{"id":10083,"date":"2016-12-23T12:13:31","date_gmt":"2016-12-23T11:13:31","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-2016-l-aloi-des-series\/"},"modified":"2023-06-23T23:23:43","modified_gmt":"2023-06-23T21:23:43","slug":"article-2016-l-aloi-des-series","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=10083","title":{"rendered":"2016, l&#8217;aloi des s\u00e9ries"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">De plus en plus audacieuses et sophistiqu\u00e9es, les s\u00e9ries racontent l\u2019\u00e9poque peut-\u00eatre mieux que tout autre production culturelle actuelle. S\u00e9lection (personnelle) de six d\u2019entre celles qui auront marqu\u00e9 2016.<\/p>\n<h2>Stranger Things<\/h2>\n<p>Le n\u00e9o-spielbergisme a le vent en poupe. Dans cette veine, on a notamment pu appr\u00e9cier, cette ann\u00e9e au cin\u00e9ma, <em>Premier contact<\/em> et <em>Midnight Special<\/em>, tandis que JJ Abrams, l&#8217;h\u00e9ritier, co-produisait <em>Westworld<\/em> (voir ci-dessous). <em>Stranger Things<\/em>, qui a aussi quelques dettes envers Stephen King ou John Carpenter, reprend pour sa part le th\u00e8me classique des enfants confront\u00e9s \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes surnaturels en m\u00eame temps qu&#8217;au pouvoir des adultes. M\u00eame si la conclusion de cette s\u00e9rie en huit \u00e9pisodes p\u00e8che un peu par exc\u00e8s de m\u00e9lodrame, le charme op\u00e8re, et c&#8217;est pour une large part celui des enfants qui en interpr\u00e8tent les r\u00f4les principaux. Celui aussi, d&#8217;un retour dans les ann\u00e9es 80 (celles du d\u00e9but, les seules fr\u00e9quentables) tr\u00e8s r\u00e9ussi esth\u00e9tiquement. <\/p>\n<p><strong>Le plaisir en plus<\/strong><br \/>\nLa pr\u00e9sence au casting de Winona Ryder et Matthew Modine pour que le revival soit complet.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/174870794?color=ffffff&#038;title=0&#038;byline=0&#038;portrait=0\" width=\"460\" height=\"259\" frameborder=\"0\" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Matt Duffer et Ross Duffer, disponible sur Netflix France.<\/p>\n<h2>Preacher<\/h2>\n<p>Dieu et l&#8217;au-del\u00e0 existent-il ? Peut-\u00eatre, mais oubliez tout ce qu&#8217;on en a dit jusque-l\u00e0. Dans une petite ville du Texas aussi d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e qu&#8217;on puisse l&#8217;imaginer, Jesse Custer est un ex-voyou devenu r\u00e9v\u00e9rend en manque d&#8217;inspiration. Jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;une entit\u00e9 venue de l&#8217;espace choisisse d&#8217;\u00e9lire domicile en lui, le dotant de pouvoirs surnaturels qui lui permettent de remplir enfin son \u00e9glise\u2026 tout en l&#8217;exposant \u00e0 des d\u00e9boires incontr\u00f4lables. S\u00e9rie subversive, \u00e2pre, dr\u00f4le et violente, <em>Preacher<\/em> ne se contente pas de d\u00e9r\u00e9gler les codes du genre (un m\u00e9lange de fantastique et d&#8217;horreur), elle propose aussi une galerie de personnages \u00e0 la fois invraisemblables et passionnants, et suit sans complexe sa veine blasph\u00e9matoire.<\/p>\n<p><strong>Le plaisir en plus<\/strong><br \/>\nLe personnage de Cassidy, vampire irlandais et toxicomane.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/1zBILhAPFFA?rel=0&amp;showinfo=0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Evan Goldberg, Seth Rogen et Sam Catlin pour AMC. Diffus\u00e9e en France sur OCS, disponible en DVD (Sony Pictures).