{"id":1078,"date":"1998-09-01T00:00:00","date_gmt":"1998-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/l-europe-peut-elle-etre-de-gauche1078\/"},"modified":"1998-09-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-08-31T22:00:00","slug":"l-europe-peut-elle-etre-de-gauche1078","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1078","title":{"rendered":"L&#8217;Europe peut-elle \u00eatre de gauche ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Comment r\u00e9orienter l&#8217;Europe si on ne met pas en cause les choix ultralib\u00e9raux qui dominent aujourd&#8217;hui ? A l&#8217;articulation des choix europ\u00e9ens et nationaux, la question politique: &#8221; qui doit d\u00e9cider ? &#8221; <\/p>\n<p>Un jour arrive o\u00f9 les peuples interrogent leurs dirigeants: o\u00f9 nous menez-vous ? Ce jour, c&#8217;est aujourd&#8217;hui &#8220;, constate Jean Boissonnat dans un article intitul\u00e9 &#8221; l&#8217;Europe apr\u00e8s l&#8217;euro &#8221; (1). Voil\u00e0 qui en dit long sur la difficult\u00e9 des dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 \u00e9laborer et \u00e0 pr\u00e9senter une vision de l&#8217;int\u00e9gration europ\u00e9enne acceptable et convaincante &#8221; au moment o\u00f9 se met en place l&#8217;euro, o\u00f9 sont engag\u00e9es les discussions sur la r\u00e9forme des institutions et l&#8217;\u00e9largissement aux pays d&#8217;Europe centrale et orientale &#8221; avec la perspective des \u00e9lections europ\u00e9ennes en juin 1999, sur fond de mont\u00e9e de la contestation de l&#8217;ultralib\u00e9ralisme. Les contradictions qu&#8217;entra\u00eenent les nouvelles \u00e9tapes de l&#8217;int\u00e9gration \u00e9conomique, mon\u00e9taire et politique s&#8217;aiguisent, la recherche de rep\u00e8res garantissant la souverainet\u00e9 nationale s&#8217;affirme. Face au sentiment d&#8217;impuissance, \u00e0 l&#8217;accumulation des d\u00e9ceptions, rien ne serait plus p\u00e9rilleux et illusoire que le repli sur soi. L&#8217;enjeu est au contraire un d\u00e9bouch\u00e9 de gauche \u00e0 la critique de l&#8217;Europe lib\u00e9rale. Robert Hue \u00e9voquait lors du d\u00e9bat sur l&#8217;euro devant l&#8217;Assembl\u00e9e nationale (2): &#8221; l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une communaut\u00e9 pacifique de nations coop\u00e9rant de plus en plus \u00e9troitement entre elles pour contribuer \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de chacune &#8230; &#8221; Mais, ajoutait-il: &#8221; l&#8217;Europe d&#8217;aujourd&#8217;hui est source d&#8217;inqui\u00e9tude et d&#8217;ins\u00e9curit\u00e9, parce qu&#8217;elle est per\u00e7ue \u00e0 juste titre non comme un moyen de faire face au ch\u00f4mage et aux agressions de la mondialisation ultralib\u00e9rale, mais comme un ensemble d&#8217;institutions, de m\u00e9canismes, de pressions destin\u00e9s \u00e0 lever les entraves au d\u00e9cha\u00eenement de la &#8221; libre concurrence &#8221; et de la guerre \u00e9conomique. <\/p>\n<p>L&#8217;union mon\u00e9taire telle qu&#8217;elle se r\u00e9alise l&#8217;illustre. Les analyses ne manquent pas &#8221; notamment du FMI ou de l&#8217;OCDE &#8221; sur ses cons\u00e9quences pour l&#8217;emploi et les salaires, sur la pression au dumping social, avec la suppression de la variable d&#8217;ajustement que repr\u00e9sentent les taux de change entre les monnaies nationales. Quant aux dynamiques structurelles, Peter Sutherland (3) explique: &#8221; Je crois que la monnaie unique est un facteur de changement beaucoup plus puissant, particuli\u00e8rement avec la combinaison du Pacte de stabilit\u00e9 et le fait que les d\u00e9penses publiques des gouvernements vont \u00eatre plac\u00e9es dans un carcan. &#8221; Hans Tietmeyer, pr\u00e9sident de la Bundesbank, avertit que &#8221; le pacte de stabilit\u00e9 pr\u00e9cise qu&#8217;en mati\u00e8re de d\u00e9ficits, le but est d&#8217;arriver \u00e0 un \u00e9quilibre ou \u00e0 un surplus budg\u00e9taire &#8220;. Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France, et successeur pr\u00e9sum\u00e9 de Wim Duisenberg \u00e0 la Banque centrale europ\u00e9enne, enfonce le clou: &#8221; C&#8217;est en p\u00e9riode de croissance qu&#8217;il est absolument n\u00e9cessaire de diminuer la d\u00e9pense et les d\u00e9ficits. C&#8217;est \u00e0 quoi se sont engag\u00e9s tous les Europ\u00e9ens en signant le pacte de stabilit\u00e9 et de croissance &#8221; (4). Pense-t-on pouvoir user sans dommage d&#8217;arguments d&#8217;autorit\u00e9 &#8221; l&#8217;impossibilit\u00e9 d&#8217;\u00e9chapper aux contraintes du pacte de stabilit\u00e9 &#8221; et r\u00e9concilier ainsi les citoyens avec l&#8217;Europe, alors que le refus d&#8217;une nouvelle cure d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 et l&#8217;exigence de r\u00e9sultat dans la lutte contre le ch\u00f4mage, les in\u00e9galit\u00e9s, l&#8217;exclusion caract\u00e9risent justement l&#8217;opinion aujourd&#8217;hui ?<\/p>\n<p>Les contraintes institutionnelles europ\u00e9ennes sur les choix budg\u00e9taires et les orientations sociales et \u00e9conomiques, soul\u00e8vent la question: &#8221; Qui d\u00e9cide ? &#8220;, \u00e0 l&#8217;articulation de la politique europ\u00e9enne et des politiques nationales. Question encore aiguis\u00e9e par le r\u00f4le attribu\u00e9 \u00e0 la Banque centrale de Francfort. Avec pour seule mission d\u00e9finie dans le trait\u00e9 de Maastricht: la stabilit\u00e9 des prix, elle jouit de pouvoirs uniques (5). A l&#8217;abri de son ind\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des instances politiques, un directoire de banquiers gardiens de l&#8217;orthodoxie mon\u00e9taire, p\u00e8serait sur les politiques budg\u00e9taires, sociales, n&#8217;ayant de compte \u00e0 rendre qu&#8217;aux march\u00e9s financiers ? On voit mal comment un syst\u00e8me aussi rigide pourrait fonctionner sans tensions. Hans Tietmeyer ou Jean-Claude Trichet reconnaissent qu&#8217;il est impossible de ne pas tenir compte de l&#8217;opinion publique. L&#8217;in\u00e9branlable Bundesbank elle-m\u00eame, a d\u00fb c\u00e9der aux interventions politiques, notamment lors de la r\u00e9unification. Le d\u00e9bat sur le contr\u00f4le de la BCE est tr\u00e8s s\u00e9rieusement engag\u00e9, \u00e0 travers notamment l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un contrepoids politique. Une br\u00e8che est ouverte. Il faut pousser plus loin. Le statut de la BCE et sa mission sont en cause si l&#8217;on veut mettre en oeuvre une politique de croissance saine, cr\u00e9atrice d&#8217;emplois, une autre orientation de l&#8217;argent et du cr\u00e9dit.<\/p>\n<p> <strong> La rediscussion des trait\u00e9s, une question l\u00e9gitime <\/strong><\/p>\n<p>La rediscussion des trait\u00e9s est une question l\u00e9gitime. Ce qu&#8217;un trait\u00e9 a fix\u00e9, un autre peut le modifier. Malgr\u00e9 les obstacles, le d\u00e9bat est ouvert. Il touche \u00e0 une question essentielle et de plus en plus sensible, celle de la souverainet\u00e9 nationale. Pendant des ann\u00e9es, la nation, la souverainet\u00e9 \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es comme d\u00e9pass\u00e9es, voire r\u00e9actionnaires. Aujourd&#8217;hui, rares sont ceux qui nient leur r\u00e9alit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 de leur donner toute leur place dans la construction commune. Cela appelle une vision de gauche, progressiste, de la nation et de la souverainet\u00e9, ouvertes aux apports ext\u00e9rieurs, enrichies et valoris\u00e9es par les coop\u00e9rations, \u00e0 l&#8217;oppos\u00e9 du repli nationaliste. &#8221; Une souverainet\u00e9 moderne ne peut se concevoir qu&#8217;ouverte \u00e0 des partages de responsabilit\u00e9s dans le respect des choix d\u00e9mocratiques de chaque peuple, expliquait Robert Hue. Nous sommes convaincus que l&#8217;Europe a besoin d&#8217;institutions politiques communes, d\u00e9mocratiques, proches des citoyens, permettant \u00e0 des nations \u00e9gales et souveraines de mieux ma\u00eetriser ensemble leur destin. &#8221; La critique de la carence d\u00e9mocratique de la construction europ\u00e9enne actuelle, du caract\u00e8re opaque et technocratique des prises de d\u00e9cision &#8221; surtout quand telle directive contredit des options majoritaires, comme c&#8217;est le cas en France pour les entreprises et services publics &#8221; fait m\u00fbrir le d\u00e9bat sur une prise plus directe des peuples sur les institutions et les choix en rapprochant les lieux de d\u00e9cision des citoyens et par davantage de transparence. En France, ce peut \u00eatre la possibilit\u00e9 r\u00e9elle que les citoyens, la repr\u00e9sentation nationale, en y associant les organisations, les associations, soient partie prenante des grands choix europ\u00e9ens, par des votes au Parlement ou par r\u00e9f\u00e9rendum. Une r\u00e9forme des institutions communes est possible qui n&#8217;implique pas l&#8217;affaiblissement des institutions d\u00e9mocratiques nationales.<\/p>\n<p> <strong> Les attentes des peuples au coeur des contradictions <\/strong><\/p>\n<p>La discussion sur la ratification du trait\u00e9 d&#8217;Amsterdam devrait \u00eatre l&#8217;occasion d&#8217;ouvrir largement le d\u00e9bat sur la r\u00e9orientation de l&#8217;Europe. Un tel d\u00e9bat devrait se conclure par un r\u00e9f\u00e9rendum. D&#8217;autant que le nouveau trait\u00e9 appelle des abandons de souverainet\u00e9. Refuser de consulter l&#8217;opinion aux \u00e9tapes importantes d&#8217;une construction qui d\u00e9termine pour une part essentielle le devenir du pays, comporte le risque d&#8217;accentuer encore le sentiment l\u00e9gitime que le projet se r\u00e9alise en dehors des peuples. Les attentes des peuples sont aussi au coeur des contradictions qui traversent la perspective de l&#8217;\u00e9largissement. B. Geremek, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de Pologne, y voit &#8221; la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;approfondir le lien communautaire et de r\u00e9aliser la dimension \u00e9thique et spirituelle de l&#8217;Europe &#8221; (6). C&#8217;est un d\u00e9fi majeur. La s\u00e9curit\u00e9 et la paix du continent en d\u00e9pendent. Mais comment l&#8217;approche ultralib\u00e9rale et en cercles concentriques autour d&#8217;un &#8221; noyau dur &#8221; pourrait-elle y r\u00e9pondre ? Quant \u00e0 l&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;OTAN &#8221; avec le r\u00f4le dominant jou\u00e9 par les Etats-Unis &#8221; il n&#8217;est pas, en privil\u00e9giant la dimension militaire, de nature \u00e0 offrir un cadre durable et stable \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9. En revanche, une OSCE (7) revitalis\u00e9e, r\u00e9nov\u00e9e, o\u00f9 d\u00e9lib\u00e8rent \u00e0 \u00e9galit\u00e9 les pays concern\u00e9s offre un cadre pertinent pour repenser la s\u00e9curit\u00e9 sur les bases politiques plut\u00f4t que militaires. La demande des pays d&#8217;Europe centrale et orientale et le besoin de d\u00e9passer les tensions et les fractures de la guerre froide offrent une occasion salutaire de stimuler la r\u00e9flexion sur la nature de la construction europ\u00e9enne, sa finalit\u00e9 et ses dimensions culturelles.<\/p>\n<p>La r\u00e9orientation de l&#8217;Europe appara\u00eet, en France, tr\u00e8s li\u00e9e \u00e0 l&#8217;engagement pour le changement politique et social dans le pays lui-m\u00eame. Qui d&#8217;autre que la gauche et les courants progressistes, dans leur diversit\u00e9, pourraient redonner un sens \u00e0 l&#8217;Europe ? C&#8217;est leur responsabilit\u00e9. Le mouvement social de fin 1995, l&#8217;installation du gouvernement de la gauche plurielle, les manifestations pour Vilvorde ou pour l&#8217;emploi lors du sommet d&#8217;Amsterdam, les mouvements de ch\u00f4meurs en France et en Allemagne, l&#8217;impact de la l\u00e9gislation fran\u00e7aise sur les 35 heures, tous ces \u00e9v\u00e9nements r\u00e9v\u00e8lent une \u00e9volution positive du rapport des forces. Ces convergences ont conduit \u00e0 faire de la justice sociale, en premier lieu la lutte contre le ch\u00f4mage, un enjeu majeur de la cr\u00e9dibilit\u00e9 du projet europ\u00e9en. Malgr\u00e9 ses limites, le Conseil extraordinaire de Luxembourg sur l&#8217;emploi &#8221; d\u00fb en grande partie \u00e0 la t\u00e9nacit\u00e9 du gouvernement fran\u00e7ais &#8221; a ouvert une br\u00e8che.