{"id":10558,"date":"2017-07-16T12:30:00","date_gmt":"2017-07-16T10:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-henri-malberg-une-vie-dans-le-parti\/"},"modified":"2017-07-16T12:30:00","modified_gmt":"2017-07-16T10:30:00","slug":"article-henri-malberg-une-vie-dans-le-parti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=10558","title":{"rendered":"Henri Malberg, une vie dans le Parti"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Henri Malberg, qui vient de d\u00e9c\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatre-vingt-sept ans, dirigea <em>Regards<\/em>, de 1995 \u00e0 2000, quand la direction du PCF d\u00e9cida de relancer le vieux titre n\u00e9 en 1932 et disparu en 1962. Roger Martelli lui rend hommage.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait n\u00e9 dans une famille de juifs polonais, immigr\u00e9s dans la France de l\u2019entre-deux-guerres. \u00c0 partir de juillet 1942, ils v\u00e9curent l\u2019\u00e9preuve de la clandestinit\u00e9 et de l\u2019arrestation, \u00e9chappant de peu au d\u00e9part tragique vers les camps de la mort. D\u00e8s la Lib\u00e9ration de Paris, le jeune Henri \u2013\u00a0il a alors quatorze ans\u00a0\u2013 adh\u00e8re \u00e0 la Jeunesse communiste et, devenu en 1948 ouvrier m\u00e9tallurgiste, entame ainsi une vie de fid\u00e9lit\u00e9 ind\u00e9fectible au &#8220;parti de la classe ouvri\u00e8re&#8221;. Il est permanent \u00e0 vingt-deux ans, en 1952, et il le restera jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<h2>Un optimisme jamais d\u00e9menti<\/h2>\n<p>Engag\u00e9 et r\u00e9fl\u00e9chi, il gravit peu \u00e0 peu tous les \u00e9chelons et devient m\u00eame, en 1961, l\u2019un des plus proches collaborateurs du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00e9poque, Waldeck Rochet. Il est surtout un militant parisien passionn\u00e9. Responsable aux intellectuels de la f\u00e9d\u00e9ration de Paris, il dirige de 1968 \u00e0 1972 l\u2019organisation communiste du 5e arrondissement.<\/p>\n<p>En 1972, il entre au &#8220;parlement&#8221; du Parti, le Comit\u00e9 central, o\u00f9 il s\u2019occupe de propagande, sous la responsabilit\u00e9 de Ren\u00e9 Piquet. Son agilit\u00e9 intellectuelle et sa pratique du monde des universitaires le propulsent en 1976 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019hebdomadaire du PCF de l\u2019\u00e9poque, <em>France nouvelle<\/em>, o\u00f9 il remplace Francette Lazard. Henri Malberg vit alors, successivement, la phase d\u2019ouverture de &#8220;l\u2019eurocommunisme&#8221; (1975-1977) et la crise qui suit la rupture de &#8220;l\u2019union de la gauche&#8221; apr\u00e8s 1977.<\/p>\n<p>Son ancrage parisien \u2013\u00a0il est conseiller municipal de Paris depuis 1965\u00a0\u2013 le met au c\u0153ur du maelstrom de &#8220;l\u2019affaire Fiszbin&#8221;, qui oppose de fa\u00e7on violente la direction f\u00e9d\u00e9rale parisienne dirig\u00e9e alors par Henri Fiszbin \u2013\u00a0par ailleurs cousin germain d\u2019Henri\u00a0\u2013 et la direction nationale amen\u00e9e par Georges Marchais. Fiszbin \u00e9vinc\u00e9, Malberg devient le num\u00e9ro un de la f\u00e9d\u00e9ration, dans un moment de raidissement politique. Il l\u2019assume, sans broncher, pensant en att\u00e9nuer les effets d\u00e9vastateurs, par un optimisme \u00e9tonnant, qui ne se d\u00e9mentira pas tout au long d\u2019une vie marqu\u00e9e pourtant par d\u2019\u00e9pouvantables drames familiaux.<\/p>\n<h2>Toujours le dialogue<\/h2>\n<p>Jeune \u00e9tudiant, j\u2019ai d\u00e9couvert Henri Malberg en 1970, au local du PCF de la rue Linn\u00e9. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 alors \u00e9merveill\u00e9 par son \u00e9l\u00e9gance et la force tranquille de son argumentation. Je n\u2019ai cess\u00e9 de le c\u00f4toyer depuis. Nous ne f\u00fbmes pas toujours d\u2019accord, c\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire. Pour Henri Malberg, il \u00e9tait inconcevable de se dresser contre un corps dirigeant qui incarnait l\u2019unit\u00e9 et la permanence d\u2019une organisation sans laquelle, \u00e0 ses yeux, l\u2019engagement communiste \u00e9tait impossible.<\/p>\n<p>Mais, dans des moments tendus et souvent difficiles, je n\u2019ai jamais cess\u00e9 de dialoguer avec lui, m\u2019amusant avec lui de cette foi qui le conduisait \u00e0 voir, au c\u0153ur m\u00eame du d\u00e9clin, les signes que les choses commen\u00e7aient \u00e0 aller mieux. J\u2019ai eu ainsi plaisir, en 2005, de travailler avec lui, sous la houlette de Nicole Borvo-Cohen-Seat, \u00e0 la r\u00e9daction nouvelle du projet constitutionnel du PCF pour une VIe R\u00e9publique. Il \u00e9tait alors, dans l\u2019organigramme du PCF, charg\u00e9 des questions de la justice. Il a fait preuve dans cette responsabilit\u00e9 d\u2019une capacit\u00e9 de travail et d\u2019un esprit d\u2019ouverture dont je lui sais toujours gr\u00e9.<\/p>\n<p>Henri Malberg a fait partie de cette g\u00e9n\u00e9ration &#8220;d\u2019h\u00e9ritiers&#8221; qui, \u00e0 l\u2019instar de Georges Marchais, se sont engag\u00e9s sans compter dans un PCF devenu le pivot de la gauche fran\u00e7aise. Il en a partag\u00e9 les phases d\u2019ouverture et de fermeture, d\u2019expansion et de r\u00e9traction. Comme pour tant d\u2019autres, le &#8220;Parti&#8221; \u00e9tait l\u2019alpha et l\u2019om\u00e9ga de l\u2019engagement. Il a choisi ainsi d\u2019entrem\u00ealer sa vie \u00e0 la sienne. Quel qu\u2019en soit le prix\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Henri Malberg, qui vient de d\u00e9c\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatre-vingt-sept ans, dirigea <em>Regards<\/em>, de 1995 \u00e0 2000, quand la direction du PCF d\u00e9cida de relancer le vieux titre n\u00e9 en 1932 et disparu en 1962. 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