{"id":11101,"date":"2018-06-21T15:31:56","date_gmt":"2018-06-21T13:31:56","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-leur-emancipation-n-est-pas-la-notre\/"},"modified":"2023-06-23T23:29:24","modified_gmt":"2023-06-23T21:29:24","slug":"article-leur-emancipation-n-est-pas-la-notre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11101","title":{"rendered":"Leur &#8220;\u00e9mancipation&#8221; n&#8217;est pas la n\u00f4tre"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Tout le monde n&#8217;a pas la m\u00eame d\u00e9finition de la libert\u00e9 ou du travail, notamment si l&#8217;on se place du point de vue du dominant ou du domin\u00e9. Analyse d&#8217;une guerre de classes, par Nicolas Framont, co-r\u00e9dacteur en chef de la revue Frustration.<\/p>\n<p><em>\u00ab Notre projet de soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est l\u2019\u00e9mancipation par le travail \u00bb<\/em>. Accompagn\u00e9e du visage satisfait de Muriel P\u00e9nicaud, cheffe d\u2019orchestre de la destruction du Code du travail, cette phrase formait la Une du quotidien <em>La Croix<\/em> le 4 juin dernier. Amen, le cr\u00e9do macroniste de 2018 est bien celui-ci : le travail rend libre, et tous nos dirigeants s\u2019emploient \u00e0 mettre en sc\u00e8ne leur attachement visc\u00e9ral \u00e0 l\u2019acte de trimer. De Macron, qui aime tellement bosser qu\u2019il a deux bureaux et ne dort pas la nuit, \u00e0 ses d\u00e9put\u00e9s qui frissonnent de plaisir d\u00e8s que le mot &#8220;entreprise&#8221;, prononc\u00e9 comme le nom d\u2019un lieu de concorde et de d\u00e9lices, est entendu dans l\u2019enceinte de l\u2019Assembl\u00e9e nationale. <\/p>\n<p>Comme les bourgeois du XIXe, les macronistes d\u00e9testent l\u2019oisivet\u00e9. Avec leur <em>ethos<\/em> de cadre dynamique qui brassent en continu un air charg\u00e9 d\u2019anglicismes d\u00e9gueulasses, ils n\u2019envisagent pas que tous les salari\u00e9s fran\u00e7ais ne se rendent pas chaque matin au travail en chantant. Ils \u00e9voluent dans un monde o\u00f9 la souffrance au travail n\u2019existe que dans les livres d\u2019histoire, et ils ne manquent pas de reprocher syst\u00e9matiquement \u00e0 leurs adversaires de <em>\u00ab faire du Zola \u00bb<\/em> quand ils \u00e9voquent les horaires d\u00e9cal\u00e9s des femmes de m\u00e9nage, le <em>burn out<\/em> des soignants ou le taux de mortalit\u00e9 des ouvriers. Infoutus d\u2019admettre que leur position de dominants leur assure, du berceau \u00e0 la tombe, un rapport enchant\u00e9 au travail, les macronistes ne comprennent pas que si eux &#8220;ne comptent pas leurs heures&#8221;, l\u2019ensemble des salari\u00e9s fran\u00e7ais ne le fassent pas aussi.<\/p>\n<h2>Travailler \u00e0 marche forc\u00e9e<\/h2>\n<p>Leur objectif est donc de remettre tout le monde au travail, quels qu\u2019ils soient et quelles qu\u2019en soient les conditions. Remplacer le ch\u00f4mage par la pr\u00e9carit\u00e9, remplacer les minima sociaux \u2013 qui co\u00fbtent <em>\u00ab un pognon de dingue \u00bb<\/em> &#8211; par les temps tr\u00e8s partiels, remplacer le loisir par les heures suppl\u00e9mentaires, voici globalement leur projet. <em>\u00ab Ma conviction, appuy\u00e9e sur quarante ans d\u2019exp\u00e9rience, c\u2019est que nul n\u2019est inemployable, sous r\u00e9serve d\u2019\u00eatre aid\u00e9 \u00bb<\/em>, d\u00e9clare P\u00e9nicaud \u00e0 <em>La Croix<\/em>. C\u2019est pourquoi le gouvernement met toute la soci\u00e9t\u00e9 sous pression pour que chaque individu se formate \u00e0 sa propre <em>\u00ab employabilit\u00e9 \u00bb<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire la facult\u00e9 de correspondre \u00e0 tout moment aux besoins des poss\u00e9dants, et avant le voisin si possible.