{"id":1077,"date":"1998-09-01T00:00:00","date_gmt":"1998-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/elections-allemandes-a-haute-dose1077\/"},"modified":"1998-09-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-08-31T22:00:00","slug":"elections-allemandes-a-haute-dose1077","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1077","title":{"rendered":"Elections allemandes \u00e0 haute dose politique"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>L&#8217;Allemagne en br\u00e8ves<strong> En avril, 12,9% des \u00e9lecteurs du Land de Saxe-Anhalt votent pour la Deutsche Volksunion (DVU). Seize d\u00e9put\u00e9s d&#8217;extr\u00eame droite entrent au parlement r\u00e9gional. L&#8217;Allemagne se r\u00e9veille avec la gueule de bois. <\/strong><\/p>\n<p>Ce parti, la Deutsche Volksunion, n&#8217;est certes pas un inconnu, mais, le soir des \u00e9lections d&#8217;avril, les journalistes d\u00e9sempar\u00e9s, qui se pressent \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e du conseil r\u00e9gional, posent la m\u00eame question \u00e0 celui qui pr\u00e9c\u00e8de un petit groupe d&#8217;hommes triomphants: &#8221; C&#8217;est vous M. Wolf ? &#8220;, dans l&#8217;espoir d&#8217;\u00eatre les premiers \u00e0 interviewer la t\u00eate de liste de la DVU, Hugo Wolf. Lors de r\u00e9centes \u00e9lections dans deux anciens L\u00e4nder du nord de l&#8217;Allemagne, le loup \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 entr\u00e9 dans la bergerie. Mais dans des conditions diff\u00e9rentes. Si les candidats de la DVU s&#8217;\u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 visage d\u00e9couvert \u00e0 Br\u00eame en 1991 et, six mois plus tard, dans le Schleswig-Holstein, cette fois, \u00e0 Magdebourg, Halle et les campagnes environnantes, ils ont cach\u00e9 leurs visages et ont utilis\u00e9 les grands moyens: direct-mailing, distribution massive de tracts et un avion survolant la r\u00e9gion avec un sempiternel et unique slogan populiste, &#8221; \u00c7a suffit &#8221; DVU &#8220;. Cet anonymat et 3 millions de marks (1 milliard de francs) sortis de la poche de Gerhard Frey ont suffi pour qu&#8217;un \u00e9lecteur (nouvel \u00e9lecteur ou abstentionniste) sur huit de cette r\u00e9gion de l&#8217;ex-RDA ait r\u00e9pondu aux sir\u00e8nes d&#8217;un parti d&#8217;extr\u00eame droite, dont les publications pourraient \u00eatre condamn\u00e9es en vertu de la Loi fondamentale (Constitution). DVU, NPD, Republikaner, trois groupements politiques d&#8217;extr\u00eame droite longtemps rivaux qui, jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, n&#8217;inqui\u00e9taient pas grand monde, m\u00eame si les Republikaner de Franz Sch\u00f6nhuber avaient quelques repr\u00e9sentants au parlement r\u00e9gional de Stuttgart (Bade-Wurtemberg) et au parlement europ\u00e9en. Longtemps, une partie de la CDU (Union d\u00e9mocrate chr\u00e9tienne) et sa branche bavaroise, la CSU (Union sociale chr\u00e9tienne), avaient r\u00e9pondu aux aspirations de l&#8217;\u00e9lectorat install\u00e9 traditionnellement \u00e0 droite de la droite. Or, le paysage allemand a chang\u00e9, dix ans apr\u00e8s le &#8221; tournant &#8221; et l&#8217;unification de l&#8217;Allemagne selon des r\u00e8gles fix\u00e9es par la d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne, le &#8221; miracle \u00e9conomique &#8221; s&#8217;est essouffl\u00e9; pire, l&#8217;Allemagne est entr\u00e9e en crise.