{"id":1093,"date":"1998-10-01T00:00:00","date_gmt":"1998-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/gisele-pineau1093\/"},"modified":"1998-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-09-30T22:00:00","slug":"gisele-pineau1093","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1093","title":{"rendered":"Gis\u00e8le Pineau"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> L&#8217;Ame pr\u00eat\u00e9e aux oiseaux, le nouveau roman de Gis\u00e8le Pineau, est un livre dense et intense. Comme l&#8217;est l&#8217;essai-t\u00e9moignage qu&#8217;elle a consacr\u00e9, avec Marie Abraham, aux femmes des Antilles, cent cinquante ans apr\u00e8s l&#8217;abolition de l&#8217;esclavage. <\/p>\n<p>Sa formation et l&#8217;exercice de la psychiatrie en tant qu&#8217;infirmi\u00e8re au Centre hospitalier Saint-Claude de la Guadeloupe, permettent \u00e0 Gis\u00e8le Pineau d&#8217;avoir une connaissance empirique des r\u00e9alit\u00e9s, des drames humains qui traversent les populations antillaises, souvent d\u00e9chir\u00e9es par l&#8217;absence de travail local, l&#8217;\u00e9migration forc\u00e9e vers l&#8217;ancienne m\u00e9tropole, la division familiale, les s\u00e9parations. Enfin, toutes les probl\u00e9matiques de l&#8217;exil \u00e9conomique et social, sans occulter pour autant les cons\u00e9quences politiques. Elle a \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame concern\u00e9e par cet environnement. N\u00e9e \u00e0 Paris, elle est \u00e9lev\u00e9e par sa grand-m\u00e8re dont elle h\u00e9rita toute la saveur &#8221; cr\u00e9ole &#8221; de son \u00e9ducation et de son engagement. Apr\u00e8s des \u00e9tudes de lettres \u00e0 Nanterre, et d&#8217;infirmi\u00e8re en psychiatrie \u00e0 Villejuif, elle quitta la France pour s&#8217;installer en Guadeloupe en1981. Elle d\u00e9cide de mener son m\u00e9tier d&#8217;\u00e9crivain avec acharnement, renouvelant \u00e0 sa mani\u00e8re l&#8217;\u00e9criture romanesque.<\/p>\n<p> <strong> Des romans faits d&#8217;absences et de morts <\/strong><\/p>\n<p>Gis\u00e8le Pineau ne s&#8217;inscrit pas forc\u00e9ment dans une d\u00e9marche &#8221; politique &#8221; de la cr\u00e9olit\u00e9, ni de la &#8221; cr\u00e9olisation &#8220;. Cependant, elle donne \u00e0 son \u00e9criture, \u00e0 son style, tout l&#8217;environnement de l&#8217;esprit cr\u00e9ole. Son oeuvre est impr\u00e9gn\u00e9e de sa culture insulaire guadeloup\u00e9enne, les personnages respirent &#8220;le pays&#8221;. Elle dit avec passion: &#8221; Je vis en pays cr\u00e9ole, je vis la cr\u00e9olit\u00e9 au quotidien, mon propos est de rester fid\u00e8le aux situations, aux psychologies et aux expressions linguistiques et culturelles des gens qui m&#8217;entourent et qui m&#8217;inspirent pour \u00e9crire.&#8221; Dans l&#8217;Ame pr\u00eat\u00e9e aux oiseaux, tout est construit comme un puzzle qui se compose et se d\u00e9compose, et qui, \u00e9l\u00e9ment par \u00e9l\u00e9ment, d\u00e9noue le destin et rit du temps. Ce livre \u00e9tonnant raconte des histoires d&#8217;oiseaux et de fleurs voyageant de vies en vies, et parcourant les \u00eeles, jusqu&#8217;\u00e0 Paris et New York. Tout est \u00e9difi\u00e9 autour de deux femmes, Lila et Sybille. Cette derni\u00e8re et son fils, accompagn\u00e9s de Lila viennent vivre \u00e0 Paris. Le fils Marcello grandit au milieu des fant\u00f4mes des hommes qui ont travers\u00e9 la vie de ces deux femmes. Il est pour Sybille l&#8217;incarnation de son petit fr\u00e8re mort et pour Lila son fils perdu, puisque parti avec son p\u00e8re en Am\u00e9rique&#8230; C&#8217;est dans ce noeud d&#8217;identit\u00e9 originelle que se fait le destin de Marcello.