{"id":1069,"date":"1998-09-01T00:00:00","date_gmt":"1998-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/musique-contemporaine1069\/"},"modified":"1998-09-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-08-31T22:00:00","slug":"musique-contemporaine1069","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1069","title":{"rendered":"Musique contemporaine"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">  La 27e \u00e9dition du Festival d&#8217;Automne \u00e0 Paris, en accueillant la musique de personnalit\u00e9s aussi \u00e9loign\u00e9es que Karlheinz Stockhausen et Gy\u00f6rgy Kurtag, fait conna\u00eetre les nombreux courants esth\u00e9tiques actuels. <\/p>\n<p>Personnages mythiques et mystiques, figures solitaires et inqui\u00e8tes, Stockhausen et Kurtag sont, l&#8217;un comme l&#8217;autre, des h\u00f4tes privil\u00e9gi\u00e9s du Festival d&#8217;Automne. Car, lorsqu&#8217;une musique provoque la curiosit\u00e9 de Jos\u00e9phine Markovits, directrice du domaine musical du Festival d&#8217;Automne, depuis sa cr\u00e9ation, la confiance qu&#8217;elle accorde \u00e0 son cr\u00e9ateur est enti\u00e8re et s&#8217;installe dans le temps. La programmation musicale con\u00e7ue par cycles permet alors aux compositeurs d&#8217;appr\u00e9hender l&#8217;oeuvre musicale non comme une fin en soi, mais comme un ouvrage sonore se prolongeant ou d\u00e9rivant vers des voies insoup\u00e7onn\u00e9es. La libert\u00e9 de dire, de se contredire, de r\u00e9p\u00e9ter, une fois permise, les compositeurs se sont parfois heurt\u00e9s \u00e0 des impasses, \u00e0 des malentendus, mais cette m\u00eame libert\u00e9 donn\u00e9e au Festival a permis des cr\u00e9ations prestigieuses qui ont boulevers\u00e9 le public, enrichi quelques pages de l&#8217;histoire de la musique et modifi\u00e9 la r\u00e9flexion des jeunes compositeurs &#8221; ainsi le cycle de Gy\u00f6rgy Ligeti en 1984, Prom\u00e9t\u00e9o de Luigi Nono pr\u00e9sent\u00e9 en 1987, Coro de Luciano Berio, Hymnen de Karlheinz Stockhausen. Proposer la diff\u00e9rence, c&#8217;est aussi multiplier les possibilit\u00e9s d&#8217;aller vers des sons inou\u00efs. Le compositeur suisse Heinz Holliger, n\u00e9 en 1939, se relie \u00e0 Luigi Nono, mais aussi \u00e0 Kurtag. Le d\u00e9pouillement de l&#8217;\u00e9criture, la contrainte des extr\u00eames, la volont\u00e9 d&#8217;aller toujours au-del\u00e0 des limites exigent alors une concentration extr\u00eame de l&#8217;auditeur, notamment son op\u00e9ra de chambre Gl\u00fchende R\u00e4tsel (1964). Tout comme, le Britannique Brian Ferneyhough, n\u00e9 en 1943, dans son Quatuor n\u00b0 2 (1980), son intention po\u00e9tique \u00e9tant alors l&#8217;absence du sonore ou l&#8217;approche du silence, sous toutes ses formes. Ces deux compositeurs, d&#8217;approche difficile, suscitent autant d&#8217;int\u00e9r\u00eat que la musique minimaliste de l&#8217;Am\u00e9ricain Steve Reich, caract\u00e9ris\u00e9e par une simplification des moyens de r\u00e9p\u00e9tition. Celui-ci se propose d&#8217;envo\u00fbter, davantage d&#8217;ailleurs que de convaincre le public. Depuis 1976, il participe r\u00e9guli\u00e8rement au Festival d&#8217;Automne qui pr\u00e9voit d&#8217;inscrire son Op\u00e9ra \u00e0 son programme de l&#8217;an 2 000.<\/p>\n<p> <strong> Une r\u00e9flexion sur les moyens, sur le son et sur le temps  <\/strong><\/p>\n<p>Quant \u00e0 l&#8217;Allemand Helmut Lachenmann, n\u00e9 en 1935, et au Fran\u00e7ais G\u00e9rard Pesson, n\u00e9 en 1958, programm\u00e9s par le Festival, ils proposent la recherche d&#8217;un son nouveau o\u00f9 la composition ne consisterait pas seulement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les moyens, mais sur le son et sur le temps. Autre invit\u00e9 au Festival, Helmut Oehring, n\u00e9 en 1961, compositeur autodidacte, qui offre un univers sonore hautement original, notamment dans Dokumenrar-Oper (1995), oeuvre refl\u00e9tant en effet l&#8217;obsession de ses premi\u00e8res exp\u00e9riences d&#8217;enfant entendant, n\u00e9 de parents sourds et muets. Karlheinz Stockhausen, premier invit\u00e9 de ce 27e Festival d&#8217;Automne, est n\u00e9 en 1928 \u00e0 Cologne. Il est la figure la plus radicale et la plus puissamment imaginative de sa g\u00e9n\u00e9ration. A soixante-dix ans, il est sans doute le seul compositeur \u00e0 avoir explor\u00e9 tous les champs importants de la recherche musicale depuis les ann\u00e9es cinquante. Son nom est li\u00e9 au mouvement s\u00e9riel post-webernien. Kreuzspiel (Jeux de croix, 1951), reflet du s\u00e9rialisme int\u00e9gral, a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 en 1951. Il participe cette ann\u00e9e-l\u00e0, pour la premi\u00e8re fois, au Cours d&#8217;\u00e9t\u00e9 de Darmstadt o\u00f9 s&#8217;exprim\u00e8rent les tendances musicales les plus avanc\u00e9es de l&#8217;apr\u00e8s-guerre, lieu privil\u00e9gi\u00e9 de confrontation des personnalit\u00e9s les plus fortes de