{"id":11127,"date":"2018-07-15T11:21:00","date_gmt":"2018-07-15T09:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-d-autres-images-de-mai-68\/"},"modified":"2023-06-23T23:29:48","modified_gmt":"2023-06-23T21:29:48","slug":"article-d-autres-images-de-mai-68","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11127","title":{"rendered":"D\u2019autres images de Mai 68"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le cinquanti\u00e8me anniversaire du fameux Printemps donne lieu \u00e0 plusieurs expositions cet \u00e9t\u00e9 en France. L\u2019occasion de d\u00e9couvrir, de Paris \u00e0 Marseille en passant par Strasbourg et Arles, des images peu connues d\u2019un mouvement social historique, enjeu d\u2019un imaginaire puissant.<\/p>\n<p>Une jeune femme blonde au visage grave fait flotter le drapeau du Front de Lib\u00e9ration du Sud Vietnam au-dessus des manifestants : cette photographie de Jean-Pierre Rey est l\u2019une des plus reproduites lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019illustrer le mouvement de Mai 68. L\u2019exposition <em>\u00ab Ic\u00f4nes de Mai 68 \u00bb <\/em> de la Biblioth\u00e8que nationale de France d\u00e9crit comment au fil des d\u00e9cennies, d\u2019un anniversaire \u00e0 l\u2019autre, les m\u00e9dias ont consacr\u00e9 cette all\u00e9gorie de la R\u00e9volution comme un des embl\u00e8mes de l\u2019\u00e9v\u00e8nement.<\/p>\n<p>Le parcours met \u00e9galement en lumi\u00e8re des visuels que la m\u00e9moire collective n\u2019a pas retenu. Par exemple, les clich\u00e9s couleurs qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, faisaient la une de <em>Paris Match<\/em>, de <em>L\u2019Express<\/em> ou du <em>Nouvel Observateur<\/em>. Ces images vivantes des manifs et des affrontements ont \u00e9t\u00e9 supplant\u00e9es d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e par celles en noir et blanc. Tomb\u00e9es dans l\u2019oubli \u00e9galement, les images produites par les professionnels et amateurs du Club photographique de Paris \u00ab<em> Les 30&#215;40 \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Ces t\u00e9moignages de la r\u00e9pression polici\u00e8re et des occupations des lieux de travail furent expos\u00e9s notamment \u00e0 la Maison pour Tous de la rue Mouffetard, en marge des grands m\u00e9dias. La BNF a \u00e9galement exhum\u00e9 des cartons d\u2019archives le diaporama <em>\u00ab Mai 68. Nous \u00bb<\/em>. R\u00e9alis\u00e9 par les photographes Jean Pottier et Jacques Windenberger, il est constitu\u00e9 de plus de 200 clich\u00e9s sur les conditions de vie des ouvriers, des employ\u00e9s et des paysans, des m\u00e8res de famille, des retrait\u00e9s et des enfants aussi. Cet outil d\u2019\u00e9ducation populaire servit \u00e0 amorcer de multiples d\u00e9bats dans des cercles citoyens sur les raisons d\u2019agir pour transformer la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h2>Les ic\u00f4nes de 68<\/h2>\n<p>A l\u2019H\u00f4tel de Ville de Paris, dans l\u2019exposition qui rend hommage au photographe Gilles Caron (disparu en 1970), on retrouve une autre &#8220;ic\u00f4ne&#8221; de Mai 68 : l\u2019instantan\u00e9 du jeune Daniel Cohn-Bendit jetant un sourire insolent \u00e0 un policier. Cette r\u00e9trospective replace ce clich\u00e9, publi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque de mani\u00e8re confidentielle, parmi les reportages faits cette ann\u00e9e-l\u00e0 par le jeune homme de 28 ans.