{"id":1060,"date":"1998-09-01T00:00:00","date_gmt":"1998-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/expositions1060\/"},"modified":"1998-09-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-08-31T22:00:00","slug":"expositions1060","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1060","title":{"rendered":"Expositions"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Picasso, voir et lire<strong> Trois g\u00e9ants dans l&#8217;\u00e9t\u00e9 de la C\u00f4te d&#8217;Azur, chacun dans le mus\u00e9e qui lui est consacr\u00e9, \u00e0 Vallauris, \u00e0 Biot, \u00e0 Nice. Chacun sous un \u00e9clairage qui d\u00e9taille une p\u00e9riode pr\u00e9cise de son oeuvre. Un ensemble qui montre bien l&#8217;exceptionnelle diversit\u00e9 de l&#8217;art moderne en France. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Picasso la Guerre et la Paix <\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est au printemps 1948, il y a cinquante ans, que Pablo Picasso s&#8217;installe \u00e0 Vallauris. Une nouvelle p\u00e9riode de l&#8217;oeuvre du peintre s&#8217;ouvre alors. Il aborde les techniques du linol\u00e9um, les sculptures d&#8217;assemblage et surtout de la c\u00e9ramique. Evidemment, Pablo Picasso n&#8217;abandonne pas la peinture. On le sait, il aimait particuli\u00e8rement les grandes surfaces. Il s&#8217;en \u00e9tait confi\u00e9 \u00e0 Dor de la Souch\u00e8re, conservateur du mus\u00e9e d&#8217;Antibes: &#8221; Moi qui suis fait pour peindre de vastes surfaces, l&#8217;Etat ne m&#8217;en a pas donn\u00e9. &#8221; Est-ce pour cette raison que la chapelle de Vallauris datant du XIIe si\u00e8cle, aux vastes murs nus, lui est soudain apparue comme digne d&#8217;int\u00e9r\u00eat ? La proximit\u00e9 de Matisse qui, \u00e0 Vence, travaillait \u00e0 la chapelle du Rosaire, a-t-elle \u00e9t\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant dans ce choix ? Selon Georges Tabaraud, alors r\u00e9dacteur en chef du journal le Patriote, il n&#8217;a, en tout cas, jamais \u00e9t\u00e9 question de commande. Peut-\u00eatre, simplement, une demande. Toujours est-il que va na\u00eetre dans l&#8217;esprit du peintre puis sous son pinceau une oeuvre qui occupe une place \u00e0 part. En 1952, lorsque est d\u00e9voil\u00e9e la Guerre et la Paix (le public ne pourra la voir qu&#8217;en 1959), il est \u00e9vident que le ma\u00eetre catalan a tenu \u00e0 mettre son art au service d&#8217;une forte pr\u00e9occupation et surtout de son engagement politique aux c\u00f4t\u00e9s du PCF. En 1950, en effet, une rencontre internationale de la Jeunesse pour la Paix, regroupe \u00e0 Nice des milliers de Fran\u00e7ais et d&#8217;Italiens. Picasso, qui milite activement au mouvement de la Paix, la pr\u00e9side. Un an plus tard, il ex\u00e9cute Massacre en Cor\u00e9e. D&#8217;une certaine mani\u00e8re, on peut dire qu&#8217;il retrouve cette veine d&#8217;o\u00f9 \u00e9taient sortis Guernica (1937) et le Charnier (1945), bien que cette fois l&#8217;all\u00e9gorie et la couleur marquent la composition. Aux femmes nues dansantes, entour\u00e9es d&#8217;enfants et d&#8217;un P\u00e9gase labourant, de pommes d&#8217;or et d&#8217;oiseaux, dans un d\u00e9cor domin\u00e9 par le blanc et le bleu, s&#8217;opposent des hommes en armes, un char de la mort destructeur qui foule aux pieds un livre et s&#8217;avance mena\u00e7ant vers un bouclier sur lequel resplendit une colombe, tenu par le lutteur du Bien. Des couleurs sombres, d\u00e9chir\u00e9es, guerri\u00e8res. Des panneaux constitu\u00e9s de rectangle d&#8217;isorel, mat\u00e9riau souple qui a permis l&#8217;installation sur les vo\u00fbtes. Paradoxalement, la Guerre et la Paix est &#8221; connue sans l&#8217;\u00eatre &#8220;, comme le rel\u00e8ve fort justement Dominique Forest, conservateur du mus\u00e9e Magnelli \u00e0 Vallauris et commissaire de l&#8217;exposition avec Jean Lacambre. De