{"id":1037,"date":"1998-07-01T00:00:00","date_gmt":"1998-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/nouvelles-du-siecle1037\/"},"modified":"1998-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-06-30T22:00:00","slug":"nouvelles-du-siecle1037","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1037","title":{"rendered":"Nouvelles du si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Izzo broie du noirVoici seize ans que Thierry Jonquet s&#8217;est embarqu\u00e9 sur la gal\u00e8re des romanciers flibustiers, pavillon noir au vent: &#8221; J&#8217;\u00e9tais un flibustier qui se perdait dans la mer de l&#8217;emploi du temps \u00e0 la faveur de la moindre brise &#8220;, confie-t-il dans Trente-sept annuit\u00e9s et demie, texte drolatique qui ouvre ce recueil, o\u00f9 il \u00e9voque son passage au sein de l&#8217;Administration \u00e0 la mani\u00e8re d&#8217;un Barteleby (Meleville) revu et corrig\u00e9 par Groucho Marx&#8230; Seize ans qu&#8217;il \u00e9crit surtout des romans, mais aussi quelques nouvelles: neuf au total, ici r\u00e9unies sous le titre de l&#8217;une d&#8217;entre elles, la Vigie&#8230; R\u00f4le d&#8217;importance sur un navire de pirates, qu&#8217;il soit de haute mer ou de la litt\u00e9rature (la noire). Joseph Conrad en savait quelque chose. Un bon \u00e9crivain sait voir et donner \u00e0 voir au lecteur. Comme dans tout recueil de nouvelles r\u00e9unies pour l&#8217;occasion, il est difficile de trouver un fil conducteur \u00e0 l&#8217;ensemble. Disons qu&#8217;\u00e0 travers ces neuf textes on peut d\u00e9celer l&#8217;\u00e9tendue du talent de son auteur. Il sait d\u00e9crire des personnages, jouer avec les mots et les th\u00e8mes. Jonquet para\u00eet capable de tout \u00e9crire: gros romans noirs (on l&#8217;a vu avec les Orparilleurs et Moloch), chroniques sociales (le T\u00e9moin est directement tir\u00e9 d&#8217;un fait divers), livres historiques et de science-fiction (la Bataille des Buttes-Chaumont et la Vigie), r\u00eaveries fantasmatiques (That&#8217;s entertainment et la Col\u00e8re d&#8217;Adolphe), etc. Avec le T\u00e9moin (la s\u00e9ance de torture d&#8217;un ca\u00efd de la drogue sur un dealer de cit\u00e9s), Jonquet r\u00e9ussit \u00e0 reproduire le langage des banlieues sans clich\u00e9s ni tabou. Puis, il imagine la rencontre entre Lucky Luciano, Al Capone, Gengis Kh\u00e2n, le g\u00e9n\u00e9ral Custer, Gilles de Rais, Pol Pot, N\u00e9ron, Jack l&#8217;Eventreur et Landru&#8230; \u00e0 Treblinka Street (That&#8217;s Entertainment). Mephisto compte les points.<\/p>\n<p>Autre d\u00e9cor avec la Col\u00e8re d&#8217;Adolphe. Nous quittons l&#8217;enfer des meurtriers pour le paradis des musiciens. Mozart, Beethoven, Lully, Rameau, Charlie Parker et Coltrane tapent un boeuf \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e d&#8217;Albert Ayler&#8230; sans Wagner qui boude dans son coin. Et Adolphe Saxe bat la mesure&#8230; Jonquet a de l&#8217;humour (noir), mais \u00e7a ne l&#8217;emp\u00eache pas d&#8217;\u00eatre obs\u00e9d\u00e9 par la mort&#8230; comme tout artiste (et pirate) qui se respecte. Pourvu que la Blanche nous le pique pas celui-l\u00e0&#8230; n G. C.<\/p>\n<p> <strong> Thierry Jonquet, La Vigie et autres nouvelles, L&#8217;Atalante, 188 p., 60 F <\/strong><\/p>\n<p><strong> Izzo broie du noir <\/strong><\/p>\n<p>Autant vous le dire tout de suite: Solea finit mal mais c&#8217;est tr\u00e8s bien ainsi. N\u00e9 en 1945 dans la cit\u00e9 phoc\u00e9enne, o\u00f9 il r\u00e9side toujours, Jean-Claude Izzo a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dacteur en chef de la Marseillaise. Il quitte le Parti communiste fran\u00e7ais en 1978, lors de la rupture de l&#8217;Union de la gauche. Il y a dix ans, il cr\u00e9e avec Michel Le Bris le festival &#8221; Etonnants voyageurs &#8221; de Saint-Malo (1). Aujourd&#8217;hui, Solea, qui cl\u00f4t la trilogie consacr\u00e9e \u00e0 Marseille, a l&#8217;honneur de porter le num\u00e9ro 2500 de la &#8221; S\u00e9rie Noire &#8220;. Elle porte bien son nom&#8230; Jean-Claude Izzo a connu le succ\u00e8s (litt\u00e9raire) d\u00e8s son premier roman, Total Kh\u00e9ops (S\u00e9rie Noire), en 1995. Chourmo, publi\u00e9 l&#8217;ann\u00e9e suivante, se vend \u00e9galement comme des petits pains. Il publie ensuite les Marins perdus (Flammarion) en 1997, puis un recueil de po\u00e8mes aux \u00e9ditions du Ricochet (Loin de tout rivage, 1997) et Vivre fatigue (Librio, 10 F). Silea, troisi\u00e8me volet des aventures de Fabio Montale (&#8221; flic nonchalant et gastronome &#8220;) casse la baraque depuis sa parution en mai dernier (40 000 exemplaires vendus en un mois). Paroles d&#8217;un pessimiste qui aime la vie et Jim Harrison.