{"id":108,"date":"1995-11-01T00:00:00","date_gmt":"1995-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/citoyennete108\/"},"modified":"1995-11-01T00:00:00","modified_gmt":"1995-10-31T23:00:00","slug":"citoyennete108","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=108","title":{"rendered":"Citoyennet\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">  La citoyennet\u00e9 \u00e0 laquelle nous allons nous r\u00e9f\u00e9rer est une invention fran\u00e7aise, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. <\/p>\n<p>Elle est le fruit d&#8217;un combat d\u00e9mocratique dont on peut voir la pointe extr\u00eame en 1793 quand Robespierre, dans son projet de d\u00e9claration des droits du 14 avril, \u00e9largit la revendication \u00e9galitaire \u00e0 la proclamation du droit \u00e0 l&#8217;existence, quand le texte d\u00e9finitif de la Constitution de l&#8217;an I pr\u00e9sente une d\u00e9finition de la citoyennet\u00e9 dont l&#8217;audace n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e, accueillante \u00e0 tout \u00e9tranger domicili\u00e9 depuis un an, int\u00e9gr\u00e9 par son travail dans la cit\u00e9, ou h\u00e9bergeant un vieillard&#8230; Ce faisant, la R\u00e9volution fran\u00e7aise qui avait ancr\u00e9 solidement la notion de citoyennet\u00e9 \u00e0 l&#8217;id\u00e9e de Nation par le concept de souverainet\u00e9 nationale, puis, en 1792, \u00e0 celle de R\u00e9publique, s&#8217;ouvrait sur le monde, dans l&#8217;attente d&#8217;une citoyennet\u00e9 universelle dont plus d&#8217;un r\u00eavait pour les peuples d\u00e9livr\u00e9s du despotisme.<\/p>\n<p>Sans doute savons-nous aussi que la Constitution d\u00e9mocratique de l&#8217;an I n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e et que, sous la pression des circonstances li\u00e9es \u00e0 son combat pour sa survie, la R\u00e9volution fran\u00e7aise nous livre une exp\u00e9rience, en l&#8217;an II, au nom du principe rousseauiste d&#8217;application de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, o\u00f9 certains veulent voir la citoyennet\u00e9 confisqu\u00e9e, par l&#8217;exigence d&#8217;adh\u00e9sion totale \u00e0 un projet collectif, celui de l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;un homme nouveau sous l&#8217;\u00e9gide de la Vertu. Mais la ligne jacobine, loin d&#8217;\u00eatre comme on l&#8217;a dit la matrice de toutes les d\u00e9rives totalitaires, nous rappelle qu&#8217;il n&#8217;est pas de citoyennet\u00e9 sans valeurs. Tel est l&#8217;h\u00e9ritage: et l&#8217;on comprend qu&#8217;il a inspir\u00e9 toute la marche d\u00e9mocratique du XIXe si\u00e8cle \u00e0 nos jours. On aimerait partager l&#8217;optimisme lyrique de Jaur\u00e8s quand il invite \u00e0 de nouvelles victoires dans le champ de l&#8217;Egalit\u00e9 r\u00e9elle dont avaient r\u00eav\u00e9 Babeuf et ses amis. Mais nous avons, depuis, d&#8217;autres exp\u00e9riences, am\u00e8res et cruelles, bien propres \u00e0 nous rendre prudents sur l&#8217;id\u00e9al des Lumi\u00e8res d&#8217;un progr\u00e8s continu.<\/p>\n<p>Que nous reste-t-il de ce legs dans la France de la fin du XXe si\u00e8cle ? Beaucoup de choses sans doute, ne soyons pas ingrats. Un r\u00e9gime d\u00e9mocratique, avec ses limites, ses insuffisances que nous connaissons bien, des acquis aussi que la R\u00e9publique plus que centenaire, hormis la sinistre parenth\u00e8se du r\u00e9gime de Vichy, abrite sous l&#8217;\u00e9gide des valeurs de 1789, qui ont conquis le monde, en apparence du moins. Comment se fait-il alors que le probl\u00e8me de la citoyennet\u00e9, en apparence clef de vo\u00fbte du r\u00e9gime d\u00e9mocratique, s&#8217;impose aujourd&#8217;hui avec l&#8217;\u00e9vidence d&#8217;un lieu commun qui couvre sans doute des arri\u00e8re-pens\u00e9es bien diverses, mais t\u00e9moigne de l&#8217;ampleur de la crise ressentie ? Crise de la citoyennet\u00e9: mais qu&#8217;entend-on par l\u00e0 ? On peut l&#8217;identifier \u00e0 un certain nombre de sympt\u00f4mes, aux r\u00e9actions qu&#8217;ils provoquent, aux explications qu&#8217;on en donne.