<\/p>\n<p> <strong> Le miracle \u00e9conomique allemand s&#8217;est essouffl\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>En septembre 1997, \u00e0 Hambourg, fief social-d\u00e9mocrate qu&#8217;il en \u00e9tait, le SPD (Parti socialiste d&#8217;Allemagne) endosse une veste historique avec 36,2% des voix. 4,97% des Hambourgeois ont vot\u00e9 DVU ! Wilhelmburg, quartier pauvre et bastion rose \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie du port de Hambourg, compte 45 000 habitants. 17,4% d&#8217;entre eux ont vot\u00e9 DVU et Republikaner. Ces partis ont atteint le record des 25,6% dans le quartier de la gare du train urbain. L&#8217;histoire, le paysage, la composition sociologique de ce quartier ont valeur d&#8217;exemple. Au moment du boom \u00e9conomique, les autorit\u00e9s sociales d\u00e9mocrates locales ont fait construire de longues barres de HLM pour y loger les ouvriers et employ\u00e9s des chantiers navals, du commerce maritime, des industries m\u00e9tallurgiques ou alimentaires environnantes et des chemins de fer. Aujourd&#8217;hui, un logement sur deux est habit\u00e9 par une famille d&#8217;origine \u00e9trang\u00e8re; on atteint m\u00eame les 86% autour de la gare. Les &#8221; jeunes Allemands &#8221; fuient le quartier. Les vieux ruminent sur leurs bancs. Ces vieux, qui ont \u00e9t\u00e9 membres de la DGB (Conf\u00e9d\u00e9ration des syndicats allemands) et qui avaient toujours vot\u00e9 SPD, se d\u00e9signent non sans ironie sous le terme de &#8221; deutsche Rest-Rentner &#8221; &#8221; expression populaire n\u00e9e spontan\u00e9ment et que l&#8217;on traduit mal en parlant de retrait\u00e9s-vestiges allemands. On conna\u00eet la suite de la chanson: &#8221; On a cotis\u00e9 toute sa vie \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 sociale; maintenant, on doit payer chaque m\u00e9dicament, mais les Canaques, eux, ils les ont gratuits. &#8221; Le mot &#8221; Kanaker &#8221; est devenu le mot le plus &#8221; neutre &#8221; pour d\u00e9signer la population immigr\u00e9e, turque et kurde, ou arriv\u00e9e d&#8217;Europe de l&#8217;Est. Les retrait\u00e9s ne sont nullement de ces vieux nazis endurcis, que l&#8217;on a toujours d\u00e9sign\u00e9s sous le terme ironique de &#8221; Bodensatz &#8221; (le &#8221; d\u00e9p\u00f4t &#8220;, le marc de caf\u00e9 au fond de la tasse). S&#8217;ils ont vot\u00e9 pour un parti, dont ils ne connaissent m\u00eame pas les repr\u00e9sentants &#8221; on parle ici de &#8221; parti fant\u00f4me &#8221; &#8220;, c&#8217;\u00e9tait pour donner une le\u00e7on au maire social-d\u00e9mocrate qui, lors des \u00e9lections pr\u00e9c\u00e9dentes, avait encore gagn\u00e9 leurs voix en d\u00e9clarant d\u00e9magogiquement qu&#8217;\u00e0 Wilhelmsburg la coupe \u00e9tait pleine&#8230; En ex-RDA, l&#8217;extr\u00eame droite recrute autrement. En Saxe-Anhalt, 30% des hommes de moins de trente ans ont vot\u00e9 DVU. Un autre parti import\u00e9 de l&#8217;ouest, le NPD, est en train de vivre un second printemps. En sommeil dans les anciens L\u00e4nder, il rena\u00eet aujourd&#8217;hui dans les nouveaux L\u00e4nder, quand ceux-ci ne repr\u00e9sentent qu&#8217;un cinqui\u00e8me de la population allemande. 