{"id":1085,"date":"1998-10-01T00:00:00","date_gmt":"1998-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/brigades-internationales1085\/"},"modified":"1998-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-09-30T22:00:00","slug":"brigades-internationales1085","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1085","title":{"rendered":"Brigades internationales"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>L&#8217;Espagne des ann\u00e9es trente<strong> 1936. Guerre d&#8217;Espagne. Les volontaires des Brigades internationales viennent soutenir la R\u00e9publique. Parmi eux des Fran\u00e7ais. R\u00e9mi Skoutelsky retrace leur aventure et verse de nouveaux \u00e9l\u00e9ments au dossier. <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;historien de 32 ans qui propose cet ouvrage \u00e0 partir de sa th\u00e8se nous dit d&#8217;entr\u00e9e de jeu qu&#8217;il aurait choisi Stalingrad en 1943, et Madrid en 1936. Pour comprendre ce qui motive l&#8217;engagement de ces volontaires fran\u00e7ais, l&#8217;auteur se livre \u00e0 un long travail de collecte de t\u00e9moignages de ceux qui vivent encore. Il les recoupe et les confronte avec les r\u00e9sultats de ses investigations dans les fonds d&#8217;archives les plus divers: pr\u00e9fecture de police de la Seine, minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, les archives de nombreux d\u00e9partements fran\u00e7ais, celles de Salamanque et de Madrid, celles de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations \u00e0 Gen\u00e8ve et enfin, celles de l&#8217;Union sovi\u00e9tique. Au terme de ce travail, il signe: &#8220;l&#8217;espoir guidait leurs pas&#8221;. L&#8217;espoir pour ceux qui s&#8217;engag\u00e8rent dans la foul\u00e9e enthousiaste du Front populaire \u00e0 la rescousse du Frente popular agress\u00e9 par le fascisme montant en Europe, \u00e9tait peut-\u00eatre d&#8217;\u00e9largir l&#8217;espace de la sociale. L&#8217;espoir pour des communistes, des anarchistes, des syndicalistes, \u00e9tait aussi de faire vivre le second souffle des r\u00e9volutions, l&#8217;espoir enfin pour les m\u00eames et beaucoup d&#8217;autres de mettre un terme aux victoires du fascisme, d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 en Italie et en Allemagne. Ceux-l\u00e0 virent clair avant le jour. Il y eut aussi, parfois chez les m\u00eames, l&#8217;espoir d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 une vie pr\u00e9caire, m\u00e9diocre pour un combat clair, une nouvelle vie. Parmi les 32 000 \u00e9trangers qui vinrent d\u00e9fendre l&#8217;Espagne r\u00e9publicaine, il y eut 9 000 Fran\u00e7ais. Qui sont ils ? L&#8217;\u00e9tude porte sur un \u00e9chantillon de 3 910 noms . Ils ont en moyenne, \u00e0 leur arriv\u00e9e en Espagne, presque 30 ans, plus de 50% ont entre 24 et 36 ans, le plus jeune a 15 ans, le plus \u00e2g\u00e9 en a 57.64,9% sont ouvriers, 16,8% sont manoeuvres et assimil\u00e9s, 7% employ\u00e9s. Le plus grand nombre, 24,4%, vient du secteur du b\u00e2timent, puis de la m\u00e9tallurgie (21,4%), les chauffeurs repr\u00e9sentent 8,6%, mais on compte tr\u00e8s peu de salari\u00e9s sous statut (10 cheminots, 2 instituteurs). L&#8217;auteur souligne la probable pr\u00e9sence \u00e9lev\u00e9e de ch\u00f4meurs parmi ces volontaires, mais, faute de figurer dans les informations mentionn\u00e9e sur leurs fiches individuelles, cette hypoth\u00e8se n&#8217;est pas \u00e9tablie statistiquement.