{"id":1088,"date":"1998-10-01T00:00:00","date_gmt":"1998-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/tournants1088\/"},"modified":"1998-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-09-30T22:00:00","slug":"tournants1088","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1088","title":{"rendered":"Tournants"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Venise, un nouveau d\u00e9part ?Le cin\u00e9ma russe est en crise depuis des ann\u00e9es, mais des signes d&#8217;am\u00e9lioration se font jour. Ainsi, la production, qui a consid\u00e9rablement chut\u00e9, devrait remonter cette ann\u00e9e \u00e0 une cinquantaine de films. Au hasard des festivals et des sorties commerciales, on a pu constater, malgr\u00e9 la duret\u00e9 du temps, qu&#8217;il existe de bons films russes et que la rel\u00e8ve des g\u00e9n\u00e9rations a \u00e9t\u00e9 plus ou moins assur\u00e9e. Il reste \u00e0 esp\u00e9rer que les distributeurs donneront au public int\u00e9ress\u00e9 la possibilit\u00e9 de voir les meilleures r\u00e9alisations. Il est tout \u00e0 fait injuste et anormal, par exemple, que l&#8217;excellent film de Serguei Bodrov, le Prisonnier du Caucase, remarqu\u00e9 \u00e0 Cannes l&#8217;an pass\u00e9, n&#8217;ait pas eu de sortie jusqu&#8217;\u00e0 ce jour. C&#8217;est plus compr\u00e9hensible dans le cas du dernier opus de Kira Mouratova, Trois histoires, bien d\u00e9cevant par rapport \u00e0 son explosif Syndrome asth\u00e9nique. Par contre, est annonc\u00e9 le Barbier de Sib\u00e9rie, de Mikhalkov, tr\u00e8s attendu apr\u00e8s Soleil trompeur, ainsi que Khroustaliov ma voiture, d&#8217;Alexei Guerman, lui aussi tr\u00e8s attendu (depuis cinq ans !) mais fort mal re\u00e7u \u00e0 Cannes, non sans raisons. Egalement d\u00e9couverts \u00e0 Cannes, Tueur \u00e0 gages, solide et brutal polar de Darejan Omirbaev, r\u00e9put\u00e9 depuis Cardiogramme, et Des monstres et des hommes, d&#8217;Alexei Balabanov, essai kitsch dans le style du muet, devraient \u00e0 leur tour arriver sur les \u00e9crans. Ce qu&#8217;on esp\u00e8re aussi pour le tr\u00e8s attachant Dans ce pays-l\u00e0, de Lidia Bobrova, fervent hommage \u00e0 la tradition &#8221; paysanne &#8221; du cin\u00e9ma russe. Enfin, on ne manquera pas deux in\u00e9dits d&#8217;Ale-xandre Sokourov, le meilleur r\u00e9alisateur russe (M\u00e8re et fils), quoique s&#8217;adressant \u00e0 un public de vrais amateurs, Pages cach\u00e9es ainsi que la Voix solitaire de l&#8217;homme, son premier et d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s typique essai, interdit pendant dix ans pour manquement au r\u00e9alisme socialiste mais chef-d&#8217;oeuvre de po\u00e9sie visionnaire.n<\/p>\n<p> <strong> MARCEL MARTIN <\/strong><\/p>\n<p>Deux \u00e9v\u00e9nements ont marqu\u00e9 la vie du cin\u00e9ma en Russie au d\u00e9but de l&#8217;\u00e9t\u00e9: le Congr\u00e8s extraordinaire de l&#8217;Union des cin\u00e9astes et le festival de Sotchi. Le Congr\u00e8s s&#8217;est r\u00e9uni dans la grande salle de th\u00e9\u00e2tre du Kremlin et a vot\u00e9 des modifications dans les statuts, ainsi que, mais non sans r\u00e9sistances, le programme propos\u00e9 par le nouveau &#8221; Pape &#8221; de l&#8217;Union, Nikita Mikhalkov. Le fait m\u00eame de la tenue de ce congr\u00e8s au Kremlin est apparu comme une r\u00e9plique au fameux Ve Congr\u00e8s de 1986, celui de la perestro\u00efka, et la revanche, m\u00eame pas dissimul\u00e9e, de Mikhalkov, alors battu par les &#8221; r\u00e9volutionnaires &#8221; avec Elem Klimov \u00e0 leur t\u00eate. Ambitieux et autoritaire, dans les conditions extr\u00eamement difficiles o\u00f9 se trouve le cin\u00e9ma russe, Mikhalkov a le m\u00e9rite de proposer des mesures pour sortir du marasme \u00e9conomique et artistique. Et cela s\u00e9duit m\u00eame les plus sceptiques. On attend maintenant avec curiosit\u00e9 les faits et gestes qu&#8217;il a annonc\u00e9s: sa t\u00e2che sera rude. Mais notre Nikita national est tr\u00e8s estim\u00e9 en haut lieu et, puisqu&#8217;il ne demande pas d&#8217;argent mais exige un plein soutien moral, il l&#8217;obtiendra certainement. D\u00e9j\u00e0 dirigeant du puissant et riche Fonds de la Culture, il poss\u00e8de l&#8217;habilet\u00e9 et la d\u00e9magogie n\u00e9cessaires pour s\u00e9duire les individus et les responsables. De plus, il est au tournant de sa carri\u00e8re politique et ce n&#8217;est pas par hasard qu&#8217;on lui pose souvent et malicieusement la question (qui ne l&#8217;embarrasse nullement) de savoir s&#8217;il est tent\u00e9 par la pr\u00e9sidence de la Russie. Bien s\u00fbr, il r\u00e9fute ces &#8221; all\u00e9gations &#8221; mais qui sait ce qu&#8217;il dira dans quelques ann\u00e9es ?