70% des nouvelles recrues ont moins de trente ans. Fort de ces nouvelles donn\u00e9es, le NPD a transf\u00e9r\u00e9 son secr\u00e9tariat f\u00e9d\u00e9ral de Bochum (Rh\u00e9nanie du Nord-Westphalie) \u00e0 Dresde (Saxe). Les dirigeants de la JN (Jeunes d\u00e9mocrates nationaux), branche cadette du NPD, doivent en partie leurs succ\u00e8s \u00e0 l&#8217;adaptation des m\u00e9thodes traditionnelles (occidentales) de propagande aux structures socio-culturelles h\u00e9rit\u00e9es de l&#8217;ex-RDA. Aux distributions de tracts et discussions \u00e0 la sortie des \u00e9coles et des lyc\u00e9es, et dans les stades, ils ajoutent l&#8217;organisation de marches de protestation, de tournois de football, de camps de jeunes, etc. Soucieux d&#8217;offrir une image honorable, ils pr\u00e9tendent rejeter les candidats r\u00e9put\u00e9s buveurs ou pr\u00eats \u00e0 la bagarre et, ce faisant, pr\u00e9parer de futurs cadres ob\u00e9issants aveugl\u00e9ment aux ordres des chefs.<\/p>\n<p> <strong> Quelques mani\u00e8res simples de recruter pour l&#8217;extr\u00eame droite  <\/strong><\/p>\n<p>On sait qu&#8217;en RDA, la jeunesse \u00e9tait tr\u00e8s encadr\u00e9e et que, dans ce syst\u00e8me, les clubs jouaient un grand r\u00f4le. Ces structures ont \u00e9t\u00e9 reprises par les autorit\u00e9s municipales, sociales, religieuses ou simplement associatives en vue de l&#8217;organisation des loisirs et surtout de l&#8217;encadrement des jeunes ch\u00f4meurs. Magdebourg (Saxe-Anhalt), le &#8221; Club de la fontaine &#8221; est administr\u00e9 par l&#8217;Eglise \u00e9vang\u00e9lique; \u00e0 Neuruppin (Brandebourg), le &#8221; Bunker &#8221; d\u00e9pend de la municipalit\u00e9 avec \u00e0 sa t\u00eate un maire PDS (Parti d\u00e9mocrate socialiste). A Rheinsberg (Brandebourg), le club pour jeunes a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par un entrepreneur en c\u00e9ramique dans le but de &#8221; d\u00e9barrasser &#8221; le centre de la petite ville des skins, qui avaient pour habitude de se retrouver dans la galerie commerciale. Ces clubs, en grande partie autog\u00e9r\u00e9s, sont des lieux de rencontres et de jeux. On y boit, on y discute. Les travailleurs sociaux y donnent des conseils, y organisent des &#8221; bourses &#8221; aux petits boulots. Et l&#8217;on n&#8217;y reste pas qu&#8217;entre jeunes. Situ\u00e9s dans ces quartiers construits dans les ann\u00e9es soixante-dix et qui furent une des fiert\u00e9s du r\u00e9gime Honecker, ils sont le seul &#8221; bistrot &#8221; du coin: les p\u00e8res ne d\u00e9daignent pas venir y boire des bi\u00e8res moins ennuyeuses que celles de leur onzi\u00e8me ou treizi\u00e8me \u00e9tage. Les dirigeants du NPD ont vite compris que ces clubs pour la jeunesse, financ\u00e9s par les administrations locales ou des initiatives priv\u00e9es, et fr\u00e9quent\u00e9s par une jeunesse d\u00e9soeuvr\u00e9e en mal d&#8217;autorit\u00e9, \u00e9taient une aubaine. Sans tambours ni trompettes, ils infiltrent, et \u00e7a marche ! &#8221; Le NPD n&#8217;a aucun probl\u00e8me \u00e0 travailler avec ces groupes, s&#8217;ils sont pr\u00eats \u00e0 penser et \u00e0 agir comme des soldats politiques &#8220;, \u00e9nonce un document interne. Certains sp\u00e9cialistes ouvrent les yeux et tentent d&#8217;alerter les autorit\u00e9s et l&#8217;opinion publique. R\u00e9cemment, un criminologue berlinois sp\u00e9cialis\u00e9 dans l&#8217;\u00e9tude des mouvements d&#8217;extr\u00eame droite, constate que &#8221; dans presque chaque localit\u00e9 [d&#8217;ex-RDA], il y a un contact d&#8217;extr\u00eame droite &#8220;. Un procureur g\u00e9n\u00e9ral du Brandebourg d\u00e9crit des zones urbaines dites &#8221; lib\u00e9r\u00e9es &#8220;: rues, places, clubs et m\u00eames localit\u00e9s, dans lesquels aucun punk, aucun \u00e9tranger