{"id":10482,"date":"2017-06-06T18:08:47","date_gmt":"2017-06-06T16:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-grande-bretagne-a-la-veille-des-elections-le-labour-en-pleine-bourre\/"},"modified":"2017-06-06T18:08:47","modified_gmt":"2017-06-06T16:08:47","slug":"article-grande-bretagne-a-la-veille-des-elections-le-labour-en-pleine-bourre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=10482","title":{"rendered":"Grande-Bretagne\u00a0: \u00e0 la veille des \u00e9lections, le Labour en pleine bourre"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Donn\u00e9s battus \u00e0 plate-couture il y a un mois, les travaillistes britanniques effectuent une remont\u00e9e fracassante dans les intentions de vote. Au c\u0153ur de ce renouveau, la tr\u00e8s bonne campagne de Jeremy Corbyn, le leader du Labour bien ancr\u00e9 \u00e0 gauche.<\/p>\n<p>C\u2019est une <em>remontada<\/em> comme rarement observ\u00e9e dans la vie politique britannique. Donn\u00e9 distanc\u00e9 \u00e0 plus de 20 points il y a cinq semaines, le Labour party de Jeremy Corbyn est d\u00e9sormais pr\u00e9sent\u00e9 par deux instituts de sondage comme au contact du Parti conservateur de Theresa May. Si personne ne s\u2019aventure \u00e0 donner les travaillistes gagnants, la perspective d\u2019un &#8220;parlement suspendu&#8221;, c\u2019est-\u00e0-dire priv\u00e9 de majorit\u00e9 absolue, n\u2019est plus \u00e9cart\u00e9e. <\/p>\n<p>Le Labour party termine sa campagne \u00e9lectorale \u00e0 un rythme infernal. Les remont\u00e9es de terrain le confirment\u00a0: le parti \u00e0 la rose retrouve des couleurs apr\u00e8s des \u00e9lections locales catastrophiques. Tenues il y a un mois, le 5 mai, elles ont vu les travaillistes perdre 349 \u00e9lus locaux et la direction de neuf conseils et autorit\u00e9s locales. Il semblait ne plus r\u00e9sister que dans ses bastions traditionnels du Nord.<\/p>\n<h2>Tories : ligne dure et europhobie<\/h2>\n<p>Depuis, dop\u00e9 par la plut\u00f4t tr\u00e8s bonne campagne que m\u00e8ne son leader, le socialiste Jeremy Corbyn, le Parti travailliste a regagn\u00e9 de l\u2019influence dans les sondages. Le dernier en date, publi\u00e9 par l\u2019institut Survation les 2 et 3 juin, donne le Labour \u00e0 un point des Tories\u00a0: 40 contre 41% d\u2019intention de vote. <\/p>\n<p>Certes, la majorit\u00e9 des enqu\u00eates d\u2019opinion donnent les conservateurs gagnants de mani\u00e8re plus large. Et tous s\u2019accordent \u00e0 ce que le parti de droite reste tr\u00e8s haut plac\u00e9. Il b\u00e9n\u00e9ficie, notamment, d\u2019un transfert massif des voix du parti europhobe UKIP (United Kingdom Independance Party \u2013 parti de l\u2019ind\u00e9pendance du Royaume-Uni). Ce mouvement de voix s\u2019explique notamment par la d\u00e9termination de Theresa May \u00e0 mener le Brexit, la sortie de la Grande-Bretagne de l\u2019Union europ\u00e9enne, co\u00fbte que co\u00fbte. Elle a encore martel\u00e9 que, selon elle, <em>\u00ab\u00a0il valait mieux aucun accord qu\u2019un mauvais accord\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Cette ligne dure a donc convaincu l\u2019\u00e9lectorat le plus europhope de porter ses voix sur les conservateurs pour leur permettre de mener \u00e0 bien le Brexit. Cette question semble surd\u00e9terminer les comportements \u00e9lectoraux. Elle alimente aussi le renouveau du bipartisme. En effet, les diff\u00e9rents sondages convergent pour attribuer aux deux principaux partis du Royaume-Uni\u00a0\u2013 Labour et Tories \u2013 plus de 80% des intentions de vote. Une situation &#8220;normale&#8221; en Grande-Bretagne, mais que l\u2019on n&#8217;observait plus depuis 2005.<\/p>\n<h2>Labour : un Manifesto tr\u00e8s progressiste<\/h2>\n<p>De fait, les tenants de la sortie vont tr\u00e8s majoritairement se prononcer en faveur des conservateurs, quand les europhiles vont plut\u00f4t voter, par raison plus que par conviction, en faveur des travaillistes. Ces derniers tentent aussi de faire vivre un programme r\u00e9solument progressiste. Le Manifesto (le programme) du Labour est consid\u00e9r\u00e9 comme le plus \u00e0 gauche qu\u2019ait port\u00e9 le parti depuis 1983. Corbyn y a imprim\u00e9 sa marque avec, entre autres, le retour en propri\u00e9t\u00e9 publique des chemins de fer, une hausse des taxes sur les soci\u00e9t\u00e9s, la baisse des frais d\u2019inscription \u00e0 l\u2019universit\u00e9\u2026<\/p>\n<p>N\u2019ayant pas tent\u00e9 de passer