{"id":11002,"date":"2018-05-07T11:41:00","date_gmt":"2018-05-07T09:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-pour-le-photographe-august-sander-juifs-et-nazis-des-hommes-du-xxe-siecle\/"},"modified":"2023-06-23T23:27:54","modified_gmt":"2023-06-23T21:27:54","slug":"article-pour-le-photographe-august-sander-juifs-et-nazis-des-hommes-du-xxe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=11002","title":{"rendered":"Pour le photographe August Sander : Juifs et nazis, des hommes du XX\u00e8 si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L&#8217;exposition <em>Pers\u00e9cut\u00e9s\/Pers\u00e9cuteurs, des Hommes du XX\u00e8 si\u00e8cle<\/em> au M\u00e9morial de la Shoah \u00e0 Paris est l&#8217;occasion pour notre chroniqueur Gildas Le Dem, de revenir sur l&#8217;importance de la photographie d&#8217;August Sander pour ses contemporains autant que pour les g\u00e9n\u00e9rations qui ont suivi et qui suivent toujours.<\/p>\n<p>Le M\u00e9morial de la Shoah consacre une magnifique exposition \u00e0 des s\u00e9ries de portraits r\u00e9alis\u00e9s pendant le IIIe Reich par l\u2019un des plus grands ma\u00eetres de la photographie du XXe si\u00e8cle, l\u2019allemand August Sander (1876-1964). L\u2019exposition est ouverte au public, et il ne faut donc pas h\u00e9siter \u00e0 s\u2019y rendre.<\/p>\n<p>L\u2019oeuvre de Sander, intitul\u00e9e <em>Hommes du XXe si\u00e8cle<\/em>, est une vaste s\u00e9rie de 500 portraits de portfolios organis\u00e9e selon les diverses cat\u00e9gories sociales, depuis les paysans, les femmes, les \u00e9tats sociaux-professionnels, les habitants des grandes villes, jusqu\u2019aux pers\u00e9cut\u00e9s du r\u00e9gime nazi : les prisonniers politiques, les travailleurs immigr\u00e9s, les Juifs, ceux qu\u2019on appellent encore <em>\u00ab les gens du voyages \u00bb<\/em>, ceux que la soci\u00e9t\u00e9 rel\u00e8gue aux rangs d\u2019anormaux et de fous, les vieillards et les mourants enfin. Ce sont des photographies extraites de ce dernier portfolio qu\u2019expose, notamment, le M\u00e9morial de la Shoah.<\/p>\n<p>On ne peut en effet comprendre l\u2019immense fresque de Sander sans la rapporter \u00e0 la vis\u00e9e documentaire et sociale de cette \u0153uvre, majeure dans l\u2019histoire de la photographie, et qui en domine encore, de tr\u00e8s haut, les avanc\u00e9es. Lorsque une premi\u00e8re \u00e9dition du travail de Sander para\u00eet en 1929, c\u2019est le grand romancier allemand Alfred D\u00f6blin qui lui consacre une pr\u00e9face. Et il \u00e9voque, \u00e0 propos du travail de Sander, une \u0153uvre de <em>\u00ab photographie compar\u00e9e \u00bb<\/em>. C\u2019est \u00e9videmment exact : l\u2019oeuvre de Sanders est comparable, dans l\u2019ordre de la photographie, \u00e0 un travail d\u2019anthropologie ou d\u2019ethnologie compar\u00e9e ; elle d\u00e9voile des structures de classification, les rapports de diff\u00e9rence et de ressemblance entre les diff\u00e9rentes classes sociales allemandes, leurs oppositions, leurs tensions et, en d\u00e9finitive, leurs antagonismes politiques aussi.<\/p>\n<p>On ne peut que songer, en effet, comme on l\u2019a souvent fait remarquer, \u00e0 la place que Sander accorde aux mains, aux postures, aux v\u00eatements. On remarquera, en parcourant l\u2019exposition, combien ce traitement photographique d\u2019un organe qui semble aussi naturel que la main est diff\u00e9renci\u00e9 selon que le portait d\u2019un protagoniste est celui d\u2019un paysan, d\u2019une femme de m\u00e9nage, ou d\u2019un grand industriel : l\u00e0, des ongles cern\u00e9s de noir qui ont travaill\u00e9 la terre : l\u00e0, des mains rudes et grossies par le travail, fermement accroch\u00e9es, arrim\u00e9es \u00e0 ce qui doit \u00eatre un balai ; mais ici, des mains fines, d\u00e9licatement crois\u00e9es