<\/p>\n<p> <strong> Qui sont les volontaires fran\u00e7ais ? <\/strong><\/p>\n<p>Leur situation de famille est-elle aussi difficile \u00e0 cerner pr\u00e9cis\u00e9ment car certains des volontaires craignent qu&#8217;au moment d&#8217;enregistrer leur engagement, on ne refuse les hommes mari\u00e9s. Selon les situations enregistr\u00e9es, 58,5% sont c\u00e9libataires, s\u00e9par\u00e9s, divorc\u00e9s ou en instance de divorce. Ils viennent des grandes agglom\u00e9rations ouvri\u00e8res de la r\u00e9gion parisienne, du Nord-Pas-de-Calais. Ils sont en majorit\u00e9 communistes, syndiqu\u00e9s \u00e0 la CGT ou sympathisants de ces deux organisations. On compte aussi des socialistes, des anarchistes, des trotskistes. Tous ou presque, c&#8217;\u00e9tait une condition d&#8217;engagement, ont une exp\u00e9rience militaire. Qui d\u00e9cide la cr\u00e9ation des brigades internationales ? Entre le 18 juillet et la mi-septembre 1936, ils ont \u00e9t\u00e9 des centaines \u00e0 franchir le pas pyr\u00e9n\u00e9en. Des r\u00e9fugi\u00e9s des pays domin\u00e9s par le fascisme, Italie, Allemagne, juifs r\u00e9fugi\u00e9s d&#8217;Europe centrale. Certains d&#8217;entre eux \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents depuis des mois dans cette Espagne effervescente. Avec eux, des sportifs venus participer aux &#8220;olympiades des travailleurs&#8221;, r\u00e9plique insolente aux honteux jeux de Berlin. Un certain nombre de ces athl\u00e8tes resteront et participeront aux combats. Malraux, aur\u00e9ol\u00e9 de la gloire de son prix Goncourt, accourt d\u00e8s le 20 juillet&#8230; De retour en France, il rassemble en quelques jours hommes et avions. Il forme, d\u00e8s le tout d\u00e9but ao\u00fbt, la l\u00e9gendaire escadrille Espa\u00f1a, engag\u00e9e victorieusement d\u00e8s le 16 \u00e0 Medellin. Dans la m\u00eame p\u00e9riode, des \u00e9trangers antifascistes volontaires sont recrut\u00e9s en France par le Parti communiste fran\u00e7ais. Des Fran\u00e7ais franchissent la fronti\u00e8re le 5, puis le 9 ao\u00fbt. D&#8217;autres, de leur propre chef, vont suivre. Ainsi, la philosophe Simone Weill.17 Fran\u00e7ais dont 7 Alg\u00e9riens sont au combat sur les barricades de Huesca d\u00e8s le 15 ao\u00fbt dans la colonne internationale L\u00e9nine form\u00e9e par le POUM (Parti ouvrier d&#8217;unification marxiste). Y figure l&#8217;\u00e9crivain Georges Orwell. D\u00e9but septembre, est form\u00e9e au sein de la colonne Gastone-Sozzi, la centurie Commune de Paris. Les premiers convois d&#8217;Interbrigadistes parviennent par Irun ou par Alicante \u00e0 Albacete, le 13 octobre. Andr\u00e9 Marty, l&#8217;un des chefs les plus prestigieux de l&#8217;Internationale communiste dans les ann\u00e9es 30, y est le 20. Les premiers \u00e9l\u00e9ments des Brigades Internationales sont engag\u00e9s dans la bataille de Madrid, le 1er novembre. Le nombre de brigadistes augmente donc tr\u00e8s fortement courant septembre. Qui en a d\u00e9cid\u00e9 ? Staline ? Le gouvernement de la R\u00e9publique espagnole ? Andr\u00e9 Marty ? Maurice Thorez ? R\u00e9mi Skoutelsky verse un certains nombre d&#8217;\u00e9l\u00e9ments au dossier.<\/p>\n<p> <strong> Qui d\u00e9cide de proc\u00e9der au recrutement ? <\/strong><\/p>\n<p>Le 18 septembre 1936, se tient, \u00e0 Moscou, une r\u00e9union du secr\u00e9tariat de l&#8217;ex\u00e9cutif de l&#8217;Internationale communiste qui d\u00e9cide, le compte rendu en fait foi, &#8221; de proc\u00e9der au recrutement, parmi les ouvriers de tous les pays, de volontaires ayant une exp\u00e9rience militaire, en vue de leur envoi en Espagne &#8220;. Maurice Thorez n&#8217;\u00e9tait pas membre de cette instance, mais il ne pouvait qu&#8217;accueillir avec satisfaction cette d\u00e9cision prise au plus haut niveau (l&#8217;URSS vient de d\u00e9cider l&#8217;envoi d&#8217;armes et de conseillers militaires), puisque, d\u00e8s le mois d&#8217;ao\u00fbt, il avait donn\u00e9, en France, le feu vert \u00e0 l&#8217;\u00e9tablissement de listes de volontaires. Ces questions \u00e9claircies, on trouve dans l&#8217;ouvrage de R\u00e9mi Skoutelsky bien d&#8217;autres int\u00e9r\u00eats \u00e0 commencer par les t\u00e9moignages qu&#8217;il a recueillis. Sur les motivations de l&#8217;engagement; sur la vie quotidienne des Interbrigadistes si difficile le plus souvent; sur l&#8217;\u00e2pret\u00e9 des combats; sur les ressentiments nourris \u00e0 l&#8217;\u00e9gard d&#8217;un \u00e9tat-major espagnol qui semble, les premiers mois de la guerre, sacrifier les combattants des brigades, sur les souffrances endur\u00e9es, les d\u00e9chirements provoqu\u00e9s par la r\u00e9pression stalinienne