<\/p>\n<p> <strong> Nikita Mikhalkov \u00e0 la t\u00eate de l&#8217;Union des cin\u00e9astes <\/strong><\/p>\n<p>On n&#8217;a pas du tout parl\u00e9 des films au Congr\u00e8s, mais ce silence a \u00e9t\u00e9 compens\u00e9 par le festival de Sotchi, ville baln\u00e9aire sur la mer Noire, qui veut suivre l&#8217;exemple de Cannes. A c\u00f4t\u00e9 de la section internationale, figuraient les comp\u00e9titions des films russes et des &#8221; films de d\u00e9but &#8221; ainsi qu&#8217;une section hors concours de &#8220;films int\u00e9ressants pour tous &#8220;. La s\u00e9lection a offert quelques belles r\u00e9ussites, dont deux films en liaison avec les traditions du cin\u00e9ma sovi\u00e9tique: Composition pour le jour de la victoire de Serguei Oursouliak, rocambolesque et truculente \u00e9vocation des aventures de trois v\u00e9t\u00e9rans dans la situation absurde du Moscou actuel, et l&#8217;Orpheline de Kazan, d\u00e9but comme r\u00e9alisateur du populaire acteur Vladimir Machkov, racontant l&#8217;histoire de trois pr\u00e9tendants au titre de p\u00e8re qui ont r\u00e9pondu \u00e0 la lettre, parue dans la presse, d&#8217;une jeune fille \u00e0 la recherche de son p\u00e8re. Je relie \u00e0 ces deux films un troisi\u00e8me, Pauvre Sacha, d&#8217;Edmon Keossayan, aventure d&#8217;un voleur qui trouve pendant sa lib\u00e9ration provisoire l&#8217;amour d&#8217;une fillette (Sacha) et de sa m\u00e8re banqui\u00e8re: un conte sympathique. Mais le Grand Prix est all\u00e9 au film du vieux routier Vadim Abdrachitov, le Temps du danseur, grave \u00e9vocation des \u00e9v\u00e9nements du Caucase (la guerre entre Abkhazes et G\u00e9orgiens). A ces films relevant d&#8217;une esth\u00e9tique classique, s&#8217;opposaient des oeuvres insolites, baroques, tel Des monstres et des hommes d&#8217;Alexei Balabanov, essai tr\u00e8s stylis\u00e9 et psychologiquement introverti, le Talon de fer de l&#8217;oligarchie, d&#8217;Alexandre Bachirov, un film fou brossant un tableau pittoresque de la vie d&#8217;un syndicaliste (Prix de la critique internationale) et, enfin, le d\u00e9but prometteur d&#8217;Ilya Makarov, tr\u00e8s godardien et au titre \u00e9trange, Le corps sera inhum\u00e9 et le ma\u00eetre d&#8217;\u00e9quipage chantera.<\/p>\n<p> <strong> Esth\u00e9tique classique et cin\u00e9ma essai <\/strong><\/p>\n<p>Il faut mentionner aussi une r\u00e9v\u00e9lation, Joyeux anniversaire, de la d\u00e9butante Larissa Sedilova, sur les aspects tragi-comiques de la maternit\u00e9, et Le cirque a br\u00fbl\u00e9 et les clowns se sont dispers\u00e9s, du v\u00e9t\u00e9ran Vladimir Bortko, histoire d&#8217;un cin\u00e9aste qui cherche l&#8217;argent pour tourner le film dont il ne r\u00e9ussit pas \u00e0 \u00e9crire le sc\u00e9nario. Impossible de tout mentionner. Mais ce festival me laisse l&#8217;impression que le cin\u00e9ma russe se rel\u00e8ve d&#8217;une grave maladie: ne serait-ce que pour cela, le festival a bien eu cette ann\u00e9e sa raison d&#8217;\u00eatre..<\/p>\n<p>* Critique de cin\u00e9ma.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-1088","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1088","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1088"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1088\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1088"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1088"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1088"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}