{"id":1034,"date":"1998-07-01T00:00:00","date_gmt":"1998-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-spectacle-vivant-a-vif1034\/"},"modified":"1998-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1998-06-30T22:00:00","slug":"le-spectacle-vivant-a-vif1034","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1034","title":{"rendered":"Le spectacle vivant \u00e0 vif"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Un mod\u00e8le culturel qu&#8217;on dit en crise, une Charte imp\u00e9rieuse, une r\u00e9forme administrative lourde, la d\u00e9concentration budg\u00e9taire, l&#8217;arriv\u00e9e du FN \u00e0 l&#8217;ex\u00e9cutif de certaines r\u00e9gions, la solidarit\u00e9 avec les sans-papiers: les gens du spectacle sont au centre d&#8217;une r\u00e9flexion qui d\u00e9passe leur pratique artistique. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 un an, Catherine Trautmann, fra\u00eeche titulaire du minist\u00e8re de la Culture, arrivait en Avignon, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&#8217;une annonce qui allait g\u00e2cher sa rencontre avec le Festival et les cr\u00e9ateurs du spectacle vivant: Dominique Strauss-Kahn venait de confirmer l&#8217;annulation de 1,3 milliard de cr\u00e9dits du minist\u00e8re de la Culture, mesure d\u00e9cid\u00e9e par le gouvernement d&#8217;Alain Jupp\u00e9. C&#8217;\u00e9tait un avertissement: bien que la culture f\u00fbt d\u00e9clar\u00e9e priorit\u00e9 par Lionel Jospin, la ministre ne devait s&#8217;attendre, comme il est de tradition, \u00e0 aucune bienveillance de la part de son coll\u00e8gue de l&#8217;Economie et des Finances. La coh\u00e9rence de l&#8217;action gouvernementale se trouvait prise en faute sous deux aspects: il \u00e9tait pour le moins paradoxal de confirmer l&#8217;\u00e9lagage d&#8217;un budget que le premier ministre d\u00e9clarait vouloir amener \u00e0 1% du budget de la nation; il n&#8217;\u00e9tait pas moins incons\u00e9quent de vouloir mettre la culture au contact de l&#8217;exclusion sociale et \u00e9conomique, de la reconna\u00eetre comme &#8221; l&#8217;\u00e2me de la d\u00e9mocratie &#8221; et d&#8217;embl\u00e9e lui rogner les moyens d&#8217;assumer ces missions. Catherine Trautmann se voyait alors oblig\u00e9e \u00e0 un exercice forc\u00e9 d\u00e9clarant devant son auditoire avignonnais: &#8221; Je suis venue ici pour discuter publiquement de la situation catastrophique du minist\u00e8re de la Culture laiss\u00e9e par mes pr\u00e9d\u00e9cesseurs &#8221; et par ailleurs assumant &#8221; le budget de 1997 parce que j&#8217;ai l&#8217;intention que \u00e7a change[&#8230;]Tout ce que vous pouvez dire, \u00e9crire, m\u00eame en m&#8217;admonestant, je le porterai pour convaincre les politiques et Bercy que le moment est venu d&#8217;une vraie rupture dans la politique culturelle &#8220;. Il furent une quarantaine, dans un premier temps, \u00e0 signer une lettre \u00e0 Lionel Jospin, metteurs en sc\u00e8ne, directeurs de structures culturelles subventionn\u00e9es, chor\u00e9graphes, com\u00e9diens qui, pr\u00e9cisant qu&#8217;ils ne se mobilisaient pas pour &#8221; d\u00e9fendre uniquement [leurs] subventions &#8220;, formulaient un certain nombre de demandes dont trois, au moins, sont au fil des mois devenues d&#8217;une irritante actualit\u00e9: &#8221; Geler les mesures de d\u00e9concentration des cr\u00e9dits et pr\u00e9rogatives du minist\u00e8re de la Culture tant qu&#8217;un v\u00e9ritable r\u00e9seau national n&#8217;aura pas \u00e9t\u00e9 requalifi\u00e9; annoncer un plan clair et rapide afin de redonner une dynamique \u00e0 la politique de cr\u00e9ation et \u00e0 sa diffusion dans le pays; faire en sorte que les cr\u00e9ations de l&#8217;imaginaire, les aventures des corps, des mots et des images, permettent au plus grand nombre de vaincre la r\u00e9gression culturelle et relationnelle qui nous