\u00e9bat le plus large. \u00c0 gauche, celui qui parle le plus fort n\u2019a pas toujours raison.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/roger-martelli\"><strong>Roger Martelli<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En quelques semaines, la France Insoumise a accumul\u00e9 des positions qui dessinent une nouvelle strat\u00e9gie. Comment la comprendre\u202f? 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