{"id":10938,"date":"2018-04-08T21:36:14","date_gmt":"2018-04-08T19:36:14","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-sofiane-saidi-le-rai-et-ses-1001-sonorites\/"},"modified":"2023-06-23T23:27:28","modified_gmt":"2023-06-23T21:27:28","slug":"article-sofiane-saidi-le-rai-et-ses-1001-sonorites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=10938","title":{"rendered":"Sofiane Sa\u00efdi, le ra\u00ef et ses 1001 sonorit\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Il n&#8217;y a pas que le rail qui vaille ! Parce que le ra\u00ef a aussi son mot \u00e0 dire&#8230; Genre musical souvent consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 tort comme d\u00e9pass\u00e9, il semble aujourd&#8217;hui retrouver un peu de sa superbe. En t\u00e9moigne le dernier album de Sofiane Sa\u00efdi, v\u00e9ritable bijou de m\u00e9langes d&#8217;histoires politiques et m\u00e9lodiques.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"490\" height=\"276\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/HM6BGVLVeQc\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; encrypted-media\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Au pays des 1001 volupt\u00e9s, Sofiane Sa\u00efdi, accompagn\u00e9 du groupe Mazalda, bande de musiciens lyonnais, trace sa voix. Lact\u00e9e selon son titre, <em>\u00ab El Ndjoum \u00bb<\/em> (Les \u00e9toiles). Elle est plut\u00f4t du genre grave, \u00e2pre, qui en impose aux oreilles et qui laisse percevoir que le bonhomme a carbur\u00e9 aux cigarettes et boissons alcoolis\u00e9es plus qu&#8217;il n&#8217;a biberonn\u00e9. Ce genre de voix qui contribue \u00e0 ce que, quand les neuf morceaux de l&#8217;opus se sont d\u00e9roul\u00e9s, une \u00e9vidence appara\u00eet : le ra\u00ef est ressuscit\u00e9.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 2000, le style musical venu d&#8217;Alg\u00e9rie, semblait avoir disparu des platines tournant le dos aux ann\u00e9es 90. A cette \u00e9poque, Khaled, Cheb Mami, Cheb Hasni ou encore Rachid Taha, conqui\u00e8rent les ondes et les salles de concert de l&#8217;Hexagone. En 1992, quand <em>\u00ab Didi \u00bb<\/em> se hisse au sommet du <em>\u00ab Top 50 \u00bb<\/em>, l&#8217;Alg\u00e9rie sombre dans la violence islamiste ; en France, le ra\u00ef r\u00e9siste m\u00eame si, avec l&#8217;assassinat de Cheb Hasni en 1994, les terroristes d\u00e9montrent une fois de plus qu&#8217;ils ont la culture comme cible. Malgr\u00e9 tout, <em>\u00ab pendant la d\u00e9cennie noire, des chanteurs ont os\u00e9 ; ils ont continu\u00e9 \u00e0 se produire de fa\u00e7on underground dans des cabarets \u00bb<\/em>, se souvient Sofiane Sa\u00efdi.<\/p>\n<p>Pas \u00e9tonnant, alors que le chanteur confie, \u00e0 <em>Regards<\/em> : <em>\u00ab Ce n&#8217;est pas moi qui ai choisi le ra\u00ef, c&#8217;est lui qui m&#8217;a choisi ! \u00bb<\/em> Underground : l&#8217;image semble convenir \u00e0 celui qui est arriv\u00e9 de Sidi Bel Abbe\u0300s \u00e0 Paris pendant les ann\u00e9es noires alg\u00e9riennes.<\/p>\n<h2>Le ra\u00ef est de retour<\/h2>\n<p>Sur <em>Gasbah Trinsiti<\/em> (La Gasbah et l&#8217;e\u0301lectricite\u0301), il chante :<\/p>\n<p><em>J&#8217;attends ton retour je ne dors pas,<br \/>\nJe picole je me drogue jusqu&#8217;au petit matin<br \/>\nJe deviens fou<br \/>\nJe veux partir a\u0300 Sidi bel Abb\u00e8s voir ma me\u0300re<br \/>\nChauffeur de Taxi, parle-moi de l&#8217;Alge\u0301rie<br \/>\nMets-moi de la Gasbah !