{"id":10177,"date":"2017-02-09T02:04:00","date_gmt":"2017-02-09T01:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-julien-talpin-les-quartiers-populaires-ne-sont-pas-des-deserts-politiques\/"},"modified":"2023-06-23T23:24:05","modified_gmt":"2023-06-23T21:24:05","slug":"article-julien-talpin-les-quartiers-populaires-ne-sont-pas-des-deserts-politiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=10177","title":{"rendered":"Julien Talpin : \u00ab\u00a0Les quartiers populaires ne sont pas des d\u00e9serts politiques\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Les affaires Adama et Th\u00e9o t\u00e9moignent du rapport tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9 entre l&#8217;\u00c9tat \u2013 et sa police \u2013 et les quartiers populaires. Mais les mobilisations montrent aussi l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;une expression politique de la part de leurs habitants, explique le sociologue Julien Talpin.<\/p>\n<p><em>Julien Talpin est sociologue, charg\u00e9 de recherches au CNRS. Il travaille sur l&#8217;engagement dans les quartiers populaires.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p><strong>Regards. Avez-vous le sentiment que l&#8217;affaire Th\u00e9o met en cause plus significativement que d&#8217;autres la responsabilit\u00e9 de la police ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Julien Talpin.<\/strong> Une des diff\u00e9rences de cette affaire avec beaucoup de celles qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 r\u00e9side dans la reconnaissance assez rapide de la responsabilit\u00e9 des policiers. En g\u00e9n\u00e9ral, on met en avant les ambigu\u00eft\u00e9s, les responsabilit\u00e9s ou les circonstances, et aussi bien les syndicats de policiers que le minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur font bloc. L\u00e0, tr\u00e8s vite \u2013 et la visite de Fran\u00e7ois Hollande au chevet de la victime en t\u00e9moigne \u2013, les plus hautes instances de l&#8217;\u00c9tat ont condamn\u00e9 les actes, bien avant que l&#8217;enqu\u00eate ne soit arriv\u00e9e \u00e0 son terme. La reconnaissance de la culpabilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 quasi imm\u00e9diate. <\/p>\n<p><strong>Le probl\u00e8me principal est-il l&#8217;absence d&#8217;une m\u00e9diation entre les autorit\u00e9s en particulier polici\u00e8res et les habitants ? On revient souvent sur la question de la police de proximit\u00e9, de ses vertus suppos\u00e9es et de son absence\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est plus structurel. La police de proximit\u00e9 peut \u00eatre une des r\u00e9ponses, mais on constate surtout une tr\u00e8s grande d\u00e9fiance, assortie du sentiment que la police constitue une force d&#8217;occupation des quartiers. Je ne crois pas qu&#8217;une r\u00e9instauration de la police de proximit\u00e9 puisse tout changer sans une r\u00e9forme plus structurelle de l&#8217;organisation du maintien de l&#8217;ordre, avec par exemple la cr\u00e9ation du r\u00e9c\u00e9piss\u00e9 de contr\u00f4le d&#8217;identit\u00e9 \u2013 des mesures symboliques, mais qui peuvent avoir une port\u00e9e.<\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0On assiste \u00e0 la mont\u00e9e en puissance progressive des mouvements antiracistes, qui se structurent fortement autour de la question des violences polici\u00e8res.\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Les habitants des quartiers sont-ils plac\u00e9s devant une alternative entre la construction de mobilisations pacifiques, comme \u00e0 la suite de la mort d&#8217;Adama Traor\u00e9, et la tentation de r\u00e9ponses violentes ?