<\/p>\n<p>Gilles Caron, infatigable, couvrit la terrible guerre du Biafra, la guerre d\u2019ind\u00e9pendance de Guin\u00e9e-Bissau, le mouvement \u00e9tudiant au Mexique, en plus du printemps parisien. Il s\u2019int\u00e9ressa aux pr\u00e9mices du mouvement social en France : les manifestations des agriculteurs \u00e0 Redon en septembre 1967 ; les d\u00e9bats \u00e9tudiants sur le campus de Nanterre, en mars et en avril. Plong\u00e9 dans le bouillonnant mois de mai, Gilles Caron suivit l\u2019insurrection, particuli\u00e8rement les lanceurs de pav\u00e9 qu\u2019il traita comme un symbole de la r\u00e9volte.<\/p>\n<p>Le photographe de l\u2019agence Gamma enregistra aussi les effets des gr\u00e8ves des transports et des \u00e9boueurs sur le quotidien des Parisiens, et les innombrables manifestations. Dans les d\u00e9fil\u00e9s, son objectif se focalise sur les visages anonymes, jeunes et vieux, hommes et femmes, Fran\u00e7ais et immigr\u00e9s. Il r\u00e9ussi \u00e0 capter l\u2019\u00e9lan collectif, par exemple de ces jeunes salari\u00e9es avan\u00e7ant bras-dessus bras-dessous et que rien ne semble pouvoir arr\u00eater. Sous l\u2019oeil de Gilles Caron, la foule devient un acteur essentiel de ces semaines.<\/p>\n<h2>En province aussi<\/h2>\n<p>Mai 68, bien s\u00fbr, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 circonscrit \u00e0 Paris. Une exposition d\u2019envergure \u00e0 la Biblioth\u00e8que universitaire de Strasbourg le rappelle. Les images spectaculaires d\u2019une foule compacte d\u00e9filant dans le quartier de la cath\u00e9drale, ou d\u2019une &#8220;AG&#8221; dans un Palais universitaire plein \u00e0 craquer parlent d\u2019elles-m\u00eames. Des affiches anti-gaullistes produites localement, des publications, des films d\u2019\u00e9poque et des tracts retracent aussi le dynamisme du mouvement en Alsace et reviennent sur le\u00ab scandale de Strasbourg \u00bb ; quand des \u00e9tudiants situationnistes firent de la ville un berceau de l\u2019agitation.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pris le pouvoir \u00e0 la branche locale de l\u2019Unef, ils imprim\u00e8rent et diffus\u00e8rent le pamphlet<em> Chronique de la mis\u00e8re en milieu \u00e9tudiant<\/em>, v\u00e9ritable appel \u00e0 la r\u00e9volte distribu\u00e9 en 30.000 exemplaires \u00e0 la rentr\u00e9e 1966. Deux ans plus tard, les \u00e9tudiants strasbourgeois r\u00e9unis en Conseil seront parmi les premiers \u00e0 proclamer l\u2019autonomie de leur universit\u00e9. <\/p>\n<p>A Marseille, les films, les photographies, les tracts et les affiches r\u00e9unis au Mus\u00e9e d&#8217;histoire mettent en regard les \u00e9v\u00e8nements parisiens et la mobilisation dans la cit\u00e9 phoc\u00e9enne. Le mouvement lyc\u00e9en y fut intense, la gr\u00e8ve, massive et durable. Celle-ci fut suivie, entre autres, par les marins, les dockers, les m\u00e9tallurgistes, mais aussi les caf\u00e9s-restaurants, les banques et m\u00eame les employ\u00e9s municipaux. <\/p>\n<h2>A Arles, on interroge le social<\/h2>\n<p>Aux fameuses Rencontres de la photographie d\u2019Arles, l\u2019exposition <em>\u00ab 1968, quelle histoire !\u00bb<\/em>  propose un panorama large des \u00e9v\u00e8nements, avec une cinquantaine d\u2019affiches montrant \u00e9galement la diversit\u00e9 des cat\u00e9gories professionnelles en <em>arr\u00eat de travail<\/em> : les p\u00eacheurs, les personnels de sant\u00e9, les taxis&#8230; Ces productions relayaient les revendications des travailleurs avec un graphisme \u00e9pur\u00e9 et efficace imagin\u00e9 par l\u2019Atelier populaire (ex-\u00c9cole des Beaux-Arts de Paris), les Arts D\u00e9co et la fac de Sciences de Paris, mais aussi les Beaux-Arts de Marseille.