<\/em><\/p>\n<p>Dans <em>La classe Fi Las Vegas<\/em> (La classe \u00e0 Las Vegas), il d\u00e9peint un chauffeur de taxi <em>\u00ab clandestin, c&#8217;est-\u00e0-dire quelqu&#8217;un qui n&#8217;a pas de licence de taxi mais qui v\u00e9hicule quand m\u00eame des clients \u00bb<\/em>, souligne-t-il. Il poursuit : <em>\u00ab je l&#8217;ai rencontr\u00e9 \u00e0 Sidi bel Abb\u00e8s, c&#8217;est un personnage attachant et dr\u00f4le. Dans sa voiture, avec la moumoute sur le volant, on a l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre \u00e0 Las Vegas \u00bb<\/em>. <\/p>\n<p>Ou encore, dans la chanson \u00e0 3 voix, fa\u00e7on groove, intitul\u00e9e <em>Yadra ?<\/em> (Quoi de neuf ?), il \u00e9voque l&#8217;exil des jeunes : <\/p>\n<p><em>Chez moi, je suis exile\u0301.<br \/>\nIls mentent.<br \/>\nIls se sont acharne\u0301s sur leur pays.<br \/>\nLa beaute\u0301 leur fait peur.<br \/>\nEs-tu marie\u0301e ?<br \/>\nM&#8217;as-tu oublie\u0301 ?<br \/>\nIls ont empe\u0302che\u0301 notre amour, pardonne-moi.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab C&#8217;est la seule chanson dont le texte est v\u00e9ritablement engag\u00e9 \u00bb,<\/em> livre le chanteur qui est aussi l&#8217;auteur des paroles. Et d&#8217;ajouter : \u00ab j&#8217;y parle de ceux qui se sont exil\u00e9s par la force des choses, de ces gens qui se sont perdus, de ces grands professeurs alg\u00e9riens qui sont devenus surveillants. D&#8217;un pays qui s&#8217;est vid\u00e9 de sa mati\u00e8re grise&#8230;. \u00bb<\/p>\n<h2>Le ra\u00ef comme fusion des genres et des r\u00e9cits<\/h2>\n<p>Sa musique est-elle, alors, une description de l&#8217;Alg\u00e9rie d&#8217;aujourd&#8217;hui ? <em>\u00ab Ma source d&#8217;inspiration s&#8217;est d\u00e9plac\u00e9e<\/em>, r\u00e9pond Sofiane Saidi. <em>Elle puise dans ma m\u00e9moire, dans ce que j&#8217;ai en t\u00eate, dans ce que j&#8217;ai v\u00e9cu en Alg\u00e9rie jusqu&#8217;\u00e0 mes 17 ans. \u00bb<\/em> Le sourire point sur ses l\u00e8vres. <em>\u00ab A l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 j&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 chanter, le ra\u00ef n&#8217;\u00e9tait pas encore tr\u00e8s connu en Alg\u00e9rie. Cette musique et ses paroles sans fronti\u00e8res circulaient moins que les musiques officielles comme le cha\u00e2bi \u00bb<\/em>, poursuit l&#8217;artiste, se souvenant que cette musique n&#8217;abordait jamais <em>\u00ab l&#8217;amour, l&#8217;alcool, le sexe, la vie. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 ce que, dans les ann\u00e9es 70, diff\u00e9rents artistes m\u00ealent ces th\u00e8mes jusqu&#8217;alors non abord\u00e9s en musique, aux airs jud\u00e9o-arabes, \u00e0 la chanson b\u00e9douine. De cette fusion est n\u00e9 le ra\u00ef ; de cette vie naissent les chansons du nouveau disque de Sofiane Saidi. Aux c\u00f4t\u00e9s de Mazalda, son ra\u00ef c\u00f4toie le hip hop, l&#8217;\u00e9lectro, le jazz, le funk, le Mbalax se\u0301ne\u0301galais.<\/p>\n<p>L&#8217;amour, le quotidien, les rencontres, le sexe, l&#8217;alcool&#8230; Avec Sofiane Saidi, tous ces th\u00e8mes sont m\u00eal\u00e9s, m\u00e9lang\u00e9s, fusionn\u00e9s. Bref, le ra\u00ef renait avec ses 1001 sonorit\u00e9s.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-10938 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/sofiane_saidi_mazalda_el_ndjoum-007.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/sofiane_saidi_mazalda_el_ndjoum-007-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"sofiane_saidi_mazalda_el_ndjoum.jpg\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/sofiane_saidi_mazalda_el_ndjoum-007-150x150.jpg 150w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/sofiane_saidi_mazalda_el_ndjoum-007-300x300.jpg 300w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/sofiane_saidi_mazalda_el_ndjoum-007-768x768.jpg 768w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/sofiane_saidi_mazalda_el_ndjoum-007.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n&#8217;y a pas que le rail qui vaille ! 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