fait, cette oeuvre n&#8217;a fait l&#8217;objet que de deux ouvrages. C&#8217;est dire si la pr\u00e9sentation des dessins pr\u00e9paratoires et surtout des carnets r\u00e9alis\u00e9s en 1953, un an apr\u00e8s son ach\u00e8vement, offre un int\u00e9r\u00eat majeur. On y voit comment, en un style \u00e9tonnamment rapide, Picasso d\u00e9veloppe les th\u00e8mes utilis\u00e9s par la suite: danse de petites filles, l&#8217;homme-hibou&#8230; Au fil des esquisses et des croquis on voit la mise en forme virtuelle de l&#8217;oeuvre, l&#8217;apparition de nouvelles formes que l&#8217;on retrouve dans la composition finale. Dans les dessins r\u00e9alis\u00e9s par la suite (pratique assez habituelle pour le peintre), on rel\u00e8ve curieusement des variations, notamment autour de la Paix. D\u00e8s son ouverture, le public ne s&#8217;y est pas tromp\u00e9 qui a baptis\u00e9 l&#8217;endroit le &#8221; Temple de la Paix &#8220;. C&#8217;est que le peintre n&#8217;a jamais voulu tremper dans un art religieux quel qu&#8217;il soit. Iconoclaste \u00e0 sa mani\u00e8re &#8221; le portrait r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la mort de Staline, expos\u00e9 ici, et dont on sait l&#8217;accueil violent que lui avait r\u00e9serv\u00e9 la direction du PCF, le montre \u00e0 l&#8217;envi &#8221; Picasso a toujours explor\u00e9 les voies qu&#8217;il jugeait les plus aptes \u00e0 exprimer sa vision du monde. La Guerre et la Paix, bien que dernier du genre, est \u00e0 cet \u00e9gard un jalon trop souvent sous-estim\u00e9.<\/p>\n<p> <strong> : <\/strong><\/p>\n<p> <strong> L\u00e9ger, 1910-1930 les ann\u00e9es d\u00e9cisives <\/strong><\/p>\n<p>On ne dira jamais assez combien les travaux r\u00e9alis\u00e9s actuellement au Centre Georges-Pompidou rendent heureux les conservateurs de grands mus\u00e9es fran\u00e7ais. Les oeuvres du Mus\u00e9e national d&#8217;art moderne sont en effet disponibles et, louable initiative, viennent, pour un temps, rejoindre les riches collections de province. C&#8217;est le cas pour le mus\u00e9e Fernand-L\u00e9ger de Biot qui, sous la houlette de son conservateur, Brigitte Hedel-Samson, entreprend, depuis pr\u00e8s de trois ans, une v\u00e9ritable renaissance de ce lieu cr\u00e9\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et l&#8217;abn\u00e9gation de Nadia L\u00e9ger et Georges Bauquier. Ce regroupement permet ainsi de pr\u00e9senter les ann\u00e9es 1910-1930 dans un spectre large et de mieux saisir les influences subies par L\u00e9ger et surtout l&#8217;originalit\u00e9 qui se fait jour. La Couseuse, certainement r\u00e9alis\u00e9e en 1909-1910, de facture cubiste, doit beaucoup \u00e0 C\u00e9zanne. On y d\u00e9c\u00e8le pourtant ce qui sera par la suite un trait essentiel des recherches du peintre, essentiellement ax\u00e9 autour des formes et des volumes avec la probl\u00e9matique qui s&#8217;y rattache, \u00e0 savoir le traitement des objets et des humains. Avec, \u00e9videmment, cette pr\u00e9sence des couleurs, notamment au travers des aplats, une constante dans son oeuvre. Apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la fascination de L\u00e9ger pour l&#8217;objet est dominante, la couleur se mettant alors au service de la composition (le Pont du remorqueur &#8221; 1920 ou encore les Disques dans la ville &#8221; 1920). Nul enfermement, comme on peut le constater \u00e0 travers d&#8217;autres toiles o\u00f9 la figure humaine r\u00e9appara\u00eet, mais encore d\u00e9personnalis\u00e9e. C&#8217;est particuli\u00e8rement vrai dans la s\u00e9rie des Paysages anim\u00e9s. Dans les ann\u00e9es suivantes, il va encore plus loin dans l&#8217;exploration de l&#8217;espace. A l&#8217;occasion de l&#8217;Exposition internationale des Arts d\u00e9coratifs, L\u00e9ger r\u00e9alise des panneaux d\u00e9coratifs (deux compositions murales sont pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 Biot) o\u00f9, selon son expression, il &#8221; sublime &#8221; les surfaces. S&#8217;ouvre aux alentours de 1927 une nouvelle p\u00e9riode, plus abstraite, caract\u00e9ris\u00e9e par l&#8217;int\u00e9gration d&#8217;objets oppos\u00e9s dans un espace \u00e9th\u00e9r\u00e9, aux couleurs vives (les Quatre Chapeaux, composition, 1927, la Joconde aux cl\u00e9s, 1930).