{"id":112,"date":"1995-11-01T00:00:00","date_gmt":"1995-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-classe-ouvriere-une-question112\/"},"modified":"1995-11-01T00:00:00","modified_gmt":"1995-10-31T23:00:00","slug":"la-classe-ouvriere-une-question112","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=112","title":{"rendered":"La classe ouvri\u00e8re, une question d\u00e9pass\u00e9e ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">  L&#8217;identification \u00e0 la classe ouvri\u00e8re s&#8217;affaisse. La visibilit\u00e9 du monde ouvrier a beaucoup diminu\u00e9. <\/p>\n<p>Il arrive encore que l&#8217;on parle des &#8221; ouvriers &#8220;, m\u00eame s&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s dans la rubrique des damn\u00e9s de la terre par les &#8221; exclus &#8220;. Mais de classe ouvri\u00e8re, point. Un v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne d&#8217;\u00e9vaporation est imperceptiblement \u00e0 l&#8217;oeuvre depuis quelque quinze ann\u00e9es, affectant jusqu&#8217;au PCF, qui affirmait si fort hier tirer de cette classe le sens de son existence, et ne s&#8217;y r\u00e9f\u00e8re plus gu\u00e8re aujourd&#8217;hui, \u00e0 en juger en tout cas par sa presse (qui ne se d\u00e9sint\u00e9resse d&#8217;ailleurs pas pour autant des luttes ouvri\u00e8res&#8230;). Et ce n&#8217;est pas le seul fait de ce parti (comme en t\u00e9moignent les sondages p\u00e9riodiques: avez-vous le sentiment d&#8217;appartenir \u00e0 une classe sociale ? Si oui, laquelle ?): c&#8217;est dans l&#8217;ensemble de la population fran\u00e7aise que cette identification s&#8217;affaisse, au profit d&#8217;une identification \u00e0 la &#8221; classe moyenne &#8220;; la repr\u00e9sentation selon laquelle cette derni\u00e8re constituerait le groupe social le plus dynamique et porteur d&#8217;avenir \u00e9tant devenue du m\u00eame coup majoritaire dans l&#8217;opinion.<\/p>\n<p> <strong>  Chronique d&#8217;une &#8221; disparition &#8221;  <\/strong><\/p>\n<p>Ces \u00e9volutions ont quelques solides raisons d&#8217;\u00eatre. Apr\u00e8s avoir doubl\u00e9 entre 1945 et 1975, les effectifs ouvriers s&#8217;orientent \u00e0 la baisse relative puis absolue, et se voient d\u00e9passer au cours des premi\u00e8res ann\u00e9es 1990 par le nombre des employ\u00e9s qui n&#8217;a, lui, cess\u00e9 de cro\u00eetre. Conjointement, la visibilit\u00e9 sociale du monde ouvrier comme monde original, \u00e0 part, a beaucoup diminu\u00e9 en raison des transformations urbaines, du d\u00e9veloppement de la consommation de masse, de la tendance \u00e0 l&#8217;alignement sur un style de vie familiale transclassiste (f\u00e9condit\u00e9 r\u00e9duite, activit\u00e9 f\u00e9minine, investissements scolaires); parce que, aussi, ce sont les grandes concentrations ouvri\u00e8res que la liquidation de l&#8217;emploi ouvrier et sa transformation ont frapp\u00e9 au premier chef. Le c\u00f4t\u00e9 spectaculaire de cette liquidation n&#8217;a pas contribu\u00e9 \u00e0 rendre particuli\u00e8rement souhaitable, aux yeux de parents ouvriers et s&#8217;agissant du devenir de leurs enfants, l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 une profession ouvri\u00e8re. Au plan politique enfin, le vote ouvrier s&#8217;est \u00e9parpill\u00e9 au point de ne plus donner d&#8217;avantage particulier au PCF, qui recueille m\u00eame moins de voix ouvri\u00e8res, dans les ann\u00e9es 1990, que le Front national, et en obtient autant chez les employ\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p>Peut-on, d\u00e8s