menace. &#8221; Il fallait comprendre ce dernier point par son explicit\u00e9: &#8221; A quoi bon, en effet, lutter contre le Front national par des prises de position morales, si nous n&#8217;entreprenons pas de faire activement circuler du sens dans tous les secteurs de la soci\u00e9t\u00e9. &#8221; Il y avait l\u00e0, en filigrane, trois questions cl\u00e9: celle de l&#8217;argent public de la cr\u00e9ation, la question du public et celle de la culture et de la cr\u00e9ation impliqu\u00e9es dans un imm\u00e9diat politique qu&#8217;une politique culturelle ne saurait \u00e0 elle seule contenir, c&#8217;est ce qu&#8217;on voit dans les r\u00e9gions o\u00f9 le Front national a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 en renfort.<\/p>\n<p>La question du public, c&#8217;est pleinement celle du service public de la culture et de l&#8217;argent que la nation y consacre. Il s&#8217;agit de la l\u00e9gitimit\u00e9 de ce service public, de sa d\u00e9finition, de son r\u00f4le qui, pour certains, ne sont pas acquis, la p\u00e9rennit\u00e9 du minist\u00e8re de la Culture n&#8217;\u00e9tant pas un imp\u00e9ratif. Le &#8221; mod\u00e8le culturel fran\u00e7ais &#8221; \u00e9tant d\u00e9clar\u00e9 en crise par les uns et violemment attaqu\u00e9 par les autres, il devenait donc, sans doute, n\u00e9cessaire de revisiter les principes sur lesquels il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli, de red\u00e9finir ses missions et leur cadre. C&#8217;est, pour une part, ce \u00e0 quoi s&#8217;\u00e9tait employ\u00e9e la &#8221; Commission d&#8217;\u00e9tude de la politique culturelle de l&#8217;Etat &#8221; pr\u00e9sid\u00e9e par Jacques Rigaud, dite de &#8221; Refondation de la politique culturelle &#8220;, dont le rapport fut rendu \u00e0 Philippe Douste-Blazy en octobre 1996. C&#8217;est ce rapport qui, notamment, pr\u00e9conisait la r\u00e9union des directions du Th\u00e9\u00e2tre, de la Musique et de la Danse en une seule entit\u00e9, ce qui est en passe d&#8217;\u00eatre accompli, avec \u00e0 sa t\u00eate Dominique Wallon. Certains professionnels sont inquiets de cette lourde r\u00e9forme administrative qui conduirait \u00e0 n\u00e9gliger les sp\u00e9cificit\u00e9s de production et de diffusion de chacune des disciplines artistiques concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Mais on peut aussi penser, comme la ministre, qu&#8217;il faut d\u00e9cloisonner les structures administratives et qu&#8217;il est &#8221; de plus en plus \u00e9vident que les pr\u00e9occupations concernant la musique, la danse et le th\u00e9\u00e2tre appellent souvent un traitement commun &#8220;. Toutefois, cette \u00e9volution structurelle n&#8217;aurait qu&#8217;un caract\u00e8re technocratique si elle ne trouvait \u00e0 s&#8217;exercer dans un dessein qui la d\u00e9passe. C&#8217;est ce qui a \u00e9t\u00e9 vis\u00e9 avec l&#8217;\u00e9laboration et la publication de la &#8221; Charte des missions de service public &#8221; qui se pr\u00e9sente comme &#8221; Proposition pour le spectacle vivant &#8220;. Il ne s&#8217;agit pas, bien entendu, d&#8217;une &#8221; proposition &#8220;, mais d&#8217;un document prescriptif de responsabilit\u00e9s et de r\u00e8gles. Dire qu&#8217;elle \u00e9tait attendue, sous cette forme coercitive, serait aller au-del\u00e0 des souhaits que nombre de professionnels formulent depuis des ann\u00e9es. Mais attente, il y avait, il y a toujours, forte. Crise dans la cr\u00e9ation, d\u00e9rives budg\u00e9taires aussi; moins que certains nostalgiques de l&#8217;\u00e9ducation populaire et de la g\u00e9n\u00e9reuse civilisation des loisirs id\u00e9alis\u00e9e par Joffre Dumazedier se sont plu \u00e0 le claironner. La France de la d\u00e9centralisation th\u00e9\u00e2trale de Jeanne Laurent, de la cr\u00e9ation du TNP (Th\u00e9\u00e2tre National Populaire) et des premiers festivals d&#8217;Avignon a fait place \u00e0 un pays et \u00e0 un paysage culturel et artistique qui n&#8217;a plus rien de commun avec celui de l&#8217;apr\u00e8s-guerre &#8221; s&#8217;il faut vraiment le rappeler.