<\/p>\n<p>La r\u00e9flexion ouverte dans les partis sociaux-d\u00e9mocrates aux commandes de treize des quinze gouvernements de l&#8217;Union europ\u00e9enne, porte aussi sur les r\u00e9ponses cr\u00e9dibles face aux dynamiques incertaines et aux contraintes de l&#8217;euro, face \u00e0 la d\u00e9r\u00e9glementation, la globalisation financi\u00e8re, \u00e0 la pr\u00e9gnance de la r\u00e9alit\u00e9 nationale. &#8221; Pour gouverner l&#8217;Europe, il faudrait un projet pour l&#8217;Europe. Et je ne crois pas que nous ayons ce projet &#8220;, lance Felipe Gonzalez. La difficult\u00e9 r\u00e9side dans l&#8217;impossibilit\u00e9 d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 la question: comment avancer dans la construction de l&#8217;Europe sociale, sans mettre en cause les choix ultralib\u00e9raux qui dominent aujourd&#8217;hui ? Le fait que la question soit pos\u00e9e constitue un progr\u00e8s. Des convergences apparaissent pour substituer au pacte de stabilit\u00e9 un vrai pacte de croissance et pour l&#8217;emploi, sur le r\u00f4le de la BCE, pour la taxation des mouvements de capitaux, la r\u00e9duction du temps de travail, la d\u00e9mocratisation des institutions. En France, le d\u00e9bat sur la r\u00e9orientation prendra la force n\u00e9cessaire s&#8217;il devient un enjeu pour les mouvements sociaux. Redonner vigueur \u00e0 un d\u00e9bat droite-gauche sur l&#8217;Europe, mettre au coeur de l&#8217;Europe sociale la question de l&#8217;intervention d\u00e9mocratique: telle est l&#8217;ambition de l&#8217;appel lanc\u00e9 par les communistes \u00e0 une consultation multiforme, absolument ouverte, pour pr\u00e9parer leur conseil national consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;Europe cet automne. n D. C.<\/p>\n<p>* Membre du Comit\u00e9 national du PCF.<\/p>\n<p>1. Le Monde, 4 juillet 1998.<\/p>\n<p>2. 21 avril 1998<\/p>\n<p>3. Directeur pour l&#8217;Europe de la banque d&#8217;affaires am\u00e9ricaine Goldman Sachs.<\/p>\n<p>4. Les Echos, 19 juin 1998.<\/p>\n<p>5. La R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale am\u00e9ricaine a pour mission de lutter contre l&#8217;inflation, mais aussi de favoriser la croissance. Son activit\u00e9 est transparente et sa politique d\u00e9finie en relation avec l&#8217;ex\u00e9cutif.<\/p>\n<p>6. &#8221; L&#8217;Europe, pour nous, Polonais, Hongrois ou Tch\u00e8ques, c&#8217;\u00e9tait et c&#8217;est toujours une r\u00e9ponse aux besoins de libert\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 &#8221; (le Figaro, 21 janvier 1997). Ce qui ne l&#8217;emp\u00eache pas de confier &#8221; l&#8217;euphorie qui a suivi la chute du mur a v\u00e9cu. La f\u00eate est termin\u00e9e. Des int\u00e9r\u00eats contradictoires se font jour &#8220;.<\/p>\n<p>7. Organisation pour la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration en Europe, issue de la Conf\u00e9rence sur la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration, consacr\u00e9e par l&#8217;Acte final de la Conf\u00e9rence d&#8217;Helsinki en 1975. Rappelons la proposition du PCF d&#8217;un Forum des nations d&#8217;Europe, o\u00f9 seraient mises \u00e0 plat et d\u00e9battues avec les pays candidats les conditions \u00e0 remplir pour l&#8217;\u00e9tablissement de relations et de coop\u00e9rations profitables \u00e0 tous.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Comment r\u00e9orienter l&#8217;Europe si on ne met pas en cause les choix ultralib\u00e9raux qui dominent aujourd&#8217;hui ? 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