<\/p>\n<p>Les raisons politiques tout d&#8217;abord. Le cadre de notre r\u00e9gime r\u00e9publicain n&#8217;est pas rest\u00e9 intangible. Nous avons subi, et apparemment int\u00e9rioris\u00e9 avec la Ve R\u00e9publique, le passage \u00e0 un r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel qui a profond\u00e9ment modifi\u00e9 la nature des rapports de l&#8217;Etat et du citoyen, et dont on d\u00e9nonce la d\u00e9rive monarchique sans oser en contester la nature. Par cons\u00e9quence directe, les organes de la repr\u00e9sentation nationale ont vu s&#8217;\u00e9roder leur pouvoir d&#8217;initiative. On d\u00e9nonce la crise des partis, pour la plupart d&#8217;entre eux structures d&#8217;\u00e9tat-major dont le militantisme occasionnel ne se gonfle qu&#8217;en p\u00e9riode \u00e9lectorale. Test d&#8217;une c\u00e9sure profonde entre une classe politique par ailleurs d\u00e9cri\u00e9e comme rong\u00e9e par la corruption et les &#8221; affaires &#8220;, et un pays r\u00e9el qui ne se reconna\u00eet pas en elle. Mais, de fa\u00e7on au moins aussi inqui\u00e9tante, ce mouvement de d\u00e9sengagement collectif touche des structures d&#8217;organisation collective des luttes et des revendications: et le mouvement de d\u00e9syndicalisation en est la traduction. Les fili\u00e8res traditionnelles d&#8217;expression de la volont\u00e9 collective seraient-elles, comme on dit, devenues d\u00e9su\u00e8tes et d\u00e9sadapt\u00e9es ?<\/p>\n<p>Olivier Lecour Grandmaison (les Citoyennet\u00e9s en R\u00e9volution) voit dans &#8221; la quasi disparition du terme citoyen rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la langue politique contemporaine &#8221; la traduction &#8221; d&#8217;un ph\u00e9nom\u00e8ne plus important qui plonge ses racines dans la crise actuelle et multiforme de la repr\u00e9sentation, dans une mutation de la vie politique &#8220;. Il renvoie \u00e0 &#8221; l&#8217;envahissement des affaires publiques par le technique et l&#8217;\u00e9conomique &#8220;, et, citant Hanna Arendt, le signe du &#8221; bannissement du domaine de la politique de la notion de libert\u00e9 &#8220;.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui nous concerne tous et d\u00e9borde largement du th\u00e8me de l&#8217;exclusion: mais pour \u00eatre banalis\u00e9, il n&#8217;en est pas moins essentiel \u00e0 notre propos. Le d\u00e9veloppement au coeur de la cit\u00e9, si spectaculaire qu&#8217;il ne peut plus \u00eatre esquiv\u00e9, de toute une population marginalis\u00e9e et comme exclue de fait de la citoyennet\u00e9, qui va du ch\u00f4meur sans espoir de r\u00e9insertion, au RMIste, au jeune sans travail, au sans domicile fixe, \u00e0 l&#8217;immigr\u00e9, constitue un d\u00e9fi qui semble insurmontable \u00e0 l&#8217;exercice d&#8217;une d\u00e9mocratie v\u00e9ritable. A quoi bon faire appel \u00e0 un r\u00e9veil des valeurs r\u00e9publicaines, voire morales, par le syst\u00e8me \u00e9ducatif qui n&#8217;en peut mais, chez des jeunes des banlieues qui, par situation, ne participent pas de cette culture, quitte \u00e0 se fabriquer une ou des contre cultures de la marginalit\u00e9 ? Au consensus mou (suppos\u00e9) de la majorit\u00e9 silencieuse se juxtapose le rejet, qui s&#8217;exprime \u00e9ventuellement en flamb\u00e9es de r\u00e9volte primitive.<\/p>\n<p>Et de cette mise en contact des citoyens virtuels mais d\u00e9courag\u00e9s, et de ceux qui restent aux marges, naissent toute une s\u00e9rie de r\u00e9flexes collectifs d&#8217;o\u00f9 la notion de citoyennet\u00e9 telle que nous en avons h\u00e9rit\u00e9 de nos grands anc\u00eatres sort bien ab\u00eem\u00e9e. De l&#8217;exclusion subie \u00e0 l&#8217;exclusion impos\u00e9e, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas. La x\u00e9nophobie spontan\u00e9e, produit direct de la crise de soci\u00e9t\u00e9, trouve un relais dans les id\u00e9ologies d&#8217;une extr\u00eame droite raciste, qui contaminent par contact, par crainte de se voir d\u00e9pass\u00e9e par cette surench\u00e8re d\u00e9magogique, la droite dite classique, dictant la ligne d&#8217;une politique r\u00e9pressive tant\u00f4t voil\u00e9e, et tant\u00f4t \u00e0 visage d\u00e9couvert. Le probl\u00e8me du droit de vote des \u00e9trangers, propos\u00e9 par les mouvements de progr\u00e8s, n&#8217;est pas pr\u00e8s de recevoir une r\u00e9ponse positive, alors m\u00eame qu&#8217;\u00e0 ceux qui sont fran\u00e7ais par naissance on impose des conditions d&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la citoyennet\u00e9. D\u00e9risoire r\u00e9ponse au probl\u00e8me de la crise \u00e9vidente du syst\u00e8me int\u00e9grateur qui, de la fin du si\u00e8cle dernier \u00e0 hier, avait permis \u00e0 la population fran\u00e7aise de s&#8217;enrichir d&#8217;apports nouveaux.