<\/p>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre, les arts vivants en g\u00e9n\u00e9ral n&#8217;ont plus les m\u00eames contours, plus les m\u00eames fonctions, n&#8217;occupent plus les m\u00eames positions culturelles dans l&#8217;\u00e9conomie g\u00e9n\u00e9rale de la politique culturelle de l&#8217;Etat dont les champs d&#8217;intervention se sont consid\u00e9rablement \u00e9largis \u00e0 partir de 1981, lorsqu&#8217;elle s&#8217;est vue dot\u00e9e de moyens accord\u00e9s \u00e0 son expansion. La d\u00e9centralisation th\u00e9\u00e2trale, dans le cadre de la France du sortir de la guerre, a atteint ses grands objectifs: apporter la cr\u00e9ation th\u00e9\u00e2trale parisienne \u00e0 un public qui n&#8217;avait d&#8217;autres offres que les spectacles des &#8221; tourn\u00e9es &#8221; dont la qualit\u00e9 artistique n&#8217;\u00e9tait pas le premier souci. Une large irrigation des r\u00e9gions par des formes th\u00e9\u00e2trales modernes a bien eu lieu, et continue de l&#8217;\u00eatre. Au fil des ann\u00e9es, la composition socio-culturelle du public s&#8217;est fig\u00e9e: &#8221; La structure du public n&#8217;a pratiquement pas \u00e9volu\u00e9 depuis quinze ans (1): la composition sociale du public est assez rigoureusement identique &#8221; (2). Le diagnostic peut se faire plus s\u00e9v\u00e8re encore: &#8221; L&#8217;id\u00e9e qui animait les militants de la d\u00e9mocratisation et fut \u00e0 l&#8217;origine des maisons de la culture \u00e9tait simple: l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la culture est principalement entrav\u00e9 par des obstacles mat\u00e9riels, financiers ou g\u00e9ographiques, que les pouvoirs publics, par une politique appropri\u00e9e de prix et d&#8217;\u00e9quipement, sont en mesure de combattre efficacement. Il est apparu, au fil des exp\u00e9riences, qu&#8217;il ne suffit pas de baisser les prix ni de cr\u00e9er un th\u00e9\u00e2tre pour que les in\u00e9galit\u00e9s culturelles cessent, ni m\u00eame se r\u00e9duisent. Les efforts sans pr\u00e9c\u00e9dent consentis par les pouvoirs publics en faveur de l&#8217;offre au cours des ann\u00e9es 1980, l&#8217;augmentation consid\u00e9rable du nombre de compagnies de th\u00e9\u00e2tre ou de spectacles de danse, la construction de mus\u00e9es d&#8217;art ou d&#8217;espaces culturels en province n&#8217;ont pas entra\u00een\u00e9 une augmentation rapide et massive de la demande, comme on le pensait dans les ann\u00e9es 60 &#8221; (3). Ce constat elliptique peut appara\u00eetre comme l&#8217;\u00e9chec de la politique culturelle suivie depuis Malraux, mais c&#8217;est plut\u00f4t celui de la d\u00e9mocratisation de l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la culture dont le seul minist\u00e8re de la Culture ne peut \u00eatre tenu pour responsable ni les seuls cr\u00e9atures. Aussi, le m\u00eame auteur est-il amen\u00e9 \u00e0 un autre constat: &#8221; au terme de plus de trente ans de d\u00e9mocratisation scolaire, on constate que l&#8217;allongement de la scolarit\u00e9 s&#8217;est accompagn\u00e9 d&#8217;un recul de la connaissance des auteurs ou des artistes qui, il y a encore 15 ou 20 ans, figuraient parmi les noms les plus prestigieux de la culture scolaire. Cela ne signifie pas que &#8221; le niveau baisse &#8221; comme le pensent certains, mais que la fr\u00e9quentation de l&#8217;institution scolaire garantit de moins en moins une r\u00e9elle intimit\u00e9 avec le patrimoine litt\u00e9raire et artistique que les \u00e9lites se transmettaient, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. [&#8230;] &#8221; Et enfin cette conclusion sans m\u00e9nagement: &#8221; Le bilan de ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es est cruel \u00e0 bien des \u00e9gards. Il appelle des r\u00e9visions d\u00e9chirantes car il met en lumi\u00e8re l&#8217;\u00e9clatement du mod\u00e8le de l&#8217;homme cultiv\u00e9 et le manque d&#8217;efficacit\u00e9 des strat\u00e9gies imagin\u00e9es pour assurer sa diffusion: ni les efforts men\u00e9s en faveur de l&#8217;offre culturelle, ni l&#8217;\u00e9l\u00e9vation du niveau de dipl\u00f4me et du pouvoir d&#8217;achat, ni le d\u00e9veloppement des m\u00e9dias \u00e9lectronique et des industries culturelles n&#8217;ont accru de mani\u00e8re significative le cercle des amateurs \u00e9clair\u00e9s de litt\u00e9rature, de th\u00e9\u00e2tre ou d&#8217;art contemporain &#8221; (3). La question du public, et donc celle de la d\u00e9mocratisation de l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la culture, doit \u00eatre prise, on le voit, dans un cadre autrement plus large que celui qui consiste \u00e0 mettre en accusation les &#8221; nantis &#8221; de la d\u00e9centralisation th\u00e9\u00e2trale, les &#8221; baronnies &#8221; du th\u00e9\u00e2tre public.<\/p>\n<p>La &#8221; Charte des missions de service public &#8220;, elle-m\u00eame, demande un engagement volontariste dans certaines missions des structures subventionn\u00e9es qui &#8221; n&#8217;appellent pas toujours un retour d&#8217;image &#8220;, laissant entendre ainsi que les cr\u00e9ateurs les d\u00e9laisseraient pour des raisons de carri\u00e8re personnelle. C&#8217;est aussi la ministre de la Culture qui d\u00e9clarait dans le Monde de l&#8217;Education de d\u00e9cembre 1997 qu&#8217;elle n&#8217;\u00e9tait pas &#8221; la ministre des artistes &#8220;, confortant ceux, \u00e0 gauche comme \u00e0 droite et jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;extr\u00eame de cette derni\u00e8re, qui pensent que Jack Lang, lui, l&#8217;\u00e9tait, et l&#8217;\u00e9tant ne s&#8217;\u00e9tait pas pr\u00e9occup\u00e9 d&#8217;animation culturelle, donc du public. Le d\u00e9bat, dans ces termes-l\u00e0, ne peut mener bien loin, c&#8217;est pourtant dans cet \u00e9tat-l\u00e0 qu&#8217;on l&#8217;entretient. Le dessein g\u00e9n\u00e9ral de la Charte y participe qui insiste sur la &#8221; &#8230;fonction particuli\u00e8re de r\u00e9conciliation sociale que peuvent remplir les artistes et acteurs culturels envers les populations exclues pour des raisons \u00e9ducatives, \u00e9conomiques ou physiques &#8220;. Et davantage m\u00eame que cette fonction, il y a un &#8221; devoir civique [&#8230;] de participer \u00e0 l&#8217;att\u00e9nuation de ces ph\u00e9nom\u00e8nes d&#8217;in\u00e9galit\u00e9s majeures &#8220;. Aucun de ceux \u00e0 qui s&#8217;adresse la Charte ne niera la r\u00e9alit\u00e9 tragique d&#8217;une immense partie de la population fran\u00e7aise. Mais n&#8217;est-ce pas leur faire endosser une fonction qui les d\u00e9passe, leur assigner un r\u00f4le que de nombreux agents sociaux exercent d\u00e9j\u00e0. Le devoir civique auquel on invite artistes et acteurs culturels, n&#8217;est-il pas assum\u00e9 lorsque, par deux fois en un peu plus d&#8217;une ann\u00e9e, ils s&#8217;engagent aux c\u00f4t\u00e9s des sans-papiers, contre la loi Debr\u00e9-Pasqua, contre les proc\u00e9dures de r\u00e9gularisation et les expulsions de Jean-Pierre Chev\u00e8nement ?