en force sur la sortie de l\u2019OTAN ou sur l\u2019abandon du parc de missiles nucl\u00e9aires Trident, Jeremy Corbyn a m\u00e9nag\u00e9 son opposition interne. La droite du Labour ne cherche pas \u00e0 nuire \u00e0 sa campagne. Une attitude loin d\u2019\u00eatre d\u00e9nu\u00e9e d\u2019arri\u00e8re-pens\u00e9es. Si le parti travailliste venait \u00e0 perdre les \u00e9lections, comme cela reste possible, le v\u00e9t\u00e9ran de la gauche travailliste en porterait la seule responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Or, pour le moment, &#8220;Jez&#8221;, comme le surnomment affectueusement ses partisans, semble r\u00e9aliser un quasi sans-faute. Comme lors des deux campagnes internes qu\u2019il a remport\u00e9es (en 2015 et en 2016), ses meetings affichent complet. Et les enqu\u00eates d\u2019opinion voient sa cote de popularit\u00e9 personnelle remonter en fl\u00e8che. Il passe m\u00eame devant Theresa May \u00e0 Londres. Certes, la capitale britannique est un bastion travailliste\u00a0: 45 des 73 circonscriptions \u00e9lectorales ont \u00e9lu des d\u00e9put\u00e9s de gauche en 2015. Mais, auparavant, le leader du Labour ne parvenait m\u00eame pas \u00e0 s\u00e9duire son propre \u00e9lectorat. C\u2019est, peut-\u00eatre, d\u00e9sormais chose faite.<\/p>\n<h2>Theresa May, f\u00e9brile et fuyante<\/h2>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Theresa May, qui a lanc\u00e9 sa campagne sur un mode tr\u00e8s personnel en proposant un <em>\u00ab\u00a0leadership fort et stable\u00a0\u00bb<\/em> centr\u00e9 autour de sa personne, a accumul\u00e9 les faux-pas. Outre une mauvaise prestation t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, lors de la premi\u00e8re confrontation indirecte avec son challenger travailliste (elle refuse les d\u00e9bats en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate), elle semble fuir tant la presse que le public. Ces derniers jours, l\u2019\u00e9tat-major conservateur a donn\u00e9 des signes de f\u00e9brilit\u00e9. Et c\u2019est au bouillant secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aux Affaires \u00e9trang\u00e8res Boris Johnson, connu pour ses gaffes et ses coups de gueule, que revient de porter les derniers coups.<\/p>\n<p>En effet, les attentats de Manchester puis de Londres ne semblent pas rendre l\u2019avantage aux Tories qui, comme toutes les droites en Europe, se posent pourtant en champions de la s\u00e9curit\u00e9. Le syndicat de la police et les maires (travaillistes) de Manchester et Londres ont rappel\u00e9, \u00e0 chaque occasion, le bilan de Theresa May en la mati\u00e8re. Secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 l\u2019Int\u00e9rieur avant de devenir premi\u00e8re ministre, elle a mis en \u0153uvre les coupes budg\u00e9taires qui ont eu pour cons\u00e9quence la suppression de 20.000 postes d\u2019officiers de police.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir adopt\u00e9 une posture mesur\u00e9e \u00e0 l\u2019issue de l\u2019attentat de Manchester, l\u2019attaque de Londres, samedi 3 juin, a lib\u00e9r\u00e9 le leader de l\u2019opposition. Jeremy Corbyn a exig\u00e9 la d\u00e9mission de Theresa May le lundi suivant. Une sortie en forme de quitte ou double. Mais, au regard de l\u2019histoire r\u00e9cente de la Grande-Bretagne, il n\u2019est pas s\u00fbr que les attentats aient la moindre cons\u00e9quence \u00e9lectorale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Donn\u00e9s battus \u00e0 plate-couture il y a un mois, les travaillistes britanniques effectuent une remont\u00e9e fracassante dans les intentions de vote. Au c\u0153ur de ce renouveau, la tr\u00e8s bonne campagne de Jeremy Corbyn, le leader du Labour bien ancr\u00e9 \u00e0 gauche.<\/p>\n","protected":false},"author":1149,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[157],"tags":[352,495,295],"class_list":["post-10482","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-web","tag-europe","tag-jeremy-corbyn","tag-nupes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10482","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1149"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10482"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10482\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10482"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10482"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10482"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}