cette \u00e9poque, Pierre Boulez, Bruno Maderna, Luigi Nono, Henri Pousseur&#8230; Abordant le langage musical sur la base d&#8217;une analyse quasi scientifique des propri\u00e9t\u00e9s acoustiques du son, il compose en 1953 sa premi\u00e8re oeuvre de musique \u00e9lectroacoustique, Studie I, et, trois ans plus tard, Gesang der J\u00fcnglinge (Le chant des adolescents). Le Klavierst\u00fcck XI (1956), premi\u00e8re oeuvre al\u00e9atoire, est l&#8217;une des plus c\u00e9l\u00e8bres pi\u00e8ces du r\u00e9pertoire contemporain pour piano. Con\u00e7ue comme un parcours variable, elle exprime l&#8217;utopie d&#8217;une langue nouvelle. La composition est alors pour lui la r\u00e9alisation d&#8217;un ordre sonore o\u00f9 le particulier fusionne dans le tout. Avec Momente, achev\u00e9 en 1969 (1), Karlheinz Stockhausen repr\u00e9sente le concept de &#8221; Momentform &#8220;, forme momentan\u00e9e. Outre que chaque moment constitue une entit\u00e9 propre, centr\u00e9e sur elle-m\u00eame, l&#8217;oeuvre abolit la tension entre forme globale et \u00e9l\u00e9ments singuliers. Le compositeur allemand ne nous conduit donc pas selon le temps horizontal et progressif de la narration mais au contraire dans un mouvement en spirale. Peu \u00e0 peu, il a d\u00e9velopp\u00e9 l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une musique universelle, d&#8217;une musique cosmique qui se concr\u00e9tisera en 1977 par un op\u00e9ra \u00e9tendu aux sept jours de la semaine, Licht (Lumi\u00e8re). Un fragment de cette &#8221; journ\u00e9e &#8220;, le Welt-Parlament (Le parlement du monde, 1995) pour choeur a cappella, chante le texte d&#8217;un amour qui gu\u00e9rirait ce monde. Ce n&#8217;est sans doute que le XXIe si\u00e8cle qui jugera d&#8217;une telle oeuvre de plus de trente-cinq heures. Autre invit\u00e9 prestigieux du Festival, Gy\u00f6rgy Kurtag. N\u00e9 en 1926, il a regagn\u00e9 la Hongrie apr\u00e8s un s\u00e9jour \u00e0 Paris. Il a d\u00e9velopp\u00e9 son oeuvre \u00e0 l&#8217;\u00e9cart des grands mouvements de son \u00e9poque. Elle n&#8217;est, en effet, ni s\u00e9rielle, n\u00e9o, minimale, r\u00e9aliste ou al\u00e9atoire.<\/p>\n<p> <strong> Kurtag, de l&#8217;absurde de l&#8217;existence  <\/strong><\/p>\n<p>La bri\u00e8vet\u00e9 est l&#8217;une de ses caract\u00e9ristiques, une forme &#8221; aphoristique &#8221; issue de la tradition de Webern, comme en t\u00e9moigne le cycle des Eclats. Sa musique, qui apparut d&#8217;abord comme celle d&#8217;un marginal volontaire, n&#8217;acquit une r\u00e9putation internationale que dans les ann\u00e9es quatre-vingt. Le compositeur hongrois, qui s&#8217;\u00e9tait exclusivement consacr\u00e9 \u00e0 la composition de musique de chambre, prend \u00e9galement plus de libert\u00e9, dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, avec des effectifs instrumentaux plus \u00e9largis. Les premiers signes de ce changement se font entendre dans les Kafka-Fragmente compos\u00e9s en 1985, d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la psychologue Marianne Stein. Cette musique est hant\u00e9e par l&#8217;absence de chemin, d&#8217;issue, comme What is the Word (1991) qui est la formule artistique de l&#8217;absurdit\u00e9 de l&#8217;existence humaine de Samuel Beckett.<\/p>\n<p>1. Momente ouvre la programmation musicale du Festival d&#8217;Automne, le 29 septembre, Cit\u00e9 de La Musique. Les autres concerts ont lieu le 13\/10, oeuvres de Helmut Oehring, Amphith\u00e9\u00e2tre de l&#8217;Op\u00e9ra National de Paris; le 16\/10, oeuvres de Galina Ustvolskaya, Th\u00e9\u00e2tre des Bouffes du Nord; les 20, 21, 22 et 23\/10, oeuvres de Gy\u00f6rgy Kurtag, Th\u00e9\u00e2tre Moli\u00e8re\/Maison de la Po\u00e9sie; le 6\/11, oeuvres de G\u00e9rard Pesson, Studio de l&#8217;Op\u00e9ra National de Paris; le 20\/11, oeuvres de Helmut Lachemann et Heiner Goebbels, Salle de spectacle de Colombes. Nous reviendrons sur ce dernier concert dans le Regards denovembre. Nous publierons en octobre un article de Suzanne Bernard sur l&#8217;Op\u00e9ra chinois dont le Festival d&#8217;Automne a programm\u00e9 quatre oeuvres. Renseignements: 01 53 45 17 00. Sur Internet :<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>  La 27e \u00e9dition du Festival d&#8217;Automne \u00e0 Paris, en accueillant la musique de personnalit\u00e9s aussi \u00e9loign\u00e9es que Karlheinz Stockhausen et Gy\u00f6rgy Kurtag, fait conna\u00eetre les nombreux courants esth\u00e9tiques actuels. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-1069","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1069","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1069"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1069\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1069"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1069"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1069"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}