<\/p>\n<p>Qu\u2019importe si ce <em>\u00ab choc d\u2019employabilit\u00e9 \u00bb<\/em> passe par un rel\u00e2chement drastique des normes sanitaires au travail, avec la suppression des CHSCT, la d\u00e9gradation des conditions de travail des apprentis &#8211; car les bourgeois adorent l\u2019apprentissage, o\u00f9 ils r\u00eavent d\u2019envoyer tous les enfants d\u2019ouvriers afin de laisser \u00e0 leur propre prog\u00e9niture l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9tablissements publics enfin exclusifs \u2013 ou le harc\u00e8lement des ch\u00f4meurs : tout est bon pour rendre le plus de citoyens possibles employables, c\u2019est-\u00e0-dire parfaitement conformes aux besoins du patronat et des actionnaires, comme un meuble Ik\u00e9a pour votre salon, et n\u00e9cessitant le moins d\u2019engagement de leur part, comme l\u2019est un Kleenex ou un lot de couverts en plastique.<\/p>\n<p>Car il y a \u00e9videmment un int\u00e9r\u00eat fort \u00e0 v\u00e9hiculer cette id\u00e9ologie, outre le plaisir de pouvoir se regarder dans un miroir en se racontant qu\u2019on construit ou qu\u2019on &#8220;r\u00e9forme&#8221; quelque chose, alors qu\u2019on ne fait que d\u00e9truire : subordonner l\u2019ensemble de la population aux besoins du capitalisme leur rapporte <em>\u00ab un pognon de dingue \u00bb<\/em>. Apr\u00e8s dix ann\u00e9es de diffusion de ce discours en boucle sur nos ondes et d\u2019exercice de cette politique dans nos corps, les actionnaires fran\u00e7ais sont les mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s d\u2019Europe. P\u00e9nicaud est bien plac\u00e9e pour le savoir, elle qui a empoch\u00e9 un millions d\u2019euros de plus-value suite \u00e0 la suppression de 900 postes, lors de son passage d\u00e9capant \u00e0 Danone. <\/p>\n<h2>Le mirage de la libert\u00e9<\/h2>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique des poss\u00e9dants \u00e9rig\u00e9 en morale universelle pr\u00e9sente un avantage prodigieux pour s\u2019assurer de notre docilit\u00e9 collective : gr\u00e2ce \u00e0 ce discours du travail \u00e9mancipateur, nous ne nous sentons pas comme des domin\u00e9s d\u2019un syst\u00e8me qui nous exploite, mais comme des merdes incapables de profiter de notre &#8220;libert\u00e9&#8221;. A force d\u2019\u00eatre asperg\u00e9s par leur rh\u00e9torique autant d\u00e9bilisante que d\u00e9nu\u00e9e de toute r\u00e9alit\u00e9, m\u00eame les citoyens les plus politis\u00e9s en viennent \u00e0 perdre tout sens de ce qu\u2019est vraiment le travail. Combien de salari\u00e9s de &#8220;l\u2019associatif&#8221; et autres secteurs &#8220;alternatifs&#8221; en viennent eux aussi \u00e0 <em>\u00ab ne plus compter leurs heures \u00bb<\/em> ? Qui ne c\u00e8de pas aux sir\u00e8nes du &#8220;pr\u00e9sent\u00e9isme&#8221;, cette pratique qui consiste \u00e0 rester bosser plus tard que le coll\u00e8gue pour mettre en sc\u00e8ne sa profonde motivation ? Quel demandeur d\u2019emploi ne s\u2019est pas senti tellement nul de ne pas avoir &#8220;trouv\u00e9 sa voie&#8221; qu\u2019il en est venu \u00e0 se couper de toute vie sociale pour purger sa peine en silence ?