lors, consid\u00e9rer que la question de la classe ouvri\u00e8re &#8211; de son r\u00f4le historique, si l&#8217;on pr\u00e9f\u00e8re &#8211; est une question d\u00e9pass\u00e9e, \u00e0 rejeter dans l&#8217;enfer des f\u00e9tichismes du &#8221; socialisme scientifique &#8221; ? Pas si simple, sans doute. La th\u00e8se de la soci\u00e9t\u00e9 &#8221; post-industrielle &#8221; est fragile. La relative d\u00e9sindustrialisation des grandes puissances en cours des ann\u00e9es 1980 est essentiellement av\u00e9r\u00e9e dans la CEE, et particuli\u00e8rement accentu\u00e9e en France. Et ces grandes puissances &#8211; Etats-Unis, Japon, CEE &#8211; ne repr\u00e9sentent plus qu&#8217;un cinqui\u00e8me (et la France 1% \u00e0 2%) de l&#8217;emploi industriel mondial, lequel cro\u00eet, lui, de plus de 80% entre les ann\u00e9es 1960 et 1990. Il faudrait plut\u00f4t parler, \u00e0 cet \u00e9gard, de mondialisation de la question ouvri\u00e8re. Demeurent la tendance \u00e0 la tertiarisation des \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es et la croissance cons\u00e9quente du salariat non ouvrier, qu&#8217;invoque la th\u00e8se conjointe de la &#8221; moyennisation &#8221; du salariat. On rappellera ici que, m\u00eame si les \u00e9carts entre les grands groupes sociaux ont perdu de leur visibilit\u00e9, tous les indicateurs attestent la r\u00e9alit\u00e9 de leur persistance et souvent de leur accentuation depuis quinze ans. Accompagnant la mont\u00e9e des classes moyennes, les &#8221; nouveaux mouvements sociaux &#8221; ont int\u00e9gr\u00e9 et transform\u00e9 le paysage social et culturel. Faut-il les consid\u00e9rer pour autant comme un substitut, propre \u00e0 l&#8217;\u00e8re post-industrielle, du mouvement ouvrier ? On voit bien qu&#8217;ils expriment ou ont exprim\u00e9, chacun dans son champ, une m\u00eame aspiration, de r\u00e9approriation par chaque groupe et chaque individu des conditions de son existence et de sa destin\u00e9e: ma\u00eetrise du corps, ma\u00eetrise de l&#8217;environnement, libres choix familiaux, scolaires, professionnels, etc. Ces manifestes de l&#8217;exigence d\u00e9mocratique valident une intuition centrale de Marx: en cr\u00e9ant un monde de production et de vie de plus en plus socialis\u00e9 et interd\u00e9pendant, le d\u00e9veloppement du capitalisme doit in\u00e9vitablement susciter le besoin d&#8217;en finir avec le caract\u00e8re lui-m\u00eame de plus en plus s\u00e9par\u00e9 et concentr\u00e9 du pouvoir social. Or, c&#8217;est bien l\u00e0 ce qui rend irrempla\u00e7able le mouvement ouvrier, entendu au sens large d&#8217;organisation des producteurs de la richesse sociale (et non pas le fait que ce mouvement repr\u00e9sente les cat\u00e9gories les plus pauvres, les plus exploit\u00e9es, etc., bien qu&#8217;il reste un mouvement de subalternes): car la r\u00e9appropriation des conditions de production de la richesse sociale, que seuls les producteurs peuvent mener \u00e0 bien et \u00e0 terme, est la cl\u00e9 de toute d\u00e9mocratisation d&#8217;ensemble de la vie sociale.