et pos\u00e9es \u00e0 plat sur le feutre d\u2019un pantalon d\u2019\u00e9l\u00e9gante \u00e9toffe. L\u00e0, un groupe de jeunes intellectuels r\u00e9volutionnaires s\u00e9rieux mais posant nonchalamment. Ici, un trio de paysans endimanch\u00e9s (sans doute une des plus belles et embl\u00e9matiques photographies de Sander), dont l\u2019un des protagonistes laisse \u00e9chapper une m\u00e8che rebelle, et fume n\u00e9gligemment une cigarette sur le bord d\u2019un chemin de campagne. <\/p>\n<p>C\u2019est, ainsi que l\u2019\u00e9crira Sanders, que la photographie d\u00e9voile une forme de d\u00e9terminisme social et historique (\u00e0 l\u2019oppos\u00e9 bien entendu, d\u2019un destin territorial ou biologique, de l\u2019id\u00e9ologie du <em>\u00ab Blut und Boden \u00bb<\/em>, du sol et du sang, que les doctrinaires nazis imposeront bient\u00f4t \u00e0 l\u2019Allemagne). Et ce d\u00e9terminisme travaille les corps des hommes jusque dans leurs corps, les traits les plus singuliers de leur visage, leur \u00e9motions aussi : <em>\u00ab A travers l\u2019expression d\u2019un visage, nous pouvons imm\u00e9diatement d\u00e9terminer quel travail [un individu] accomplit ou n\u2019accomplit pas, dans ses traits nous lisons s\u2019il \u00e9prouve du chagrin ou de la joie, car la vie y laisse ses traces. Un po\u00e8me dit : \u00ab Dans chaque visage d\u2019homme, son histoire est \u00e9crite de la fa\u00e7on la plus claire. L\u2019un sait la lire, l\u2019autre nom \u00bb. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Il va donc sans dire que le po\u00e8me photographique de Sanders enregistre mais d\u00e9chiffre aussi, pour ainsi dire, le visage multiple de l\u2019Allemagne de l\u2019avant seconde Guerre Mondiale : celui de la R\u00e9publique de Weimar marqu\u00e9e par des conflits ouverts et des positions sociales et politiques largement antagonistes. C\u2019est qu\u2019August Sander, qui consacre d\u2019abord son travail \u00e0 la bourgeoisie et se place dans un premier temps dans la tradition et l\u2019h\u00e9ritage du pictorialisme (qui pr\u00e9tend \u00e9lever la photographie au rang d\u2019un art \u00e0 m\u00eame de rivaliser avec la peinture), va lentement se tourner vers un type de photographie plus frontal, brut, qui tend \u00e0 la lisibilit\u00e9 la plus pure.<\/p>\n<p>Il abandonne, en m\u00eame temps que les retouches pictorialistes \u00e0 coup de gomme bichromat\u00e9e, les plong\u00e9es et les contre-plong\u00e9es, les distances au mod\u00e8le, la repr\u00e9sentation photographique de la seule vie familiale de la bourgeoisie : chaque protagoniste, quelque soit sa position sociale, est trait\u00e9 frontalement, d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal et sans fard. Sander le dira plus tard, il veut photographier les choses telles qu\u2019elles sont et non telles que l\u2019on voudrait qu\u2019elles soient : <em>\u00ab Je ne d\u00e9teste rien plus que la photographie au sucre avec minauderies, poses et affectations. Cela \u00e9tant laissez-moi dire sinc\u00e8rement la v\u00e9rit\u00e9 sur notre \u00e9poque et ses hommes \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Il faut ici faire place au contexte biographique et historique. Si Sander est un photographe allemand en butte \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 de plus en plus divis\u00e9e, il est d\u2019abord l\u2019homme d\u2019une ville, Cologne, et de sa campagne, le Westerwald. Et c\u2019est sans doute \u00e0 cet ancrage que le travail de Sander doit non pas seulement d\u2019avoir r\u00e9pondu aux enjeux de la repr\u00e9sentation sociale et politique de l\u2019Allemagne de son temps, mais d\u2019avoir pris part aux d\u00e9bats et conflits qui la traversaient.