ne peut se montrer sans \u00eatre agress\u00e9. La population locale accepte cette situation sans broncher. La police ferme les yeux. Les autorit\u00e9s politiques en place minimisent le probl\u00e8me de peur de devoir d\u00e9savouer leur propre politique. Un sociologue berlinois parle, avec \u00e0 l&#8217;esprit la r\u00e9f\u00e9rence implicite \u00e0 l&#8217;hitl\u00e9risme, d&#8217;instauration d&#8217;un mode de pens\u00e9e, et donc de vie, extr\u00e9miste, dans lequel &#8221; va \u00e0 nouveau grandir la prochaine g\u00e9n\u00e9ration &#8220;. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, l&#8217;\u00e9clatement de l&#8217;extr\u00eame droite et la rivalit\u00e9 des chefs avaient \u00e9t\u00e9 le meilleur rempart contre leurs pr\u00e9tentions. Mais aujourd&#8217;hui, plus de tergiversations possibles, la situation est inqui\u00e9tante. Gerhard Frey triomphe: &#8221; La boutique est m\u00fbre pour l&#8217;assaut. &#8221; D&#8217;o\u00f9 les trois millions de marks provenant de sa fortune personnelle inject\u00e9s depuis Munich dans la campagne de Saxe-Anhalt. Comme l&#8217;a d\u00e9clar\u00e9 derni\u00e8rement le ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur social-d\u00e9mocrate de Rh\u00e9nanie du nord-Palatinat: les activit\u00e9s dans tous les azimuts de l&#8217;extr\u00eame droite &#8221; constituent pour [la] soci\u00e9t\u00e9 [allemande] un d\u00e9fi tr\u00e8s s\u00e9rieux, si ce n&#8217;est le d\u00e9fi central &#8220;. n<\/p>\n<p> <strong> Dossier r\u00e9alis\u00e9 par Fran\u00e7oise Amoss\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p><strong> L&#8217;Allemagne en br\u00e8ves <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;euro au Bundestag<\/p>\n<p>Cinquante ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation du mark, symbole du renouveau allemand, en juin 1948, les d\u00e9put\u00e9s du Bundestag ont largement vot\u00e9 le passage \u00e0 l&#8217;euro, malgr\u00e9 le scepticisme, flottant mais globalement persistant, de la population. M\u00ealant leurs voix et leurs suffrages, les dirigeants du SPD, des Verts ont rejoint leur adversaire, le chancelier Kohl. Seul, le PDS a fait conna\u00eetre sa diff\u00e9rence. Mais &#8221; la cr\u00e9ation de la monnaie unique \u00e9tant acquise, chacun se pr\u00e9sente comme le meilleur garant des int\u00e9r\u00eats allemands et des acquis sociaux dans la bataille \u00e9conomique internationale &#8220;, estimait notre confr\u00e8re le Monde, le 25 avril. La similitude de ces positions et arguments n&#8217;est-elle pas en train d&#8217;entra\u00eener les deux hommes en lice pour le pouvoir f\u00e9d\u00e9ral, Schr\u00f6der et Kohl, vers une demi-victoire et donc une demi-d\u00e9faite ?<\/p>\n<p>Nouvel essor du capitalisme<\/p>\n<p>Longtemps ferm\u00e9 sur lui-m\u00eame, le capitalisme allemand conna\u00eet une expansion sans pr\u00e9c\u00e9dent. Le rapprochement entre Daimler-Benz et Chrysler est le pr\u00e9lude \u00e0 d&#8217;autres offensives. Le vieux mod\u00e8le rh\u00e9nan s&#8217;est transform\u00e9 en machine \u00e0 conqu\u00e9rir les march\u00e9s &#8220;, \u00e9crit l&#8217;Expansion (n\u00b0 574) fin mai. Siemens r\u00e9alise en effet d\u00e9sormais 60% de son chiffre d&#8217;affaires \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, Volkswagen investit en Hongrie, en R\u00e9publique tch\u00e8que, BMW aux Etats-Unis: indiscutablement, l&#8217;Allemagne est devenue l&#8217;\u00e9conomie la plus mondialis\u00e9e