<\/p>\n<p>C&#8217;est dire l&#8217;impossibilit\u00e9 de se d\u00e9barrasser de la question &#8221; ouvri\u00e8re &#8221; et l&#8217;exigence du travail de recherche qui s&#8217;efforce d&#8217;en appr\u00e9hender les modalit\u00e9s contemporaines, sous l&#8217;effet de la crise de l&#8217;emploi, des transformations technologiques et organisationnelles, de la fraction croissante du travail social consacr\u00e9 \u00e0 la production de signes, etc. Le jeu conjugu\u00e9 du ch\u00f4mage et des nouvelles formes de &#8221; gestion des ressources humaines &#8221; a provoqu\u00e9 une sorte d&#8217;atomisation du monde productif, ou, pour le moins, introduit en son sein des tensions extr\u00eamement fortes. Il n&#8217;y aura demain d&#8217;unification tendancielle des producteurs qui n&#8217;int\u00e8gre la nouvelle donne en mati\u00e8re de formation scolaire et d&#8217;intellectualisation des qualifications, de carri\u00e8re professionnelle, de relations au sein des collectifs de travail, de diversification des statuts d&#8217;emploi, de d\u00e9veloppement des services et de transformation de leurs relations \u00e0 la production des marchandises, de f\u00e9minisation de l&#8217;emploi, d&#8217;internationalisation de la production, etc. Qui n&#8217;int\u00e8gre, en particulier, les profondes modifications intervenues dans l&#8217;individuation des producteurs. C&#8217;est la comparaison de trois grandes g\u00e9n\u00e9rations ouvri\u00e8res qui me para\u00eet le mieux \u00e0 m\u00eame de donner \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir ce dernier aspect des choses.<\/p>\n<p> <strong>  Trois grandes g\u00e9n\u00e9rations ouvri\u00e8res  <\/strong><\/p>\n<p>Arriv\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte entre 1936 et la Lib\u00e9ration, les membres de la plus ancienne g\u00e9n\u00e9ration (en gros les grands-parents des jeunes d&#8217;aujourd&#8217;hui) ont fait leur carri\u00e8re dans la p\u00e9riode d&#8217;essor \u00e9conomique d&#8217;apr\u00e8s-guerre, qui marque l&#8217;apog\u00e9e historique du poids social et politique du monde ouvrier en France. Mais ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s avant-guerre. Leurs exp\u00e9riences primordiales portent la trace des conditions d&#8217;existence pr\u00e9valant dans toute la premi\u00e8re histoire du capitalisme industriel, et notamment de la pr\u00e9carit\u00e9 de la vie ouvri\u00e8re. Aussi leur g\u00e9n\u00e9ration est-elle encore porteuse d&#8217;une culture de classe classiquement tr\u00e8s communautaire, pour laquelle le collectif &#8211; celui de la famille, du quartier, de l&#8217;atelier, de la corporation, du syndicat, du parti &#8211; repr\u00e9sente la seule protection possible contre les al\u00e9as impr\u00e9dictibles de l&#8217;existence individuelle. In\u00e9vitablement, cette culture a du m\u00eame coup une dimension conformiste, r\u00e9pressive \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de tous les \u00e9carts individuels susceptibles de mettre ces collectifs en p\u00e9ril. L&#8217;individu n&#8217;est valoris\u00e9 que par sa capacit\u00e9 \u00e0 bien jouer son r\u00f4le dans ces collectifs, \u00e0 assumer correctement ses appartenances, ses espaces de fuite sont marginaux, et il ne peut esp\u00e9rer r\u00e9aliser ses potentialit\u00e9s singuli\u00e8res (en dehors du cadre limit\u00e9 du m\u00e9tier) qu&#8217;en les mettant au service de la promotion collective, dans le mouvement ouvrier.