<\/p>\n<p> <strong> &#8221; Mais la femme a v\u00e9cu diff\u00e9remment l&#8217;esclavage&#8230;&#8221; <\/strong><\/p>\n<p>Les romans de Gis\u00e8le Pineau sont faits tr\u00e8s souvent d&#8217;absences et de morts. Les p\u00e8res partent, les destins chavirent par une disparition ou un retour. La pr\u00e9sence et la constance sont repr\u00e9sent\u00e9es par les femmes, m\u00e8res, grand-m\u00e8res ou tantes, qui sont la r\u00e9f\u00e9rence des familles \u00e9clat\u00e9es. Cette r\u00e9alit\u00e9, Gis\u00e8le Pineau l&#8217;a traduite dans un essai-t\u00e9moignage Femmes des Antilles, traces et voix. Cent cinquante ans apr\u00e8s l&#8217;abolition de l&#8217;esclavage. Dans cet essai, compos\u00e9 avec la collaboration de Marie Abraham, le r\u00e9cit historique se m\u00eale \u00e0 la fiction et aux t\u00e9moignages contemporains. On suit l&#8217;itin\u00e9raire g\u00e9ographique et la vie des esclaves, mais l&#8217;hommage est rendu aux femmes, dont les voix ont \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement \u00e9touff\u00e9es. D&#8217;une extr\u00eame urgence, le livre recueille des t\u00e9moignages historiques essentiels sur ce que fut le syst\u00e8me esclavagiste et montre les s\u00e9quelles de ce syst\u00e8me: Gis\u00e8le Pineau, accueillie \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 du Maine en mai dernier, d\u00e9clarait avec fermet\u00e9: &#8221; Il y a eu des esclaves hommes et des esclaves femmes, les deux esclaves, les deux noirs et d\u00e9port\u00e9s. Mais la femme a v\u00e9cu diff\u00e9remment l&#8217;esclavage, car elle est rest\u00e9e &#8221; femme &#8221; dans le regard des bourreaux et des n\u00e9griers. Elle a vu le d\u00e9sir dans les yeux du ma\u00eetre, souvent elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e d\u00e9j\u00e0 dans le bateau&#8230; C&#8217;est une histoire d&#8217;esclave avec cette horreur en plus, nous ne pouvons l&#8217;oublier&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>Gis\u00e8le Pineau L&#8217;Ame pr\u00eat\u00e9e aux oiseaux Editions Stock, 1998, 224 p., 110 F.<\/p>\n<p>Gis\u00e8le Pineau, Marie Abraham Femmes des Antilles, traces et voix. Cent cinquante ans apr\u00e8s l&#8217;abolition de l&#8217;esclavage, photographies de Thomas Dorn. Editions Stock, 1998, 262 p., 140 F.<\/p>\n<p>Une rencontre exceptionnelle est programm\u00e9e avec Gis\u00e8le Pineau, le 8 octobre \u00e0 l&#8217;espaceregards. Renseignements: 01 40 13 79 11.<\/p>\n<p>1. Julien Green, oeuvres compl\u00e8tes, tome 8.Editions Jacques Petit; introduction, notices et notes de Michel Raclot.Gallimard, Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade, 1998, 1600 p., 430 F.L&#8217;Album Green accompagne ce tome 8.Iconographie choisie et comment\u00e9e par Jean-Eric Green et l\u00e9gend\u00e9e par Julien Green.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> L&#8217;Ame pr\u00eat\u00e9e aux oiseaux, le nouveau roman de Gis\u00e8le Pineau, est un livre dense et intense. 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