<\/p>\n<p>Pour combattre une pens\u00e9e oppressive qui prend les atours de la libert\u00e9, le plus efficace est encore de redonner un sens \u00e0 ces mots ingurgit\u00e9s et dig\u00e9r\u00e9s par des dominants en qu\u00eate de l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 nous pourrir la vie. Les vieux livres de nos luttes pass\u00e9es et la r\u00e9alit\u00e9 de ce que nous vivons dans notre chair nous apprennent ceci : l\u2019\u00e9mancipation par le travail, \u00e7a n\u2019existe que par le revenu qu\u2019il procure. Si les enfants par rapport \u00e0 leur parents, les femmes par rapport \u00e0 leurs maris, les anciens esclaves par rapport \u00e0 leurs anciens ma\u00eetres ont pu trouver dans le travail un vecteur d\u2019\u00e9mancipation, c\u2019est parce qu\u2019il permet de mettre fin \u00e0 leur d\u00e9pendance \u00e9conomique \u00e0 leur \u00e9gard. Mais dans une soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, cette prise d\u2019ind\u00e9pendance se fait toujours au prix d\u2019une d\u00e9pendance nouvelle, aupr\u00e8s du patron, du cadre, de l\u2019actionnaire qui r\u00e9cup\u00e8rent le fruit de leurs efforts pour s\u2019\u00e9lever mat\u00e9riellement, quand tous les autres stagnent.<\/p>\n<p>C\u2019est pour sortir de cette impasse que des g\u00e9n\u00e9rations de femmes et d\u2019hommes ont combattu pour l\u2019\u00e9mancipation des travailleurs car \u00e7a, \u00e7a existe bel et bien, et \u00e7a fonde une morale et une politique en tout point inverse \u00e0 celle port\u00e9e par Macron et ses sbires. Elle consiste d\u2019abord dans l\u2019\u00e9mancipation sanitaire des travailleurs : crever \u00e0 cause de son travail n\u2019est pas un risque acceptable. C\u2019est pourtant ce qui arrive \u00e0 entre 500 (estimation basse) \u00e0 10 000 (estimation haute, comprenant les cancers d\u2019origine professionnelle) personnes par an en France. Imaginez le macroniste servir la soupe de &#8220;l\u2019\u00e9mancipation au travail&#8221; \u00e0 un salari\u00e9 crevant \u00e0 petit feu de son cancer due aux substances chimiques qu\u2019il a ing\u00e9r\u00e9 au fil des ann\u00e9es &#8211; ces m\u00eames substances chimiques retir\u00e9es de la liste des crit\u00e8res de la p\u00e9nibilit\u00e9 au travail par P\u00e9nicaud et sa bande de criminels. Car \u00eatre &#8220;employable&#8221;, c\u2019est ne pas faire chier son employeur avec ses probl\u00e8mes de dos et l\u2019\u00e9tat de ses poumons. Pour \u00e7a, <em>mangez 5 fruits et l\u00e9gumes par jour<\/em>.<\/p>\n<h2>Ne pas confondre travail et soumission<\/h2>\n<p>Il y a ensuite l\u2019\u00e9mancipation du travail. Comme \u00eatre puissant et dominant est un boulot passionnant, les patrons et les hauts cadres refusent de s\u2019imaginer que celles et ceux qui r\u00e9curent leurs chiottes ne sont pas comme eux des acharn\u00e9s du travail, qui y trouvent un profond sentiment d\u2019accomplissement. Par cons\u00e9quent, la notion de temps libre leur est profond\u00e9ment antipathique. De gouvernement en gouvernement, les attaques contre les scandaleuses 35 heures se multiplient, du <em>\u00ab travailler plus pour gagner plus \u00bb<\/em> de Sarkozy au <em>\u00ab travailler plus sans gagner plus pour pas vous faire virer \u00bb<\/em> de la loi P\u00e9nicaud. Et l\u2019objectif de Macron est maintenant de ne laisser personne toucher des prestations sociales sans s\u2019agiter en tout sens : c\u2019est ce que soutient Mathieu Laine, conseiller de l\u2019ombre du pr\u00e9sident et dirigeant d\u2019Altermind, <em>\u00ab une soci\u00e9t\u00e9 de conseil innovante mettant la puissance acad\u00e9mique au soutien des dirigeants \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Vendredi 15 juin, sur les ondes de France