d&#8217;Europe. Premier pays \u00e0 avoir investi l&#8217;Est, elle s&#8217;installe aux Etats-Unis et en Asie, r\u00e9solue depuis peu aux op\u00e9rations de fusions-acquisitions, tent\u00e9es avec un peu d&#8217;avance et moins de bonheur, par les grands groupes fran\u00e7ais. Au prix cependant de l&#8217;abandon de Benz dans le mariage pr\u00e9cit\u00e9, tout en lorgnant encore sur la division camions du Japonais Nissan. Rachat de Rolls-Royce par Volkswagen, fusion de Daimler-Benz avec Chrysler, etc.: retenons tout simplement que l&#8217;automobile allemande sort toutes ses griffes dans la guerre pour le monopole mondial.<\/p>\n<p>L&#8217;Etat-providence en question<\/p>\n<p>(&#8230;) A l&#8217;heure actuelle, il n&#8217;existe pas de consensus en Allemagne sur les r\u00e9formes \u00e0 long terme. Une faction n\u00e9olib\u00e9rale influente se bat pour un recul sensible de l&#8217;Etat-providence et le retour au financement priv\u00e9. A l&#8217;oppos\u00e9, les sociaux-d\u00e9mocrates, les syndicats et une partie des chr\u00e9tiens d\u00e9mocrates d\u00e9fendent le syst\u00e8me. Le sentiment g\u00e9n\u00e9ral est que des r\u00e9formes sont n\u00e9cessaires. Le malaise se trouve renforc\u00e9 par la propagande que font en permanence des fonds d&#8217;investissement et les assurances priv\u00e9es. Le gouvernement, qui craint les r\u00e9actions de la population, se montre prudent \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des changements. Pour donner une id\u00e9e: 65 millions de travailleurs, \u00e9lecteurs pour la plupart peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 une pension de retraite. (&#8230;) Dieter D\u00f6ring, le Monde, 3 juin 1998.<\/p>\n<p>Salari\u00e9s: coop\u00e9ration ou sacrifices ?<\/p>\n<p>La restructuration de l&#8217;industrie allemande s&#8217;accompagne d&#8217;un certain nombre de mesures sociales qui vont de la r\u00e9duction du temps de travail avec perte de salaire \u00e0 l&#8217;augmentation du temps de travail sans contrepartie salariale&#8230; L&#8217;objectif affich\u00e9 par les grands groupes de 10% d&#8217;augmentation du taux de productivit\u00e9 par an r\u00e9glemente d\u00e9sormais les relations de ce que l&#8217;on a appel\u00e9 le mod\u00e8le social allemand. Chez Volkswagen, on travaille 28,8 heures par semaine avec une baisse des salaires. Chez BMW \u00e0 Ratisbonne, c&#8217;est la semaine de quatre jours qui est en vigueur: polyvalence, mobilit\u00e9 d&#8217;un site \u00e0 l&#8217;autre permettent \u00e0 l&#8217;usine de tourner six jours sur sept. Pour les salari\u00e9s de Continental-Hanovre, la mise en comp\u00e9tition des sites europ\u00e9ens a conduit \u00e0 relever la dur\u00e9e hebdomadaire du travail de 75 mn, tandis que chez Dasa \u00e0 Hambourg, elle passe de 35 \u00e0 40 heures sans compensation salariale&#8230; Pour Opel, l&#8217;accord patronat-syndical porte sur un ralentissement des r\u00e9mun\u00e9rations contre un engagement \u00e0 ne pas licencier jusqu&#8217;en 2001.