<\/p>\n<p> <strong>  Et voici que la citoyennet\u00e9 nationale, tel que le mod\u00e8le en avait pr\u00e9valu, se trouve, si l&#8217;on peut dire, remise en cause sur deux fronts: par en haut et par en bas. <\/strong><\/p>\n<p>Par en bas: entendons par l\u00e0 que la revendication identitaire telle qu&#8217;elle s&#8217;exprime par la revendication du droit \u00e0 la diff\u00e9rence a pris depuis plusieurs d\u00e9cennies une ampleur r\u00e9elle. Avant m\u00eame qu&#8217;il ne fut formul\u00e9 en termes d&#8217;int\u00e9gration et\/ou de respect de cette diff\u00e9rence dans le cadre d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 devenue multiculturelle de fait par l&#8217;int\u00e9gration, le probl\u00e8me avait \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 en termes franco-fran\u00e7ais par les revendications des mouvements occitan, basque, breton, sans oublier la Corse. Plus largement, la revendication avait pris la forme d&#8217;une offensive contre l&#8217;Etat centralisateur que l&#8217;on dit &#8221; jacobin &#8221; assez abusivement, en oubliant que la monarchie avait largement pr\u00e9par\u00e9 le chantier, parachev\u00e9 par Bonaparte. De ce mouvement est issue la d\u00e9centralisation, par certains aspects r\u00e9ponse n\u00e9cessaire \u00e0 une revendication &#8221; l\u00e9gitime &#8221; mais dont il nous reste \u00e0 appr\u00e9cier &#8211; ce qui n&#8217;est point trop s\u00fbr &#8211; si elle a effectivement contribu\u00e9 \u00e0 rapprocher le citoyen d&#8217;autorit\u00e9s et d&#8217;organes repr\u00e9sentatifs plus proches, ou si elle n&#8217;a pas donn\u00e9 naissance \u00e0 une classe notabilitaire nouvelle non insensible aux tentations des lobbies et de la corruption. On se dispense de donner des exemples&#8230;<\/p>\n<p>A l&#8217;autre bout de la cha\u00eene, l&#8217;entr\u00e9e, depuis les accords de Maastricht principalement, dans un espace europ\u00e9en en laborieuse gestation pose le probl\u00e8me inverse d&#8217;une citoyennet\u00e9 supranationale, dans le cadre des Etats-nations constituants, h\u00e9ritiers chacun d&#8217;une pratique institutionnelle diff\u00e9rente de la citoyennet\u00e9, et plus encore d&#8217;une culture politique enracin\u00e9e dans une histoire singuli\u00e8re et, dans ce contexte, la France, patrie des droits de l&#8217;homme demeure d\u00e9positaire d&#8217;un patrimoine qui n&#8217;appartient pas simplement au pass\u00e9, mais ouvre sur de nouvelles conqu\u00eates \u00e0 faire.&#8221; R\u00e9viser le contrat social \u00e0 la baisse &#8221; aux fins d&#8217;harmonisation: la formule \u00e9l\u00e9gante qui associe au vocabulaire rousseauiste celui plus contemporain du march\u00e9 n&#8217;est point faite pour encourager. En l&#8217;\u00e9tat actuel des choses, le r\u00e9flexe largement copartag\u00e9 de d\u00e9nonciation d&#8217;une nouvelle bureaucratie supranationale pour son arbitraire anonyme ne semble pas nous acheminer vers un renforcement de l&#8217;engagement citoyen, sinon en termes de refus.<\/p>\n<p>De ce tableau sans doute incomplet mais suffisamment charg\u00e9 d\u00e9j\u00e0 pour qu&#8217;on en tire une vue d&#8217;ensemble, au temps d&#8217;un nouvel ordre mondial \u00e0 la fois bafouillant et singuli\u00e8rement oppressif, danger majeur pour la d\u00e9mocratie, il conviendrait &#8211; c&#8217;est notre r\u00f4le &#8211; de tirer quelques conclusions et quelques principes pour l&#8217;action.