<\/p>\n<p>&#8221; J&#8217;ai \u00e9crit le premier (Chourmo) sans savoir que j&#8217;allais en \u00e9crire un deuxi\u00e8me. En revanche, je savais que je n&#8217;en \u00e9crirais pas cinquante. En entamant Solea, je pr\u00e9voyais d&#8217;en finir avec Fabio Montale (&#8230;) Il y a un peu de moi en lui \u00e9videmment. Des choses personnelles, des valeurs: le plaisir de manger, ou de boire du bon vin, par exemple. Mais j&#8217;ai horreur de la p\u00eache, par contre&#8230; Je n&#8217;ai jamais \u00e9t\u00e9 flic. Tous les personnages sont invent\u00e9s. Mais inspir\u00e9s d&#8217;amis&#8230; Le seul vrai, c&#8217;est Hassan, le patron du &#8221; Bar des Mara\u00eechers &#8220;. Et les jeunes, c&#8217;est mon fils et sa bande de copains. Difficile d&#8217;analyser mon succ\u00e8s. Je ne pense pas \u00eatre un \u00e9crivain consensuel. Il y a un certain nombre de gens qui ne me liront pas&#8230; Je ne fais pas de concessions, ni dans le fond ni dans la forme. Je crois que les lecteurs se retrouvent dans le personnage de Fabio Montale, et dans ce que disent mes romans: y compris les probl\u00e8mes de couple, l&#8217;amiti\u00e9. Chacun trouve dans Montale l&#8217;ami qu&#8217;il cherchait (&#8230;) On me dit souvent que c&#8217;est noir et pessimiste, mais le plus beau compliment que l&#8217;on me fait r\u00e9guli\u00e8rement, c&#8217;est de dire que, lorsqu&#8217;on referme Solea, on a une putain d&#8217;envie de vivre ! Je suis touch\u00e9, car c&#8217;est la sensation que \u00e7a me fait quand je lis Jim Harrison (&#8230;) Oui, comme Montale, je suis pessimiste. L&#8217;avenir est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Mais c&#8217;est pas moi qui suis d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, c&#8217;est le monde&#8230; Je dis qu&#8217;on peut r\u00e9sister, transformer, am\u00e9liorer, mais de toute fa\u00e7on on est coinc\u00e9s. On ne peut rien changer fondamentalement. Par contre, dans l&#8217;espace qu&#8217;on a, on peut \u00eatre heureux. <\/p>\n<p>&#8221; Je ne crois plus les politiques qui me disent: demain \u00e7a ira mieux, ou la r\u00e9volution va tout changer. (&#8230;) Tout ce que j&#8217;\u00e9cris sur les implications de la mafia dans la r\u00e9gion PACA est vrai. Mon pass\u00e9 de journaliste doit y \u00eatre pour quelque chose&#8230; (&#8230;) Ecrire des polars n&#8217;est pas une autre fa\u00e7on de militer. C&#8217;est juste une mani\u00e8re de faire passer mes doutes, mes angoisses, mes bonheurs, mes plaisirs. C&#8217;est une mani\u00e8re de partager. Bon, \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;opposition au Front national, je n&#8217;ai pas \u00e0 dire: il faut faire ceci ou il faut faire cela. Je raconte des histoires. Tant mieux si cela donne \u00e0 certains l&#8217;envie d&#8217;int\u00e9grer une association. Montale, il n&#8217;appartient \u00e0 aucun parti. Il a des valeurs. Il doute. Il est solitaire. Mais il croit \u00e0 un certain nombre de choses (&#8230;) Je vais alterner romans noirs (S\u00e9rie Noire) et romans plus classiques, chez Flammarion. <\/p>\n<p>Par G. C.<\/p>\n<p>1. La revue Gulliver, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la litt\u00e9rature de voyage, cr\u00e9\u00e9e en 1990 par Michel Le Bris, rena\u00eet avec Librio. Un livre consacr\u00e9 \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e (Librio, 10 F), pr\u00e9sent\u00e9 par Michel Le Bris et Jean-Claude Izzo, aura servi de d\u00e9clencheur. Premier num\u00e9ro en septembre prochain (100 p., 10 F).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-1037","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1037","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1037"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1037\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1037"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1037"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1037"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}