<\/p>\n<p>Une s\u00e9lection d\u2019une dizaine de <em>cin\u00e9tracts<\/em> r\u00e9alis\u00e9s par des cin\u00e9astes anonymes atteste de l\u2019inventivit\u00e9 audiovisuelle des militants. La commissaire d\u2019exposition Bernadette Caille met en parall\u00e8le le mouvement social dans l\u2019Hexagone avec les mobilisations politiques ailleurs dans le monde gr\u00e2ce \u00e0 un corpus d\u2019une centaine de photographies, dont celles de Jean Pottier, <em>\u00ab reporter du social, de la vie quotidienne et de l\u2019emploi \u00bb<\/em> (cit\u00e9 plus haut).<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e9galement \u00e0 la s\u00e9rie <em>\u00ab 1968, le Feu des id\u00e9es \u00bb<\/em> de l\u2019artiste argentin Marcelo Brodsky. Celui-ci intervient sur des images d\u2019archives de manifestations, apposant des marques de couleur et des notes manuscrites li\u00e9es au contexte. Au travers de cinquante images &#8220;rehauss\u00e9es&#8221;, il dessine une cartographie des mobilisations populaires en 1968, \u00e0 Toronto et Bogota, Londres et Melbourne, Prague et Dakar, Rio de Janeiro et Bratislava. En r\u00e9activant les \u00ab relations constitutives entre l&#8217;image et la parole \u00bb, l\u2019artiste invite non seulement \u00e0 se souvenir du pass\u00e9 mais \u00e0 apprendre de lui. <\/p>\n<h2>Une prise de parole collective<\/h2>\n<p>A Arles, mais surtout sur les deux sites des Archives nationales, sont d\u00e9voil\u00e9s des documents in\u00e9dits. Cette ann\u00e9e du cinquantenaire co\u00efncide en effet avec l\u2019ouverture de la majeure partie des archives des services de l\u2019\u00c9tat jusqu\u2019ici non accessibles. 300 documents sont ainsi pr\u00e9sent\u00e9s pour la premi\u00e8re fois aux Archives nationales.<\/p>\n<p>A Pierrefitte-sur-Seine (en Seine-Saint-Denis), des pi\u00e8ces saisies \u00e0 l\u2019\u00e9poque par les services d\u2019ordre ou collect\u00e9es \u00e0 l\u2019initiative de chercheurs et d\u2019archivistes refl\u00e8tent le rythme tr\u00e9pidant de cette p\u00e9riode. Les affiches, les journaux de gr\u00e8ve, des tracts adress\u00e9s aux fonctionnaires, aux artisans et aux ch\u00f4meurs, disent encore une fois la diversit\u00e9 des cat\u00e9gories sociales impliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Comme l\u2019\u00e9crivent les commissaires d\u2019exposition Philippe Arti\u00e8res et Emmanuelle Giry, <em>\u00ab cette mise en question de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise des ann\u00e9es 1960 passe par la constitution de comit\u00e9s de r\u00e9flexion, pr\u00e9sents partout : dans les services d\u2019un minist\u00e8re, au sein d\u2019une usine, dans la salle des professeurs d\u2019un lyc\u00e9e agricole, dans un h\u00f4pital ou encore au c\u0153ur d\u2019une classe de coll\u00e9giens. 68 est d\u2019abord la remise en cause d\u2019un ensemble d\u2019impens\u00e9s sociaux par l\u2019ouverture de grands chantiers collectifs. \u00bb<\/em><\/p>\n<h2>Le mai 68 officiel<\/h2>\n<p>Le site parisien des Archives nationales est, lui, consacr\u00e9 aux documents officiels de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, des minist\u00e8res, de la Pr\u00e9fecture de Paris ou encore de la Cour de s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat &#8211; juridiction d\u2019exception maintenant disparue. L\u2019ensemble donne la mesure de la crise que traversa l\u2019\u00c9tat, qui organisa un service minimum dans les stations \u00e0 essence et eu recours aux CRS pour distribuer le courrier.