<\/strong><\/p>\n<p>Je n&#8217;opposerais pas les deux r\u00e9ponses : il y a une continuit\u00e9 entre elles. Le premier temps de la r\u00e9action, sous le coup de l&#8217;\u00e9motion et du sentiment d&#8217;injustice, prend souvent des formes plus ou moins violentes \u2013 l&#8217;incendie de voitures ou de poubelles, l&#8217;affrontement avec la police \u2013 avant de se transformer en mobilisations plus structur\u00e9es. Le mouvement n\u00e9 de l&#8217;affaire Traor\u00e9 ne pr\u00e9sente pas de caract\u00e8re de nouveaut\u00e9. On assiste plut\u00f4t \u00e0 la mont\u00e9e en puissance progressive, plus large, des mouvements antiracistes qui se structurent fortement autour de la question des violences polici\u00e8res, particuli\u00e8rement centrale pour les habitants des quartiers populaires. Le collectif Urgence notre police assassine, un des acteurs majeurs de ces mobilisations, est issu de batailles pr\u00e9c\u00e9dentes comme la mort d&#8217;Amine Bentounsi, dont la s\u0153ur Amal est devenue porte-parole de l&#8217;association. La r\u00e9currence de ces affaires a contribu\u00e9 \u00e0 faire converger, au fil des ann\u00e9es, des mobilisations initialement localis\u00e9es. <\/p>\n<p><strong>Assiste-t-on \u00e0 la consolidation d&#8217;une forme de conscience politique et \u00e0 une conversion \u00e0 des formes de militantisme qui ne sont pas forc\u00e9ment le propre des populations concern\u00e9es ?<\/strong><\/p>\n<p>Il existe des &#8220;entrepreneurs de cause&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire des leaders, comme Amal Bentounsi ou Sihame Assbague parmi beaucoup d&#8217;autres dans ces r\u00e9seaux-l\u00e0. Affaire apr\u00e8s affaire, le cercle s&#8217;\u00e9largit. L&#8217;affaire Traor\u00e9 montre qu&#8217;\u00e0 des militants et organisations d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9es s&#8217;agr\u00e8gent de nombreux habitants qui n&#8217;\u00e9taient pas mobilis\u00e9s auparavant. La question est notamment de savoir s&#8217;ils vont rester mobilis\u00e9s lorsque la page de ces affaires, une fois la justice rendue, sera tourn\u00e9e. Mais on peut penser que des g\u00e9n\u00e9rations de militants politiques se forment ainsi et s&#8217;inscrivent dans une trajectoire, un parcours de socialisation politique. <\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>[Lire aussi : <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/assa-traore-l-etat-a-peur-de-notre-combat\">Assa Traor\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat a peur de notre combat\u00a0\u00bb<\/a>]<\/strong><\/p>\n<p><strong>Peut-on parler d&#8217;une forme de s\u00e9dimentation, d&#8217;installation de ces mobilisations au sein de ces populations ?<\/strong><\/p>\n<p>Le cercle s&#8217;\u00e9largit autour de ces enjeux. La col\u00e8re et le sentiment d&#8217;injustice pr\u00e9sentent un caract\u00e8re &#8220;infrapolitique&#8221;, structurent un rapport \u00e0 l&#8217;\u00c9tat, \u00e0 la police. Les quartiers populaires ne sont pas des d\u00e9serts politiques. Il y a d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 des acteurs mobilis\u00e9s, en nombre relativement limit\u00e9, et d&#8217;un autre un sentiment d&#8217;injustice que les organisations militantes tentent de prendre en charge. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Je suis frapp\u00e9 par le d\u00e9calage entre la centralit\u00e9 des questions du racisme et des discriminations, pour les habitants des quartiers populaires, et une offre politique qui reste extr\u00eamement limit\u00e9e sur ces sujets.\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Ces mobilisations, ces prises de conscience peuvent-elles avoir une traduction plus consistante dans l&#8217;espace politique global ?<\/strong><\/p>\n<p>La traduction de ces mouvements dans le champ politique partisan est une question cruciale. Il est frappant que, ces derniers jours, plusieurs candidats \u00e0 la pr\u00e9sidentielle ont ressenti la n\u00e9cessit\u00e9 de se positionner. Beno\u00eet Hamon a des propositions assez pr\u00e9cises pour la lutte contre les discriminations, par exemple. Cela reste toutefois relativement marginal. Je suis r\u00e9guli\u00e8rement frapp\u00e9, au cours de mes enqu\u00eates de terrain, par le d\u00e9calage entre la centralit\u00e9 de ces questions \u2013 celles du racisme et des discriminations \u2013 pour les habitants des quartiers populaires, et une offre politique qui reste extr\u00eamement limit\u00e9e sur ces sujets. La position des \u00e9lus locaux \u00e9volue, parce qu&#8217;il est impossible aujourd&#8217;hui, par exemple en Seine-Saint-Denis, de faire l&#8217;impasse sur ces questions. Mais dans le champ politique national, elles restent de l&#8217;ordre de l&#8217;impens\u00e9, voire du d\u00e9ni quant au caract\u00e8re intrins\u00e8quement raciste des discriminations. <\/p>\n<p><strong>Peut-on esp\u00e9rer que ces mobilisations contribuent \u00e0 sortir la question des banlieues d&#8217;une approche essentiellement identitaire, s\u00e9curitaire ?