<\/p>\n<p>Leurs enfants, eux, grandissent dans un contexte bien diff\u00e9rent, marqu\u00e9 par la stabilisation de l&#8217;emploi, la forte extension de la protection sociale et m\u00e9dicale, une am\u00e9lioration r\u00e9guli\u00e8re des conditions de vie, l&#8217;ouverture des possibilit\u00e9s de scolarisation prolong\u00e9e, la mondialisation des aspirations d\u00e9mocratiques et l&#8217;effondrement des empires coloniaux. Ils vont former la g\u00e9n\u00e9ration de la modernisation, dont on voit bien en quoi elle annonce la d\u00e9sagr\u00e9gation d&#8217;une culture ouvri\u00e8re constitu\u00e9e dans le long terme de la domination capitaliste. Dans la mesure o\u00f9 la protection de l&#8217;individu para\u00eet mieux assur\u00e9e qu&#8217;autrefois par l&#8217;entreprise et par l&#8217;Etat, les collectifs d&#8217;appartenance perdent de leur utilit\u00e9 vitale. La destin\u00e9e de l&#8217;individu, sa promotion sociale d\u00e9pendent de plus en plus de sa capacit\u00e9 personnelle \u00e0 r\u00e9aliser de bons parcours scolaires et professionnels. La prolongation de la scolarit\u00e9, le resserrement du lien dipl\u00f4me\/emploi, jouent un r\u00f4le d\u00e9cisif dans cette privatisation de la r\u00e9ussite ou de l&#8217;\u00e9chec scolaire: on ne devient plus ouvrier d&#8217;\u00eatre n\u00e9 dans une famille ouvri\u00e8re, mais d&#8217;avoir connu tel destin scolaire, d&#8217;avoir donc plus ou moins bien travaill\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, d&#8217;\u00eatre plus ou moins intelligent et &#8221; dou\u00e9 &#8220;, etc. On comprend qu&#8217;ait pu monter, chez les jeunes des ann\u00e9es 60, une exigence de r\u00e9am\u00e9nagement des rapports entre le je et le nous, de formes d&#8217;existence collective, de la famille au syndicat, compatibles avec un exercice beaucoup plus libre et souverain des capacit\u00e9s et dispositions de chacun de leurs membres. Avant m\u00eame de s&#8217;exprimer culturellement et politiquement, \u00e0 travers un mouvement social dont mai 68 est \u00e9videmment un moment &#8221; explosif &#8221; privil\u00e9gi\u00e9, cette v\u00e9ritable r\u00e9volution g\u00e9n\u00e9rationnelle se manifeste par l&#8217;\u00e9mergence et la diffusion assez rapide de comportements pratiques nouveaux: la limitation de la f\u00e9condit\u00e9, le fort investissement dans la scolarisation des enfants, l&#8217;essor spectaculaire des scolarit\u00e9s f\u00e9minines, le mouvement irr\u00e9sistible qui pousse les femmes vers le march\u00e9 du travail dont elles attendent \u00e0 la fois r\u00e9alisation professionnelle et ind\u00e9pendance dans les rapports de sexe. Les jeunes ouvriers ne sont pas les premiers \u00e0 adopter ces comportements et \u00e0 en proclamer les valeurs, mais ils les adoptent rapidement, moins par imitation des \u00e9tudiants petit-bourgeois, comme le voudrait la th\u00e8se de la &#8221; moyennisation &#8220;, que parce qu&#8217;ils correspondent aux transformations de leurs propres conditions d&#8217;existence. La modernisation ouvri\u00e8re qui s&#8217;op\u00e8re ainsi est de grande port\u00e9e, annon\u00e7ant au-del\u00e0 de l&#8217;histoire de la classe une r\u00e9volution dans l&#8217;histoire tout court: car la prise en compte de l&#8217;individu pour lui-m\u00eame, la revendication de son libre d\u00e9veloppement avaient toujours \u00e9t\u00e9 jusque-l\u00e0 l&#8217;apanage de ceux qui en avaient les moyens, du c\u00f4t\u00e9 des classes dominantes&#8230;<\/p>\n<p>Nulle semblable c\u00e9sure ne marque l&#8217;\u00e9mergence de la g\u00e9n\u00e9ration de la crise. Certes, les jeunes d&#8217;aujourd&#8217;hui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s dans la pr\u00e9occupation du ch\u00f4mage et des salaires, dans le malaise du d\u00e9litement social et l&#8217;effondrement de l&#8217;id\u00e9e r\u00e9volutionnaire. Ils ont h\u00e9rit\u00e9 du d\u00e9sarroi de la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente plus que de ses ambitions. Sentant leurs parents flou\u00e9s, ils