<\/p>\n<p>Un &#8221; pacte pour le travail &#8221;<\/p>\n<p>Al&#8217;occasion de son XVIe Congr\u00e8s, en juin dernier, la Conf\u00e9d\u00e9ration allemande des syndicats (DGB) s&#8217;est prononc\u00e9e pour &#8221; un pacte pour le travail &#8220;. Son pr\u00e9sident, Dieter Schulte, suivant en ce sens la ligne du SPD et respectant en cela une longue tradition relationnelle et politique, en a d\u00e9fendu l&#8217;id\u00e9e, bas\u00e9e sur le principe de mod\u00e9ration salariale, arguant de ce que &#8221; jamais, plus jamais, nous ne retrouverons le plein emploi sans de larges r\u00e9ductions du temps de travail &#8220;. La moyenne hebdomadaire du temps de travail en Allemagne est actuellement de 37,5 heures, \u00e0 l&#8217;ouest. Selon Pierre L\u00e9vy, de l&#8217;Humanit\u00e9, &#8221; un d\u00e9bat s&#8217;est instaur\u00e9 sur l&#8217;impact r\u00e9el d&#8217;une limitation du pouvoir d&#8217;achat sur l&#8217;emploi &#8221; \u00e0 l&#8217;instar de ce qui se passe en France. Alors que la convention collective de la m\u00e9tallurgie limite la dur\u00e9e hebdomadaire \u00e0 trente-cinq heures, le syndicat IG Metall entend parvenir \u00e0 un accord sur trente-deux heures lors du renouvellement de cette convention en 2001.<\/p>\n<p>Le PDS en Congr\u00e8s<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 Rostock, sur la Baltique, que s&#8217;est tenu, d\u00e9but avril, le Congr\u00e8s du PDS. L&#8217;essentiel de l&#8217;objectif \u00e9lectoral que se sont fix\u00e9 les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s est de passer le seuil des 5%. Un objectif \u00e0 port\u00e9e de main puisqu&#8217;en ex-RDA, o\u00f9 il reste majoritairement implant\u00e9, le PDS voit son influence grandir. Actuellement, cr\u00e9dit\u00e9 de 4% des voix au niveau national, &#8221; il lui faudrait gagner la majorit\u00e9 des voix dans trois circonscriptions pour pouvoir \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 au Bundestag &#8220;, pour Angela Klein, de Rouge. Lors de ce congr\u00e8s, la direction du PDS, pour tenir compte des situations sociales et politiques \u00e0 l&#8217;est, a r\u00e9dig\u00e9 le &#8221; Manifeste de Rostock &#8220;, &#8221; projet pilote de renaissance \u00e0 l&#8217;est &#8220;. Les r\u00e9centes \u00e9lections, notamment celle de Saxe-Anhalt, laisse \u00e0 penser qu&#8217;une perc\u00e9e est r\u00e9ellement envisageable pour ce parti, relativis\u00e9 toutefois par son actuel faible impact \u00e0 l&#8217;ouest o\u00f9 il n&#8217;est cr\u00e9dit\u00e9 de 1% des voix.<\/p>\n<p>Fort taux de ch\u00f4mage \u00e0 l&#8217;Est<\/p>\n<p>Une l\u00e9g\u00e8re baisse du nombre de ch\u00f4meurs a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 en mai 1998 par rapport aux chiffres de l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Mais, avec 4,2 millions de ch\u00f4meurs, la situation demeure inqui\u00e9tante, d&#8217;autant qu&#8217;il faut consid\u00e9rer un r\u00e9el d\u00e9s\u00e9quilibre entre l&#8217;Ouest et l&#8217;Est, o\u00f9 plus de 20% des personnes en \u00e2ge de travailler sont sans emploi. Pour les pr\u00e9visionnistes, la croissance en 1998 ne suffira pas \u00e0 faire refluer sensiblement le ch\u00f4mage allemand dans une \u00e9conomie allemande &#8221; essentiellement port\u00e9e par la demande externe, soutenue par l&#8217;effet dollar &#8220;, fragilis\u00e9e comme d&#8217;autres par la chute des devises asisatiques. Le taux de ch\u00f4mage stagnerait \u00e0 11,4%, &#8221; l&#8217;am\u00e9lioration ne concernerait que l&#8217;Ouest, le secteur du b\u00e2timent \u00e0 l&#8217;Est ne parvenant gu\u00e8re \u00e0 s&#8217;extraire de son marasme &#8220;, d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;Agefi.<\/p>\n<p>Par F. A.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1077","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1077"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1077\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}