<\/p>\n<p>Les nombreuses fiches des Renseignements g\u00e9n\u00e9raux traduisent l\u2019inqui\u00e9tude d\u2019un pouvoir surveillant tant bien que mal une mobilisation sociale qui le d\u00e9passait. Les dossiers de comparution imm\u00e9diate des nombreux \u00e9tudiants interpell\u00e9s et le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel de dissolution d\u2019une dizaine de groupes d\u2019extr\u00eame-gauche racontent, eux, les m\u00e9canismes de la r\u00e9pression.<\/p>\n<h2>L&#8217;effervescence d&#8217;une \u00e9poque<\/h2>\n<p>Signalons \u00e9galement, dans un registre plus culturel, l\u2019exposition du Mus\u00e9e de la Bande dessin\u00e9e d\u2019Angoul\u00eame. Elle met l\u2019accent sur les journaux alternatifs cr\u00e9\u00e9s dans l\u2019effervescence du mouvement, tels Action et L\u2019Enrag\u00e9 auxquels collabor\u00e8rent Cabu et Wolinski, assassin\u00e9s en janvier 2015 ; et l\u2019\u00e9cho de Mai 68 dans les publications ult\u00e9rieures, notamment la s\u00e9rie <em>L&#8217;An 01<\/em> de G\u00e9b\u00e9. Selon le commissaire d\u2019exposition, Thierry Groensteen, cette ann\u00e9e-l\u00e0 marque un tournant dans le d\u00e9veloppement de la bande dessin\u00e9e pour adultes. <\/p>\n<p>Plonger parmi ces documents visuels et textuels permet de saisir dans leur complexit\u00e9 ces <em>ann\u00e9es 1968<\/em>,<em> \u00ab une p\u00e9riode du pass\u00e9 sur lequel un imaginaire historique tr\u00e8s dense se construit au fur et \u00e0 mesure de son \u00e9loignement \u00bb<\/em>, selon Philippe Arti\u00e8res [[Images en lutte. La culture visuelle de l\u2019extr\u00eame-gauche en France (1968-1974), \u00e9d. Beaux Arts de Paris, catalogue de l\u2019exposition aux Beaux Arts de Paris, au printemps 2018.]]. Ces traces multiples aident, au fond, \u00e0 percevoir l\u2019ampleur de cette prise de parole collective historique, au-del\u00e0 de la figure de l\u2019individu jeune et rebelle \u00e0 l\u2019autorit\u00e9. <div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11127 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/11-12-70f.06.68_mai_68._nuit_d_e_meutes._manif._barricades.de_ga_ts__1968__-_53fi1036.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/11-12-70f.06.68_mai_68._nuit_d_e_meutes._manif._barricades.de_ga_ts__1968__-_53fi1036-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"11-12.06.68_mai_68._nuit_d_e_meutes._manif._barricades.de_ga_ts__1968__-_53fi1036.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cinquanti\u00e8me anniversaire du fameux Printemps donne lieu \u00e0 plusieurs expositions cet \u00e9t\u00e9 en France. L\u2019occasion de d\u00e9couvrir, de Paris \u00e0 Marseille en passant par Strasbourg et Arles, des images peu connues d\u2019un mouvement social historique, enjeu d\u2019un imaginaire puissant.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":26392,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[479],"class_list":["post-11127","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","tag-photographie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11127\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/26392"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}