Inter, il donnait sa piste alternative aux minima sociaux : un \u00ab<em> droit universel \u00e0 l&#8217;activit\u00e9 et au capital \u00bb<\/em> : <em>\u00ab donner la possibilit\u00e9 \u00e0 chacun, par le travail, un coup de main sur le d\u00e9m\u00e9nagement, un petit cours, vous aidez une personne \u00e2g\u00e9e&#8230; de 0 \u00e0 500 euros par mois vous n&#8217;aurez ni taxe, ni imp\u00f4t \u00bb<\/em>. En gros, faites ce que vous voulez mais surtout bossez, m\u00eame si \u00e7a vous rapporte des clopinettes et qu\u2019au passage, vous remplacer toute action altruiste et quotidienne par un mesquin petit <em>business plan<\/em>. Face \u00e0 ce terrorisme moral, il y a plusieurs urgences. D\u2019abord affirmer sous le patronage de la science que moins on travaille, plus on vit longtemps. Ensuite rappeler que le temps libre, ce n\u2019est pas l\u2019inactivit\u00e9 : les loisirs, l\u2019engagement politique et associatif, l\u2019amiti\u00e9, la vie de famille, l\u2019amour, le sexe, s\u2019ennuyer m\u00eame, sont des occupations l\u00e9gitimes et d\u00e9sirables. Enfin, n\u2019avoir pas peur de dire que vouloir se faire du fric sur le moindre \u00e9change entre \u00eatres humains, c\u2019est un truc de gros connard.<\/p>\n<p>Pour finir, contre leur &#8220;\u00e9mancipation par le travail&#8221;, il y a l\u2019\u00e9mancipation politique de ceux qui triment. Recevoir des ordres toute la journ\u00e9e, contribuer \u00e0 une production et \u00e0 des services dont on ne conna\u00eet ni le sens ni le profit, c\u2019est \u00e7a \u00eatre libre ? Pas \u00e9tonnant que les tenants de &#8220;l\u2019\u00e9mancipation par le travail&#8221; soient tous des chefs et des cadres. Quoi de plus confortable que de savoir ce que vous faites, pour quoi vous le faites, pour qui vous le faites, et de pouvoir compter sur des gens serviles tenus dans l\u2019ignorance ? La d\u00e9mocratie ce n\u2019est pas pour les chiens. Ce qui vaut pour la gestion d\u2019un pays vaut aussi pour celle d\u2019une entreprise, dont la direction n\u2019a en plus comme l\u00e9gitimit\u00e9 que le fait d\u2019avoir l\u2019argent, patron \u00e9tant soit dit en passant le seul m\u00e9tier qu\u2019on puisse exercer sans formation sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>C\u2019est tout \u00e7a l\u2019\u00e9mancipation. L\u2019exact inverse de leur &#8220;\u00e9mancipation par le travail&#8221;, leur politique doubl\u00e9e d\u2019un terrorisme moral qui a fait des morts et des bless\u00e9s : morts sont celles et ceux qui sont tomb\u00e9s sur le front des accidents du travail et des maladies professionnelles, que le d\u00e9sespoir ou l\u2019humiliation a pouss\u00e9 au suicide, bless\u00e9s sont celles et ceux que la honte a pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9puisement professionnel et la culpabilit\u00e9 \u00e0 la d\u00e9pression. Remettons donc les mots dans le bon sens : leur projet, c&#8217;est la soumission dans le travail. L&#8217;\u00e9mancipation, \u00e7a implique qu&#8217;ils d\u00e9gagent.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11101 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/p-2-f6b.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/p-2-f6b-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"p-2.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout le monde n&#8217;a pas la m\u00eame d\u00e9finition de la libert\u00e9 ou du travail, notamment si l&#8217;on se place du point de vue du dominant ou du domin\u00e9. 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