<\/strong><\/p>\n<p>Cette grille de lecture racialis\u00e9e, identitaire est en partie impos\u00e9e aux quartiers, \u00e0 leurs habitants et \u00e0 leurs mobilisations car leurs revendications ne sont pas d&#8217;ordre identitaire, racial ou diff\u00e9rentialiste : ce sont des revendications d&#8217;\u00e9galit\u00e9. Si l&#8217;on se place sur le terrain de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 \u2013 \u00e9galit\u00e9 de traitement, des droits, des conditions sociales \u2013, on d\u00e9place le d\u00e9bat. Il faut changer le prisme au travers duquel on interpr\u00e8te les discours \u00e9mis, qui sont clairs. La lutte contre les discriminations elle-m\u00eame n&#8217;est en aucun cas une revendication de traitement diff\u00e9renci\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui peut contribuer \u00e0 faire entendre cette parole et \u00e0 accorder \u00e0 ses auteurs un statut de citoyens \u00e0 part enti\u00e8re ?<\/strong><\/p>\n<p>Il faut d&#8217;abord consid\u00e9rer la difficult\u00e9 \u00e0 s&#8217;organiser collectivement dans les quartiers populaires, en particulier pour des mobilisations plus ordinaires que celles qui font l&#8217;actualit\u00e9 : elles ne sont pas toujours bien vues de la part des \u00e9lus locaux, qui consid\u00e8rent souvent leurs protagonistes comme des emp\u00eacheurs de tourner en rond \u2013 notamment parce qu&#8217;ils ne disposent pas toujours des codes en vigueur dans le champ politique. Cela se manifeste au travers des attributions de subventions ou de locaux, qui rel\u00e8vent d&#8217;un client\u00e9lisme peu enclin \u00e0 accepter des acteurs ou des organisations critiques. Cela passe aussi par des accusations de communautarisme visant \u00e0 discr\u00e9diter les militants. Un enjeu essentiel r\u00e9side dans les moyens \u00e0 consacrer pour assurer l&#8217;autonomie et les conditions d&#8217;organisation susceptibles de transformer la col\u00e8re en action collective \u2013 du moins si l&#8217;on veut \u00e9viter les r\u00e9actions sporadiques et violentes, les \u00e9meutes. <\/p>\n<p><em> <\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0L&#8217;ex\u00e9cutif et sa majorit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 plus soucieux de ne pas faire monter le FN que de s&#8217;attacher les voix des quartiers ou d&#8217;y faire \u00e9merger une parole politique.\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p> <\/em><\/p>\n<p><strong>Quelle forme cela pourrait prendre, concr\u00e8tement ?<\/strong><\/p>\n<p>La coordination Pas sans nous a \u00e9mis une proposition qui me semble int\u00e9ressante, consistant en la cr\u00e9ation d&#8217;un fonds d&#8217;initiative citoyennes, financ\u00e9 au niveau national pour s&#8217;affranchir des contingences locales et du client\u00e9lisme, afin de soutenir l&#8217;auto-organisation dans les quartiers. Pour mieux repr\u00e9senter ces aspirations dans l&#8217;espace public, on peut aussi partir du constat de la tr\u00e8s grande d\u00e9fiance de ces populations \u00e0 l&#8217;encontre des m\u00e9dias traditionnels, accus\u00e9s de les repr\u00e9senter de fa\u00e7on d\u00e9form\u00e9e, alors qu&#8217;Internet permet des expressions plus autonomes. On pourrait encourager et financer des formes d&#8217;auto-organisation dans la sph\u00e8re m\u00e9diatique qui permettraient aux gens de parler pour eux-m\u00eames et contribueraient \u00e0 faire vivre la d\u00e9mocratie. <\/p>\n<p><strong>Quel est le bilan du quinquennat de Fran\u00e7ois Hollande en termes de politiques de la ville, de relation avec