tiennent surtout \u00e0 ne pas se faire avoir \u00e0 leur tour. R\u00e9tifs aux grandes sp\u00e9culations d&#8217;avenir comme aux grandes entreprises collectives, ils s&#8217;en tiennent prudemment \u00e0 quelques valeurs \u00e9prouv\u00e9es, justice et solidarit\u00e9. La distance avec ce qu&#8217;\u00e9taient leurs parents \u00e0 leur \u00e2ge est bien suffisante pour que ces derniers aient du mal \u00e0 se reconna\u00eetre en eux. Elle va de pair cependant avec une incontestable continuit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle. Loin en effet d&#8217;induire une r\u00e9gression vers le style de vie ant\u00e9rieur, le retour de formes massives d&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;existence, combin\u00e9 aux imp\u00e9ratifs inh\u00e9rents aux nouveaux modes technologiques et organisationnels, contribue \u00e0 l&#8217;inverse \u00e0 renforcer cette exigence d&#8217;un d\u00e9veloppement autonome des individus qui \u00e9merge dans les ann\u00e9es 1960, et ses modalit\u00e9s pratiques, s&#8217;agissant notamment des investissements dans la formation prolong\u00e9e pour tous, et pour les filles en particulier dans la r\u00e9ussite scolaire et la qualification professionnelle, hors desquelles il n&#8217;y a point de salut aujourd&#8217;hui pour les int\u00e9ress\u00e9es&#8230;mais aussi pour les couples.<\/p>\n<p>Dans un monde plus rude et plus dur, le souci de soi d\u00e9rive plus facilement vers les valeurs et comportements sp\u00e9cifiant l&#8217;individualisme marchand le plus classique. Il faut souligner avec force cependant qu&#8217;en son principe il n&#8217;est pas incompatible avec la prise en compte des conditions sociales de sa satisfaction, et donc avec la participation aux luttes collectives. Diverses enqu\u00eates l&#8217;ont bien montr\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es: les jeunes salari\u00e9s n&#8217;ont aucune hostilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des organisation syndicales qui les informent et leur permettent de dire leur mot, qui ne les emprisonnent pas dans des mots d&#8217;ordre contraignants sur lesquels ils n&#8217;auraient pas de prise, qui comprennent et favorisent leurs aspirations \u00e0 se former et r\u00e9ussir leur carri\u00e8re professionnelle. Le probl\u00e8me est sans doute plus compliqu\u00e9 pour les organisations partisanes, confront\u00e9es \u00e0 ce paradoxe d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration tr\u00e8s consciente des limites oppos\u00e9es par l&#8217;\u00e9tat actuel des choses \u00e0 ses aspirations les plus fondamentales, tout en persistant \u00e0 t\u00e9moigner d&#8217;une d\u00e9fiance assez radicale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;action politique.<\/p>\n<p>* Enseignant \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Versailles-St.-Quentin-en-Yvelines, sociologue.Jean-Pierre Terrail a consacr\u00e9 une th\u00e8se d&#8217;Etat \u00e0 l&#8217;Individuation ouvri\u00e8re (Nantes, 1987), et publi\u00e9 deux ouvrages qui traitent des transformations contemporaines du monde ouvrier et du mouvement r\u00e9cent des g\u00e9n\u00e9rations salariales: Destins ouvriers.La fin d&#8217;une classe ? aux Presses universitaires de France (1990, 185 F); et la Dynamique des g\u00e9n\u00e9rations, chez L&#8217;Harmattan (1995, 110 F).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>  L&#8217;identification \u00e0 la classe ouvri\u00e8re s&#8217;affaisse. 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