<\/p>\n<h2>Westworld<\/h2>\n<p>Pr\u00e9tentieuse, surcot\u00e9e ? L&#8217;engouement autour de <em>Westworld<\/em> a \u00e9t\u00e9 temp\u00e9r\u00e9 par des critiques qui ont ont tap\u00e9 assez juste finalement : oui, la s\u00e9rie a quelques pr\u00e9tentions, mais elle est \u00e0 leur hauteur en faisant le pari d&#8217;embrasser trois des th\u00e8mes majeurs de science-fiction : le voyage dans le temps, les univers parall\u00e8les, la r\u00e9volte des andro\u00efdes. Un programme classique, s&#8217;il ne se coltinait pas aussi au western\u2026 Cela requ\u00e9rait quelque brio de la part des sc\u00e9naristes qui, en dix \u00e9pisodes, d\u00e9ploient le r\u00e9cit en se jouant litt\u00e9ralement de la chronologie.<\/p>\n<p>Dans le huis-clos des grands espaces virtuels de ce parc d&#8217;attraction qui reconstitue un d\u00e9cor de western (on est donc quelque part entre Monument Valley et Center Park), o\u00f9 les <em>guests<\/em>, humains fortun\u00e9s et g\u00e9n\u00e9ralement cyniques, peuvent s\u00e9journer pour tout se permettre, surtout \u00e0 l&#8217;encontre des <em>hosts<\/em>. Ces cr\u00e9atures hyperr\u00e9alistes ont \u00e9t\u00e9 dot\u00e9s d&#8217;une conscience et de souvenirs, mais sont r\u00e9par\u00e9es et r\u00e9initialis\u00e9es en coulisses, pour leur faire revivre la m\u00eame boucle de temps sc\u00e9naris\u00e9e. Quand elles ne sont pas reprogramm\u00e9es ou &#8220;effac\u00e9es&#8221;. Qui des uns ou des autres d\u00e9couvriront qui ils sont vraiment ? <\/p>\n<p><strong>Le plaisir en plus<\/strong><br \/>\nL&#8217;excellent Jeffrey White, d\u00e9j\u00e0 vu dans <em>Boardwalk Empire<\/em>, dans un r\u00f4le \u00e0 la mesure de sa subtilit\u00e9. <\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/185327408?color=ffffff&#038;title=0&#038;byline=0&#038;portrait=0\" width=\"460\" height=\"259\" frameborder=\"0\" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Jonathan Nolan et Lisa Joy pour HBO. Diffus\u00e9e en France sur OCS.<\/p>\n<h2>Mr Robot<\/h2>\n<p>Encore une fiction sophistiqu\u00e9e, sombre et parano\u00efaque, cette fois avec un contenu politique explicite et tout \u00e0 fait contemporain : la deuxi\u00e8me saison de Mr Robot explore les cons\u00e9quences de la r\u00e9volution (une sorte de krach num\u00e9rique et financier) accomplie \u00e0 la fin de la premi\u00e8re. Le propos est pessimiste, puisque la tr\u00e8s m\u00e9taphorique m\u00e9ga-entreprise E-Corp en profite pour conforter son pouvoir, tandis que le h\u00e9ros Elliot Alderson reste boucl\u00e9 dans son univers mental \u2013 celui de toute la s\u00e9rie. Les ficelles sont bien tir\u00e9es, et <em>Mr Robot<\/em> figure parmi les s\u00e9ries qui traitent, de front et avec intelligence, les probl\u00e9matiques les plus actuelles : surveillance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, effondrement de la d\u00e9mocratie, capitalisme 2.0\u2026<\/p>\n<p><strong>Le plaisir en plus<\/strong><br \/>\nLes allusions r\u00e9currentes \u00e0 <em>Fight Club<\/em>, jusque dans la reprise au piano de la m\u00e9lodie de <em>Where is my Mind ?<\/em> des Pixies.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/nNL8ADJx6aM?rel=0&amp;showinfo=0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Sam Esmail pour USA Network. Diffus\u00e9e <a href=\"http:\/\/www.france2.fr\/emissions\/mr-robot\">sur France 2<\/a>.