{"id":10371,"date":"2017-04-21T16:00:00","date_gmt":"2017-04-21T14:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-jusqu-au-bout-du-suspense\/"},"modified":"2023-06-23T23:24:41","modified_gmt":"2023-06-23T21:24:41","slug":"article-jusqu-au-bout-du-suspense","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=10371","title":{"rendered":"Jusqu\u2019au bout du suspense\u2026"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Cette fois, nous y sommes. Les urnes d\u00e9noueront dimanche l\u2019incroyable imbroglio d\u2019une longue ann\u00e9e pr\u00e9-\u00e9lectorale. Dans l\u2019instant, on ne sait qu\u2019une chose\u00a0: rien ne sera plus comme avant.<\/p>\n<p>Il y eut dans le pass\u00e9 des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles que l\u2019on pensait d\u00e9cisives, d\u00e8s le d\u00e9but, et qui l\u2019ont \u00e9t\u00e9\u00a0: ce fut le cas en 1981. Il y en eut d\u2019autres qui furent des surprises totales, comme celle de 2002. Celle de 2017, elle, semblait jou\u00e9e par avance. La gauche \u00e9tait enlis\u00e9e par un quinquennat d\u00e9sastreux. On attendait une perc\u00e9e spectaculaire du Front national et, tout naturellement, une victoire de la droite. On se pr\u00e9parait m\u00eame, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, \u00e0 un remake caricatural de 2012. Nicolas Sarkozy avait repris en main l\u2019UMP et le PS cherchait \u00e0 mettre en selle, au nom du vote utile, un des t\u00e9nors de l\u2019ex\u00e9cutif, si possible Fran\u00e7ois Hollande, \u00e0 d\u00e9faut Manuel Valls. Dans les deux camps, des primaires \u00e9taient organis\u00e9es, pour donner le plus de l\u00e9gitimit\u00e9 possible aux candidatures cens\u00e9es \u00eatre les plus efficaces contre une Marine Le Pen s\u00fbre de parvenir au second tour.<\/p>\n<h2>Le PS dans la nasse<\/h2>\n<p>Nous n\u2019avons rien eu de cela. La droite \u00e9tait pourtant \u00e0 l\u2019offensive et Alain Jupp\u00e9 caracolait en t\u00eate de tous les sondages, au point de s\u00e9duire une partie de la gauche \u00e0 la recherche d\u2019un moindre mal. Or les \u00e9lecteurs de la primaire des droites ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 une droite bien \u00e0 droite\u00a0: Sarkozy trop discr\u00e9dit\u00e9, l\u2019inattendu Fran\u00e7ois Fillon a \u00e9t\u00e9 choisi, plus proche de la droite radicalis\u00e9e qui avait occup\u00e9 la rue avec la Manif pour tous.<\/p>\n<p>La m\u00eame h\u00e9catombe a eu lieu du c\u00f4t\u00e9 socialiste, terrassant tous les favoris, les uns apr\u00e8s les autres. Fran\u00e7ois Hollande jeta le premier l\u2019\u00e9ponge en d\u00e9cembre, \u00e9cras\u00e9 par la batterie d\u00e9sastreuse des sondages d\u2019opinion. Et, comme \u00e0 droite, les \u00e9lecteurs de la primaire socialiste ont \u00e9cart\u00e9 le centrisme social-lib\u00e9ral de Manuel Valls et pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 m\u00eame, au vibrionnant et m\u00e9diatique Arnaud Montebourg, la figure plus s\u00e9rieuse et plus classique d\u2019un Beno\u00eet Hamon.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de 2017, l\u2019option centriste a du plomb dans l\u2019aile, \u00e0 gauche comme \u00e0 droite. En apparence seulement\u2026 En novembre 2016, Emmanuel Macron sort du bois, r\u00e9cuse la &#8220;Belle alliance populaire&#8221; du PS et d\u00e9cide de pr\u00e9senter sa candidature, sous les couleurs de son mouvement En marche\u00a0!. Tr\u00e8s vite, il profite des difficult\u00e9s de la droite parlementaire, plomb\u00e9e par les d\u00e9boires judicaires de son candidat. Le centre-droit ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9, le centre-gauche a la voie libre, jusqu&#8217;\u00e0 obtenir le ralliement de Fran\u00e7ois Bayrou.<\/p>\n<p>Le PS est pris dans la nasse. Il a sur sa droite un Macron entreprenant, qui propose d\u2019aller jusqu\u2019au bout de la logique du quinquennat et de se d\u00e9gager des emprises partisanes. Et il a sur sa gauche Jean-Luc M\u00e9lenchon, qui r\u00e9clame une rupture, qui se pr\u00e9sente lui-m\u00eame en dehors des partis et qui, \u00e0 la diff\u00e9rence de son ancien alli\u00e9 communiste, refuse absolument le jeu de la primaire, qu\u2019il juge mortel pour la gauche.<\/p>\n<p>La &#8220;primaire citoyenne&#8221; du PS ne conna\u00eet pas le succ\u00e8s escompt\u00e9, mais, dans un premier temps, elle nourrit l\u2019id\u00e9e que le candidat retenu, Beno\u00eet Hamon, est d\u00e9sormais le pivot d\u2019une gauche malade. Cette impression fugace n\u2019a pas longtemps r\u00e9sist\u00e9 au principe de r\u00e9alit\u00e9. Le &#8220;frondeur&#8221; Hamon a \u00e9t\u00e9 ministre de Manuel Valls et, de plus, il ne rassemble pas son propre camp, qui lui fait bien vite d\u00e9faut. D\u00e8s lors, comment pourrait-il rassembler la gauche\u00a0?