qui s&#8217;abat d\u00e8s le printemps 1937 sur les miliciens du POUM et les formations anarchistes. La guerre qui dure, les revers subis puis la d\u00e9cision n\u00e9goci\u00e9e ailleurs, sans eux, du retrait avant la d\u00e9faite. Le retour au pays, l&#8217;internement des camarades avec lesquels on a affront\u00e9 le pire, l&#8217;indiff\u00e9rence d&#8217;un monde d&#8217;o\u00f9 s&#8217;est enfui l&#8217;enthousiasme du Front populaire, avec, pour seul destin, le face \u00e0 face avec les difficult\u00e9s quotidiennes et la non moins difficile r\u00e9int\u00e9gration au travail. Quand la guerre enflamme l&#8217;Europe et le monde, la plupart d&#8217;entre eux s&#8217;engagent dans la r\u00e9sistance arm\u00e9e, avant de vivre l&#8217;entreprise de discr\u00e9dit stalinienne qui fut, pour certains d&#8217;entres eux, en France, marqu\u00e9e par l&#8217;oubli, cependant que leurs fr\u00e8res d&#8217;armes d&#8217;Europe de l&#8217;Est subissaient les proc\u00e8s truqu\u00e9s pr\u00e9ludant le plus souvent \u00e0 la d\u00e9portation ou au peloton d&#8217;ex\u00e9cution. Le m\u00e9rite de R\u00e9mi Skoutelsky est celui d&#8217;\u00e9clairer les m\u00e9canismes politiques et psychologiques de cette terrible entreprise. Je retiens \u00e9galement l&#8217;\u00e9clairage port\u00e9 sur Andr\u00e9 Marty et la r\u00e9futation argument\u00e9e de ce qualificatif infamant qui lui fut accol\u00e9 de &#8221; boucher d&#8217;Albacete &#8220;. Pour toutes ces raisons, et d&#8217;autres encore que le lecteur d\u00e9couvrira, l&#8217;Espoir guidait leur pas fait d\u00e9sormais partie des livres n\u00e9cessaires de ce si\u00e8cle.n A. B.<\/p>\n<p> <strong> R\u00e9mi Skoutelsky, L&#8217;Espoir guidait leurs pas. Les volontaires fran\u00e7ais dans les Brigades internationales, 1936-1939, Grasset, 1998, 410 p., 157 F <\/strong><\/p>\n<p><strong> L&#8217;Espagne des ann\u00e9es trente <\/strong><\/p>\n<p>1931 Succ\u00e8s de la coalition r\u00e9publicaine aux \u00e9lections municipales. Abdication du roi Alphonse XIII. Proclamation de la R\u00e9publique le 14 avril. Coalition de centre-gauche au pouvoir.1933 Dissolution des Cortes et l\u00e9gislatives. Majorit\u00e9 \u00e0 droite. L&#8217;oligarchie fonci\u00e8re demeure. L&#8217;Eglise et l&#8217;arm\u00e9e restent toutes puissantes. L&#8217;une soutient la Conf\u00e9d\u00e9ration espagnole des droites autonomes (CEDA). L&#8217;autre arbitre la lutte pour le pouvoir. En face, le mouvement ouvrier est domin\u00e9 par l&#8217;anarcho-syndicalisme.1934 Gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale des socialistes contre l&#8217;arriv\u00e9e de la CEDA au gouvernement. Echec, sauf aux Asturies, o\u00f9 le PCE et la CNT ont rejoint l&#8217;Alliance ouvri\u00e8re. R\u00e9pression sanglante men\u00e9e par la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re command\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Franco. La guerre civile est en germe.1935 Pacte de Front populaire sign\u00e9 par l&#8217;Union r\u00e9publicaine, la Gauche r\u00e9publicaine, l&#8217;Esquerra catalane, le PSOE, l&#8217;UGT, le PCE, le POUM et d&#8217;autres formations.1936 Le Front populaire obtient en f\u00e9vrier 56% des si\u00e8ges des Cortes. Gr\u00e8ves dans toute l&#8217;Espagne. La Phalange, organisation au programme fasciste, s\u00e8me la terreur dans les quartiers ouvriers. En juillet, les phalangistes passent \u00e0 la lutte arm\u00e9e contre les gr\u00e9vistes du b\u00e2timent men\u00e9s par la CNT. Le 17 juillet, soul\u00e8vement militaire. Franco d\u00e9clare l&#8217;\u00e9tat de guerre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1085","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1085","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1085"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1085\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1085"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1085"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1085"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}