<\/p>\n<p>C&#8217;est dans cette conjoncture de &#8221; rappel \u00e0 l&#8217;ordre &#8221; que les cr\u00e9ateurs, en premi\u00e8re ligne, doivent faire face \u00e0 l&#8217;installation du Front national dans les diverses instances r\u00e9gionales. Ce que le parti d&#8217;extr\u00eame droite vise prioritairement, c&#8217;est la cr\u00e9ation contemporaine, celle-l\u00e0 que la Charte soutient, assur\u00e9ment, mais sous condition de nombreuses missions sociales et territoriales. La cr\u00e9ation, en avril dernier, par la ministre de la Culture d&#8217;un &#8221; Comit\u00e9 de Vigilance &#8221; (4) est sans doute symboliquement indispensable, mais la triple mission qui lui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e, alerter, r\u00e9fl\u00e9chir, proposer ne devrait pas emp\u00eacher le FN de poursuivre son entreprise anti-culturelle l\u00e0 o\u00f9 il est en mesure de le faire. Il pourra m\u00eame, lorsque l&#8217;occasion s&#8217;en pr\u00e9sentera, s&#8217;appuyer sur la d\u00e9concentration budg\u00e9taire qui sera effective au 1er janvier 1999. L&#8217;Etat s&#8217;\u00e9tant engag\u00e9 dans la d\u00e9centralisation, on voit mal comment il pourrait continuer \u00e0 d\u00e9cider de l&#8217;affectation des subventions, m\u00eame si le minist\u00e8re de la Culture prend la pr\u00e9caution de signer des conventions avec certaines structures et leurs partenaires territoriaux. La ministre n&#8217;a pu que le reconna\u00eetre: &#8221; Ce qui ne serait pas vot\u00e9 par les r\u00e9gions, nous ne pouvons le prendre en charge. L&#8217;Etat ne peut pas compenser (5). &#8221; Le &#8221; mod\u00e8le culturel fran\u00e7ais &#8221; est peut \u00eatre en crise, celui qui se profile appelle plus que de la vigilance: une bataille politique. P. C.<\/p>\n<p>1. De 1973 \u00e0 1988 et pour 6 types de &#8221; sorties &#8220;, th\u00e9\u00e2tre, danse, musique classique, expositions temporaires et mus\u00e9ales, visite d&#8217;un monument historique.<\/p>\n<p>2. Olivier Donnat et Denis Coigneau, les Pratiques culturelles des Fran\u00e7ais, 1973-1998. Editions la D\u00e9couverte-la Documentation fran\u00e7aise, 1990. Cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le D\u00e9partement des \u00e9tudes et de la prospective du minist\u00e8re de la Culture.<\/p>\n<p>3. Olivier Donnat, les Fran\u00e7ais face \u00e0 la Culture. Editions la D\u00e9couverte, coll. Textes \u00e0 l&#8217;appui\/S\u00e9rie sociologie, 1994.<\/p>\n<p>4. Dans la premi\u00e8re liste des membres de ce Comit\u00e9, diffus\u00e9e par le minist\u00e8re le 9 juin 1998, parmi les 22 personnalit\u00e9s appel\u00e9es, on ne trouve aucun des 133 cin\u00e9astes ayant sign\u00e9, en avril dernier, le texte d\u00e9non\u00e7ant &#8221; la politique r\u00e9pressive du gouvernement &#8221; vis-\u00e0-vis des sans papiers, et ni le nom de ceux qui, en mai dernier, les ont &#8221; parrain\u00e9s &#8220;. Le &#8221; parrainage &#8221; a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 par Patrice Ch\u00e9reau, Jean-Luc Godard et Stanislas Nodey. Ce dernier ouvrait \u00e0 cette op\u00e9ration le th\u00e9\u00e2tre G\u00e9rard-Philipe de Saint-Denis, qu&#8217;il dirige et o\u00f9 il assume les &#8221; responsabilit\u00e9s sociales &#8221; \u00e9voqu\u00e9es par la Charte mais pour qui, manifestement, le &#8221; devoir civique &#8221; va bien au-del\u00e0.<\/p>\n<p>5. Dans le Figaro du 9 juin 1998.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Un mod\u00e8le culturel qu&#8217;on dit en crise, une Charte imp\u00e9rieuse, une r\u00e9forme administrative lourde, la d\u00e9concentration budg\u00e9taire, l&#8217;arriv\u00e9e du FN \u00e0 l&#8217;ex\u00e9cutif de certaines r\u00e9gions, la solidarit\u00e9 avec les sans-papiers: les gens du spectacle sont au centre d&#8217;une r\u00e9flexion qui d\u00e9passe leur pratique artistique. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[288],"class_list":["post-1034","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-spectacle-vivant"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1034","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1034"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1034\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1034"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1034"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1034"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}