<\/p>\n<h2>M\u00e9lenchon, le peuple et la gauche<\/h2>\n<p>C\u2019est alors que, \u00e0 son grand dam, s\u2019impose le ph\u00e9nom\u00e8ne M\u00e9lenchon. Quand se pointe le printemps, la situation politique se complexifie. Marine Le Pen est moins conqu\u00e9rante que ne le sugg\u00e9raient les mois pr\u00e9c\u00e9dents (la perc\u00e9e FN aux r\u00e9gionales). Le candidat de la droite est emp\u00eatr\u00e9 dans ses affaires. Or la politique fran\u00e7aise, m\u00eame en crise, a ses r\u00e8gles\u00a0: on passe difficilement de la droite \u00e0 la gauche et r\u00e9ciproquement\u00a0; ce qui importe est de savoir quel est le camp le mieux ou le moins mal mobilis\u00e9. La droite en panne, la gauche peut se sentir revigor\u00e9e.<\/p>\n<p>M\u00e9lenchon saisit l\u2019occasion. Il s\u2019est engag\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t dans le marathon \u00e9lectoral. Il a refus\u00e9 les compromis boiteux, au risque d\u2019appara\u00eetre solitaire. Comme Macron, il est \u00e0 l\u2019\u00e9cart de structures partisanes tr\u00e8s discr\u00e9dit\u00e9es. Il en est \u00e0 sa deuxi\u00e8me campagne \u00e9lectorale. Et il a son talent d\u2019orateur, de p\u00e9dagogue et de d\u00e9batteur. Il sait innover dans les formes, user de la technologie et des r\u00e9seaux sociaux. Il sait imposer un r\u00e9cit, marier le c\u0153ur et la raison. Officiellement, il ne veut pas rassembler la gauche, mais le peuple. Mais le 18 mars, place de la R\u00e9publique, autour du th\u00e8me dynamique de la refonte r\u00e9publicaine, il convoque dans un discours flamboyant tous les rep\u00e8res, les symboles, les lieux, le panth\u00e9on de la gauche fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>En quelques semaines, il renverse le courant, engage une remont\u00e9e spectaculaire et in\u00e9dite dans les sondages, rattrape Fillon et appara\u00eet d\u00e9sormais comme un postulant cr\u00e9dible au second tour. Surclassant le malheureux Hamon, il s\u2019impose en quelques semaines comme le vote utile \u00e0 gauche, et d\u2019une gauche qui peut l\u2019emporter, \u00e0 rebours de toute attente, contre tous les meccanos \u00e9lectoraux.<\/p>\n<p>Pourra-t-il aller jusqu\u2019au bout\u00a0? Les intentions de vote, plus qu\u2019un espace de sympathie, annoncent-elles un vote effectif\u00a0? Nul, bien s\u00fbr, ne peut \u00e0 ce jour r\u00e9pondre \u00e0 cette question. Aucune hypoth\u00e8se ne peut donc \u00eatre \u00e9cart\u00e9e\u00a0; tout est possible. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, deux certitudes peuvent toutefois \u00eatre retenues, au c\u0153ur d\u2019une politique en crise. Sauf improbable miracle, c\u2019en est fini du PS mitterrandien d\u2019\u00c9pinay. Un cycle de quarante-six ans s\u2019ach\u00e8ve, qui aura permis au socialisme de dominer la sc\u00e8ne de la gauche fran\u00e7aise. Cette gauche, ce faisant, est somm\u00e9e de se refonder, de la cave au grenier.<\/p>\n<p>Par ailleurs, quoi qu\u2019il arrive, la gauche de gauche aura marqu\u00e9 la pr\u00e9sidentielle de 2017. Jean-Luc M\u00e9lenchon a son style, sa mani\u00e8re, ses mots et une certaine fa\u00e7on d\u2019exprimer sa coh\u00e9rence. On l\u2019a souvent dit ici m\u00eame\u00a0: on aime ou on n\u2019aime pas. Il reste que, avec t\u00e9nacit\u00e9 et passion, le leader de la France insoumise a r\u00e9ussi ce que nul n\u2019avait su faire auparavant\u00a0: il a redonn\u00e9 \u00e0 la gauche sa fiert\u00e9 et sa fibre populaire. En cela, si nul ne peut dire l\u2019avenir, chacun peut au moins convenir que rien ne sera plus comme avant.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/regards-le-numero-de-printemps-10328\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-24827\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/promo-printemps-460-170.jpg\" alt=\"promo-printemps-460.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"307\" \/><\/a><br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-10371 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/promo-printemps-460-532.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/promo-printemps-460-532-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"promo-printemps-460.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/martelli-possible-17f.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/martelli-possible-17f-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"martelli-possible.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette fois, nous y sommes. 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