<\/p>\n<h2>The Night of<\/h2>\n<p>Avec ses \u00e9pisodes d&#8217;ouverture et de fermeture d&#8217;une heure trente (pour huit au total), la mini-s\u00e9rie <em>The Night of<\/em> t\u00e9moigne une nouvelle fois de la prise de pouvoir des sc\u00e9naristes (via les <em>showrunners<\/em>) \u00e0 Hollywood. Une intrigue polici\u00e8re en toile de fond d&#8217;un proc\u00e8s dans lequel un jeune musulman que tout accuse du meurtre d&#8217;une jeune fille joue son destin : si la fiction donne dans des conventions de genre, celles-ci vont cependant \u00eatre r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s en s&#8217;inspirant des grands documentaires sur des affaires judiciaires. Notamment dans le rythme et la mani\u00e8re de ne pas donner plus de certitudes que n&#8217;en ont ceux qui enqu\u00eatent sur le meurtre. L&#8217;autre grande r\u00e9ussite, qui a aussi \u00e0 voir avec ce parti pris de r\u00e9alisme, r\u00e9side dans la contagion de l&#8217;ambigu\u00eft\u00e9, qui \u00e9pargne peu de personnages et dont le spectateur est pris \u00e0 t\u00e9moin. Entre &#8220;la nuit de\u2026&#8221;, le temps du proc\u00e8s et celui de la r\u00e9tention en prison, le r\u00e9cit avance au travers des doutes.<\/p>\n<p><strong>Le plaisir en plus<\/strong><br \/>\nJohn Turturro en avocat de troisi\u00e8me ordre, mis au supplice par un ecz\u00e9ma qui l&#8217;oblige \u00e0 marcher en sandales.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/174154336?title=0&#038;byline=0&#038;portrait=0\" width=\"460\" height=\"259\" frameborder=\"0\" webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen><\/iframe> <\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Richard Price et Steven Zaillian pour HBO. Diffus\u00e9e en France sur OCS, sortie pr\u00e9vue en DVD en mars 2017 (Warner Home Video).<\/p>\n<h2>The Get Down<\/h2>\n<p>Pour sortir des fictions dystopiques et des sombres peintures du monde, <em>The Get Down<\/em> est l&#8217;antidote <em>feel good<\/em> id\u00e9al. La mini-s\u00e9rie de six \u00e9pisodes (qui conna\u00eetra une seconde partie) romance, au travers de quelques adolescents du Bronx en 1977, la naissance du hip hop en pleine effervescence disco. Avec Baz Lurhmann comme coproducteur, on est \u00e9videmment plus dans la com\u00e9die musicale que dans le documentaire, et les personnages r\u00e9els sont montr\u00e9s comme des figures mythologiques. Le spectacle est aussi euphorisant que son impeccable bande-son.<\/p>\n<p><strong>Le plaisir en plus<\/strong><br \/>\nL&#8217;habile utilisation d&#8217;images d&#8217;archives qui contribuent \u00e0 restituer le New York de l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"460\" height=\"259\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/zejyzr5vW3A?rel=0&amp;showinfo=0\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Baz Luhrmann et Stephen Adly Guirgis, disponible sur Netflix France.<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/vous-et-nous\/article\/faire-un-don-a-regards-explications\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" aligncenter size-full wp-image-24281\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/encart_don-bf2.png\" alt=\"encart_don.png\" align=\"center\" width=\"460\" height=\"208\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/encart_don-bf2.png 460w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/encart_don-bf2-300x136.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-10083 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/encart_don-e60.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/encart_don-e60-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"encart_don.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/serie-home-2-2-32d.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/serie-home-2-2-32d-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"serie-home-2-2.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De plus en plus audacieuses et sophistiqu\u00e9es, les s\u00e9ries racontent l\u2019\u00e9poque peut-\u00eatre mieux que tout autre production culturelle actuelle. 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