<\/p>\n<p> <strong>  Chagall voyages et rencontres  <\/strong><\/p>\n<p>En 1923, Chagall revient \u00e0 Paris. Il conna\u00eet bien la capitale fran\u00e7aise o\u00f9 il a s\u00e9journ\u00e9 de 1910 \u00e0 1913. L&#8217;occasion de rencontrer Modigliani, Soutine, L\u00e9ger ou encore Lipchitz. Pourtant, quelque chose a boulevers\u00e9 sa vie. Son adh\u00e9sion \u00e0 la r\u00e9volution russe (en 1917, il est commissaire des Beaux-Arts et fonde l&#8217;acad\u00e9mie de Vitebsk \u00e0 laquelle il demande \u00e0 des artistes comme Lissitsky et Malevitch de participer) s&#8217;est transform\u00e9e en d\u00e9sillusion. Il choisit de quitter son pays. Jusqu&#8217;en 1939, il va ainsi d\u00e9velopper sa palette, tenter de retrouver, sur la toile, son pass\u00e9, exprimer ses \u00e9tats d&#8217;\u00e2me et son bonheur familial, retranscrire ses impressions de voyage. C&#8217;est ce que pr\u00e9sente le Mus\u00e9e national Message biblique \u00e0 Nice. Le th\u00e8me choisi par le directeur du lieu, Jean Lacambre, explique en partie l&#8217;aspect un peu &#8221; d\u00e9cousu &#8221; de l&#8217;exposition. Il ne s&#8217;agit pas tant, en effet, de rep\u00e9rer sur une p\u00e9riode les oeuvres majeures que de saisir plut\u00f4t une sensibilit\u00e9, un parcours susceptible de donner des indications sur l&#8217;homme. En 1923, Marc Chagall reprend des th\u00e8mes d\u00e9j\u00e0 exploit\u00e9s dans les ann\u00e9es 1910 et dont il ne d\u00e9tient plus les tableaux. Il va m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 reproduire \u00e0 l&#8217;identique certains d&#8217;entre eux, en tout cas dans la composition g\u00e9n\u00e9rale, comme le Veau jaune, \u00e0 rapprocher d&#8217;une oeuvre de 1911, intitul\u00e9e la Vache dans la chambre. Sa rencontre avec le marchand Ambroise Vollard l&#8217;am\u00e8ne \u00e0 la gravure: illustration des Ames mortes, de Gogol, o\u00f9 Chagall se replonge dans la Russie ancienne et les Fables, de La Fontaine. Jusqu&#8217;en 1939, Marc Chagall, effectue de nombreux voyages. En France (C\u00f4te d&#8217;Azur, C\u00e9ret) mais aussi \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger (l&#8217;Enceinte de J\u00e9rusalem pr\u00e8s du portail de la Gr\u00e2ce). La mont\u00e9e du nazisme en Europe, les pogroms, la pers\u00e9cution des juifs, l&#8217;am\u00e8nent \u00e0 s&#8217;impr\u00e9gner toujours plus des th\u00e8mes bibliques (la Crucifixion blanche, 1938), dont on sait qu&#8217;ils occuperont ensuite une place majeure dans son travail. Il per\u00e7oit le danger destructeur mais ne peut s&#8217;emp\u00eacher de d\u00e9crire des moments de bonheur, laissant alors la couleur envahir la toile (les Mari\u00e9s de la Tour Eiffel, 1938-1939). En 1941, il choisit cependant l&#8217;exil aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>1. Vallauris, Mus\u00e9e national Picasso, jusqu&#8217;au 5 octobre. Catalogue de l&#8217;exposition pr\u00e9fac\u00e9 par Jean-Pierre Jouffroy. 127 pages, 145 F. Editions RMN.<\/p>\n<p>2. Biot, Mus\u00e9e Fernand L\u00e9ger, jusqu&#8217;au 30 septembre. Journal illustr\u00e9 en couleur, 25 F. Editions RMN<\/p>\n<p>3. Nice, Mus\u00e9e national Message biblique Marc Chagall, jusqu&#8217;au 5 octobre. Catalogue, 104p., 160 F. Editions RMN<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-1060","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1060","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1060"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1060\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}