<\/p>\n<p>A Cologne, il se lie en effet \u00e0 un groupe de jeunes artistes de vingt ans ses cadets, les &#8220;progressistes de Cologne&#8221;. Parmi eux, Franz Wilhem Seiwert et Heinrich Hoerle. Ce c\u00e9nacle de jeunes artistes sont en fait des peintres ralli\u00e9s au marxisme, et au constructivisme figuratif dans laquelle les figures humaines simplifi\u00e9es jusqu\u2019aux pictogrammes, comme chez Seiwert, symbolisent les diff\u00e9rents groupes sociaux et rendent lisibles, dans des grandes compositions structurales, des rapports de force entre masses. C\u2019est aussi Seiwert qui encouragera Sander, apr\u00e8s que ce dernier lui aura expos\u00e9 une photographie de paysan, \u00e0 rompre avec les conventions de la photographie d\u2019art et \u00e0 faire usage du papier glac\u00e9, jusque l\u00e0 r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la photographie industrielle. <\/p>\n<p>Cologne, c\u2019est aussi l\u2019histoire d\u2019une ville qui se confond avec celle des Juifs d\u2019Allemagne sur pr\u00e8s de 1700 ans. Au-del\u00e0 m\u00eame de l\u2019Allemagne, la ville concentre en effet la vie des Juifs dans le nord-ouest de l\u2019Europe depuis l\u2019an 321. Avec l\u2019av\u00e9nement de l\u2019Empire Allemand en 1871, et l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits civiques et politiques, la communaut\u00e9 juive peut, enfin, laisser libre cours \u00e0 une brillante vie intellectuelle, politique et sociale \u2013 ce qui ne signifie \u00e9videmment pas, malgr\u00e9 &#8220;l\u2019assimilation&#8221; des Juifs de Cologne, que toute trace d\u2019antis\u00e9mitisme a disparu. Et, de fait, avec la prise de pouvoir des nazis en 1933, ce dernier s\u2019exprime \u00e0 nouveau violemment : l\u2019\u00e9viction des Juifs de la vie politique et sociale est aussi radicale que la discrimination \u00e9conomique et professionnelle dont ils font \u00e0 nouveau l\u2019objet. Et l\u2019on conna\u00eet malheureusement les suites de cette histoire : le lent acheminement vers la stigmatisation des identit\u00e9s, des papiers, des v\u00eatements, puis les d\u00e9portations.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que Sander, au d\u00e9but de la Seconde Guerre Mondiale va ajouter un nouveau portfolio aux <em>Hommes du XXe si\u00e8cle<\/em>, consacr\u00e9 \u00e0 toutes les victimes de la politique nazie : les Juifs bien s\u00fbr, mais \u00e9galement les gens du voyage, les travailleurs immigr\u00e9s, les prisonniers politiques. Et qu\u2019il ajoutera au portfolio des femmes ou des soldats les portraits d\u2019une femme ou d\u2019un soldat nationaux-socialistes. Non seulement l\u2019oeuvre de Sander n\u2019est pas un bloc immobile et statique mais elle enregistre les bouleversements historiques et t\u00e9moigne m\u00eame du durcissement des rapports sociaux en blocs politiques radicalement antagonistes. La sc\u00e9nographie de l\u2019exposition est saisissante \u00e0 cet \u00e9gard : sur un mur, une s\u00e9rie de portraits de soldats et dignitaires nazis mais, sur le mur oppos\u00e9, ceux de leurs victimes. <\/p>\n<p>Il faut \u00e9galement ajouter que Sander sera personnellement affect\u00e9 par la politique du r\u00e9gime nazi. Son fils, Erich Sander (c\u2019est lui que l\u2019on peut voir, dans l\u2019exposition, photographi\u00e9 sous les traits d\u2019un \u00e9tudiant en philosophie) est condamn\u00e9 par le r\u00e9gime en raison de son appartenance au Parti Communiste. Et il intern\u00e9 de 1934 \u00e0 1944, l\u2019ann\u00e9e de sa mort dans un camp. Sander, dont l\u2019oeuvre est renvoy\u00e9e au rang d\u2019art d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, entre alors dans un long exil int\u00e9rieur. Mais il ne cesse pour autant de travailler, de t\u00e9moigner. Sander reprend notamment des n\u00e9gatifs r\u00e9alis\u00e9s en 1939, ceux de voisins qui venaient au studio pour des photographies