les quartiers d\u00e9favoris\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce bilan est quasiment nul. Deux grandes promesses du candidat Hollande n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 tenues, suscitant une profonde d\u00e9ception dans les quartiers. D&#8217;abord le droit de vote des \u00e9trangers, une mesure d&#8217;inclusion et de participation \u00e0 la communaut\u00e9 nationale, qui aurait eu une grande port\u00e9e symbolique. Ensuite celle du r\u00e9c\u00e9piss\u00e9 de contr\u00f4le d&#8217;identit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 assez vite enterr\u00e9e. Pour la politique de la ville, la loi Lamy a n&#8217;a pas d\u00e9bouch\u00e9 sur grand-chose, si ce n&#8217;est sur la cr\u00e9ation de conseils citoyens, nouvelles instances de d\u00e9mocratie participative. Le bilan de leur mise en place est extr\u00eamement modeste, et confirme des \u00e9cueils habituels : la faible participation des cat\u00e9gories populaires, dont les jeunes, la mainmise des institutions municipales\u2026 Un bon indice du bilan de Fran\u00e7ois Hollande sur la politique de la ville est le devenir du rapport Bacqu\u00e9-Mechmache, commandit\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 Fran\u00e7ois Lamy \u00e9tait ministre de la Ville, sur la participation citoyenne dans les quartiers populaires. Pour la plupart, les mesures propos\u00e9es sont rest\u00e9es lettre morte. <\/p>\n<p><strong>Est-ce le signe d&#8217;un abandon politique ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce bilan tr\u00e8s mitig\u00e9 est surprenant dans la mesure o\u00f9 le sujet offrait des opportunit\u00e9s politiques et o\u00f9 les quartiers populaires restent potentiellement un espace \u00e9lectoral important pour les forces de gauche. Politiquement, c&#8217;est assez incompr\u00e9hensible, sauf \u00e0 resituer ce choix dans un contexte plus global marqu\u00e9 par le souci d&#8217;enrayer la mont\u00e9e du Front national. Il y a aussi eu, au sein du PS et du gouvernement, une r\u00e9flexion id\u00e9ologique sous l&#8217;influence des travaux sur la &#8220;France p\u00e9riph\u00e9rique&#8221;, notamment de Christophe Guilluy qui a beaucoup insist\u00e9 sur l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;on aurait trop donn\u00e9 aux quartiers et qu&#8217;il fallait s&#8217;int\u00e9resser au p\u00e9ri-urbain et aux espaces ruraux \u2013 o\u00f9 pr\u00e9cis\u00e9ment le Front national obtient de gros scores[[Lire aussi <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/qui-veut-la-peau-de-roger-martelli\/la-gauche-dans-le-piege-de-guilly,8073\">&#8220;La gauche dans le pi\u00e8ge de Guilluy&#8221;<\/a>.]]. L&#8217;ex\u00e9cutif et sa majorit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 plus soucieux de ne pas faire monter le FN que de s&#8217;attacher les voix des quartiers ou d&#8217;y faire \u00e9merger une parole politique. Alors qu\u2019on pourrait penser que l\u2019enjeu politique \u00e0 gauche consiste \u00e0 l\u2019inverse \u00e0 d\u00e9passer ces clivages en montrant que les int\u00e9r\u00eats des classes populaires urbaines et rurales ne sont pas forc\u00e9ment contradictoires. <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/web\/article\/regards-le-numero-d-hiver-10091\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-24395\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/une-hiver-sortie-d83.jpg\" alt=\"une-hiver-sortie.jpg\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"297\" \/><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-10177 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/une-hiver-sortie-a8d.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/01\/une-hiver-sortie-a8d-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"une-hiver-sortie.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les affaires Adama et Th\u00e9o t\u00e9moignent du rapport tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9 entre l&#8217;\u00c9tat \u2013 et sa police \u2013 et les quartiers populaires. 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