<\/p>\n<p>Des r\u00e9ponses existent, certaines nous sont propos\u00e9es qui ne nous satisfont gu\u00e8re, d&#8217;autres sont \u00e0 inventer. Nous ne nous attarderons gu\u00e8re \u00e0 l&#8217;attrape nigaud de la red\u00e9couverte par le gouvernement actuel, dans un h\u00e9ritage qui se veut gaullien, de la proc\u00e9dure r\u00e9f\u00e9rendaire telle qu&#8217;elle nous est propos\u00e9e \u00e0 propos de l&#8217;enseignement. Quel que soit le respect que nous avons pour la m\u00e9moire de Condorcet, notre culture historique renvoie chez nous l&#8217;usage de ce recours pi\u00e9g\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mocratie directe \u00e0 une tradition bonapartiste, en phase avec le renforcement de la monarchie pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p>Ce n&#8217;est pas d&#8217;en haut que doit venir l&#8217;initiative mais d&#8217;en bas. Plus d&#8217;un voit la solution dans un mouvement associatif qui a d&#8217;\u00e9vidence pris un essor notable, et qui para\u00eet offrir des structures souples &#8211; de proximit\u00e9, comme on dit &#8211; propres \u00e0 prendre le relais des appareils d\u00e9faillants. Un nouveau discours s&#8217;\u00e9labore dont O. Lacour Grandmaison, parmi d&#8217;autres, se fait l&#8217;\u00e9cho: pour rendre le citoyen acteur de sa cit\u00e9, et non simplement administr\u00e9, consommateur et \u00e9lecteur occasionnel, &#8221; accepter le t\u00e2tonnement de paroles plurielles et libres dans une confrontation publique et encourag\u00e9e &#8220;, d\u00e9couvrir de nouvelles formes de participation et de d\u00e9bat, r\u00e9veiller la vie publique essouffl\u00e9e: en un mot &#8221; en affirmant sans offrir de r\u00e9ponse d\u00e9finitive la volont\u00e9 d&#8217;\u00eatre plus libres et plus \u00e9gaux demain &#8220;, soit, selon l&#8217;expression de C. Lefort, &#8221; reculer les fronti\u00e8res du possible &#8220;. Il y a dans ce discours plus d&#8217;une p\u00e9tition de principe \u00e0 laquelle nous pourrions souscrire. Et loin de nous l&#8217;id\u00e9e de sous-estimer l&#8217;importance des mobilisations collectives, ainsi contre l&#8217;exclusion, contre les p\u00e9rils collectifs nucl\u00e9aires ou autres, pour la d\u00e9fense des droits sociaux.<\/p>\n<p>Reste la fragilit\u00e9 de ces conjonctions passag\u00e8res &#8211; coordinations des infirmi\u00e8res, etc&#8230;- le risque de parcellisation d&#8217;actions ponctuelles sans toujours de projet collectif, comme de d\u00e9rives corporatistes. On vous voit venir, me dira-t-on: il faudrait les encadrer. Certes, non, et il convient d&#8217;\u00eatre tout particuli\u00e8rement \u00e0 l&#8217;\u00e9coute de tout ce par quoi se fait entendre la revendication \u00e0 une citoyennet\u00e9 active, militante et fraternelle, vigilante aussi: retrouvant ainsi le mot d&#8217;ordre cher \u00e0 nos anc\u00eatres de l&#8217;\u00e9poque r\u00e9volutionnaire du &#8221; contr\u00f4le des \u00e9lus par leurs mandants &#8220;. Mais cette attention ne saurait \u00eatre passive quand nous avons notre mot \u00e0 dire et nos explications \u00e0 proposer. La crise de la citoyennet\u00e9 est indissociable d&#8217;une crise de soci\u00e9t\u00e9, d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle le droit \u00e0 l&#8217;existence, en passant par le travail, sera reconnu, et o\u00f9 la logique du profit ne r\u00e9gnera plus. A quoi bon invoquer les valeurs propres \u00e0 r\u00e9veiller le citoyen, pour ceux qui n&#8217;auraient pas les moyens de s&#8217;en payer le luxe ? A nous de proposer les moyens cr\u00e9dibles de rendre concr\u00e8te cette perspective qui reste proprement r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>* Journaliste, \u00e9crivain ancien d\u00e9put\u00e9 et militant de la paix, Uri Avnery d\u00e9fend d\u00e8s les ann\u00e9es 50 l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un Etat palestinien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;Isra\u00ebl.Il fit sensation \u00e0 la Knesset quand, en pleine bataille de Beyrouth, il franchit les lignes pour rencontrer Arafat.En 1993, il fonde le &#8221; Gush Shalom &#8220;, le &#8221; Bloc de la paix &#8220;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>  La citoyennet\u00e9 \u00e0 laquelle nous allons nous r\u00e9f\u00e9rer est une invention fran\u00e7aise, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-108","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/108","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=108"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/108\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}