d\u2019identit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019enregistrement sp\u00e9cial des citoyens juifs ou l\u2019\u00e9tablissement des papiers d\u2019\u00e9migration. S\u2019y ajouteront des clich\u00e9s des prisonniers politiques envoy\u00e9s clandestinement par son fils Erich qui photographie dans le secret ses compagnons de lutte. <\/p>\n<p>C\u2019est ce portfolio que Sander rendra public apr\u00e8s la Seconde Guerre Mondiale. Il \u00e9crira d\u00e9j\u00e0, durant la guerre, \u00e0 propos des portraits des Juifs de Cologne, comme en forme de d\u00e9fi : <em>\u00ab Dans mon \u0153uvre <em>Hommes du XXe si\u00e8cle<\/em>, j\u2019ai rassembl\u00e9 un portfolio de Juifs. Ce sont surtout de vieux types de Colonais. Ce portfolio sera un magnifique document pour l\u2019homme juif, vous pourrez y compter \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Si la photographie d\u2019August Sander reste aussi sublime, c\u2019est \u00e9videmment qu\u2019elle est un t\u00e9moignage unique, une promesse de v\u00e9rit\u00e9 aussi. Car la v\u00e9rit\u00e9, a, dans le travail de Sanders, une valeur esth\u00e9tique, pr\u00e9cis\u00e9ment celle d\u2019un t\u00e9moignage et d\u2019une promesse : si les s\u00e9ries, les portfolios expriment une intention de connaissance, de classification, ces classements sociologiques, politiques, n\u2019\u00e9puisent jamais la v\u00e9rit\u00e9 et l\u2019unicit\u00e9 d\u2019un individu. Sander et son dernier fils chercheront d\u2019ailleurs, apr\u00e8s guerre, \u00e0 retrouver le nom singulier des individus disparus comme s\u2019il fallait encore nommer leur unicit\u00e9. <\/p>\n<p>Et l\u2019on ne peut, \u00e0 l\u2019issue de cette exposition, sortir sans avoir le souffle coup\u00e9 au souvenir de ces visages que l\u2019histoire et la folie nazie ont emport\u00e9 vers la mort anonyme. Et ne pas repenser \u00e0 cette remarque de Walter Benjamin qui consacre une place centrale au travail d\u2019August Sanders dans sa <em>Petite histoire de la photographie<\/em>. Avec la photographie, \u00e9crit Benjamin, il reste toujours plus et autre chose qu\u2019une pi\u00e8ce t\u00e9moignant de l\u2019art du photographe, c\u2019est-a dire quelque chose de l\u2019unicit\u00e9 d\u2019une personne : <em>\u00ab quelque chose qu\u2019il est impossible de r\u00e9duire au silence et qui r\u00e9clame imp\u00e9rieusement le nom de celle qui a v\u00e9cu l\u00e0, qui est encore r\u00e9elle sur ce clich\u00e9 et ne passera jamais enti\u00e8rement dans l\u2019art \u00bb<\/em>.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-11002 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/1d40b8bfed-c1f.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/1d40b8bfed-c1f-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"1d40b8bfed.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;exposition <em>Pers\u00e9cut\u00e9s\/Pers\u00e9cuteurs, des Hommes du XX\u00e8 si\u00e8cle<\/em> au M\u00e9morial de la Shoah \u00e0 Paris est l&#8217;occasion pour notre chroniqueur Gildas Le Dem, de revenir sur l&#8217;importance de la photographie d&#8217;August Sander pour ses contemporains autant que pour les g\u00e9n\u00e9rations qui ont suivi et qui suivent toujours.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":26124,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-11002","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11002","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11002"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11002\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/26124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11002"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11002"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11002"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}